En chiffres

Un bilan électrique 2015 mitigé !

Posté le 5 février 2016
par Matthieu Combe
dans Entreprises et marchés

Le bilan électrique 2015 publié par RTE, Réseau de Transport d'Electricité, a été publié le 3 février. De bonnes et de mauvaises nouvelles : la production et la consommation française d'électricité sont reparties à la hausse, la part du nucléaire reste forte à 76,3 %, l'éolien et le solaire poursuivent leur développement, mais les émissions de CO2 augmentent en raison d'un recours accru au gaz.

Fin 2015, la production nette d’électricité atteint 546 térawattheures (TWh), soit une hausse de 1,1 % par rapport à 2014. La consommation française repart également à la hausse (+ 2,2 %), passant à 475,4 TWh. Corrigée de l’effet météorologique, la consommation augmente plus faiblement, + 0,5 % pour atteindre 476,3  TWh, soit le niveau de 2013.  Dans un contexte économique plus favorable, cette  hausse est attribuée aux industries telles que l’automobile et la métallurgie, mais aussi à la canicule de juillet qui a fait tourner les climatiseurs. Au cours de l’année, les importations et exportations avec les pays voisins ont atteint 120,9 TWh d’électricité.

Avec un solde d’exportation de 61,7 TWh, la France demeure le premier pays exportateur d’électricité en Europe.

Par ailleurs, l’effacement gagne du terrain : RTE dispose désormais d’une puissance d’effacement mobilisable d’un maximum de 1,9 gigawatts (GW), contre 1,2 GW en 2014.

Un autre fait est marquant : les émissions françaises de CO2 liées à la production d’électricité ont augmenté en 2015 de 21,7 % par rapport à 2014, atteignant 23,1 millions de tonnes (contre 19 millions l’année précédente). La majeure partie de ces émissions est due à l’augmentation de la production thermique à gaz (+ 3,5 millions de tonnes). Rappelons qu’en 2014, les émissions avaient connu une chute historique de 40 %.

Portrait du parc électrique français : capacités et production

Fin 2015, la puissance installée des centrales électriques françaises s’élève à 129,3 GW, en hausse de 0,5 % par rapport à 2014.  Les 58 réacteurs nucléaires représentent toujours 63,1 GW de puissance installée, soit, 48,8 % de la puissance du parc électrique français. Il constitue toujours la source de production numéro 1, avec 76,3 % de l’électricité produite (416,8 TWh).

L’hydroélectricité demeure en deuxième position grâce à ses 25,4 GW, soit 19,7 % du parc installé. Elle permet d’assurer 12,6 % de la production (58,7 Twh), malgré une baisse de 13,7 % de  production due à une pluviométrie inférieure à 2014.

En troisième position, on retrouve les centrales thermiques utilisant des combustibles fossiles (charbon, fioul et gaz). Leurs capacités sélèvent à 22,6 GW pour une production de 34,1 TWh fin 2015 (22,1 TWh de gaz, 8,6 TWh de charbon et 3,4 TWh de fioul. Ces centrales représentent 17,4 % du parc installé, mais seulement 6,2 % de la production. Malgré la fermeture de 1,5 GW de centrales à charbon, et une baisse globale de 5,9 % des capacités de centrales thermiques à combusibles fossiles, la production d’origine fossile croît de 9,7 TWh par rapport à 201 (+ 31,9 %). Cette année, c’est la production de gaz qui a le plus augmenté ( + 54,8 %), en raison des besoins en chauffage lors des premiers mois de l »année.

On retrouve ensuite l’éolien et le solaire. Pour ces énergies renouvelables intermittentes, les écarts entre puissance installée et production se creusent.  Entre 2014 et 2015, le parc éolien a gagné 999 MW et le parc solaire 895 MW. Avec des facteurs de charges supérieurs à 2014, le parc éolien a produit en moyenne à 24,3 % de sa capacité contre 22,6 % fin 2013 et le parc solaire à 15 % contre 14 % en 2014, ce qui a engendré d’importantes hausses de production. Fin 2015, si l’éolien représente 8 % de la puissance installée avec ses 10,3 GW, le parc produit 3,9 % de l’électricité française (21,1 TWh, en progression de 23,3% par rapport à 2014). Avec 4,8 % de la puissance installée (6,2 GW), le parc solaire représente 1,4 % de la production française (7,4 TWh, en hausse de 25,1 % par rapport à 2014).

Enfin, le parc de la filière bioénergies électriques est de 1,7 GW, soit 1,3 % du parc français pour une production de 7,9 TWh (1,4% de la production). Il se compose d’installations fonctionnant à partir de déchets ménagers, de biogaz, de bois-énergie et autres biocombustibles renouvelables, ainsi que de déchets de papeterie. Fin 2015, la production renouvelable de cette filière s’élève à 5,9 TWh, soit 1,1 % de la production totale. Une hausse de 8 % par rapport à l’année précédente.

Au final, si l’on combine la production de la part renouvelable de l’hydraulique et des bioénergies, les renouvelables ont produit 88,4 TWh, soit 16,2 % de la production électrique française.

Selon la méthodologie de calcul reprise de la directive européenne 2009/28/CE, la part annuelle de la production issue des sources d’énergies renouvelables par rapport à la consommation d’électricité atteint 18,7%, contre 19,6% en 2014.

Pour préparer le réseau aux objectifs de la transition énergétique, qui visent à porter à 40 % la part des énergies renouvelables dans le mix électrique en 2030, RTE a investi 1,4 milliard d’euros dans l’adaptation, le renforcement et l’entretien du réseau. C’est 28 millions d’euros de plus que l’année précédente.  De quoi intégrer notamment une part croissante d’éolien et de solaire.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique


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