Quel avenir pour TETRA ?
Au milieu des années 90, deux groupes d’utilisateurs se sont penchés sur les communications mobiles numériques : l’un issu du monde des opérateurs de la sécurité et l’autre issu de celui des opérateurs de télécommunications publiques. Leurs contraintes opérationnelles et leur passé technique étaient différents. En Europe, ils ont donné naissance à 2 standards incompatibles, TETRA (TErrestrial Trunked Radio ) et GSM.
Aujourd'hui, face au besoin de capacités accrues pour le transfert de données mobiles, les industriels de la sécurité civile planchent sur une extension de TETRA vers les données haut débit. Mais est-ce bien opportun face aux solutions opérateurs déjà disponibles ?
Quels atouts opérationnels ?
Les utilisateurs principaux de TETRA sont les services d’urgence (pompiers, ambulances, hôpitaux, médecins), les forces de polices, mais également les gestionnaires d’aéroports, de flottes de véhicules ou encore de grands sites industriels comme les raffineries. Alors que le GSM est structuré pour servir des dizaines de millions d’abonnés, un réseau TETRA sert de quelques dizaines à quelques dizaines de milliers d’abonnés. Mais il présente de sérieux atouts par rapport à l'analogique.
Les systèmes analogiques précédents présentaient plusieurs défauts :
- Les canaux radio de communication, alloués pour tout le temps d’une mission ne pouvaient pas être réutilisés par une autre lors des silences de la première ;
- Les canaux pouvaient être interceptées grâce à des « scanners ».
Le passage à la radio numérique a permis de corriger ces défauts par :
- L’amélioration de l’efficacité spectrale (bit/Hz/s) ;
- Le partage dynamique des canaux entre différentes missions ;
- Le chiffrement des données sur la base de clefs associées par mission.
TETRA offre des modes opératoires spécifiques des communications critiques :
- Sûreté de fonctionnement ;
- Accès rapide au canal radio ;
- Possibilité de communiquer hors de portée de l’infrastructure (Direct Mode) ;
- Communications à l’alternat (mode talkie walkie ou Push To Talk - PTT) ;
- Communications de groupe ;
- Appels d’urgence ;
- Ecoute de l’ambiance d’une situation ;
- Ecoute « discrète » d’une mission ;
- Gestion avancée des communications : mise en garde d’un appel (call hold), interdiction d’un appel (call barring), transfert d’un appel (call diversion).
Les 5 derniers modes reposent sur « le dispatcher ». Il est à la fois le gestionnaire des ressources du réseau et des personnels sur le terrain. Il définit les groupes, peut s’introduire dans toute communication, déclenche l’écoute d’ambiance, reçoit les appels d’urgences, transmets les ordres.



