Reach/CLP : toute l’actualité d’Avril 2015

  • 02/04/2015  

France – Un avis aux opérateurs économiques est paru au journal officiel du 31 mars 2015. Il vient modifier l’Annexe de l’avis publié au JO du 14 janvier 2015, qui rappelait aux opérateurs la mise à jour de la liste des SVHC.

  • 18/03/2015

Evaluation (substances) – L’ECHA a adopté la version finale du plan d’action continu communautaire (CoRAP) pour la période 2015-2017, il contient 134 substances à évaluer. 21 états membres auront, durant les 3 années à venir, à évaluer 68 substances provenant de la précédente mise à jour du CoRAP ainsi que 66 substances nouvellement sélectionnées. A ce jour, les états membres ont 12 mois pour évaluer les 48 substances prévues pour 2015. Les déclarants ayant enregistré ces substances sont invités à prendre contact au plus vite avec les états membres évaluateurs afin de coordonner leurs actions. Brève de l’ECHA

  • 10/03/2015

Autorisation et SVHC – L’ECHA a lancé une consultation publique concernant 2 propositions d’identification de SVHC. Des commentaires peuvent être soumis jusqu’au 16/04/15.

  • 05/03/2015

Restrictions – L’annexe XVII du réglement REACH a été modifiée par le réglement (UE) n°2015/326 du 02 mars 2015. Celui-ci introduit notamment une nouvelle méthode d’essai pour les HAP (entrée 50). Il modifie également les entrées 51 et 52 en supprimant formellement l’échéance de re-examen fixée à 2010, aujourd’hui dépassée.

  • 03/03/2015

France – Le MEDDE a confié à l’Anses, le soin de réaliser une analyse de la meilleure option de gestion des risques (RMOA) sur le Na5DTPA et l’acide de DTPA, en raison des préoccupations vis à vis de ces substances : volumes de production importants, applications fortement dispersives et notifications de classification des industriels comme toxique pour la reproduction de catégorie 2 selon CLP. A la suite d’un an de travail sur ces substances, l’Anses a rendu un avis le 23/01/15. Cet avis décrit différentes options possibles pour gérer les risques identifiés pour ces substances. Une consultation publique d’1 mois est ouverte sur cet avis jusqu’au 03/04/15.

Par Pierre Thouverez

Sources : 

Au lieu de recourir au gaz de schiste, et si on se chauffait au nucléaire ?

Faisons l’hypothèse que la France décide de ne pas inscrire sa trajectoire vers un mix électrique à plus de 80% d’énergies renouvelables d’ici 2040, et de rester à un niveau inférieur à 20% comme aujourd’hui. Ce ne sont pas moins de 800 TWh-thermiques de chaleur nucléaire actuellement bêtement perdue qui pourraient alors être valorisés chaque année. Assez pour chauffer toute la France.

Il est possible de transférer la chaleur sur 100 km avec seulement 2% de perte, et bien davantage en acceptant un niveau de perte supérieur. Les centrales nucléaires étant éparpillées sur tout le territoire français, toutes les villes françaises pourraient bénéficier de cette chaleur.

La quantité de déchets radioactifs par unité d’énergie valorisée pourrait alors être divisée par trois. La balance commerciale française y gagnerait compte-tenu de la réduction massive des importations de gaz naturel en provenance de Norvège (38,4% en 2012), Pays-Bas (14,5%), Russie (14,4%) et Algérie (8,4%).

Réalisme et pragmatisme

Le chauffage électrique consomme environ 60 TWh-électriques par an. La valorisation de la chaleur nucléaire actuellement perdue permettrait ainsi de réduire de 12% la demande électrique nationale et de 15% la production électro-nucléaire. Ou alors de répondre à 80% aux 75 TWh nécessaires pour alimenter en électricité l’intégralité du parc de voitures particulières national (il faut ajouter environ 40 TWh pour les utilitaires, les cars et les bus). De quoi soulager considérablement la facture pétrolière.

Une fois que les centrales nucléaires seront arrivées en fin de vie, les réseaux de transport et de distribution de la chaleur ne seront pas inutiles : les centrales sont localisées à proximité d’une source d’eau (fleuve, rivière, mer). Il sera alors possible de convertir les centrales nucléaires en pompes à chaleur aquathermiques. Une technologie qui suscite actuellement une véritable ébullition au niveau du ministère de l’énergie britannique.

Plutôt que de réaliser en France des centaines voir des milliers de forages pour prélever le gaz de schiste, un combustible fossile qui aggravera le bilan en GES de la France et dont l’extraction n’est pas neutre sur le plan environnemental et paysager, installer un système de transport et distribution de la chaleur (invisible) depuis les 19 centrales nucléaires françaises semble bien plus pertinent. Tant sur le plan économique qu’écologique. La France est « le plus beau pays du monde » selon un documentaire sponsorisé par GDF Suez, il serait regrettable de le souiller et de dégrader ses paysages par l’exploitation du gaz de schiste.

En France le gaz de schiste n’a strictement aucun intérêt sur le plan climatique au niveau du secteur électrique. En outre l’efficacité énergétique d’un véhicule électrique (technologie développée par exemple par Renault) est supérieure à celle d’un véhicule au gaz naturel. Dans le domaine énergétique l’intérêt du gaz concerne donc principalement le secteur de la chaleur.

Si le nucléaire induit de nombreux problèmes (déchets, risque de catastrophe, importations d’uranium, une ressource épuisable), il a aussi de nombreux avantages:

  1. Le capital du parc nucléaire français est déjà amorti, ce qui permet de produire aujourd’hui un kWh à environ 6 c€ selon la cour des comptes. Prolonger la durée de vie des 60 GW centrales coûtera 110 milliards d’euros (grand carénage) selon la cour, soit environ 2€/W ;
  2. La production d’1 kWh de nucléaire émet peu de CO2 (au niveau des mines d’extraction, de la concentration de l’U235…) ;
  3. La production électro-nuclaire opère en base, indépendamment de la météo.

Dans le contexte français, compte-tenu du parc électro-nucléaire déjà en place et de la situation financière calamiteuse de l’état français, la valorisation de la chaleur nucléaire est manifestement l’un des puissants leviers dans la perspective d’une transition rapide vers un mix énergétique décarboné.

La France pourrait ainsi focaliser ses efforts d’investissement d’une part sur la construction du réseau de transport et distribution de la chaleur nucléaire et d’autre part sur l’électrification du parc automobile. Elle réduirait alors massivement ses importations pétrolières. En plus de celle des importations gazières.

La France deviendrait alors encore bien davantage nucléaire qu’elle ne l’est aujourd’hui, mais ceci sans produire un seul gramme de déchets radioactifs en plus.

Une optimisation de l’existant, en somme.

Par Olivier Daniélo

La Grèce veut bien du gazoduc Turkish Stream, mais sous un autre nom

Alors que l’Occident et la Russie vivent leur crise la plus grave depuis la fin de la Guerre froide, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, s’est rendu à Moscou en visite officielle les 8 et 9 avril. Les membres des gouvernements grec et russe ont principalement parlé d’énergie.

Le 7 avril, les ministres des Affaires étrangères grec, hongrois, serbe, turc et macédonien se sont réunis à Budapest et ont signé une déclaration d’intention concernant le projet de gazoduc Turkish Stream.

Le nouveau projet de gazoduc russe évite de passer par l’Ukraine et par la Bulgarie, qui a bloqué la construction du projet précédent, South Stream. Turkish Stream traversera la mer Noire vers la plateforme gazière de la ville turque d’Ipsila, près de la frontière gréco-turque. Il permettra d’acheminer 47 milliards de mètres cubes de gaz vers l’Europe centrale et les Balkans.

Alexis Tsipras et Vladimir Poutine estiment tous deux que la Grèce pourrait jouer un rôle important dans la concrétisation du projet, en devenant un pont entre la Turquie et le marché du gaz européen.

« Le nouveau tracé permettra de répondre aux besoins en énergie de l’Europe et à la Grèce de devenir l’un des principaux centre de distribution d’énergie du continent, ce qui pourrait attirer un investissement considérable vers l’économie grecque », a déclaré le président russe lors de sa conférence de presse commune avec Alexis Tsipras.

« Nos gazoducs recevront le gaz à la frontière turque et contribueront à la sécurité énergétique de la Grèce et du marché européen », a souligné le Premier ministre grec, qui ajoute que le projet russe permettra de créer de l’emploi et de la croissance dans le pays, en proie à une grave crise de dette.

Attention aux appellations

Alors qu’il parlait de la branche grecque du gazoduc, Vladimir Poutine a utilisé le nom « Turkish Stream », ce qui a provoqué une réaction du chef d’État grec.

« Nous devons être clairs […] il n’y aura pas de Turkish Stream sur le territoire grec, mais un gazoduc grec », a-t-il fait remarqué. Vladimir Poutine a reconnu son erreur en se frappant la tête de la main.

« Nous ne pouvons pas accepter le nom ‘Turkisk Stream’, mais nous considérons que ce projet améliorerait nos relations avec la Turquie », a expliqué Alexis Tsipras par la suite.

Le président russe a indiqué que la présence du gazoduc engendrerait des millions d’euros de taxes de transit tous les ans en Grèce. Il créerait également de l’emploi. Le financement du projet doit cependant encore être négocié entre la Russie et ses « partenaires et amis grecs », selon Vladimir Poutine.

Alexis Tsipras a également souligné que le projet serait conforme aux législations grecques et européennes, qui interdisent que la production, la livraison et la détention des gazoducs soient entre les mains de la même entreprise.

Moscou envisagerait également de mettre des fonds à la disposition de la Grèce sur la base des profits futurs que le pays pourrait engranger en acheminant du gaz russe vers l’Europe.

La Russie avait proposé le même arrangement à la Bulgarie pour le projet South Stream, qui a été abandonné depuis. Sofia a en effet été contrainte de bloquer le projet parce que la Commission européenne estimait qu’il était contraire au troisième paquet sur l’énergie.

La Grèce importe 65 % de ses besoins en gaz de la Russie.Malgré un accord de réduction de 15 % des prix du gaz conclu l’année dernière entre l’importateur et distributeur de gaz naturel (DEPA) et Gazprom, la Grèce continue à payer la facture la plus salée d’Europe.

