INTRODUCTION
La multiplicité des technologies de fabrication et des matériaux constitutifs des composites offre de nombreuses possibilités aux concepteurs, mais parallèlement elle peut compliquer le travail de sélection et de mise au point des procédés de fabrication.
Le choix d’une technologie est un enjeu technico-économique qui doit s’effectuer en fonction du type et du nombre de pièces à réaliser, de la cadence de production, des investissements à prévoir... Il existe en fait beaucoup de critères à prendre en compte qui rendent la sélection du procédé adapté assez délicate. Par ailleurs, les phénomènes physiques et chimiques mis en jeu dans le cadre du moulage des composites avancés sont complexes et, de surcroît, couplés ce qui ajoute un degré supplémentaire de complexité (cf. dossier ).
Ainsi, définir la technologie qui permettra de satisfaire au mieux l’ensemble de ces exigences n’est pas toujours facile. Par ailleurs, une fois le choix effectué, il convient d’optimiser les paramètres de fabrication. Des essais répétés sur des prototypes permettent de préciser la valeur de ces paramètres et de déterminer la meilleure stratégie. Cette solution, longue à mettre en place et à conduire jusqu’à son terme, présente aussi l’inconvénient d’être coûteuse, car une modification d’un des éléments du cahier des charges peut remettre en question les choix initiaux.
Face à la complexité croissante des applications et à la réduction des temps de développement, l’empirisme doit céder la place à des méthodes plus rationnelles, plus rapides et plus sûres. Dans ce contexte technico-économique, les outils de calcul décrivant la fabrication des composites en relation avec la conception des pièces deviennent des instruments nécessaires dans la chaîne de conception-fabrication et participent au développement et au déploiement des technologies dans le monde industriel.
L’objet de ce dossier est de présenter des relations simples découlant des grands principes physiques décrits dans le dossier et qui ont un intérêt pratique pour l’estimation de grandeurs telles que des pressions de résine et des temps d’injection. Afin d’illustrer le potentiel de cette modélisation, plusieurs exemples d’utilisation de la physique du moulage des composites avancés sont décrits dans le cas de pièces industrielles complexes.
La dénomination « composite avancé » fait référence aux matériaux élaborés à partir de résine thermodurcissable (polyester, vinylester, époxyde,...) et de fibres continues (verre, carbone, aramide,...) qui constituent le squelette de la structure.

