Décryptage

News Informatique : février 2012

Posté le 26 février 2012
par La rédaction
dans Informatique et Numérique

Quelles sont les principales informations du secteur de l'informatique pour le mois de février ? Interactions vocales homme-machine, la vision des robots, les propriétés du graphène.

Premier logiciel chinois d’interaction vocale homme-machine pour smartphone

L’Académie Chinoise des Sciences, l’université Jiaotong de Shanghai et l’entreprise Shenzhou Tuji Geographic Name Information Technologies Stock Company Limited ont annoncé avoir terminé le développement d’un logiciel d’interaction vocale homme-machine baptisé  » 009  » pour smartphone, après deux années de développement.

Le logiciel, le premier de ce type en Chine, fonctionne sous Android, le système d’exploitation développé par l’entreprise américaine Google. Lancé dans la ville de Kunshan (province du Jiangsu), il est capable d’interagir textuellement, tactilement et vocalement avec un utilisateur et de donner des informations culturelles ou géographiques sur son environnement proche. Communiquant en mandarin, 009 peut apprendre de façon autonome de nouvelles fonctions et mémoriser les habitudes de l’utilisateur. Selon Wang Xiaoqing, le président du conseil de Shenzhou Tuji, le logiciel n’est pas seulement une application d’interaction vocale mais peut-être utilisé comme secrétaire numérique grâce à son système informatique d’analyse intelligent.

Selon le Ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’Information (MIIT), le secteur du logiciel en Chine représentait pour les trois premiers trimestres de 2011 un marché de 1300 milliards de yuans (157 milliards d’euros). Le Conseil des Affaires d’Etat avait annoncé en 2011 une série de mesure pour accélérer le développement des logiciels et des circuits intégrés en Chine et encourager la R&D dans ces secteurs.

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La vision des robots désormais en trois dimensions

Des chercheurs de l’Université technique de Prague (CVUT) [1] mettent au point un engin destiné non seulement à se déplacer sur Mars, mais également à aider des secouristes lors de leurs opérations. Le robot sera doté d’une vue en trois dimensions afin de déterminer, par exemple, la localisation de blessés.

C’est en coopération avec la NASA [2] que des scientifiques du Département de Cybernétique [3] de la Faculté d’électrotechnique [4] de la CVUT développent ce robot à même d’intervenir aux côtés d’équipes de secours dans des situations aussi variées que celles provoquées par un tremblement de terre, un accident nucléaire ou un accident de la circulation. Tomas Pajdla [5], à la tête du projet du côté tchèque, explique qu’il concerne notamment le domaine du traitement des images. Il s’agit d’enseigner à la machine à retranscrire en trois dimensions les images transmises par les caméras qu’elle porte.

La porte-parole des services pompiers tchèques, Ivana Svitakova [6], précise que pour l’heure, un tel mécanisme n’existe pas : en cas d’accident automobile dans un tunnel, par exemple, on utilise des caméras thermiques ou bien un système d’écholocalisation, mais les espaces confinés ne peuvent être explorés que par des êtres humains. D’où l’intérêt du robot en cours de conception, ajoute Vit Pernica [7], directeur du département du système intégré de secours : remplacer les hommes par une machine afin de ne pas risquer des vie dans des circonstances dangereuses.

Karel Zimmermann [8], du Département de Cybernétique de la CVUT, souligne que le robot sera autonome, c’est-à-dire capable de dresser automatiquement la carte de son environnement, et de trouver de lui-même des objets potentiellement dangereux, des victimes ou des restes de véhicules. Il diffèrera en cela des engins existant déjà ; ceux-ci nécessitent d’être téléguidés par un être humain, qui, ne pouvant appréhender visuellement la totalité de l’espace, est susceptible d’ignorer la présence d’éléments importants. De fait, l’idée est de construire une machine dont les capacités de recherche surpasseraient celles des hommes.

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Stabiliser l’état magnétique des surfaces semi-conductrices à l’aide de graphène

Des chercheurs du Helmholtz Zentrum de Berlin (HZB) ont élaboré des méthodes pour produire des surfaces électroniques à l’aide de graphène dont l’état magnétique serait stable dans le temps. Pour cela, ils scellent la surface du matériau semiconducteur (ici de l’iridium) avec une couche de carbone dont l’épaisseur n’est que d’un seul atome, définition même du graphène.

Les chercheurs appellent cette manipulation « modification par graphène ». Dans cette configuration, la capacité de créer un état électronique stable à la surface du matériau est préservée dans le temps, ce qui est d’un grand intérêt pour la spintronique. Leurs conclusions ont été publiées le 10 février dans la revue « Physical Review Letters » (DOI: 10.1103/PhysRevLett.108.066804).

En effet, la problématique de cette recherche est que la spintronique utilise le moment magnétique (ou « spin ») des électrons pour traiter l’information. A la surface des matériaux, des électrons avec des spins différents peuvent être facilement distingués les uns des autres, car il existe une différence de symétrie. Cependant, ces électrons de surface sont rapides et très actifs. Un certain état de spin ne pourrait être atteint que dans des conditions extrêmes, telles que sous ultravide.

Des chercheurs du HZB ont, dans leur objectif de conserver intactes les structures électroniques de surface, utilisé une structure en iridium. « Nous avons traité et catalysé le métal avec du gaz propylène, un hydrocarbure, » explique le chef de projet, Andrei Varykhalov, du Département des dynamiques de l’aimantation du HZB. Selon l’équipe, il se se produiraient en surface deux réactions chimiques concurrentes, mais dont la « graphénisation » serait la plus forte : il se forme sur l’iridium une seule couche d’atomes de carbone.

Les chercheurs du HZB ont ensuite analysé ces couches de graphène et les états de spin de la couche métallique supérieure en utilisant des méthodes analytiques sophistiquées dans l’anneau de stockage d’électrons BESSY II. A l’aide de cet instrument, les chercheurs développent une méthode de détection et caractérisation de spin unique, et progressent ainsi dans la physique des particules. La spintronique porte notamment de grandes promesses en termes de performance dans la codification et la mémorisation de l’information.

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Publié par P.T