La création d’une entreprise commune pour la construction du gazoduc devrait être bientôt discutée en Grèce. DEPA, l’entreprise d’État grecque, en serait le principal actionnaire, suivit par des fonds russes.

Divisions politiques au gouvernement grec ?

Lors d’une visite à New York, Panos Kammenos, chef de file des Grecs indépendants, le partenaire de coalition de Syriza, s’est exprimé en faveur d’un accord « entre gouvernements » avec les États-Unis pour l’exploitation commune du gaz et du pétrole de la mer Égée.

Après avoir souligné le rôle des États-Unis dans la stabilisation de la région, Panos Kammenos, le ministre grec à la Défense, a indiqué qu’« étant donné les réserves de gaz et de pétrole récemment découvertes dans la région, la Grèce et Chypre pourraient former un arc pacifique dans la région »

Pourtant, lors d’une rencontre avec Alexei Miller, un des dirigeants de Gazprom, Panagiotis Lafazanis, le ministre de l’Énergie grec (Syriza), a déclaré que des entreprises russes répondraient à l’appel d’offre concernant la prospection des 20 poches d’hydrocarbures dans la mer Ionienne et au large de l’île de Crète.

« Je suis heureux de pouvoir vous annoncer que d’importantes sociétés russes participeront aux appels d’offre, ce qui renforce considérablement l’intérêt international et la participation dans le projet », a-t-il déclaré.

Le ministre de l’Énergie n’a pas tenu à commenter les déclarations de Panos Kammenos sur un possible accord avec Washington.

La coopération avec Israël devrait toutefois se compliquer, puisque le gouvernement, emmené par Syriza, souhaite reconnaître officiellement la Palestine.

Dans un entretien accordé à EurActiv Grèce, l’eurodéputée Syriza confirmait de fait que « le gouvernement grec s’est engagé à reconnaître l’État de Palestine […] et devrait concrétiser cet engagement dans un avenir proche ».

Source : Euractiv

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Des nano-vecteurs multitâches combinant imagerie et traitement pour les cancers

Testées sur des cellules humaines en culture et chez la souris, elles permettent de combiner deux modes de traitement des tumeurs et trois techniques d’imagerie. Elles auraient notamment une capacité de stockage et de transport des médicaments plus importante que les vecteurs actuellement sur le marché, ce qui augure de perspectives intéressantes en cancérologie. Ces résultats sont publiés dans la revue PNAS, le 4 février 2015.

Concevoir un outil permettant de coupler trois techniques d’imagerie complémentaires (IRM, imagerie par fluorescence et un type d’imagerie ultrasonore dite « photo-acoustique ») et deux types de traitements (chimiothérapie et thérapie photo-thermique), le tout dans une sphère de 150 nanomètres de diamètre, c’est la prouesse que vient de réussir une équipe internationale de chimistes et de spécialistes d’ingénierie biomédicale. Pour cela, les chercheurs ont synthétisé des objets hybrides, constitués d’une coque de silice nanoporeuse abritant des nanoparticules d’or aux propriétés exceptionnelles : les clusters d’or. 

Les clusters d’or sont des nanoparticules de petite taille (moins de 2 nanomètres) possédant des propriétés intéressantes (fluorescence, production de chaleur, magnétisme), très différentes de celles de l’or massif ou même des nanoparticules d’or plus grosses. Toutefois, leur manque de stabilité en milieu aqueux (elles ont tendance à s’agréger pour former des particules plus grosses) a jusqu’à présent empêché leur utilisation en biologie et médecine. En faisant « infuser » des coques en silice poreuses avec des précurseurs d’or, les chercheurs ont réussi à former des clusters d’or dans les pores de l’enveloppe (ce qui les stabilise) et des nanoparticules d’or plus grosses dans la cavité centrale. Cette structure de « hochet quantique » est stable en solution aqueuse, pénètre au cœur des cellules sans toxicité, et préserve les propriétés optiques et magnétiques des clusters d’or, tout en permettant de maximiser leur capacité de stockage de médicament.

L’incorporation d’or, hydrophobe, dans la sphère de silice a permis d’accroître très significativement les capacités de stockage de doxorubicine, un agent anticancéreux souvent difficile à stabiliser dans ce genre de matrice poreuse. Les chercheurs estiment que, par rapport aux vecteurs actuellement commercialisés (de type liposome), la proportion des molécules qui atteindraient leur cible passerait de 5 % à 95 %. A cette capacité de transport de médicaments s’ajoute un potentiel en thérapie photo-thermique : en effet, lorsqu’elles sont activées par un laser infrarouge, les particules contenant des clusters d’or émettent une fluorescence infrarouge, mais aussi suffisamment de chaleur pour tuer les cellules cancéreuses : leur température s’élève ainsi jusqu’à 51°C, ce qui cause leur mort. Chez la souris, cela a permis de réduire de 55 % la masse tumorale après un seul traitement.

Cette production de chaleur peut être exploitée aussi dans un objectif d’imagerie : elle provoque une dilatation transitoire des clusters d’or, ce qui produit des ultrasons, détectables comme lors d’une échographie. Par ailleurs, la fluorescence émise par les particules stimulées au laser traverse les tissus (qui n’absorbent pas les infrarouges de cette longueur d’onde) : elle peut donc être mesurée de manière non invasive. Enfin, pour des tailles inférieures à 2 nanomètres, l’or devient magnétique. Il est donc possible d’utiliser les hochets quantiques comme agent de contraste pour l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Ces trois méthodes d’imagerie (imagerie par fluorescence infrarouge, imagerie photo-acoustique et IRM) permettent d’observer la tumeur de manière complémentaire, avec au final de très bonnes résolutions spatiale et temporelle.

Les scientifiques cherchent maintenant à optimiser ces nano-vecteurs. Ils aimeraient « fonctionnaliser » leur surface avec des marqueurs, afin qu’ils reconnaissent et ciblent spécifiquement les cellules cancéreuses. Enfin, ils espèrent parvenir à réduire la taille des particules d’or présentes dans la cavité centrale pour rendre le vecteur complètement biodégradable. 

Source : CNRS

10 chiffres sur les vapoteurs français

26 % ont essayé

Soit 12 millions de Français qui ont testé la cigarette électronique. Connue par 99 % des Français, la cigarette électronique a donc attisé la curiosité de plus d’un Français sur quatre.

6 % vapotent

S’ils ont été nombreux à essayer, seuls 3 millions de personnes, âgées entre 15 et 75 ans, vapotent régulièrement. Seulement 3 % des Français vapotent tous les jours, soit environ 1,5 million de personnes.

3,5 % d’hommes

La e-cig séduit plus les hommes que les femmes. Elles ne sont que 23 % à avoir testé contre 29 % des hommes, et restent moins nombreuses à vapoter occasionnellement puisqu’elles ne sont que 5 % contre 7 % chez les hommes. Les françaises sont 2 % à vapoter quotidiennement quand les hommes sont 3,5 %.

25-34 ans est la tranche d’âge la plus utilisatrice

8 % des 25-34 ans vapotent. La cigarette électronique est beaucoup plus utilisée par les jeunes, les séniors de 65-75 ans n’étant que 2 % à vapoter.

9 % vapotent depuis plus d’un an

En 2014, 47 % des adeptes de la e-cig le sont depuis moins de 3 mois. La moyenne d’ancienneté d’utilisation est de 4 mois. Finalement, seuls 9 % des vapoteurs le sont depuis plus d’un an.

64 bouffées/jour

Les vapoteurs quotidiens inhalent en moyenne 64 bouffées. Plus précisément, les fumeurs réguliers respirent 50 bouffées, les occasionnels 72, les ex-fumeurs 60 et ceux n’ayant jamais fumé 31.

86 % préfèrent les e-cig avec nicotine

La grande majorité des vapoteurs utilisent des modèles avec nicotine.

98% des vapoteurs sont des fumeurs ou ex-fumeurs

Clairement, la cigarette électronique a séduit les fumeurs qui y voient une occasion d’arrêter de fumer ou de limiter le tabagisme classique, tout en gardant la notion de plaisir.

0,9 % d’ex-fumeur ont réussi à arrêter de fumer grâce à la cigarette électronique.

L’enquête permet d’estimer l’impact de l’utilisation de la e-cig sur l’arrêt du tabac. Ce sont donc près de 400 000 personnes (15-75 ans) qui ont arrêté de fumer, au moins temporairement.

8,9 cigarettes en moins chaque jour

À défaut d’arrêter complètement le tabac, vapoter permet aux fumeurs de réduire leur consommation quotidienne de cigarettes standard de 8,9.

71 % vapotent car cela coûte moins cher

La cigarette électrique permet, selon les fumeurs vapoteurs, de faire des économies. C’est une des raisons principales qui les fait délaisser la cigarette standard au profit de la cigarette électronique. Mais deux tiers d’entre eux se justifient aussi par le fait que la e-cig est moins mauvaise pour la santé. Une idée partagée par les ex-fumeurs à 80 %.

Retrouvez l’intégralité de l’enquête Baromètre Santé 2014 de l’INPES ici.

Par Audrey Loubens

« 100% de renouvelables en 2050 »: l’étude de l’Ademe publiée par Mediapart

La fameuse étude de l’Ademe, téléchargeable ICI, évoque à horizon 2050 un scénario où 100% de l’électricité serait d’origine renouvelable. Une première. Et une perspective difficilement imaginable – voire totalement utopique – encore aujourd’hui pour de très nombreux experts en France.

Cette étude considérée comme « stratégique » a été réalisée par Mines Paristech en partenariat avec les sociétés spécialisées Artelys et Energie Demain. Ce document est un événement majeur en plein débat sur la transition énergétique française.

Programmée puis déprogrammée, cette étude s’est invitée au centre de l’actualité gouvernementale suite à un article paru le 4 avril dans le journal Le Monde. Nous en parlions également, dans un article paru le 27 mars.

Ce document de 120 pages sera très commenté et analysé dans les semaines à venir, notamment sur notre site.

Par P.T

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4 idées reçues sur la transition énergétique allemande

Le socle de la transition énergétique allemande est basé sur la sortie totale du nucléaire d’ici 2022. La loi vise donc à faire de cette sortie un succès et définit la marche pour y parvenir. Elle prévoit notamment une baisse de la consommation électrique de 10 % en 2020 et 25 % d’ici 2050, par rapport à 2008 et une part d’énergies renouvelables de 80 % en 2050. La consommation électrique devra donc atteindre 556 térawattheures (TWh) en 2020. Elle est de 578,5 TWh fin 2014, soit une baisse déjà observée de 9,7 % depuis 2008.

