Gaz de schiste : suite ou fin ?
12 déc. 2011

Gaz de schiste : suite ou fin ?

Alors que le parlement a voté l'interdiction de la fracturation hydraulique de la roche il y a quelques mois, l'imbroglio autour de l'exploitation des gaz de schiste reste d'actualité. Les candidats à l'exploitation cherchent à développer de nouvelles techniques de fracturation pour contourner l'interdiction, pendant que les écologistes réaffirment les conséquences désastreuses sur l'environnement de toutes ces techniques.

Le gouvernement a annulé le 4 octobre dernier trois permis d'exploration de gaz de schiste, dont celui de Total car ces trois explorations ou exploitations prévoyaient la fracturation hydraulique qui a été interdite par une loi votée en juin car elle présente des risques de pollution des nappes phréatiques.

Pour autant, on ne se dirige pas encore vers une interdiction totale de l’exploitation des gaz de schiste en France. Le point sur la situation en France et les développements probables pour l’année qui vient, alors que d’autres pays, comme l’Algérie, ont annoncé des projets d’exploitation pour 2012.

Dans le cas de l'Américain Schuepbach (permis en Ardèche et dans le Larzac), les rapports de l'entreprise mentionnaient distinctement le projet d'utiliser la fracturation hydraulique, donc la demande par l’entreprise américaine de permis d’exploitation a été purement et simplement annulée.
En ce qui concerne l’entreprise Total, également candidate à l’obtention de permis d’exploitation, la situation est différente. L’entreprise française s’engageait dans son rapport à ne pas utiliser cette technique à Montélimar.

Or, d'après la Ministre de l’Écologie, Total veut « continuer à rechercher du gaz de schiste avec d’autres techniques que la fracturation hydraulique, mais on sait qu’aujourd'hui que toutes autres techniques ne sont pas opérationnelles ». Le groupe français s'est dit « très surpris » par cette décision de la ministre et dit attendre « de recevoir la notification de cette abrogation pour comprendre sur quelles bases légales ce permis serait abrogé ».

De nombreuses recherches sur les techniques de fracturation

Depuis, lors d’un débat contradictoire entre José Bové, député européen Europe Écologie Les Verts, et Christophe De Margerie, président de Total, celui-ci a annoncé que le pétrolier allait faire prochainement des recours en justice contre la décision du gouvernement d'annuler son permis d'exploration « gaz de schiste » à Montélimar. Affaire à suivre donc. La question qui se pose est la suivante : existe-t-il d’autres techniques que celle de la fracture hydraulique, interdite en France, pour exploiter les gaz de schiste ? Plusieurs techniques sont actuellement développées par les chercheurs et pourraient, à terme, devenir des solutions alternatives à la fracturation hydraulique.

Ces techniques de fracturation de la roche font aujourd’hui l’objet de recherches intenses : la première est la fracturation par arc électrique. Il s’agit de faire subir à la roche de violents chocs électriques pour la fracturer. Une autre, brevetée et commercialisée de manière très limitée pour le moment par une entreprise canadienne, consiste à remplacer l’eau par du propane. Une dernière formule de fracturation, celle dite de « fracturation pneumatique », consiste à injecter non pas de l'eau mais de l'air comprimé dans la roche mère afin de la désintégrer.

Ces techniques ont même déjà fait l’objet du dépôt de plusieurs brevets, même si leur efficacité et leurs effets sur le sous-sol ne sont pas encore bien connus, comme l’a précisé la Ministre de l’Écologie. Selon les écologistes, toutes ces techniques feraient courir les mêmes dangers à l'environnement et à la santé humaine avec comme conséquence irrémédiable la disparition des sources, des nappes phréatiques endommagées, des glissements de terrain et même comme en Angleterre récemment (juin 2011) des mini tremblements de terre.


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