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L’obsolescence programmée dans le viseur des écologistes

Posté le 14 mai 2013
par La rédaction
dans Entreprises et marchés

Le sénateur Jean-Vincent Placé vient de présenter un projet de loi visant à créer un délit d’obsolescence programmée.

Obsolescence programmée. Bientôt un gros mot ? En tout cas pour le sénateur d’Europe Ecologie les Verts il devient urgent de contraindre les industriels à augmenter la durée d’utilisation de leurs produits.  

Si le terme de conspiration  n’est pas prononcé, c’est pourtant bien ce qui est sous-entendu : les fabriquant travailleraient à limiter la durée de vie des articles pour doper les ventes en obligeant le consommateur à renouveler plus souvent ses achats. 

Il faut reconnaitre que la durée de vie de nombreux articles, comme l’électroménager, a chuté de façon suspecte : alors que nos grands-parents ont encore leur frigo d’il y a vingt ans, les nôtres « cassent » au bout de 5 ans.

Idem pour les ordinateurs ou même les collants, dont la robustesse désormais oubliée des bas nylons avait fait chuter les ventes au début du 19ème siècle.

L’été 2012, l’ADEME rendait justement un rapport sur les équipements électriques et électroniques dans lequel elle précise que la notion d’obsolescence programmée  « dénonce un stratagème par lequel un bien verrait sa durée normative sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d’usage pour des raisons de modèle économique ». Voilà pour la définition.

Une précision nécessaire car plusieurs  facteurs permettent de rendre un objet obsolète bien qu’encore fonctionnel : inexistence des pièces de rechanges, incompatibilité des matériels entre eux, non respects de nouvelles normes, effet de mode…

Expert en la matière, Apple, impose des produits  quasiment indémontables, avec des mises à jours très rapprochées et des nouveaux produits appuyés par des campagnes publicitaires très importantes qui poussent le consommateur à investir dans le dernier lecteur mp3 à la mode, bien que l’ancien reste fonctionnel.

De leurs côtés, le lobby des ascensoristes  a réussi à convaincre le gouvernement de l’époque qu’il fallait renouveler tout le parc français pour des raisons de sécurité, alors que ce sont les défauts de maintenance et non les caractéristiques initiales des cabines qui sont en cause dans les accidents.  

Autre exemple, les cartouches d’imprimantes signalées à changer alors qu’il reste encore suffisamment d’encre à l’intérieur pour satisfaire de nombreuses impressions…

Si l’obsolescence programmée a l’avantage de maintenir un certain niveau de consommation, bon pour les entreprises, elle provoque en parallèle une augmentation massive des déchets. D’où la mobilisation  du politique Jean-Vincent Placé. 

Pour lutter contre ce phénomène, le sénateur propose d’intégrer la notion d’obsolescence programmée directement dans le code de  la consommation, créant un délit passible de 2 ans de prison et d’une amande pouvant atteindre 37 500€.

Autre action possible, augmenter la durée de la garantie. Cela encouragerait les réparations plutôt que le remplacement intégral du produit. Ceci implique donc que les constructeurs devront rendre disponibles les pièces détachées pendant une période suffisamment longue, dix ans par exemple.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

 

 

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