Matériaux innovants & Nano

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Matériaux, innovation

« La lutte contre la corrosion commence à la planche à dessin »
13 mars 2012

« La lutte contre la corrosion commence à la planche à dessin »

Entretien avec Gérard Pinard Legry, président d’honneur du centre français de l’anticorrosion (Cefracor) et ancien spécialiste en corrosion au Commissariat à l’énergie atomique (CEA).

Techniques de l'Ingénieur : Gérard Pinard Legry, quelles sont les causes et caractéristiques de la corrosion ?

C’est une interaction physico-chimique entre un métal et un environnement, modifiant le métal, l’environnement, ou les deux. On oublie trop souvent que la corrosion, c’est d’abord « une affaire de couple ». Difficile de dire comment un métal va se corroder si on ne connait pas son environnement. Dans 95% des cas, la corrosion a lieu en milieu aqueux, et résulte de deux réactions simultanées : l’oxydation du métal, et la réduction d’une espèce du milieu. Ainsi de l’oxygène dissous dans l’eau, qui se réduit quand y rouille de l’acier. En milieu neutre aéré, l’oxygène est le principal responsable de la corrosion.

La corrosion peut prendre des formes variées, uniforme et généralisée, ou localisée, selon le matériau, sa composition, sa pureté, etc, mais aussi la chimie du milieu (présence de chlorures), la température, les contraintes mécaniques, etc. Les bactéries peuvent aussi être à l’origine de la corrosion.

Quelles en sont les conséquences ?

La détérioration du métal bien sûr, qui peut avoir des conséquences aussi dramatiques que la rupture des câbles d’un pont suspendu. mais aussi des percements de canalisations, des pollutions du milieu, des pertes de rendement, etc…

Comment la stoppe-t-on ?

On peut supprimer ou réduire l’une des deux réactions citées plus haut. Le moyen simple, dans un circuit d’eau, est de supprimer l’oxygène. On peut aussi utiliser des inhibiteurs de corrosion pour réduire ces réactions.

Autre méthode : séparer le milieu et le métal par une peinture ou un revêtement organique ou métallique convenablement choisi. Enfin, la protection cathodique qui consiste à diminuer le potentiel de corrosion du métal en faisant circuler un courant électrique, par exemple par effet galvanique avec des anodes en zinc fixées sur une carène en acier.

L’essentiel est de bien connaître les propriétés du matériau, celles du milieu, et les conditions dans lesquelles fonctionnera l’installation. « La lutte contre la corrosion commence à la planche à dessin » disait un spécialiste. Cela vaut dans toutes les industries. A priori, aujourd’hui on dispose de très nombreuses connaissances pour se prémunir. C’est souvent les conditions qui sont sous-estimées ou mal connues : pollution accidentelle, vitesse du liquide, contraintes mécaniques, etc.

Face à ces questions, quelles réponses apporte le cycle de formation proposé par Techniques de l’Ingénieur ?

Beaucoup de problèmes peuvent être évités si les conditions sont bien anticipées. Cette formation permet de voir ou revoir les grands principes, les différentes formes de protection, les réglementations en vigueur. Elle s’adresse ainsi aux bureaux d’études et aux ingénieurs des PMI/PME qui souvent ne peuvent pas être spécialistes en la matière, mais aussi aux corrosionnistes des grands groupes industriels pour l’actualisation de leurs connaissances.

C’est un domaine où le retour d’expérience est important, les matériaux, les milieux et les conditions à l’interface étant extrêmement variées. On peut ajouter que les limitations pour l’utilisation de certains composés chimiques de l’anticorrosion (peintures, inhibiteurs, métaux lourds…) évoluent et doivent être connues.

 

Propos recueillis par Bruno Decottignies

 

Inscrivez-vous dès à présent à Formation anticorrosion : comment lutter contre la corrosion. Prochaines sessions à Paris les 2,3 et 4 avril 2012 et les 5, 6 et 7 décembre 2012. Prochaine session à Lyon les 8,9 et 10 octobre 2012.




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