Tribune

Démantèlement des centrales nucléaires : pourrait-on faire simple ?

Posté le 13 juin 2012
par La rédaction
dans Environnement

Tribune [F.Lempérière et C.Ngô]
Dans les trente ans à venir, les 58 réacteurs français existants doivent être démantelés pour un coût sur lequel règnent encore de grandes incertitudes, peut-être 30 milliards d’euros, plus d’un milliard d’euros par site. Les explications.

Le principe est de ramener le site à son état initial que les spécialistes appellent « le retour à l’herbe ». L’objectif du déclassement et démantèlement est de libérer partiellement ou totalement le site nucléaire sur lequel se trouve le réacteur pour le dédier éventuellement à d’autres usages. Ce travail se décompose en trois étapes principales :

Les auteurs :

François Lempérière a participé à l’étude et/ou la réalisation de plus de 20 très grands ouvrages de Génie Civil : barrages (notamment pour le Rhône, le Rhin, le Nil et le Zambèze), centrales nucléaires, grands terrassements et ouvrages maritimes. Il a présidé pendant 15 ans les Comités Techniques sur le coût des barrages dans la Commission Internationale des Grands Barrages (C.I.G.B.)
Christian Ngô a fait de la recherche fondamentale en physique nucléaire pendant une vingtaine d’année avant de travailler en recherche appliquée dans plusieurs domaines. Il a écrit une douzaine d’ouvrages, seul ou en collaboration, sur différents sujets dont l’énergie et la physique nucléaire.

Environ 120 sites nucléaires sont actuellement en déclassement-démantèlement au niveau mondial. Une centrale nucléaire moyenne produit jusqu’à 10 000 m3 de déchets radioactifs dont la majeure partie sont de très faible radioactivité (béton et autres matériaux).

Plus de la moitié des coûts de démantèlement correspond aux structures de l’enceinte en béton du réacteur et de l’intérieur de cette enceinte.

L’objectif est de découper en moyenne plus de 10.000 m3 de matériaux de radioactivité très variable, mais souvent faible, pour les enterrer ailleurs sous quelques dizaines de mètres de remblais ; le chantier peut durer au moins dix ans avec des risques d’irradiation possibles pour les personnels réalisant le démantèlement, risques probablement très supérieurs aux risques humains à long terme de l’alternative que nous proposons ci-dessous.

Dans tous les cas il est nécessaire d’avoir un suivi radiologique rigoureux pendant tout le temps que dure le démantèlement.

A cela s’ajoute le fait que les déchets qu’ils soient radiologiquement très actifs ou non nécessitent un transport hors du site.

Alternative

Il est possible d’imaginer une alternative au démantèlement conventionnel qui serait moins coûteuse et plus rapide à mettre en œuvre. Elle serait la suivante :

Tous ces travaux sont simples et peuvent être réalisés en deux ans. Cette solution permet de gagner 60% à 80% du coût de démantèlement (qui est peut-être sous-estimé). L’économie pourrait être partagée entre E.D.F. et la population locale, ainsi compensée pour les conséquences économiques de l’arrêt de la centrale.

Les radiations extérieures résiduelles seront faibles et n’empêcheront probablement pas l’accès sur la colline ainsi créée. Au pire, on dissuaderait à long terme l’accès d’un site boisé de 10 hectares au lieu d’interdire pendant 10 ou 20 ans l’accès d’un chantier de surface supérieure. Tout risque pour la nappe phréatique peut être évité.

Une étude souhaitable

Cette Alternative peut avoir des inconvénients et susciter des critiques ou des rejets a priori. Une étude de quelques mois permettrait d’évaluer ces inconvénients et de préciser :

Le coût de cette étude serait très inférieur à un millième de l’économie envisagée. Bien qu’allant à l’encontre des solutions mises en œuvre actuellement, il serait néanmoins intéressant d’étudier cette alternative qui, du point de vue économique comme environnemental et radiologique, peut s’avérer très intéressante.

Conclusion

La solution de démantèlement proposée présente plusieurs avantages :

Par François Lempérière et Christian Ngô


Pour aller plus loin