INTRODUCTION
Le développement de la biologie au cours du XXe siècle a très largement reposé sur l’exploitation des propriétés du noyau atomique et des rayonnements. Les différents isotopes d’un atome possèdent la même structure électronique, et par conséquent les mêmes propriétés chimiques et donc biologiques. De plus, les atomes radioactifs peuvent être détectés, localisés et même dosés à distance par le rayonnement qu’ils émettent.
Dès 1944, Frédéric Joliot, Robert Courrier, Alain Horeau et Pierre Sue réalisaient au Collège de France la première synthèse d’une hormone marquée par un radioélément artificiel, la thyroxine marquée par de l’iode 131.
Seule la radioactivité artificielle a donné la possibilité de suivre ces molécules présentes en très faible concentration depuis leur lieu de production jusqu’à celui de leur action, d’isoler les récepteurs et d’étudier la transmission du message à l’intérieur des cellules.
L’invention du cyclotron et la découverte de la radioactivité artificielle ont alors permis d’étendre considérablement les possibilités de marquage de molécules organiques par d’autres radio-isotopes (iode 125, tritium, carbone 14, soufre 35, phosphore 32...).
Les auteurs ont rassemblé dans cet article les différentes étapes que doit suivre un biologiste désireux de réaliser le radiomarquage d’une molécule destinée à deux applications : la radio-immunoanalyse ou l’autoradiographie.
