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A immense décharge industrielle, gigantesque chantier d’assainissement

Posté le par La rédaction dans Environnement

Une halle de 18.000 m² totalement hermétique, des ponts roulants télécommandés de 45 mètres de portée, des conteneurs spéciaux étanches... des moyens colossaux sont mis en œuvre dans le Jura suisse pour éliminer une décharge industrielle renfermant 114.000 tonnes de déchets chimiques toxiques. Explications.

Jusqu’à la fin des années 50, la chimie bâloise éliminait ses déchets directement dans le Rhin dont la couleur variait au gré des substances déversées. Lorsqu’elle a pris conscience que ces pratiques finiraient par empoisonner les cours d’eau, elle se mit à la recherche de sites d’entreposage. Si, à la fin des années 50, elle  jette son dévolu sur Bonfol, dans le Jura suisse, c’est en raison de la proximité avec Bâle d’une part et de la nature du sous-sol de la région d’autre part.

L’argile de Bonfol est réputée imperméable et permet, croit-on à l’époque, un entreposage sûr et durable des déchets chimiques. Les arrivages de déchets débutent en 1961 et se terminent en 1976.  Au total 114.000 t de colorants, pesticides, solvants et autres métaux lourds seront entreposés dans cette ancienne carrière et recouverts d’une dizaine de mètres de terre mais les ennuis débuteront assez rapidement.

Si la cuvette argileuse de la décharge offre en effet une bonne imperméabilité, ce n’est pas le cas du couvercle et les infiltrations d’eau finiront par la faire déborder. C’est le premier problème que la chimie bâloise s’emploiera à résoudre tout au long des années 80 avec notamment l’aménagement d’un système de drainage et la mise en service d’une station d’épuration des eaux.

Eviter toute émanation toxique

Par la suite, le doute s’instaure quant à l’imperméabilité de la décharge si bien que finalement son assainissement total et définitif s’impose. S’appuyant sur le renforcement de la législation environnementale, le Canton du Jura ordonne donc à la chimie bâloise en janvier 2000 d’assainir sa décharge. Un consortium, le BCI, regroupant les principales entreprises chimiques bâloises (Ciba, Clariant, Novartis, Roche,…) est alors mis en place : il assume leur responsabilité commune en matière de sécurité de la décharge industrielle de Bonfol. Les entreprises membres de la BCI ont créé la bci Betriebs-AG qui a été chargée de la planification et de la mise en œuvre des travaux d’assainissement qui dureront 4 ans.

Afin d’assainir la glaisière qui a servi de décharge industrielle, un gigantesque chantier a démarré à Bonfol,  Avant d’excaver les déchets toxiques du sol pour les incinérer, 14 ha ont été déboisés et 110.000 m3 de terre déplacés pour préparer le terrain à la construction (la reforestation du site est prévue en 2015) puis la surface de la décharge a été recouverte d’une halle colossale de 18.000 m2,  soutenue par neuf arcs en acier, totalement hermétique pour éviter toute émanation toxique (la décharge qui sera ainsi placée en « zone noire », c’est-à-dire sans présence humaine à l’exception des personnes équipées d’une combinaison). 

Des ponts roulants bi-poutre suspendu spécialement construits par Stephan SA, distributeur intégrateur de matériels du français Verlinde et équipés de palans Verlinde Eurobloc VCTS, sont utilisés pour excaver et transporter les déchets vers des wagonnets de convoyage. Un grappin de 3m3 de capacité saisit les déchets, se déplace de manière semi-automatique jusqu’à une zone de chargement où les déchets sont déposés dans un wagonnet.

Ces derniers sont ensuite vidés dans des bunkers de réception pour la préparation de façon à rendre le matériel stable et sûr en vue de son transport. Les déchets sont alors conditionnés  dans des containers de 10 m3 spécialement conçus et  étanches aux odeurs, qui sont acheminés par train dans des usines d’incinération de déchets spéciaux en Allemagne et en Belgique. « Les ponts roulants, de 35 m de portée, de 45 m de longueur et d’une capacité de 16 t, sont commandés à distance par liaison radio depuis une salle de contrôle protégée et sécurisée, à l’extérieur de la halle d’excavation. Ainsi, aucun personnel ne se trouve dans ou autour de l’endroit d’excavation» explique Anton Aeby, chef de projet et chargé de la sécurité à la bci Betriebs-AG.

 

Posté le par La rédaction


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