Idée reçue n°1

  • La  sortie du nucléaire et le développement de l’énergie solaire en  Allemagne entraînent une  augmentation du recours au charbon

2008 marque le début des « années solaires » en Allemagne, avec un développement important des panneaux solaires. Entre 2008 et 2014, la production photovoltaïque est passée de 4,4 TWh à 34,9 TWh. Mais ce n’est pas tout. Dans ce même laps de temps, la production éolienne est passée de 40,6 TWh à 56 TWh et la production à base de biomasse de 23,1 TWh à 43 TWh. Entre 2008 et 2014, à eux seuls, l’éolien, le photovoltaïque et la biomasse ont donc permis de gagner 65,8 TWh.

La production nucléaire allemande baisse régulièrement depuis 2006. Le nucléaire produisait 148,8 TWh en 2008, 140,6 TWh en 2010, 108 TWh en 2011 et 97,1 TWh en 2014. Cette baisse est notamment marquée depuis 2011, avec la fermeture des 8 réacteurs les plus anciens. La fermeture des réacteurs et la baisse de la production nucléaire a entraîné un recul de production d’origine nucléaire de 51,7 TWh entre 2008 et 2014. 

En parallèle, entre 2008 et 2014, la production à base de charbon a perdu 15,6 TWh, celle à base de gaz a perdu 30,8 TWh, celle à base de fioul a perdu 3,7 TWh, lorsque la production à base de lignite a augmenté de 5,2 TWh. A y regarder de plus près, la diminution de la production de gaz a réellement commencé en 2011. Depuis, le gaz recule d’environ 9 TWh par an. La lignite a connu un regain d’intérêt entre 2011 et 2013, mais sa part a recommencé à diminuer en 2014. Même constat du côté du charbon.

Examinons cela plus en détail. Entre 2011 et 2012, le gaz a baissé de 9,7 TWh au profit d’une augmentation de 10,7 TWh de lignite et de 4 TWh de charbon. Entre 2012 et 2013, bien que le gaz ait baissé de 9 TWh, le charbon n’a augmenté que de 5,3 TWh. En 2014, les trois sources de production ont baissé, alors que les énergies renouvelables continuaient leur développement. Dire que le recours au charbon augmente en Allemagne est donc faux. Dire que cette hausse est due aux énergies renouvelables l’est encore plus !

Ci-dessus : Evolution interannuelle de la production de charbon, de lignite et de gaz en Allemagne (en TWh) et bilan net (en TWh) de l’évolution de la production de ces 3 énergies fossiles 

Bilan : entre 2008 et 2014, le nucléaire recule de 51,7 TWh, le charbon de 15,6 TWh, le gaz de 30,8 TWh, le fioul de 3,7 TWh, mais la lignite augmente de 5,2 TWh. Soit une diminution nette de production non renouvelable de 96,6 TWh. L’ensemble des énergies renouvelables ont permis de gagner 67,3 TWh et la baisse de production électrique nationale a été de 26,7 TWh. Le compte y est : la production à base d’énergie renouvelable et la hausse de l’efficacité énergétique (94 TWh) ont pleinement permis de contrebalancer la diminution de la production nucléaire et la baisse des énergies fossiles (93,6 TWh).

Entre 2008 et 2014, le solde d’exportation net est passé de 22,5 TWh à 35,5 TWh. Pour la première fois en 2014, la baisse de la consommation électrique en Allemagne s’est accompagnée d’une augmentation du PIB. L’Allemagne est donc parvenue, l’année dernière, à découpler croissance économique et consommation d’énergie. Cela reste néanmoins à confirmer. 

 

Idée reçue n°2

  • le recours au charbon pour gérer l’intermittence des ENR est inévitable

En 2014, le couple charbon-lignite a produit 43,1% de l’électricité allemande. Malgré le fort développement des énergies renouvelables, les émissions de CO2 du secteur de la production d’électricité en Allemagne ne sont passées que de 319 millions de tonnes équivalent CO2 (MtCO2) en 2008 à 301 MtCO2 en 2014 selon les statistiques officielles du Ministère fédéral de l’Environnement. Cette faible baisse en cache une autre. En 2009, les émissions du secteur représentaient 292 MtCO2, puis 305 MtCO2 en 2010 et 2011. Mais le recours accru au charbon, au détriment du gaz, les a fait rebondir à 317 MtCO2 en 2012 et 2013. Entre 2013 et 2014, la baisse de production de 28 TWh due aux énergies fossiles a entraîné une diminution des émissions de CO2 de 26 MtCO2. A l’avenir, ces émissions devraient continuer à baisser fortement grâce à la baisse de la production à base de charbon-lignite.

Le recours accru au charbon en Allemagne a été provisoire, dû à une conjoncture favorable au charbon, au détriment du gaz. Le Gouvernement prévoit un mix composé de 80% d’ENR et 20% de gaz en 2050. Il faudra donc réussir à « décharboner » la production électrique. Pour y parvenir, l’Allemagne planche avec la France sur une réforme du marché ETS. Le Ministère de l’économie et de l’énergie allemand étudie également actuellement  un projet de loi visant à faire payer une taxe comprise entre 18 et 20 euros par tonne de CO2 aux centrales à charbon de plus de 20 ans, si elles émettent plus de 7 millions de tonnes de CO2 par gigawattheure. «  Le marché est aujourd’hui en surcapacités, si bien qu’il est souhaitable qu’un certain nombre de capacités thermiques soient fermées », précise Dimitri Pescia, du think-thank Agora Energiewende.  « Sauf qu’il faudrait que ce soit des capacités à charbon et non à gaz qui ferment, d’où d’ailleurs le projet récent du gouvernement de contraindre les producteurs à acheter davantage de certificats sur le marché, dans le cas où leurs centrales seraient particulièrement polluantes ». 

Les objectifs allemands visent une réduction nationale des émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2020 et de 80% à 95 % d’ici 2050, par rapport à 1990. En 2014, les émissions globales de CO2 du pays ont baissé de 27 % par rapport à 1990. Le secteur électrique demeurant le principal émetteur de gaz à effet de serre, la décharbonisation devient donc l’une des priorités du Gouvernement fédéral.

 

Idée reçue n°3

  • la facture électrique des particuliers va continuer à exploser

La redevance due à la loi sur les énergies renouvelables, dite  « EEG » (Erneuerbare Energien Gesetz) étant plafonnée pour les industries électro-intensives, une part importante de la taxe sur les énergies renouvelables est supportée par les ménages. Ainsi, le prix du kWh électrique est passé de 19,1 centime d’euros (ct€) en 2006 à 29,4 ct€ en 2013 pour les particuliers allemands. Depuis, le prix s’est stabilisé, à hauteur de 29,6 ct€ en 2014 et devrait se situer autour de 29,4 ct€ en 2015. Ce prix est deux fois plus élevé qu’en France (14,3 ct en base chez EDF). Malgré cela, la facture des ménages n’est que 30% supérieure grâce à une efficacité énergétique supérieure. 

Le prix de l’électricité a fortement augmenté à cause du développement de l’énergie solaire entre 2008 et 2012, lorsque les tarifs d’achats étaient encore élevés. « Les consommateurs allemands ont contribué à accélérer la baisse des coûts du photovoltaïque », éclaire Dimitri Pescia. « Les consommateurs allemands paieront 180 milliards d’euros pour les capacités photovoltaïques installées entre 2000 et 2013. Aux tarifs d’achat d’aujourd’hui, ce montant se situerait seulement entre 60 et 80 milliards d’euros ». Car depuis 2006, les coûts du photovoltaïque ont baissé de 70%.

Les installations éoliennes sur terre et photovoltaïques sont désormais compétitives pour les nouveaux investissements. Les prix devraient donc se stabiliser à l’avenir.

 

Idée reçue n°4

  • La perte historique des électriciens allemands montre l’échec de l’Energiewende

Il n’y a pas qu’Areva qui va mal. En mars 2015, l’énergéticien allemand EON a annoncé une perte de 3,16 milliards d’euros. Ses deux concurrents RWE et EnBW s’en tirent un peu mieux, mais leur avenir est également menacé. Le parc allemand étant en surcapacité et les énergies renouvelables bénéficiant d’une priorité d’injection sur le réseau, la rentabilité des centrales à charbon est mise à mal. 

« La perte de CA d’EON ne menace pas en soi la transition énergétique, mais montre à quel point le business model traditionnel des énergéticiens est en pleine mutation », assure Dimitri Pescia. La perte de chiffre d’affaires d’EON est liée essentiellement à une dépression de certains de ces actifs en Allemagne et à l’étranger et à des pertes sur les volumes vendus d’électricité et de gaz. En cause : les prix très bas sur le marché de l’électricité. « Le groupe a tiré les conséquences de cette situation en annonçant une restructuration stratégique majeure, visant à se repositionner uniquement sur les activités liées à la transition énergétique : ENR, réseaux, commercialisation… », résume Dimitri Pescia. Les autres activités traditionnelles (gaz, charbon, nucléaire, négoce, exploration) seront cédées à une autre entité en 2016. Il s’agit là d’un revirement stratégique inévitable pour tout géant de l’énergie souhaitant continuer à vivre. 

Par Matthieu Combe

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Bio-bitumes : des routes vertes à base de micro-algues ?

Des chercheurs des laboratoires Chimie et interdisciplinarité : synthèse analyse modélisation (CNRS/Université de Nantes), Génie des procédés − environnement − agroalimentaire (CNRS/Université de Nantes/ONIRIS/Ecole des Mines de Nantes), Matériaux pour infrastructures de transports (Ifsttar), Conditions extrêmes et matériaux : haute température et irradiation (CNRS), en collaboration avec l’entreprise AlgoSource Technologies, ont apporté la preuve de concept de ce bio-bitume, dont les caractéristiques sont très proches du « vrai » bitume de nos routes. Leurs travaux sont publiés dans le numéro d’avril de la revue ACS Sustainable Chemistry & Engineering.

