L'intérêt grandissant des polyphénols du vin pour la santé
20 déc. 2011

L'intérêt grandissant des polyphénols du vin pour la santé

L'intérêt pour les polyphénols n'a cessé de grandir au cours de ces dernières années, en particulier parce qu'ils sont d'excellents anti-oxydants. Explications.

Environ trente personnes travaillent dans Le Laboratoire de Biochimie Métabolique et Nutritionnelle (LBMN) que dirige le professeur Norbert Latruffe au sein de l'Unité Mixte de Recherche 866 de l'INSERM de Dijon qui compte 9 équipes de recherche, dont certaines sont impliquées dans des projets labellisés par le pôle de compétitivité Vitagora.

Si certains chercheurs de cette équipe s'intéressent au devenir des acides gras à l'intérieur des cellules cérébrales, dans le cadre de pathologies spécifiques telles que les leucodystrophies, d'autres travaillent sur les effets bénéfiques sur la santé de ces molécules, présentes notamment dans le vin, que sont les polyphénols. Aujourd'hui, la revue internationale Molecular Nutrition & Food Research publie les résultats d'une étude menée par l'équipe de Norbert Latruffe, en collaboration avec le Centre hospitalier de Montbard et le docteur Jean-Pierre Rifler, médecin urgentiste, résultats qui tendent à montrer les effets positifs d'une consommation modérée de vin chez des patients post-opérés d'un infarctus du myocarde.

Cela fait une vingtaine d'années que Norbert Latruffe est venu s'installer en Bourgogne pour y travailler initialement sur la toxicité de certaines molécules sur l'environnement comme des résidus de l'agrochimie, de la chimie et de la chimie pharmaceutique et ayant une activité de prolifération hépatique des peroxysomes. "Ces recherches en toxicologie nous ont conduit à développer des tests fiables qu'il nous a été facile ensuite d'adapter aux domaines de l'alimentation et de la nutrition", explique-t-il. Dans cette région qui abrite l'un des vignobles les plus réputés de la planète, c'est donc tout naturellement que la route de ce bourguignon d'adoption a croisé celle des polyphénols ce qui l'a amené à s'y intéresser de plus près il y a une douzaine d'années. "Toutes les plantes de la Terre produisent des polyphénols.

On en compterait de 5.000 à 10.000 types différents dans la nature. C'est pour elles un moyen de se défendre vis-à-vis d'agents infectieux, du rayonnement et du stress hydrique, mais aussi un moyen de communication lié à fécondation via les insectes et les oiseaux", rappelle Norbert Latruffe. Beaucoup plus sensible qu'une majorité de plantes à son environnement, aux pathogènes de type champignons microscopiques, et capable de pousser dans des endroits très ensoleillés qui connaissent la sécheresse, la vigne produit un nombre important de ces polyphénols. "Très rapidement je me suis donc pris au jeu", reconnaît-il.

Après l'infarctus du myocarde, les maladies dégénératives

L'intérêt pour les polyphénols n'a cessé de grandir au cours de ces dernières années, en particulier parce qu'ils sont d'excellents anti-oxydants. De retour de la cinquième édition de l'International Conférence on Polyphenols and Health qui s'est déroulée à Sitges près de Barcelone du 17 au 20 octobre, Norbert Latruffe note ce véritable engouement pour cette famille de molécules. "La communauté scientifique mais également l'industrie s'intéressent de plus en plus à cette famille de molécules qui semblent jouer un rôle important dans le domaine de l'alimentation", observe-t-il. D'où la nécessité de s'y investir de plus en plus comme n'a cessé de le faire l'équipe dijonnaise depuis plus d'une décennie avec, à la clé, des résultats significatifs notamment sur un polyphénol spécifique de la vigne, le resvératrol.

Dernier exemple en date, ceux que publient la revue internationale Molecular Nutrition & Food Research (vol 55, octobre 2011), fruits d'une étude tout à fait originale menée par l'équipe de Norbert Latruffe en collaboration avec le Centre hospitalier de Montbard et l'un de ses médecins urgentistes, le docteur Jean-Pierre Rifler. Il s'agissait d'explorer les effets de la prise de vin rouge sur les paramètres sanguins chez des patients post-opérés d'un infarctus du myocarde. "L'originalité de cette étude était de voir si l'on observait une prévention secondaire chez ces sujets qui avait fait un infarctus du myocarde", précise l'universitaire bourguignon.

29 personnes volontaires, des hommes et des femmes d'une soixantaine d'années ou plus, ayant tous fait un infarctus du myocarde, ont participé à cette étude. Réparties en deux groupes, l'un de 14 personnes, l'autre de 15, celles-ci ont été soumises durant 3 semaines, dans un milieu hospitalier, à un régime alimentaire apparenté au type dit "méditerranéen", c'est-à-dire constitué pour l'essentiel d'huile d'olive, de poisson, de fruits et légumes, la consommation de fromage étant relativement peu élevée. Chaque personne du groupe test recevait un verre de vin rouge à chaque repas, alors que les personnes du groupe témoin ne buvaient que de l'eau. "Nous avons pu observer que la cholestérolémie totale a diminué de façon significative chez les personnes du groupe test.

Par ailleurs, les tests de Michel Prost, de l'entreprise locale Lara Spiral, nous ont permis de constater une augmentation, là encore significative, des antioxydants. Parallèlement, le laboratoire a noté une amélioration de la fluidité de la membrane des globules rouges au sein du groupe des buveurs de vin", résume-t-il. Des résultats extrêmement encourageants qui incitent l'équipe de Norbert Latruffe à proposer une nouvelle étude, en cours de gestation. "Nous envisageons de faire un suivi de personnes du troisième âge, dans des maisons de retraite, notre objectif étant de voir si une consommation modérée de vin pourrait avoir des effets bénéfiques sur le vieillissement et les dégénérescences dues à l'âge", indique-t-il.

 

Source : bulletins électroniques




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