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La filière éolienne appelle à libérer des espaces d’implantation

Posté le 25 septembre 2020
par Matthieu Combe
dans Énergie

L’Observatoire de l’éolien 2020 se félicite des objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) mais s’inquiète de l’absence d’avancées quant à la libération de nouveaux espaces ou la levée de contraintes réglementaires.

Les chiffres de la filière éolienne sont au beau fixe, selon l’Observatoire de l’éolien 2020 élaboré par France Energie Eolienne, le porte-parole des professionnels éoliens français, qui regroupe 90 % des acteurs du secteur en France. En 2019, la puissance éolienne installée a ainsi augmenté de 1 336 mégawatts (MW). La puissance raccordée du pays atteignait 16 600 MW fin 2019, en hausse de 8,75 %. La production annuelle cumulée de l’énergie éolienne a augmenté de 22,7 % en un an pour atteindre 34,1 térawattheures (TWh), soit 6,3 % de la production française.

Ces bons chiffres sont dus à un facteur de charge en hausse à 24,7 %, contre 22,8 % en 2018, grâce aux nouvelles éoliennes raccordées et à leur meilleur facteur de charge technique. « Ces performances confortent l’éolien dans sa deuxième place des énergies renouvelables en France en termes de production », se félicite France Energie éolienne. Avec la crise sanitaire, les installations et les raccordements ont subi quelques retards au premier semestre 2020. La puissance raccordée s’élevait ainsi à 17 000 MW à la fin juin.

Aligner les moyens avec les objectifs de la PPE

À travers la programmation pluriannuelle de l’énergie, les pouvoirs publics confirment qu’ils misent sur le développement soutenu de la filière éolienne. La PPE 2023-2028 prévoit en effet de multiplier par 2,5 les capacités de production éoliennes d’ici 2028. Mais dans le cadre réglementaire actuel et avec de nombreux territoires interdits aux éoliennes, France Energie Eolienne juge « irréaliste » l’atteinte de ces objectifs. « Aujourd’hui 47 % du territoire national est interdit à l’éolien, rappelle Nicolas Wolff, président de France Energie Eolienne. L’urgence est donc à la cohérence entre objectif et moyens mis en œuvre pour les atteindre. »

Ces territoires interdits aux éoliennes sont pour la plupart des terrains militaires et des zones couvertes par des radars qui peuvent être perturbés par les éoliennes. La filière appelle à un travail interministériel d’assouplissement des normes et souhaite tester de nouveaux dispositifs qualifiés d’« in fill » qui évitent de brouiller les radars. Elle souhaite aussi pouvoir installer des éoliennes sur certaines parties des terrains d’entraînement militaire.

Une filière qui contribue à la réindustrialisation de la France

La filière continue toutefois à embaucher. Les créations d’emplois ont augmenté de 11 % sur l’année 2019. Avec 2 000 nouveaux emplois en un an, la filière comptait plus de 20 200 emplois fin décembre. « D’ici 2028, l’éolien, terrestre et en mer confondus, devrait générer près de 50 000 emplois en France, prévoit Nicolas Wolff, président de France Energie Eolienne. La filière est le premier employeur dans le secteur des énergies renouvelables à l’échelle nationale, et concentre 41 % des emplois dédiés aux ENR ». L’industrie française de l’éolien en mer en construction, en vue de l’entrée en construction du parc de Saint-Nazaire, de Fécamp et de Saint-Brieuc pour une mise en service entre 2022 et 2023, participera activement à la dynamisation du tissu industriel en Bretagne, en Normandie et dans les Hauts-de-France.


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