Les micro-algues sont connues depuis longtemps pour leurs applications comme colorants en cosmétique ou comme compléments alimentaires. Leur raffinage pour produire, par exemple, des biocarburants, est une idée qui a émergé ces dernières années. Aujourd’hui, les micro-algues font partie des alternatives prometteuses au pétrole. Avec le développement de procédés efficaces et rentables, de nombreux produits issus de l’industrie du raffinage deviendraient accessibles. 

Dans le cadre du programme Algoroute, financé par la région Pays de la Loire, des chercheurs de laboratoires nantais et orléanais1 ont produit du bio-bitume en valorisant des résidus de micro-algues, issus par exemple de l’extraction de protéines hydrosolubles des algues pour l’industrie cosmétique. Ils ont utilisé un procédé de liquéfaction hydrothermale, plus simplement de l’eau sous pression (à l’état sous-critique) : celui-ci transforme ces déchets de micro-algues en une phase visqueuse noire hydrophobe (bio-bitume) ayant un aspect proche de celui d’un bitume pétrolier (voir la figure). Ce procédé est réalisé avec un rendement de conversion actuel de 55%.

Alors que la composition chimique du bio-bitume est complétement différente de celle du bitume issu du pétrole, ils présentent des similarités : la couleur noire et les propriétés rhéologiques2. Liquide au-dessus de 100°C, le bio-bitume permet d’enrober les agrégats minéraux ; viscoélastique de -20 °C à 60 °C, il assure la cohésion de la structure granulaire, supporte les charges et relaxe les contraintes mécaniques. Des analyses de tenue dans le temps ont débuté, ainsi que des études pour évaluer la rentabilité du procédé dans la perspective d’une production à grande échelle.

Cette innovation apporte une nouvelle option potentielle pour l’industrie routière, actuellement entièrement dépendante du pétrole. Jusqu’à présent, les bio-bitumes développés intégraient des huiles d’origine agricole (avec l’inconvénient d’entrer en compétition avec la nutrition humaine) ou issues de l’industrie papetière, mélangées à des résines pour améliorer leurs propriétés viscoélastiques. Utiliser des micro-algues, dont la culture ne nécessite pas la mobilisation de terres arables, présente donc une solution attractive.

Source : cnrs

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Une nouvelle technique pour tester la résistance des nanomatériaux

Ces microdispositifs d’essai mécanique dits « on chip » permettent la déformation jusqu’à rupture des couches ultra minces, nanofils et autres nanomatériaux. Dans la version la plus avancée de la technique, le processus de déformation peut être suivi in situ au sein d’un microscope électronique en transmission. C’est là que l’équipe d’Anvers, une des plus réputées au monde dans le domaine de la microscopie électronique en transmission, et l’équipe de l’ULB experte dans l’analyse cristallographique en transmission, prennent le relais pour observer et quantifier les mécanismes physiques élémentaires qui se produisent aux échelles nanoscopiques et atomiques. Tous ensembles, les chercheurs ont ensuite formulé des hypothèses d’interprétation et construit des modèles physiques de compréhension.

Il aura fallu de longues années pour consolider cette technologie « on chip ». Les chercheurs recueillent aujourd’hui le fruit de travaux fastidieux de développement d’une nouvelle technique expérimentale : ils peuvent solliciter des nanomatériaux en tous genres dans des conditions jamais explorées jusqu’ici sur base d’un principe extrêmement simple d’actuation ne nécessitant aucun équipement extérieur et permettant de tester en une fois des milliers d’échantillons. Dans le cas présent, le fluage de films de palladium nanocristallins a pu être mesuré tout en observant à l’échelle atomique les mécanismes physiques responsable du phénomène. Un mécanisme inattendu lié exclusivement à des mouvements de dislocation a été observé induisant une relaxation rapide, ce qui est rare pour des matériaux avec de si faibles tailles de grain.

A quoi sert au juste cette découverte ? Toute technologie macroscopique (avion, voiture, centrale nucléaire) demande d’effectuer des essais mécaniques pour vérifier que les matériaux utilisés vont pouvoir soutenir les efforts appliqués sans se déformer ou se rompre. Il en est de même pour les composants faits de matériaux nanoscopiques ou ultra-minces. Le problème dans ce cas, c’est que la mesure de la résistance mécanique et l’observation des mécanismes est un challenge en soi vu la petitesse des éléments. Aujourd’hui, on doit transférer dans le monde nano, les procédures de conception mécanique du monde macro pour créer des structures robustes.

Cette découverte est importante par exemple dans le cadre de l’application de membranes palladium (Pd) dans les technologies hydrogènes : à l’avenir, nous pourrions utiliser des membranes de Pd pour des capteurs d’hydrogène ou comme membrane de séparation. Dans ces deux applications, la membrane ou la couche doit pouvoir supporter des chargements mécaniques sans se déformer de trop et sans se rompre. Il faut donc vérifier les propriétés mécaniques et surtout trouver des parades si ces propriétés ne sont pas suffisantes.

De nombreuses autres questions scientifiques fondamentales sont en cours d’investigation grâce à cette technique, permettant également le couplage avec un courant électrique, un champ magnétique ou des effets thermiques.

Source : bulletins électroniques

Anomalies de fabrication de la cuve de l’EPR de Flamanville

La réglementation relative aux équipements sous pression nucléaires impose au fabricant de maîtriser les risques d’hétérogénéité des matériaux utilisés pour fabriquer les composants les plus importants pour la sûreté. Pour répondre à cette exigence technique, AREVA a mené des essais chimiques et mécaniques sur un couvercle de cuve similaire à celui du réacteur EPR de Flamanville.

Les résultats de ces essais ont montré, fin 2014, la présence d’une zone présentant une concentration importante en carbone et conduisant à des valeurs de résilience mécanique1 plus faibles qu’attendues. Des premières mesures ont confirmé la présence de cette anomalie dans le couvercle et le fond de la cuve de l’EPR de Flamanville. AREVA a proposé à l’ASN de réaliser à partir d’avril 2015 une nouvelle campagne d’essais approfondie sur un couvercle représentatif pour connaître précisément la localisation de la zone concernée ainsi que ses propriétés mécaniques.

L’ASN se prononcera sur le programme d’essais, contrôlera sa bonne réalisation et instruira le dossier que présentera AREVA pour démontrer la résistance de la cuve du réacteur EPR de Flamanville. Elle fera notamment appel à son appui technique, l’IRSN, et au Groupe permanent d’experts dédié aux équipements sous pression nucléaires.

L’ASN a informé ses homologues étrangères concernées par la construction d’un réacteur EPR.

La cuve d’un réacteur à eau sous pression est un équipement particulièrement important pour la sûreté. Elle contient le combustible et participe à la seconde barrière de confinement de la radioactivité.

Le couvercle et le fond de la cuve de l’EPR de Flamanville sont des pièces forgées de forme partiellement sphérique et réalisées en acier.

Publié par P.T

Techniques de l’Ingénieur partenaire de la Journée Nationale de l’Ingénieur

L’édition 2015 s’inscrit dans la lignée des deux premières Journées Nationales de l’Ingénieur (JNI)  qui ont réuni près de 5000 participants à travers toute la France. Le thème cette année est « Ingénieurs et Scientifiques, architectes de la compétitivité et du redressement de la France ». A cette occasion, des manifestations ont lieu dans plus de 20 grandes villes de l’hexagone.

Durant la JNI 2015 sera décerné le Trophée Vidéo 2015, organisé avec la Confédération Nationale des Junior Entreprises et récompensant la meilleure vidéo sur le métier de l’ingénieur aujourd’hui et demain.

Ce concours, ouvert à tout étudiant en école d’ingénieur ou en université scientifique, récompesera celui ou celle qui réalisera une vidéo originale de 3 minutes, exprimant au sens propre ou figuré ce que représenteront les métiers d’ingénieur et de scientifique dans les années à venir. Le concours comporte 3 catégories : « L’ingénieur : carte d’identité », « L’ingénieur dans la ville » et « L’ingénieur connecté ».

Les 3 trophées seront remis par les membres du Jury et Joan Borderie, réalisatrice diplômée de l’école de cinéma de Luc Besson et 1er prix du Festival Divipassion pour son film « La veilleuse ». Techniques de l’Ingénieur, partenaire de la JNI, sera également sera présent lors de cette remise puisque Claire Pascal, DG de Comundi, opérateur des formations Techniques de l’Ingénieur, est  membre du jury.

Par P.T

La Nasa prévoit de récupérer un rocher sur un astéroïde autour de 2022

Parce qu’ils étaient trop compliqués, sûrement trop coûteux aussi, la Nasa a changé les plans de la mission ARM (Asteroid Redirect Mission) qui consistait à tracter un astéroïde afin de le placer en orbite autour de la Lune. En lieu et place de quoi, elle a décidé d’envoyer une sonde aux bras robotisés pour qu’elle prenne un gros bout de caillou (de quatre mètres) d’un astéroïde puis qu’elle le ramène dans une zone où les astronautes pourront venir l’étudier vers 2025.

La mission répond à différents objectifs. Celui de mieux connaître les systèmes de vol qui permettront aux astronautes de se diriger vers des destinations lointaines. Mais aussi de tester le moteur à propulsion solaire-électrique actuellement en production, censé permettre « de consommer moins de carburant, de voyager loin, plus vite et moins cher que n’importe quelle autre technologie ». Ce serait donc un passage conduisant à d’autres missions plus ambitieuses (voyage sur Mars ?). Et bien sûr d’étudier le morceau d’astéroïde avec les outils scientifiques et d’en rapporter des échantillons. 

Il s’agit également pour les chercheurs d’observer l’effet de la sonde sur l’astéroïde. Sa présence aura-t-elle une incidence sur sa trajectoire, ou autrement dit placer un objet autour d’astres rocheux peut-il dévier leurs courses ? Sans qu’il y ait de contact, la force gravitationnelle exercée par la sonde pourrait attirer l’astéroïde. À terme, cela pourrait devenir une méthode de déviation en cas de risques de collisions avec la Terre. Une menace susceptible de se présenter d’ici une centaine d’années.

Le choix de l’astéroïde n’est pour le moment pas encore arrêté. Les scientifiques seraient en balance entre trois candidats Itokawa, Bennu et 2008 EV5 tout en se laissant une marge de réflexion jusqu’en 2019, un an avant que la sonde ARM ne soit envoyée dans l’espace. Il est probable qu’un meilleur candidat soit trouvé d’ici là. Le système de détection des astéroïdes de la Nasa, en effet, se perfectionne d’année en année. En 2011, elle ne décelait que 893 petits astéroïdes (moins d’un kilomètre de largeur) ayant une orbite croisant à un moment celle de la Terre, contre 1 472 en 2014. Qu’en sera-t-il en 2019 ? 

