Logo ETI Quitter la lecture facile

En ce moment

L’affichage environnemental des produits alimentaires en phase expérimentale

Posté le par Nicolas LOUIS dans Environnement

Une expérimentation copilotée par l'Ademe est en cours afin d'établir des critères pour évaluer l'impact environnemental des produits alimentaires et définir un format d'étiquetage harmonisé en France. Un rapport de synthèse sera remis au Parlement à l'automne.

À l’image du Nutri-Score, présent de manière facultative sur l’emballage des produits alimentaires pour indiquer leur qualité nutritionnelle, va-t-on vers un nouveau logo pour qualifier son impact environnemental ? Ce projet est actuellement dans une phase expérimentale, comme le prévoit la loi Anti-gaspillage et pour l’économie circulaire (AGEC) votée en février 2020. Depuis septembre dernier, tous les acteurs de la filière agroalimentaire sont invités à participer à cette expérimentation, copilotée, entre autres, par l’Ademe et le ministère de la transition écologique.

« À ce jour, nous avons reçu neuf candidatures en provenance de structures de tailles variées et issues de la distribution, de la restauration collective, de l’interprofession, du secteur associatif et de la conception d’applications pour smartphones, confie Flore Nougarede, ingénieure expérimentation affichage environnemental sur les produits alimentaires à l’Ademe. Les candidatures sont ouvertes jusqu’à la mi-mars et chaque porteur de projet a jusqu’au mois de juin pour proposer une méthode de calcul afin d’établir un affichage environnemental ainsi qu’un format d’étiquetage. »

Ne pas se limiter à l’analyse du cycle de vie du produit

À ce stade, rien n’est figé et toutes les propositions sont ouvertes. La loi AGEC mentionne tout de même que les indicateurs retenus doivent en partie se baser sur l’analyse du cycle de vie (ACV). Cette méthode consiste à remonter à l’origine du produit, c’est-à-dire dans le cas du secteur alimentaire, à la production agricole avec l’analyse notamment des intrants utilisés. Puis à prendre en compte le transport, la transformation et le conditionnement jusqu’à la commercialisation du produit au point de vente. Au total, la méthode regroupe 14 indicateurs environnementaux comme l’utilisation des ressources en eau, en énergie, l’eutrophisation de l’eau, l’usage des terres… « Cette méthode est utile, mais il est recommandé d’en utiliser d’autres supplémentaires pour pallier ses limites, précise Flore Nougarede. Tout l’enjeu est d’arriver à déterminer à quoi peut-on coupler l’analyse du cycle de vie afin de couvrir d’autres problématiques comme la biodiversité ou le stockage du carbone dans le sol. » 

Parallèlement à cette expérimentation, un groupe de travail composé d’experts indépendants a été constitué dont le rôle est de réfléchir à des indicateurs pertinents à partir des nombreuses recherches effectuées dans ce domaine. Sa mission est aussi d’encadrer les expérimentations réalisées par les structures candidates. L’ensemble de ces travaux doit se terminer en juin 2021 puis se poursuivra par la rédaction d’un rapport qui sera remis au Parlement à l’automne. Ce document de synthèse contiendra plusieurs propositions pour mettre en œuvre un affichage environnemental harmonisé en France. Le Parlement pourra ensuite, s’il le souhaite, adopter des mesures réglementaires pour mettre en place ce nouvel étiquetage.

L’alimentation représente 25% des gaz à effet de serre d’un ménage

L’affichage environnemental répond à une demande sociétale croissante depuis quelques années. Son objectif est de fournir une information fiable, contrôlable et compréhensible pour le consommateur afin de le guider dans ses choix alimentaires. Il vise aussi à encourager l’écoconception de la part des fabricants de ces produits.

L’alimentation, qui se caractérise par des actes d’achat fréquents, représente le deuxième poste de dépense des ménages après le logement. C’est un secteur important à prendre en compte dans le développement de l’affichage environnemental, car il représente environ 25% des émissions de gaz à effet de serre d’un foyer français. « Comme elle a pu l’être à l’époque avec le Nutri-Score, la France est un peu précurseur en Europe sur ce sujet, explique Flore Nougarede. De tels travaux qui visent à évaluer le produit dans sa globalité sur différents critères sont uniques parmi les pays européens. »

Pour aller plus loin

Posté le par Nicolas LOUIS


Réagissez à cet article

Commentaire sans connexion

Pour déposer un commentaire en mode invité (sans créer de compte ou sans vous connecter), c’est ici.

Captcha

Connectez-vous

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.

INSCRIVEZ-VOUS
AUX NEWSLETTERS GRATUITES !