Logo ETI Quitter la lecture facile
700-millions-de-profils-Facebook-et-moi-et-moi-et-moi

Décryptage

700 millions de profils Facebook, et moi et moi et moi…

Posté le par La rédaction dans Informatique et Numérique

[Tribune] Hervé Kabla

Avec près de 700 millions de profils annoncés courant juin, le plus grand réseau social au monde a un taux de pénétration qui rendrait jaloux nombre d’entreprises...

Être ou ne pas être sur Facebook, telle serait sans doute la question que se poserait Hamlet en contemplant son smartphone au bout de son bras. Avec près de 700 millions de profils annoncés courant juin, le plus grand réseau social au monde a un taux de pénétration qui rendrait jaloux nombre d’entreprises : près d’un Américain sur deux, plus d’un Français sur trois… et presque 90 % des Monégasques. Autrement dit, Facebook est un élément incontournable de nos sociétés modernes, et ce, après moins de dix ans d’existence. Peu importe ce qu’on en fait, ce qu’on y affiche ou ce qu’on en retire, la véritable question est de décider s’il faut y être ou non. Et pour nombre d’individus, ne pas y être relève plus d’une figure de style, d’une sorte de non-conformisme que d’un choix réellement construit.

Mais combien sommes-nous vraiment sur Facebook ? Les estimations proposées par le réseau social via son gestionnaire de campagnes publicitaires – et reprises par de nombreux sites d’analyse des audiences Facebook comme l’excellent Social Bakers – ne sont pas vérifiables, même si elles semblent réalistes et qu’elles sont actualisées quotidiennement. À moins que Facebook ne fournisse à terme des moyens neutres et incorruptibles pour démontrer l’exactitude de ces valeurs numériques, un doute cartésien s’impose donc.

Des villes étrangement surpeuplées

À l’aide du gestionnaire de campagnes Facebook, on peut estimer la population d’une ville au-dessus de 13 ans (limite d’âge imposée par la législation américaine). Jouez donc avec vos amis, c’est très instructif : la population Facebook de la France est ainsi évaluée à plus de 22 millions de profils, et celle de la région parisienne à près de 6 millions (dans un rayon de 16 km autour de la capitale). Lyon, avec 750 000 profils, et Marseille, avec 612 000, sont les deux plus grandes villes après Paris et… Boulogne-Billancourt. Cette dernière comptant plus de 900 300 profils Facebook pour 120 000 habitants. Quelle est donc la raison d’un tel surpeuplement pour Boulogne ? La présence de nombreuses agences de publicité interactive dans la ville explique-t-elle la profusion de profils plus ou moins réels ? L’hypothèse est plausible.

Des fluctuations bien surprenantes

Depuis la fin du mois de mai, il se passe également de bien étranges mouvements de population sur Facebook. À l’échelle d’un État, on parlerait « d’épuration technique » : les États-Unis ont perdu 6 millions de profils, le Canada 1,5 millions, et le Royaume-Uni plus de 400 000. Que se passe-t-il ? La chasse aux faux profils a-t-elle démarré ? Il est vraisemblable que les premiers procès contre Facebook intentés par des millionnaires dont les profils ont été usurpés sont à l’origine de ce grand nettoyage de printemps. Nombre de profils, créés par des PME souhaitant établir un lien avec leur clientèle, sont de plus judicieusement migrées vers des pages « entreprise », conformément aux termes et conditions d’utilisation de la plate-forme.

Un peu de recul dans l’appréciation de la population Facebook et de son taux de pénétration réel ne doit cependant pas faire perdre de vue l’élément essentiel : Facebook est une des preuves les plus tangibles de la mondialisation. Et il serait sot, pour une entreprise qui s’adresse à un large public, de passer à côté de cet outil de travail aux multiples facettes. 700 millions ? Sans doute. Un milliard ? Bientôt.

Par Hervé Kabla / 01net

Hervé Kabla

Blogueur, polytechnicien et entrepreneur, Hervé Kabla est un scientifique tombé très tôt dans le marketing et la communication. Passé par Dassault Systèmes, l’Inria et deux ou trois start up, il dirige blogAngels, agence 100 % médias sociaux et a cofondé Media Aces, association d’entreprises utilisatrices de médias sociaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Déjà paru :

Le Smart Grid va-t-il remplacer Facebook ?

La fracture numérique existe, elle est dans les usages

Les réseaux sociaux ne pèsent que 2 % dans les recrutements

Posté le par La rédaction


Réagissez à cet article

Commentaire sans connexion

Pour déposer un commentaire en mode invité (sans créer de compte ou sans vous connecter), c’est ici.

Captcha

Connectez-vous

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.

INSCRIVEZ-VOUS
AUX NEWSLETTERS GRATUITES !