Par Sébastien Tribot

Le silicène, dans l’ombre du graphène

Bien qu’il partage une grande partie de ses propriétés, le silicène reste pourtant assez méconnu, si on le compare à la superstar des matériaux, le graphène. Une équipe de chercheurs américains, affiliée à l’université du Texas et à l’ACSE (Austin’s Cockrell School of Engineering), remet le silicène sur le devant de la scène en parvenant à créer le premier transistor à partir du plus fin des matériaux dérivés du silicium.

Le matériau bidimensionnel – seulement un atome d’épaisseur – possède notamment des propriétés électriques extrêmement intéressantes, comme la présence d’une bande interdite variant sans modification chimique du matériau, mais les difficultés de production ne permettaient pas jusqu’ici d’envisager une quelconque utilisation industrielle. Ces problèmes seraient en passe d’être surmontés, à en croire le professeur Deji Akinwande, éminence grise de l’équipe texane.

Afin de se défaire de l’un des problèmes majeurs du silicène – sa grande instabilité une fois en contact avec l’air – le professeur Akinwande s’est adjoint les services d’un chercheur italien, Alessandro Molle, pour développer une nouvelle méthode de fabrication limitant au maximum l’exposition du matériau à l’air libre. Pour ce faire, les chercheurs laissent des atomes de silicium en suspension se condenser sur un bloc d’argent dans une chambre à vide. La feuille de silicène ainsi formée est ensuite recouverte d’une fine couche nanométrique d’alumine, permettant de séparer et de protéger les différentes épaisseurs.

Les transistors en silicène pourraient permettre de créer des circuits intégrés sensiblement plus rapides, plus petits et plus efficaces.

Par Rahman Moonzur

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Les médicaments préfèrent les hommes

Le combat pour l’égalité des hommes et des femmes fait rage. Tâches ménagères, salaires, études ou encore temps de travail sont autant de domaines bien connus comme étant encore moins favorables aux femmes. Mais les inégalités hommes-femmes sont partout, même dans le domaine de la santé. En 2014, le magazine Science et Vie révélait que les médicaments eux-aussi étaient machos ! En effet, le même médicament pris dans à dose égale n’engendre pas les mêmes effets sur une personne de sexe masculin que sur une de sexe féminin. Pire, les médicaments sont calibrés pour agir sur les hommes, ce qui n’est pas sans conséquence pour les femmes dont le système hormonal, et de façon plus globale le métabolisme, est très différent.

Tout commence dans les laboratoires. La grande majorité des études sont réalisées sur des rats mâles, sous prétexte que le cycle hormonal féminin viendrait parasiter l’analyse des résultats. Du coup, la mise au point des médicaments repose uniquement sur des comportements masculins et ne tient pas compte des spécificités du corps féminin. Finalement, les médicaments mis sur le marché soignent très bien les hommes mais ne sont pas adaptés aux femmes.

 Par exemple, les vaccins ont plus d’effets sur les femmes que sur les hommes. Le système immunitaire féminin étant plus réactif, une demi-dose de vaccin suffit quand une dose entière est nécessaire pour un homme. 

L’année dernière, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) s’ai saisi du dossier des somnifères dont les effets sont plus importants et plus durables chez la femme qui sont trois fois plus que les hommes à somnoler 8 heures après la prise du médicament. La FDA recommande désormais de diminuer les prescriptions de Zolpidem. 

Les femmes doivent aussi se méfier des traitements anti-cholestérol. D’après une étude parue en 2013 dans Archives of Internal Medicine, ceux à base de statines augmentent de 71% le risque de diabète chez les femmes. Dans ce cas, se soigner devient dangereux pour la santé des femmes.

De façon plus générale, une étude allemande menée sur 25 000 patientes a prouvé que les femmes présentent deux fois plus d’effets secondaires que les hommes ! Sachant que les médicaments sont étudiés pour soigner les hommes exclusivement, ce résultat inquiétant est pourtant logique.  Pour sortir de cette discrimination médicale, un gros effort est à faire du côté de la façon de penser des médecins. En attendant, l’Institut National de la santé américaine (NIH) refuse toute subvention aux études qui n’incluent pas d’analyse en fonction du sexe. De quoi motiver l’évolution des mentalités.

Par Audrey Loubens

70% d’électricité renouvelable dans le monde d’ici 15 ans n’est pas un problème selon la majorité des experts (Enquête DNV GL)

Selon un responsable d’E.ON, géant de l’énergie qui avec RWE, Vattenfall et EnBW fait partie « der großen Vier », « les 4 gros » énergéticiens équivalents en Allemagne à EDF en France, passer à 70% d’électricité renouvelable à horizon 2030 « ne relève pas d’une discussion d’ordre technique (sous-entendu : il est évident que c’est possible ndlr) mais politique ».

Une large majorité d’experts de l’énergie dans le monde est d’accord avec ce qu’a affirmé le représentant d’E.ON pour le magazine spécialisé GreenTechMedia. L’agence de conseil DNV GL a publié y a quelques jours les résultats d’une enquêtes auprès de 1600 experts de l’énergie provenant de 71 pays : des développeurs de projets, des opérateurs de centrales électriques et des représentants gouvernementaux.

Une majorité d’entre eux pense qu’il est possible de passer à une électricité 70% renouvelable d’ici 15 ans (2030). Et une infime partie d’entre eux (1,5%) estime que cela ne sera jamais possible.

Par Olivier Daniélo

Les recruteurs attachent de moins en moins d’importance au diplôme

Le vent serait-il en train de tourner ? Alors que les recruteurs français ont la réputation d’embaucher sur diplôme, ils y attachent aujourd’hui de moins en moins d’importance. Sur les 1 000 recruteurs franciliens interrogés par l’OFEM (Observatoire de la formation, de l’emploi et des métiers de la chambre de commerce et d’industrie de Paris) dans le cadre d’une étude dévoilée le 18 mars 2015, seuls 53 % pensent que les diplômes valident des formations de bon niveau. Et, plus ces entreprises sont petites, moins le diplôme compte. Alors que les grandes entreprises privilégient les bac + 5 (61 % de leurs effectifs), les TPE embauchent en majorité des personnes de niveau bac ou moins (73,5 %). Les recruteurs estiment que les évolutions de ces dix dernières années vont continuer à s’accélérer les cinq prochaines années.

Un fossé entre l’école et l’entreprise

Pour les recruteurs, les études supérieures ne préparent pas assez à la vie active. 40 % d’entre eux estiment que les formations dans leur domaine d’activité préparent mal les étudiants. Logique : les métiers évoluent tellement vite que ce qu’ils apprennent en première année est déjà obsolète avant la fin d’un cursus en 4 ans, d’après une étude du cabinet Wagepoint. Malgré tout, l’école reste importante. 67 % des recruteurs se fient à leurs expériences avec les promotions précédentes pour décider dans quelles écoles ou universités aller chercher leurs nouvelles recrues.

L’expérience prend le pas sur le diplôme

Alors, que faut-il mettre en avant pour être embauché ? L’expérience avant tout : 69 % des personnes interrogées préfèrent engager des collaborateurs expérimentés. D’abord, parce qu’ils comprennent mieux les enjeux de l’entreprise, mais aussi parce qu’ils sont plus rapides. Les recruteurs  déclarent aussi avoir de plus en plus besoin de personnes ayant un niveau d’expertise élevé, qui s’acquiert davantage sur le terrain que sur les bancs de la fac.

Vers des parcours hybrides

Tout cela ne signifie pas que le diplôme en lui-même est devenu inutile. Les formations sont vouées à être plus professionnalisantes, d’après les recruteurs interrogés. Déjà, l’apprentissage est de plus en plus prisé : ils sont 80 % à estimer que l’alternance est devenue indispensable, et 56 % à l’avoir déjà mis en place dans leur entreprise. Ils pensent qu’à l’avenir, les cursus vont être plus courts (60 %), plus portés vers le savoir-faire (71 %) et que les formations en cours de carrière se feront avec de l’apprentissage ou des stages de longue durée (85 %). Pour les étudiants de demain : moins de bouquins, plus de terrain !

Par Ingrid Falquy

Source : cadremploi.fr
premier site emploi privé pour les cadres et les dirigeants en France

Vulgariser la physique quantique : tout un art

L’Espace des Sciences est un centre de culture scientifique technique et industrielle. Cette association organise « Les Mardis de l’Espace des sciences« , une série de conférences autour de sujets scientifiques, avec un souci de vulgarisation. Voir le quantique ?, présenté par Julien Bobroff, physicien, revient sur les théories qui font la physique quantique pour les relier à la science du macro que nous connaissons mieux.

Chats de Schrödingers, lévitation, téléportation, effet tunnel… La physique quantique est étrange, paradoxale, invisible et insaisissable. Julien Bobroff présente pourtant quelques-unes des astuces qu’ont trouvées les physiciens pour « voir » ces étrangetés du monde quantique et même les filmer en direct !

Il montre aussi comment, en collaborant avec des designers, des graphistes et des artistes, son groupe a développé de nouvelles façons de vous aider à imaginer ce qu’est vraiment la physique quantique.

Le « superbonus » pourrait doubler le marché de l’auto électrique dès 2015 (constructeurs)

Au lendemain de l’entrée en vigueur d’une aide financière pouvant aller jusqu’à 10.000 euros pour l’achat d’un véhicule propre et la mise au rebut d’un diesel mis en circulation avant le 1er janvier 2001, le directeur du programme véhicules électriques de Renault a estimé que cette mesure allait « être clairement un accélérateur » pour les ventes de ces voitures.

« La cible, c’est un doublement (du marché) d’ici à la fin de l’année », a affirmé à l’AFP Eric Feunteun, pour qui cette nouvelle incitation va permettre, pour certains usagers « qui roulent un petit peu moins », d’obtenir des véhicules « moins chers qu’un véhicule diesel » pour une utilisation quotidienne.

