INTRODUCTION
La logistique a pour finalité la satisfaction des besoins exprimés ou latents aux meilleures conditions économiques pour l’entreprise et pour un niveau de service déterminé. Cet instrument d’approche systémique permet d’être à l’écoute des clients, de rendre flexible la production de biens et de services, et d’intégrer l’ensemble des partenaires, fournisseurs, prestataires de services, collaborateurs, distributeurs et clients (cf. article « Enjeux de la logistique » dans ce traité [20] ).
L’ingénierie intégrée, elle, est une démarche systématique en vue de la conception intégrée des produits et des processus associés, prenant en compte simultanément toutes les exigences concernant la conception, la fabrication, l’utilisation et le soutien logistique.
La mise en œuvre d’une démarche, à la fois, de management logistique et d’ingénierie intégrée conduit à repenser l’organisation interne de l’entreprise et son mode de fonctionnement. Les processus, ensembles d’activités concourant à l’élaboration d’un produit ou d’un service, ont pour but d’apporter et d’évaluer des solutions techniques permettant de répondre au besoin de l’utilisateur final et des acteurs du cycle de vie (concepteurs, fabricants, logisticiens, vendeurs, utilisateurs, réparateurs...). Par la maîtrise de ces processus (Capability Maturity Models), il s’agit donc de traquer, tout au long du cycle de vie, les processus qui n’ont pas de valeur ajoutée.
À la croisée du management logistique et de l’ingénierie intégrée, la méthodologie de Soutien Logistique Intégré (SLI) a pour objectifs : la maîtrise du couple coût global de possession minimum/disponibilité opérationnelle maximale ; la prise en compte des exigences de soutien dans la conception ; l’étude globale de l’ensemble comprenant le système opérationnel et son système de soutien, la cohérence des éléments de soutien entre eux, l’adéquation aux besoins des utilisateurs, et la vérification permanente de l’aptitude au soutien.
La satisfaction des besoins de l’utilisateur ne dépend pas exclusivement des performances purement techniques du produit qu’il met en œuvre. La commercialisation d’un produit durable ou d’un système doit en effet s’accompagner de diverses prestations permettant à l’acquéreur de l’installer, de l’exploiter, de l’entretenir, de le dépanner et éventuellement de le réparer, voire de le rénover ou de le faire évoluer et, ce, à la fois, dans les meilleures conditions économiques et pendant toute la vie utile de celui-ci.
Ces prestations vont constituer le soutien logistique. Si l’on veut que la chaîne logistique soit disponible dès la mise en place des premiers éléments du système, il faut l’étudier très tôt. À l’instar des concepts d’ingénierie concourante ou simultanée, qui intègrent déjà la conception du produit et la conception de l’outil de production, une idée forte est d’intégrer, de plus, l’étude du soutien logistique à l’étude du système principal. Le soutien logistique intégré est alors une approche globale et itérative de mise en œuvre des activités à la fois techniques et de management.
Les industriels se sont toujours préoccupés de ce que les produits, les équipements et les systèmes livrés fonctionnent de manière satisfaisante. Pendant longtemps, les activités n’ont concerné que les moyens et prestations permettant de remédier aux défaillances ; il s’agissait de logistique d’après-vente.
Dorénavant, comme le représente la figure 1, doivent être appréhendés les processus de soutien, qui sont de deux types : d’une part, ceux correspondant à la logistique incorporée au système (les activités de la logistique de soutien amont) qui contribueront à sa « sûreté de fonctionnement » ; et, d’autre part, ceux correspondant à la logistique associée au système (les activités de la logistique de soutien aval), c’est-à-dire l’ensemble des fournitures et moyens qui permettront d’assurer l’exploitation et la maintenance du système, dans le but d’obtenir la disponibilité opérationnelle maximale, avec un souci constant de rechercher l’optimum économique sur l’ensemble du cycle de vie.
Le client-utilisateur se voit ainsi proposer un service global englobant le système opérationnel et son système de soutien, et la prise en compte du soutien logistique intégré constitue alors un nouvel avantage concurrentiel.



