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Chronique

Prix du solaire en France : trois décennies d’avance sur ce que prévoyaient les experts

Posté le par Pierre Thouverez dans Énergie

Le prix moyen pour les projets de centrales solaires au sol dont la puissance est de 5 à 17 MW est à présent de 62,5 €/MWh en France. Et de 68,1 €/MWh pour les projets de moins de 5 MW. C'est équivalent au prix de revient de l'électricité des anciennes centrales nucléaires déjà amorties, et environ deux fois inférieur à celui du nucléaire de nouvelle génération (réacteurs de 1650 MW l'unité). Le prix moyen de l'électricité issue des ombrières photovoltaïques de parking est à présent de 105,6 €/MWh.

« L’appel d’offres pour des installations solaires au sol de grande (moyenne NDLR) puissance, comprise entre 500 kilowatts crête et 17 megawatts crête, a été lancé en 2016, pour un volume total de 3 000 MW répartis en 3 ans. La ministre (Ségolène Royal NDLR) désigne aujourd’hui les 79 lauréats de la première période de l’appel d’offres, pour un volume total de 500 MW. » a déclaré le Ministère dans un communiqué du 9 mars 2017.

La plus grande centrale solaire PV du monde est en Chine (Longyangxia, 850 MW). La seconde est en Inde (Kamuthi, 648 MW). La troisième en Californie (Topaz, 550 MW). En France réaliser de grandes centrales au sol de plus de 100 MW, ce qui permettrait de baisser les coûts par effet d’échelle, est presque impossible.

La plus grande centrale d’Europe a été construite à Cestas, près de Bordeaux, et a une puissance de 300 MW. « Cela sera sans doute la dernière » a confié un spécialiste du solaire. « Tout n’a pas été si simple pour les équipes de neoen dans un pays qui a l’art de cultiver les chausse-trappes pour les développeurs de centrales au sol » explique le groupe Oxygn sur son site web officiel, citant Xavier Barbaro, le PDG de Neoen : « Comme cette loi inepte des 500 mètres de distance entre chaque centrale de 12 MW pour un même maître d’ouvrage. Nous aurions aimé être propriétaire du site à 100% mais cette contrainte nous en empêche. Que de temps perdu et de dépenses ! Tout est fait pour nous freiner dans notre atteinte de taille critique et d’optimisation du bilan financier. Nous avons été dans l’obligation de trouver huit co-actionnaires pour parachever l’ouvrage. Neoen qui a acheté les 260 hectares de foncier détient 40% de la centrale. Nous gérons ainsi 25 centrales de 12 MW ce qui engendre nécessairement des surcoûts. »

Dans son étude de prospective intitulée « Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050 », l’ADEME estimait en 2015 que le coût du grand solaire au sol sera de 60 €/MWh (6 c€/kWh) en 2050 (Figure 7 page 16). Estimation réalisée « uniquement pour les 4 régions françaises les plus au sud » précisait l’ADEME.
Dès 2017, c’est à dire un tiers de siècle plus tôt que ce qu’avaient prévu les experts de l’état français, le prix moyen de l’électricité des centrales au sol de moyenne puissance est déjà de 62€/MWh. Ces experts estimaient par ailleurs (Figure 5 page 14) que le potentiel du solaire PV au sol en France est 6,5 fois inférieur à celui du solaire en toiture (62,5 TWh/an contre 403,1 TWh/an).
Une prime de 3 €/MWh (0,3 c€/kWh) est offerte par l’état pour les projets qui incluent un financement participatif écocitoyen.
Olivier Daniélo

Pour aller plus loin

Posté le par Pierre Thouverez

Les derniers commentaires

  • Bonjour. On va donc nous restituer les taxes prélevées pour financer le développement des ENR sur nos factures d’électricité. On attend l’accord de qui pour signer les décrets concernant les factures 2014 et 2015 ?

  • « Le prix moyen pour les projets de centrales solaires au sol dont la puissance est de 5 à 17 MW est à présent de 62,5 €/MWh en France. Et de 68,1 €/MWh pour les projets de moins de 5 MW. C’est équivalent au prix de revient de l’électricité des anciennes centrales nucléaires déjà amorties, et environ deux fois inférieur à celui du nucléaire de nouvelle génération »
    Bonjour, Pourriez vous citer vos sources ?
    J’avais plutôt entendu dire que le prix de revient du nucléaire en fonctionnement était de 32euro/MWh.
    De plus vous ne précisisez pas si les 62.5 euros/ MWh intègrent les subventions (qui sont encore nombreuses !) Le rapport de l’ADEME parlait lui d’un montant hors subvention !
    Cordialement

  • Monsieur Danielo nous annonce une très bonne nouvelle qui consiste à dire que désormais l’électricité intermittente photovoltaïque n’a plus besoin d’être aidée par une obligation d’achat à tarif fixé par arrêté. Il restera bien à régler le problème trivial du stockage pour faire passer cette électricité d’une production intermittente à une production fournie en fonction de la demande du réseau

    Elle va donc se placer dans la concurrence avec l’électricité produite par les moyens conventionnels qui produisent en fonction de la demande et assurent les services fréquence et tension du système électrique ce que ne fait pas le photovoltaïque mais ce n’est sûrement qu’une question de temps, n’est-ce pas.

    Pour Cestas, j’avais quelque part relevé que l’acquisition des terrains avait pu se faire à des tarifs préférentiels.
    Mais ce devait être du dénigrement.
    La seule question que je me pose est celle des emplois liés à ce secteur où me semble-t-il, une grande partie de la valeur ajoutée se fait hors de France induisant au MW installé beaucoup moins d’emplois que dans les autres secteurs de production d’électricité à la demande des consommateurs.


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