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« Mathématiques, un dépaysement soudain » à la Fondation Cartier
10 nov. 2011

« Mathématiques, un dépaysement soudain » à la Fondation Cartier

La Fondation Cartier présente l’exposition « Mathématiques, un dépaysement soudain », une création originale pour laquelle elle a ouvert ses portes à la communauté des mathématiciens et sollicité des artistes familiers des lieux pour les accompagner.

Du 21 octobre 2011 au 18 mars 2012, la Fondation Cartier présente l’exposition « Mathématiques, un dépaysement soudain », une création originale conçue en collaboration avec l’Institut des Hautes Études Scientifiques (IHÉS), sous le patronage de l’UNESCO. Pour cette exposition, elle a ouvert ses portes à la communauté des mathématiciens et sollicité des artistes familiers des lieux pour les accompagner et donner ainsi à voir, à écouter, à faire, à penser, à interpréter les mathématiques. En convoquant les mathématiques entre ses murs, la Fondation Cartier fait elle-même l’expérience du « dépaysement soudain » formulée par le mathématicien Alexandre Grothendieck.

Michel Cassé, astrophysicien, et Hervé Chandès, directeur général de la Fondation Cartier, guidés par Jean-Pierre Bourguignon, mathématicien et directeur de l’IHÉS, se sont entourés de nombreux mathématiciens et scientifiques, invitant six d’entre eux à se faire les maîtres d’œuvre de l’exposition. D’origines géographiques et de champs mathématiques variés, ils comptent parmi les spécialistes les plus reconnus aujourd’hui, dans des domaines comme la théorie des nombres, la géométrie algébrique, la géométrie différentielle, la topologie, les équations aux dérivées partielles, les probabilités, l’application des mathématiques à la biologie…

Familiers de la Fondation Cartier pour y avoir déjà exposé par le passé, huit artistes reconnus (dont David Lynch, Takeshi Kitano, Raymond Depardon et Patti Smith) ont été réunis afin d’accueillir ces chercheurs et de transformer les aspects esthétique, scientifique et pédagogique des mathématiques en une expérience sensible. Des mathématiques pures aux mathématiques appliquées, de la discipline elle-même aux femmes et hommes qui la vivent et la portent, l’exposition propose au visiteur un voyage au cœur de la pensée mathématique.

Nourri de la réflexion de l’ensemble des mathématiciens engagés dans l’exposition, David Lynch imagine une structure en forme de zéro accueillant la « Bibliothèque des mystères » de Misha Gromov. D’Archimède à Poincaré, de Descartes à Einstein, cette bibliothèque, mise en images et en sons par le réalisateur américain avec la complicité de Patti Smith, retrace les étapes majeures de l’histoire des mathématiques et de la pensée humaine : « Vous vous apercevez que les symboles sont des mots et les miroirs des livres. Vous entamez la lecture et votre conversation avec l’Univers commence. »

L'artiste Hiroshi Sugimoto, quant à lui, en écho à l’élégance de la pensée abstraite évoquée par les mathématiciens devant la caméra de Raymond Depardon et Claudine Nougaret, expose une forme hyperbolique, une « Surface de révolution à courbure négative constante », qui, tel un point d’orgue tendu vers l’infini, pose la question irréductible au cœur du projet : comment représenter l’abstraction mathématique ?

Ce déplacement des mathématiques hors du lieu où elles sont habituellement énoncées, en provoquant des rencontres exceptionnelles entre artistes et mathématiciens et entre artistes eux-mêmes permet d'offrir à tous des fragments de splendeur mathématique à la faveur d’une conjonction géométrique, algébrique, artistique et cinématographique, rendue possible grâce à l’implication généreuse et sans a priori de tous les participants.

 

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