3. Élargir la traçabilité : la notion de mappabilité
Enfin nous voudrions, pour terminer, remarquer qu’une lecture strictement « policière » et « sécuritaire » de la traçabilité risque paradoxalement d’en diminuer l’efficacité. Pour gérer efficacement la qualité en effet, peut-on se contenter de ne pas perdre la trace des éléments gérés ? Ne faut-il pas adopter une vue moins immédiate et plus large, plus sereine, consistant à comprendre ces traces, à les rapporter en un tout cohérent ? Pour répondre à cette double question, nous proposons de distinguer entre « traçabilité » et « mappabilité » (de l’anglais to map : cartographier). Pour saisir le sens de ces deux termes, que l’on nous permette d’emprunter un exemple... à la littérature américaine contemporaine.
dans son roman City of Glass, l’écrivain Paul Auster (1989) met en scène un détective privé, Quinn, payé pour suivre les allées et venues d’un quidam, Stillman. Professionnellement, le comportement du détective est irréprochable : il suit quotidiennement Stillman sans jamais se faire remarquer, sans jamais perdre sa trace,...
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