Xavier Duchemin, directeur de Peugeot France, s’attend lui aussi à voir cette mesure faire « doubler le marché français du véhicule électrique » dès cette année. « Nous savons qu’il y a deux millions de véhicules diesel de plus de 14 ans en France. Donc c’est un réservoir particulièrement important sur cette mesure », a-t-il affirmé.

Les deux responsables s’exprimaient en marge d’une cérémonie organisée au ministère de l’Ecologie, en présence de la ministre Ségolène Royal, pour marquer les premiers achats de voitures électriques depuis la mise en place du nouveau dispositif.

Renault et PSA ont lancé des offres commerciales agressives pour attirer les clients en capitalisant sur la nouvelle aide gouvernementale: 99 euros par mois pour une location longue durée (LLD) de Renault Zoé et la même mensualité pour une Peugeot iOn, avec un vélo électrique offert aux 150 premiers acheteurs. Chez Citroën, la jumelle de l’iOn, la C-Zero, est à partir de 89 euros par mois.

A l’achat, hors aides gouvernementales, la Zoé s’affiche à partir de 21.900 euros et l’iOn et la C-Zero à 26.900 euros.

Farouk Baziz, un habitant de Montélimar (Drôme), a profité de cette promotion pour se débarrasser d’une Peugeot 306 diesel de 1994. Il utilisera sa iOn, achetée en LLD, pour « déposer les enfants à l’école, et aller au travail, ça fait 10-15 km par jour ». M. Baziz pensait à acheter une voiture électrique depuis longtemps, mais attendait « un signe fort ». « Je pense que c’est le bon moment », a-t-il expliqué à l’AFP.

En 2014, 10.540 voitures électriques neuves ont été vendues en France, soit 0,59% du marché, en hausse de 20% par rapport à l’année précédente.

Alors que Mme Royal a souhaité jeudi que « les Français se dépêchent pour saisir cette opportunité » du superbonus, mis en place « pour l’instant pour l’année » en cours, la secrétaire générale de l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere-France), Marie Castelli, a estimé que « ce superbonus va venir confirmer la progression » des ventes.

Mais pour elle, « l’effet levier ne va pas être si important que ça, parce que le type de personnes qui possèdent un véhicule diesel de plus de 14 ans correspond plutôt à des ménages défavorisés qui ne vont pas penser à la voiture électrique et se sentir éligibles ».

« L’enjeu, c’est aussi que les constructeurs jouent leur rôle en communiquant très fort sur les offres qu’ils viennent de présenter », a-t-elle indiqué.

tq/gbh/bma

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Allemagne : +685% d’électricité renouvelable en un quart de siècle. Et 15,7% de CO2 en moins

Entre 1990 et 2014 (un quart de siècle) la production électro-nucléaire allemande a chuté de 36%. Les émissions de CO2 du secteur électrique ont chuté parallèlement de 15,7%.

La production électro-nucléaire a en réalité commencé une régression significative à partir de 2006. Entre 2006 et 2014 elle a chuté de 70 TWh (-41,9%). Parallèlement les émissions de CO2 ont baissé de 29 millions de tonnes (-8,7%). Autrement dit chaque TWh nucléaire de moins correspond en moyenne à une chute d’un peu plus de 0,4 million de tonnes de CO2.

La période 2006-2014 (8 ans) peut être décomposée en quatre phases : hausse du CO2 entre 2006-2007 (un an), baisse entre 2007 et 2009 (deux ans), hausse entre 2009-2013 (4 ans) et baisse entre 2013-2014 (1 an). La chute globale est de 8,7%. Focaliser sur chacune de ces petites sous-périodes a peu de sens. Ce qui compte c’est la tendance de fond.

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A noter que la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011 n’a rien changé: la tendance haussière de la sous-période 2009-2013 commence avant 2011. Cela correspond en réalité à une chute de la production électro-gazière (pour des raisons de prix). Et non à la croissance des EnR. Le dogme « davantage de renouvelables = forcément davantage de CO2 » et son corollaire « le nucléaire est donc incontournable en matière climatique » sont donc fallacieux.

Entre 1990 et 2014 l’Allemagne a augmenté sa production électro-renouvelable de 137 TWh, ce qui a très largement compensé la chute des 55 TWh de nucléaire. Un bond vraiment remarquable et en bonne partie porté par des projets citoyens.

En 2014, tous secteurs confondus (électricité, transport, chaleur), les émissions de CO2 allemandes ont chuté de 4,3% comparativement à 2013 et de 27% comparativement à 1990. L’objectif du gouvernement fédéral allemand est de parvenir à une chute de 40% en 2020 comparativement à 1990. Les deux tiers du chemin sont déjà accomplis. Et, surtout, la motivation allemande pour construire un système énergétique écologique est toujours aussi forte.

Herzlichen glückwunsch.

Par Olivier Daniélo

Le train subsonique Hyperloop bientôt à l’essai

Pour ceux dont la mémoire aurait besoin d’être rafraîchie, l’Hyperloop est ce projet de train subsonique capable de parcourir 600 kilomètres (la distance séparant San Francisco de Los Angeles) en une demi-heure, soit trois fois plus vite qu’un avion pour cette distance.

Sur le papier, ce train futuriste a de quoi faire rêver…

… Et écraser la concurrence ferroviaire en Californie. Il file à la vitesse de 1 200 km/h, le prix d’un billet est bon marché, les capsules répondent aux critères modernes du confort pour ses passagers, il se veut plus écologique car fonctionnant en partie à l’énergie solaire et pour couronner le tout, il est plus sûr.

Le dispositif lui-même est innovant. Des tubes installés à quelques mètres de la surface véhiculent des capsules en lévitation – à l’intérieur desquelles une vingtaine de voyageurs ont pris place – grâce à un système électromagnétique généré par un moteur électrique. La pression atmosphérique servant à empêcher les collisions entre capsules voire des frottements avec les parois du tube, ce qui est à l’heure actuelle l’un des risques majeurs.

Gage de réussite, le projet est initié par l’entrepreneur de génie Elon Musk, co-fondateur de Paypal, créateur de Tesla Motors et de Space X dont il a d’ailleurs dépêché quelques membres pour s’occuper des plans du train.

Sur le plan technique, en revanche, c’est un défi complexe et onéreux.

Il faut jouer avec la pression atmosphérique à l’intérieur des tubes, trouver un moyen de générer l’énergie requise, supporter le poids de 28 passagers… Sans compter que le coût de production est estimé entre 6 et 8 milliards de dollars.

C’est certainement la raison pour laquelle l’équipe en charge du développement d’Hyperloop s’est faite si discrète. En effet, on attend des nouvelles fraîches depuis un an et demi. Quand enfin, le 15 janvier dernier, Elon Musk annonce sur sa page Twitter, sonnant et trébuchant, vouloir construire une piste d’essais, probablement au Texas. Le projet de train futuriste à lévitation n’est donc pas abandonné. Mieux encore, il semble avancer au rythme escompté.

Là-dessus, on peut vanter les mérites de la tactique d’Elon Musk pour avoir rendu public dès le début « Hyperloop Alpha » un dossier de plus de 57 pages offrant une vision détaillée de ce que devrait être Hyperloop. C’est grâce à cela que des start-ups ont pu réfléchir à la façon la plus judicieuse de réaliser ce projet. Et ce n’est pas fini puisque la voie, lorsqu’elle sera sortie de terre, pourra être testée par les entreprises et les groupes d’étudiants comme l’a assuré Elon Musk sur Twitter.

L’éco-ville Quay Valley doit accueillir le premier prototype.

La start-up HTT, en réflexion depuis un an, souhaite construire le réseau de transport dans une éco-ville révolutionnaire surnommée Quay Valley mais qui n’existe pas encore. Elle doit être construite entre Los Angeles et San Francisco sur une surface de 4 800 hectares l’année prochaine.

Pour information, Quay Valley a été pensé comme « une communauté modèle, auto-suffisante, qui combine à la fois les meilleures innovations du mouvement New Urbanism et la tradition des petites villes rurales de la Vallée de San Joaquin, tout en préservant l’environnement naturel de cette zone. » Avec un détail frappant : les habitants n’auront pas à débourser un centime en facture d’électricité.

Il apparaît donc logique que l’Hyperloop y soit testé, puis serve de moyen de transport à ses 150 000 futurs habitants.

Toutefois, HTT est encore en recherche de financement, qu’elle espère trouver autour du troisième trimestre 2015. En tout, pas moins de 100 millions de dollars sont nécessaires à la construction du prototype. Le PDG Dirk Ahlborn de HTT ne se démonte pas pour autant, et mise sur les financements participatifs du grand public.

Par Sébastien Tribot

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La cigarette électronique se dote de normes en France, une première mondiale

L’Association française de normalisation (Afnor) a présenté jeudi au public les deux premières normes volontaires de fabrication de cigarettes électroniques et de liquides, élaborées en concertation avec l’ensemble des parties prenantes du secteur, une première mondiale.

La norme XP D90-300-1, pour les cigarettes électroniques, et la XP D90-300-2, pour les liquides, définissent un certain nombre de critères techniques de sécurité sur lesquels pourront s’appuyer les fabricants. Elles établissent également les informations à communiquer aux consommateurs pour garantir le maximum de transparence sur les produits.

Ces normes sont le résultat d’une demande formulée en avril 2014 par l’Institut national de la consommation, qui souhaitait que le vapotage soit mieux règlementé à un moment où des études montraient que cette nouvelle pratique n’était pas sans danger pour la santé.

« C’est une forme d’autorégulation du secteur », a souligné Olivier Peyrat, directeur général du groupe Afnor.

La norme XP D90-300-1 vise à prévenir le principal risque des ustensiles, à savoir la surchauffe de la source d’énergie ou de la chambre de vaporisation. Parmi les critères retenus, les vapoteuses devront être munies d’un système bloquant la vaporisation à 10 secondes.

La norme prévoit également sept tests pour que l’appareil « ne coupe pas, ne blesse pas, n’explose pas ou ne fuie pas ». « Quand on le laisse tomber d’1m50, le liquide ne doit pas passer du côté de la batterie », explique Bertrand Dautzenberg, professeur en pneumologie et président de la commission de normalisation.

Des tests sur les revêtements sont en outre préconisés pour vérifier qu’ils ne libèrent pas de substances toxiques ou allergisantes, et des conseils indiquent comment éviter l’accident au moment du remplissage.

