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Tendances, innovations et nouveaux produits pour l'industrie
Selon ses informations, Bio Fuel Systems (BFS) a mis au point un procédé de conversion énergétique du CO2 utilisant 3 éléments : l’énergie solaire, la photosynthèse et le champ électromagnétique qui permet d’obtenir un biocarburant comparable au pétrole d’origine fossile. L'organisme algal impliqué dans le processus de transformation est défini comme « Unicellulaire - Phytoplancton, Diatomées ou Chlorophycées ayant un cycle de 8 à 24 heures ». Bio Fuel Systems, sans entrer dans plus de détails (on peut les comprendre), affirme qu'après des années de recherche, la compagnie est parvenue à trouver la microalgue qui contient assez d'acides gras et de lipides pour que l'ensemble du processus aboutisse à la production d'un biocarburant. En ce moment même, la compagnie élabore, dans le sud de la France, une étude de faisabilité concernant l'implantation d'une ferme algacole et d'un site de transformation de biomasse près d'un incinérateur qui devrait voir le jour fin 2009.
André Sancho, le directeur de la filiale française de BFS aime volontiers comparer les résultats de sa société à ceux des autres compagnies qui dans le monde agissent pour la commercialisation des biocarburants algaux. André Sancho est, à cet égard, assez critique vis-à-vis des Américains et il faut dire qu'il n'a pas toujours complètement tort surtout, quand il nous déclare :
« Pour l'instant les américains ne font que des effets d'annonces certainement pour que les laboratoires puissent emmagasiner des subsides. Techniquement, ils se sont tous dirigés vers les photo bio-réacteurs horizontaux et c'est là leur principale erreur. Leurs choix supposent des surfaces d'implantations beaucoup trop importantes pour une rentabilité incertaine, un coût élevé de nettoyage des tubes et pas de possibilité de réguler la température de l'algue (entre 23 et 30° C). En cas de gel ou de forte chaleur que deviendra la biomasse ? Ils ne peuvent en l'état augmenter la concentration de la biomasse sinon en augmentant la longueur de leurs tubes. De plus quand on sait que ce type de tube ne peut contenir plus de 30 millions de cellules par ml d'eau et que la garantie pour obtenir un produit acceptable se situe autour de 80 millions de cellules par ml d'eau, on a compris que l'on est loin du compte. Quand à l'armée de l'air américaine elle ne dispose pas encore de kérozène algal mais subventionne un laboratoire de recherche capable éventuellement de développer une technologie acceptable ... et ce n'est pas pour demain. »
Les Américains et d'autres (Algénol Bio Fuel, Green Fuel, Solena, Petro Algae, Solazyme, Inventure chemical, Algae Link), auraient donc eu tort de privilégier les systèmes de production horizontaux (voilà qui va leur faire très plaisir !). De même que celui (il est seul pour l'instant) qui a choisi la culture d'algues en mer (le New Zélandais Aquaflow Bionomic), technologie trop soumise aux aléas climatiques. Il en va de même pour ceux, dont nous suivons régulièrement les progrès dans ce blog, qui ont choisi la technologie de canaux à ciel ouvert et qui sont ceux qui communiquent le plus (le géant Pétrosun, Aurora Bio Fuel, Bionavitas, Live Fuel, Solix Bio Fuel, Sapphire Energy, Bio Petroleum aux U.S.A ou Sean Biotic en Israel). Quant au projet français Shamash, André Sancho n'en évoque même pas l'existence. Peut-être l'ignore-t-il, d'ailleurs ? Alors oui je sais, l'enthousiasme de BFS à vouloir démontrer être le seul capable de développer commercialement une technologie de transformation des algues en carburant peut paraître aussi suspect que l'obstination des Américains à vouloir nous faire croire qu'un biocarburant algal sera commercialisable dès demain matin !
Cet enthousiasme ne doit cependant pas masquer les résultats de la compagnie BFS qu'il convient d'examiner avec attention et qui ont été validés par les laboratoires de biologie et de chimie de l’Université d’Alicante. En terme de concentration de biomasse, les 300 millions de cellules par ml d'eau contenues dans les performances BFS sont effectivement à considérer d'un regard attentif par rapport aux chiffres des autres concurrents. De même que la rapidité de croissance induite par l’électromagnétisme qui permettrait une récolte journalière et la découverte d’une souche mère (tenue secrète) qui concentrerait 80 à 85% d’acides gras. En terme de rendement à l’hectare, la productivité de BFS par rapport aux entreprises utilisant la technologie de production horizontale est de 1 à 100 et comparée avec la technologie de canaux à ciel ouvert, elle est de 1 pour 1.000. Voilà des chiffres qui donnent le vertige. Reste à BFS, qui a déjà su entourer ses résultats d'une considérable couverture médiatique internationale grand public, à convaincre définitivement les milieux scientifiques, industriels et, surtout, financiers.
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En savoir plus BFS est une société espagnole gérée par Bernard Straiozzo Moujin. Biokhan, dirigée par André Sancho, est une société française qui entre en partenariat avec BFS pour développer l'algaculture au niveau international. La filiale française est située à Issy-les-Moulineaux. |
Par Francis Rousseau, auteur du site Les énergies de la mer
Mar 4, 2009Sur Techniques de l'Ingénieur, retrouvez tous les articles scientifiques et techniques - base de données - veille technologique - documentation technique.