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Des ENR pour la chaleur, le froid et les transports ?

Posté le 7 juin 2018
par Matthieu Combe
dans Énergie

REN21 publie son Rapport sur la situation mondiale des énergies renouvelables 2018. Si les énergies renouvelables continuent leur développement dans le secteur de l'électricité, les secteurs de la chaleur, du froid et des transports sont toujours à la peine.

L’électricité renouvelable a gagné 178 gigawatts (GW) de capacités au niveau mondial en 2017. L’année dernière, 70 % des nouvelles capacités électriques installées étaient renouvelables. Le solaire représente de loin la majorité des installations : 98 GW, devant l’éolien (52 GW). Les investissements ont été en hausse de 2,2% pour atteindre 279,8 milliards de dollars.

L’électricité renouvelable continue sa percée

« Les investissements dans de nouvelles capacités de production d’électricité renouvelable ont représenté plus du double de ceux consacrés aux nouvelles capacités à base d’énergies fossiles et de nucléaire combinés », fait savoir REN21. À eux seuls, la Chine, l’Europe et les Etats-Unis représentent près de 75 % des investissements mondiaux dans l’électricité renouvelable. Toutefois, plusieurs pays en développement et émergents apparaissent en tête du classement lorsque les investissements sont mesurés par unité de PIB.

Pour la première fois en quatre ans, les émissions de CO2 liées à l’énergie ont augmenté de 1,4 %. La demande a pour sa part augmenté de 2,1 %. « Le déploiement des énergies renouvelables n’est pas assez rapide pour couvrir l’augmentation de la demande d’énergie, et les investissements dans les capacités fossiles et nucléaires se poursuivent », regrette REN21.

Multiplier les efforts dans tous les secteurs

Au niveau mondial, la part des renouvelables dans l’électricité est d’environ 25 % et elle augmente rapidement. Cette part est de moins de 10 % pour la chaleur et d’environ 3 % dans les transports. REN21 est clair : « Si le monde veut atteindre l’objectif fixé dans l’accord de Paris, le chauffage, le refroidissement et les transports devront suivre le même chemin que le secteur de l’électricité – et  rapidement ». En effet, dans ces secteurs, les énergies renouvelables (ENR) peinent à se développer, alors qu’ils représentent environ 80 % de la demande finale mondiale d’énergie.

Si l’on regarde d’un peu plus près les transports, le véhicule électrique se développe lentement. « L’électricité, dont environ un quart est renouvelable, répond à 1,3% des besoins énergiques des transports, et les biocarburants à 2,9 % », note REN21. Les transports dépendent donc encore à près de 97 % des énergies fossiles.

Se doter d’une vraie volonté politique

Le manque de vision polique se fait sentir. Ainsi, seulement 48 pays ont adopté des objectifs nationaux de développement des ENR pour la chaleur et le froid. Du côté des transports, 42 pays ont adopté de tels objectifs,  alors qu’ils sont 146 à l’avoir fait pour l’électricité.

Malgré les avancées, les énergies fossiles reçoivent toujours trois à six fois plus de subventions que les renouvelables. REN21 invite donc les gouvernements à mettre fin aux subventions pour les énergies fossiles et le nucléaire, « en établissant des objectifs stricts et des politiques publiques en matière de chauffage, de refroidissement et des transports ».

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique


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