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Le Pavillon des Energies : le développement durable par l’exemple

Posté le 9 septembre 2010
par La rédaction
dans Environnement

Bâtiment labellisé THPE , le Pavillon des Energies qui  bénéficie d’une conception bioclimatique, est dédié à la démonstration de matériaux de construction sains et d’énergies renouvelables : chanvre, ouate de cellulose, bois, terre, panneaux solaires thermiques et photovoltaïques, chaudière bois, pile à combustible... Explications.  

Bâtiment pilote en matière d’éco-construction et d’énergies renouvelables, le Pavillon des énergies de l’Ecosite du Fleurion, à quelques encablures de Saint-Lô, sera inauguré le 17 septembre prochain par le Président du Conseil général de la Manche, maître d’ouvrage du projet. Dans le cadre de sa charte de développement durable « Planète Manche », ce dernier  s’est engagé dans un programme d’actions volontaristes en matière de lutte contre le changement climatique. Au delà de la performance environnementale et énergétique de ses bâtiments, le Département de la Manche ambitionne de sensibiliser tous les publics, de former les jeunes et les professionnels, et de développer des activités économiques pérennes autour des secteurs de la maîtrise de l’énergie, des énergies renouvelables et de l’éco-construction.

Le Pavillon des Energies permettra à chacun (particuliers, élus, professionnels, scolaires) de comprendre les enjeux du développement durable et de s’approprier les réponses liées à l’énergie et à la construction. Parce que l’habitat est l’espace privilégié pour agir efficacement et durablement contre le changement climatique, ce centre d’information, de ressources et de formation apportera toutes les réponses pour concevoir, construire, rénover durablement et adopter les énergies renouvelables.

Pour construire ce bâtiment de plus de 1000 m², projet durable dès son origine, le Conseil général a misé sur l’exemplarité : un bâtiment labellisé THPE (Très Haute Performance Energétique) suivant une démarche HQE (Haute Qualité Environnementale) certifiée, bénéficiant d’une conception bioclimatique qui optimise les apports solaires. D’un point de vue énergétique, l’étude de conformité sur la réglementation thermique a révélé que les consommations énergétiques seront inférieures de 26 % aux normes en vigueur.(le Cref pour ce type de bâtiment est de 190 kWhep/m² et le Cbât du Pavillon est de 142 kWhep/m². A noter que le travail réalisé sur les déperditions et les ouvertures (double et triple vitrage) permettra d’avoir un gain de 16 % par rapport aux normes de coefficient de transmission surfaciques en vigueur dans la Réglementation Thermique actuelle (U bât = 0,359 W/m2.°C contre un U ref de 0,425 W/m2.°C).

Enfin toutes les températures intérieures de confort d’été seront inférieures au maximum autorisé grâce à la construction bioclimatique et les protections solaires. Bien évidement ce ne sera qu’en phase d’exploitation qu’il sera possible de dresser des bilans effectifs des consommations et quantités d’énergies produites. Sur ce point, des compteurs ont été installés pour établir un suivi complet et détaillé. Un portail de communication reprendra, à l’accueil du bâtiment, toutes les consommations et production d’énergie et d’eau.

Une enveloppe originale

Pour obtenir ces bilans, le choix des matériaux et des isolants a fait l’objet d’un effort tout particulier. C’est ainsi que l’enveloppe extérieure du bâtiment est constituée d’une ossature bois sur-isolée par 22 cm de ouate de cellulose insufflée et  de 4 cm de laine de chanvre. Côté intérieur, l’étanchéité à l’air est assurée par un frein vapeur, positionné entre les deux isolants. Enfin, une plaque de Fermacell sert de parement intérieur. Côté extérieur, devant le pare-pluie, le bardage est en lames de pin Douglas. L’inertie thermique du bâtiment qui manque aux constructions en bois, est améliorée grâce à la présence d’un mur porteur en pisé. Réalisé avec l’argile issue du site, cet imposant mur traverse le bâtiment de part en part et mesure 46 m de long, 6 m de haut et 60 cm d’épaisseur. Il régule également l’hygrométrie. Enfin, pour les murs intérieurs, d’autres matériaux ont été utilisés comme la brique de terre cuite ou encore le béton cellulaire.

Côté énergies renouvelables, 24 capteurs solaires intégrés sur la façade sud du toit pour une surface de 29 m² assureront les besoins en chauffage et eau chaude sanitaire. En appoint, une chaudière bois d’une puissance de 55 kW prendra le relais ; elle sera alimentée par des copeaux de bois déchiqueté de bocage stockés dans un silo de 10 m3. Le chauffage bénéficiera aussi d’un système combiné de ventilation mécanique contrôlée double flux couplée à un puits canadien qui permettra de préchauffer l’air entrant. De plus, le mode de diffusion se fera essentiellement à travers un plancher chauffant basse température.

Enfin, à titre démonstratif,  56 modules de panneaux solaires photovoltaïques poly-cristallins de 80 Wcc sur une surface de  39 m2 fourniront une puissance totale de  4480 Wcc. Le portail de communication permettra ensuite de connaître en temps réels la production des panneaux solaires photovoltaïques.

Enfin, une pile à combustible d’une puissance de 3 kW  (marque IdaTech), alimentée par une bonbonne d’hydrogène, servira de générateur de secours. En cas de panne d’électricité, elle prendra le relais et permettra d’alimenter les systèmes informatiques. Elle sera alimentée par une bonbonne  d’hydrogène. 


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