INTRODUCTION
Aujourd’hui, la prise en compte partielle de l’environnement (une seule étape ou un seul type d’effluent) est insuffisante et un nouveau type d’approche : le développement durable, est devenu nécessaire. Ce dernier assure la prise en compte globale de l’environnement. Au début des années 90, l’analyse du cycle de vie (ACV) est apparue comme un outil capable de gérer cette globalité en quantifiant pour un produit tout au long de son cycle de vie, les flux de matières, d’énergies et de rejets, et en les traduisant en impacts potentiels sur l’environnement. Tout le cycle de vie est pris en compte depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie en passant par la fabrication, la production et l’utilisation (cf. article « Analyse du cycle de vie. Réalisation de l’inventaire » des Techniques de l’Ingénieur).
Par exemple, l’impact des déchets de véhicules en fin de vie, aggravé par la fermeture des décharges aux déchets non ultimes, apparaît comme un problème environnemental majeur aujourd’hui. L’Accord Cadre français signé en 1993 par les acteurs de la filière de valorisation des véhicules en fin de vie vise à réduire d’ici 2002 et à terme 2015 la quantité de déchets mis en décharge. Une directive européenne sur le traitement des véhicules en fin de vie est également en cours d’élaboration. Ainsi, en 2005, les nouveaux véhicules devront être valorisables à 95 % avec 85 % de recyclage et de réemploi.
L’ACV apparaît comme un outil pertinent pour comparer les scénarios de recyclage et d’incinération avec valorisation énergétique en apportant des arguments scientifiques de discussion à partir du calcul des impacts potentiel globaux de chacune des filières.
Le présent article se propose donc de montrer comment l’ACV peut être utile à l’industrie automobile en présentant la situation actuelle quant à la prise en compte de l’environnement par les constructeurs automobiles, et à l’apport méthodologique de l’ACV pour réduire les impacts environnementaux liés à la fin de vie des véhicules et aux émissions atmosphériques lors de leur utilisation et la non-adéquation de l’ACV en phase de conception. Ainsi, l’ACV apparaît comme un outil argumentaire permettant de définir de grandes tendances quant aux impacts liés aux émissions lors de l’utilisation et à la fin de vie des véhicules.
Le lecteur intéressé pourra consulter les articles [37] [38] [39] sur la pollution atmosphérique générée par les moteurs dans le traité Génie mécanique.

