INTRODUCTION
Depuis les prémices de la télévision, l’attrait de la visualisation des images télévisuelles sur un écran de grande taille, préfigurant la projection cinéma à domicile, a toujours constitué une préoccupation majeure dans les laboratoires de recherche et développement. Elle s’était traduite aux États-Unis, dès 1948, par l’apparition sur le marché grand public d’un appareil noir et blanc équipé d’une optique réfractive et d’un tube cathodique ayant un écran de 70 cm de base. Inévitablement, cet appareil peu performant, encombrant et coûteux, ne suscita guère l’enthousiasme des téléspectateurs et le fameux rêve du cinéma à domicile ne put se concrétiser. Il a fallu patienter près de quinze ans pour enfin assister, toujours aux États-Unis et principalement par le biais du marché institutionnel, au démarrage définitif de ce service. Le phénomène est concrétisé par l’évolution rapide et continue du marché américain dont le chiffre annuel de ventes, tous types d’appareils confondus, qui était de 20 000 unités en 1977 est passé à 200 000 en 1982. Actuellement, ce rythme des ventes est toujours maintenu et ne devrait pas se ralentir surtout avec le développement des nouveaux systèmes de télévision.
En dehors des États-Unis, l’avènement des grands écrans de télévision a connu une évolution beaucoup plus timide. Ainsi, en France, après une période plutôt morose (1983 à 1987) presque exclusivement orientée vers la vidéotransmission, la vidéoprojection connaît actuellement une reprise prometteuse. Ce regain d’activité est lié en grande partie à deux facteurs : l’utilisation sans cesse croissante de la projection en informatique et en vidéographie, et le développement des nouveaux systèmes de télévision à haute définition et à qualité améliorée. Ce démarrage paraît être définitif avec les hautes performances atteintes par les technologies courantes [projecteurs et rétroprojecteurs à tubes à rayons cathodiques (TRC), projecteurs à relais optiques par diffraction, projecteurs à lasers] et surtout avec l’apparition de nouvelles technologies basées sur l’utilisation des relais matriciels à cristaux liquides [projecteurs et rétroprojecteurs à matrices LCD (Liquid Cristal Display)].
Ce document se propose de faire le point sur l’état de l’art à un moment où la télévision est le centre de bouleversements considérables avec l’introduction de nouveaux systèmes et services [EDTV (Enhanced Definition Television), IDTV (Improved Definition Television), TVHD (Télévision à haute définition), TV numérique, diffusion par satellite, distribution par câble, services multimédias sur réseaux à large bande tel Numéris...]. Dans une première partie sont rappelées quelques notions de base sur les caractéristiques techniques des systèmes télévisuels y compris des nouveaux systèmes pour définir les performances requises en restitution des images. Puis on décrira les principales techniques utilisées pour l’affichage d’images sur grand écran tant au stade de maquettes de laboratoire qu’à celui des produits commercialisés. Selon le type de modulation adopté, ces techniques peuvent être réparties en deux grandes familles : les dispositifs dits émissifs (à modulation directe) et les dispositifs dits non émissifs (à modulation indirecte).