– ‘Fumeurs découragés’ –

La norme pour les liquides concerne davantage la France dans la mesure où ces derniers sont la plupart du temps fabriqués dans l’Hexagone. Elle exige que les ingrédients utilisés soient de qualité pharmaceutique et de haute qualité alimentaire pour l’alcool et les mélanges aromatisants.

Sont par ailleurs interdites toutes les substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques. Le flacon ne doit pas libérer de bisphénol A et doit être équipé d’un bouchon de sécurité en plus d’un bouchon compte-gouttes.

« L’objectif est de répondre aux inquiétudes des consommateurs et d’avoir des niveaux d’exigence raisonnables sans brider les innovations », a souligné Bertrand Dautzenberg, tout en précisant « qu’un an de cigarette électronique c’est un jour de tabagisme ».

Les deux normes comportent de plus un important volet d’information au consommateur sur la composition des produits, les doses de nicotine, les populations à risque, l’identité du fabricant et du distributeur, les consignes d’utilisation, etc.

Les fabricants pourront s’appuyer sur ce cahier des charges pour se déclarer puis se faire certifier s’ils le souhaitent, avant que la directive européenne sur les produits du tabac ne les y oblige en 2016.

« L’intérêt de tous est d’avoir un produit de qualité, c’est le but de la norme de pouvoir réunir tout le monde. Je suis sûr que 80% des fabricants qui vendent en France vont être aux normes d’ici six mois », a déclaré Bertrand Dautzenberg.

« Aujourd’hui, les fumeurs sont découragés tant par ce qu’on dit des dangers de la cigarette électronique dans les médias que par la nouvelle loi qui interdira son usage dans les lieux publics », a commenté Alan Depauw, vice-président de l’association de consommateurs Aiduce.

Au niveau européen, la France pilotera le travail d’élaboration de normes européennes qui démarrera en juin. L’Afnor présentera également en juin une troisième norme sur les contrôles des émissions de la vapeur émise.

« C’est une voie de professionnalisation et de formalisation des bonnes pratiques d’une filière jeune qui a besoin d’un cadre pour avancer dans le bon sens », a estimé Jean Moiroud, président de la Fédération interprofessionnelle de la vape (Fivape).

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Un ver marin pour reconstruire les os humains ?

Il sert d’appât aux pêcheurs. Mais les chercheurs eux aussi commencent à mordre à l’hameçon. Le docteur Franck Zal, chercheur au CNRS et à l’origine de ces découvertes, se demandait comment ce ver parvenait à respirer tout autant à marée haute (immergé) qu’à marée basse dans le sable des plages. Stupéfait des propriétés d’une molécule de ce ver, le scientifique décide en 2007 de fonder sa propre société privée en biotechnologie, baptisée Hemarina et basée en Bretagne.

Notre ver arénicole produit une molécule, qui, tout comme l’hémoglobine intracellulaire des globules rouges, est capable de transporter le dioxygène. Il s’agit d’une molécule extracellullaire, donc non enveloppée par une membrane cellulaire dont la structure est en bicouche hexagonale dite « HBL-Hb ». Elle est compatible avec tous les groupes sanguins humains. Un miracle d’universalité. On estime à 100 millions de litres le déficit de sang à l’échelle mondiale pour les transfusions. Le marché est donc colossal. Et ce n’est pas tout : cette macroprotéine peut transporter 50 fois plus de dioxygène que l’hémoglobine humaine !

Le pouvoir d’oxygénation de cette molécule permet de booster le taux de survie des greffons. Des essais sont même en cours au niveau de transplantations d’organes entiers. « Lors d’une transplantation, l’organe une fois prélevé est soumis à une forte diminution de son apport sanguin (ischémie) qui est à l’origine de lésions et de dysfonctionnements du greffon », explique la société Hemarina. « Ces altérations favorisent le rejet aigu et accélèrent l’apparition des lésions responsables du rejet chronique de l’organe transplanté. La solution HEMO2Life® permet, en additif aux solutions de préservation d’organes, d’oxygéner le greffon et donc de considérablement réduire les risques de rejet de la greffe ».

Lioad, laboratoire breton, vient de s’associer à la société Hemarina.  La fameuse molécule peut être intégrée dans des biomatériaux à base de composés similaires à ceux du tissus osseux. Le produit obtenu est implanté chez l’homme et se transforme alors en os. Les essais menés jusqu’à présent avec des cellules-souches mourraient assez rapidement, au bout de quelques semaines.

Hemarina fabrique également des pansements pour diabétiques. Les plaies de ces derniers cicatrisent en effet assez mal. D’où l’intérêt de leur donner un petit coup d’oxygène.

Par Aurore Freiberg, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

La Nasa lance le logiciel gratuit de détection d’astéroïdes, Asteroid Data Hunter

En lançant l’Asteroid Data Hunter Challenge, la Nasa ne se doutait pas du succès qui allait en découler. En effet, suite à ce défi lancé à tous les amateurs d’astronomie possédant des compétences informatiques, la détection des astéroïdes a été améliorée de 15% ! Le coup d’envoi du concours s’est fait à l’occasion du festival South by Southwest au Texas. Les participants devaient optimiser les logiciels existants dédiés à la détection d’astéroïdes à partir des clichés pris par les télescopes. Motivés par 55000$ de récompenses, les scientifiques amateurs ont été particulièrement efficaces en proposant des algorithmes aux performances inattendues.

Agréablement surprise, la Nasa s’est empressée de les combiner pour créer l’Asteroid Data Hunter, un logiciel de détection d’astéroïdes gratuit et accessible à tous. Ce dernier améliore la détection de 15%, de quoi réjouir la Nasa qui n’en attendait pas tant. L’Asteroid Data Hunter utilise les photos issues du programme de surveillance du ciel Catalina de l’Université de l’Arizona et intègre les données du centre d’astrophysique de Harvard-Smithsonian de Cambridge. 

Grâce à ce libre accès, n’importe qui peut l’utiliser et participer à la chasse aux astéroïdes. L’Asteroid Data Hunter permet d’analyser les images de la principale ceinture d’astéroïdes située entre Mars et Jupiter envoyées par des télescopes terrestres. Lorsqu’un astéroïde est détecté, le logiciel vérifie si celui-ci est déjà répertorié ou non. S’il est nouveau, l’information est transmise au Minor Planet Center, un centre de la Nasa.

Quel est l’intérêt de cartographier les astéroïdes ? Protéger la Terre et anticiper une éventuelle chute ! Car si l’un d’entre eux, suffisamment gros, venait à percuter notre sol, cela pourrait signer la fin de l’espèce humaine. Même de « petits » astéroïdes peuvent causer des dégâts majeurs, comme ce fut le cas en 1908 avec un astéroïde de 45 m de diamètre qui provoqua une explosion équivalente à 5 Mégatonnes de TNT et qui avait rasé 2000 km² de forêt en Sibérie.

A ce jour, la Nasa surveille plusieurs milliers de géocroiseurs, ces astéroïdes évoluant dans l’environnement de la Terre. Grâce à l’Asteroid Data Hunter, l’agence américaine va pouvoir compléter sa liste.

Par Audrey Loubens

Climat: la Russie vise moins 25 à 30% d’émissions en 2030

Moscou a communiqué son objectif mardi in extremis, comme les Etats-Unis, pour respecter la date du 31 mars, à laquelle les pays « prêts à le faire » étaient invités à dévoiler leurs intentions pour l’après 2020.

La Russie représente un peu moins de 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, loin derrière la Chine, les Etats-Unis, l’Inde et l’Union européenne.

Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères et futur président de la Conférence climat de l’Onu à Paris a « salué la publication par la Russie de sa contribution nationale pour la COP21 » et a invité « tous les pays à publier leur contribution dès que possible ».

Après l’Union européenne (28 pays), les Etats-Unis, le Mexique, la Norvège et la Suisse, « la Russie est la sixième partie à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques à publier sa contribution », sur 196 membres.

Ces six contributions représentent environ un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Théoriquement, tous les pays doivent annoncer leur objectif de réduction de gaz à effet de serre au cours des prochaines semaines et mois, afin qu’une évaluation de l’effort global soit faite et comparée à l’objectif de limiter la hausse de la température mondiale à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

La Fondation Nicolas Hulot a apporté un bémol à l’annonce russe, en relevant qu’elle correspondait à des émissions quasi-stables entre maintenant et 2030.

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Les secrets du béton de la Rome Antique

Le Panthéon, les marchés de Trajan, le Colisée… Vestiges d’une civilisation à l’apogée de son art et de sa puissance, ces monuments désormais emblématiques de la capitale italienne ont une valeur historique et culturelle inestimable. Mais pas seulement, puisqu’il aura fallu un peu plus que de la chance pour que ces témoins de la Rome antique puissent traverser les siècles en résistant aux ravages du temps et des éléments, aux tremblements de terre ainsi qu’aux multiples dégradations. L’incroyable longévité de ces bâtiments – près de deux millénaires ! – reste encore bien mystérieuse, poussant les scientifiques de tous bords à se pencher sur les techniques de construction et sur la qualité des matériaux utilisés.

Une équipe de chercheurs internationaux et interdisciplinaires, réunis sous l’égide du Laboratoire National Lawrence Berkeley (le « Berkeley Lab », rattaché au département américain de l’Énergie) aurait toutefois réussi à lever un pan du mystère. L’étude d’un échantillon du fameux mortier antique, combinant chaux et cendres volcaniques, à travers le prisme du synchrotron de l’ALS (Advanced Light Source), aurait révélé que la présence d’hydroxydes cristallins protégerait efficacement contre l’apparition des micro-fissures, et limiterait la propagation de celles-ci.

Cristaux de stratlingite lamellaire

La résistance du mortier aux micro-fissures serait en partie due à la cristallisation d’un minerai combinant des matériaux alumino-silicates et du calcium, le stratlingite lamellaire (équivalent du clinker, composant essentiel du ciment), renforçant aussi bien le matériau aux zones de contact que la matrice du ciment elle-même. Cette cohésion et cette résistance au long cours permettent au ciment de conserver un peu de son élasticité, un élément essentiel pour maintenir l’intégrité structurelle d’une construction dans un environnement à forte activité sismique.

Les matériaux utilisés par les Romains intéressent au plus haut point les scientifiques non seulement en raison de leur grande résistance et de leur durabilité, mais également pour des raisons énergétiques et environnementales. Le béton standard utilise le plus souvent comme liant du ciment Portland, un ciment composé principalement de silicates de calcium hydrauliques, nécessitant pour sa fabrication de passer par une étape de cuisson à 1450 degrés, un processus à la fois très gourmand en énergie et très polluant – importante source de gaz à effet de serre, la fabrication du ciment serait à l’origine de plus de 7 % des émissions totales de CO2 à l’échelle de la planète. Le ciment romain était lui bien moins énergivore, se contentant de chaux, de cendres volcaniques, d’eau et d’une cuisson à une température bien moindre, réduisant ainsi drastiquement l’impact environnemental. L’équipe scientifique aurait tenté à plusieurs reprises de reproduire un ciment équivalent, et il semblerait que certaines de ces tentatives aient été plus que probantes.

Cure interne du béton

Ce n’est pas la première fois que les vestiges de la Rome Antique (avec en premier lieu le Panthéon et sa coupole, 43 mètres de diamètre, la plus grande coupole de béton non-armé jamais construite au monde) mobilisent les chercheurs. D’autres ont auparavant essayé de percer les secrets de cette longévité. Un rapport du NIST (National Institute of Standards and Technology) avait déjà mis en avant les qualités du béton utilisé par nos illustres ancêtres. Selon ce rapport, le secret de cette longévité et de cette résistance tiendrait dans l’utilisation par les ingénieurs de l’époque d’un béton très léger qui aurait pris et se serait durci de l’intérieur. Ce béton, issu d’un procédé dénommé « cure interne du béton » (maintenir au contact du béton frais une humidité favorable à l’hydratation du ciment), donnerait de meilleurs résultats en terme de force, de résistance aux fissures et de durabilité.

Les qualités de ce béton proviendraient du remplacement d’une partie du sable et des pierres grossières habituellement mélangés au ciment pour élaborer le béton traditionnel, par de légers matériaux absorbants et pré-humidifiés, dispensant leur eau plus lentement et permettant la prise lente et interne. Bien que ce procédé coûte 10 à 12 % plus cher, il est rapidement amorti par sa longévité et ses frais d’entretien revus à la baisse – cette technique permettrait, selon le même rapport, de tripler la durée de vie d’un tablier de pont.

Par Rahman Moonzur

Le sparadrap générateur d’électricité bientôt collé sur votre bras

Grâce au produit fabriqué par des chercheurs coréens du de l’Institut supérieur coréen de sciences et de technologie (KAIST), il sera possible de recharger son smartphone sans chargeur. En effet, le Wearable Themro-Element est un générateur d’électricité flexible alimenté par la chaleur corporelle, de la taille d’un pansement et susceptible d’être intégré à un vêtement. Pour l’heure, le prototype présenté à l’observatoire mondial des nouveaux usages du numérique est capable d’améliorer de 30% le temps d’utilisation avant que la batterie ne lâche.

Un début prometteur obtenu après 5 années de développement. « Il génère aujourd’hui assez d’énergie en situation normale pour alimenter un bracelet connecté et doubler son autonomie entre deux charges mais il faudra encore l’améliorer pour qu’il puisse recharger un smartphone » précise l’un des inventeurs Byung Jin Cho. 

Mais les smartphones ne sont pas les seuls objets concernés, le Wearable Thermo-Element pourra alimenter des montres intelligentes ou encore les bracelets connectés. En réussissant à miniaturiser ce système de conversion de la chaleur corporelle en électricité, les chercheurs du KAIST en font un produit industrialisable aux applications multiples.

En raflant le grand prix Netxeplo, le sparadrap générateur d’énergie succède  à Wibbitz (2014), une appli mobile capable de transformer des articles en un résumé vidéo et à Electronic Tatoos (2013), des tatouages utilisés pour la surveillance des constantes vitales des patients.

  • Découvrez le wearable thermo-element :

Par Audrey Loubens

Memex, le moteur qui sonde le Web profond

Les moteurs de recherche Google, Bing ou Yahoo! ne couvrent qu’une petite partie du Web – entre 5 et 10%. Sous le “web visible”, se dissimule ainsi le “web invisible”, ou “web profond”. Les robots des moteurs de recherche ne référencent que des pages statiques, liées à d’autres pages.

La grande partie de la Toile (264 fois plus vaste que le “web visible”) leur reste inaccessible, pour plusieurs raisons. Il peut s’agir de pages ou de documents trop volumineux pour être entièrement indexés. Il peut aussi s’agir de pages protégées par l’auteur (par exemple, le cas du Monde et de ses pages payantes), qui est capable d’interdire aux robots de scanner son site, en insérant dans le code de ses pages un fichier robot.txt.

Les pages peuvent aussi être protégées, et accessibles uniquement avec un mot de passe et un identifiant. Il faut aussi savoir que de nombreux sites, comme ceux des Universités par exemple, ne rendent accessibles leurs pages que via leur moteur de recherche interne – les pages sont générées dynamiquement, et les URL des pages ne sont pas statiques. Il s’agit donc d’un web “privé”, ou “opaque”, car volontairement inaccessible, ou alors difficilement “scannable”.

Le “dark web” ne concerne pas que les échanges illégaux (armes, drogues), le piratage, le téléchargement et autres activités criminelles. Le web non indexé par les moteurs comprend des bases de données très utiles pour les chercheurs, comme Lexis Nexis ou Dialog/ProQuest, ou encore des bibliothèques en ligne. Dans le web invisible, on retrouve aussi des sites scientifiques, tels que celui de la Nasa, des sites universitaires (Berkeley, Harvard), des sites de médias, ou encore les sites des grandes entreprises.

Rendre visible l’invisible

Pour explorer cette partie non visible de l’iceberg, le Darpa, le laboratoire de recherche de l’armée américaine, a mis au point un programme capable de mener des recherches thématiques dans des pages Web non indexées. “Memex” (pour “mémoire” et ‘index”) ne se borne pas à repérer et à classer les pages Web en fonction de leur popularité et de mots-clés : il analyse les pages non répertoriées de réseaux tels que Tor, établit entre autres des liens entre les pages selon les bandeaux publicitaires qu’elles partagent, et croise de nombreuses données. Il permet aussi de créer des visualisations dynamiques des recherches, sous la forme de frises chronologiques.

Le département américaine de Défense a déjà testé, avec succès, Memex pour surveiller les réseaux de prostitution lors du Super Bowl – le programme était capable de repérer les pages cachées promouvant des services sexuels, et de récupérer des données de géolocalisation, afin d’aider la police dans leurs enquêtes. 

Salué par Barack Obama, l’outil développé par le Darpa pourrait aussi être utilisé dans d’autres activités – par exemple, dans le cas d’une épidémie comme Ebola, en repérant l’avancée géographique de données. Memex pourrait aussi, à terme, aider les recherches des internautes lambdas.

Le laboratoire de recherche précise sur son site que ce nouveau moteur de recherche ultra-puissant (dont la conception a coûté entre 10 et 20 millions de dollars) n’a pas l’intention de collecter des données  personnelles, ou de désanonymiser des services anonymes.

Par Fabien Soyez

La photo de la semaine #5

Personne n’a trouvé la réponse. La photo de la semaine #4 représentait… Une coupe de l’échantillon de roche lunaire 10.020 rapporté par Apollo 11. L’observation est faite avec un microscope à lumière polarisée, ce qui donne les couleurs particulières aux minéraux de la roche.

 

Place donc à la photo de la semaine #5 ! Cette semaine, à vous de découvrir ce qui se cache sur cette image. Bonne chance !

  • Mais qu’est-ce donc ?

photo de la semaine

 

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Climat: Washington s’engage sur un objectif à l’horizon 2025

Reprenant les chiffres annoncés en novembre à Pékin lors de la conclusion d’un accord inédit avec la Chine, la Maison Blanche a annoncé avoir officiellement transmis ses engagements au secrétariat général de la Convention climat des Nations unies.

L’objectif affiché de la communauté internationale est de limiter le réchauffement de la planète à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

Pour l’ONG 350.org, les chiffres transmis à l’ONU représentent un « engagement important » de la part des Etats-Unis, deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine, mais « en soi, l’offre actuelle est clairement insuffisante pour rester sous la barre des 2°C ».

Et l’organisation environnementale de profiter de l’occasion pour réclamer le rejet du projet de l’oléoduc Keystone XL entre le Canada et les Etats-Unis. « Le président Obama ne peut prétendre être déterminé à réduire les émissions s’il autorise dans le même temps un projet majeur de développement des énergies fossiles », estime-t-elle.

M. Obama, qui a fait de la lutte contre le changement climatique l’une de ses priorités, a décidé de se passer du Congrès, farouchement opposé à toute loi sur le sujet. Il a choisi la voie réglementaire pour faire bouger les lignes, en s’appuyant en particulier sur l’Agence de protection de l’environnement (EPA).

En juin, il a ainsi annoncé de nouvelles normes pour une réduction draconienne des émissions de CO2 pour les centrales électriques existantes: baisse de 30% d’ici 2030 par rapport à 2005. Le charbon, qui fournit plus d’un tiers de l’électricité consommée aux Etats-Unis, reste une composante centrale du paysage énergétique américain.

Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), les émissions de gaz à effet de serre – qui ne cessent de croître – doivent être réduites de 40 à 70% d’ici à 2050 pour espérer tenir le cap des 2°C.

L’Union européenne a été la première à transmettre, début mars, son plan post-2020 à l’ONU. Les 28 prévoient une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990.

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Le marché de l’électronique prêt-à-porter va doubler en 2015 (étude)

Au total 45,7 millions de montres, bracelets, lunettes et autres accessoires connectés devraient s’écouler cette année, plus du double des 19,6 millions vendus en 2014, selon IDC. En 2019, le marché devrait atteindre 126,1 millions d’unités.

Sur toute cette période, les appareils portés au poignet, sur lesquels beaucoup de fabricants concentrent leurs efforts, devraient représenter plus de 80% des ventes totales.

Parmi eux, les appareils compatibles avec des applications conçues par des tiers devraient fortement aider à la croissance du marché, et « enregistrer un grand pas en avant avec le lancement d’Apple Watch cette année », indique Ramon Llamas, un analyste d’IDC cité dans un communiqué.

La montre connectée du groupe à la pomme, qui sort le 24 avril, mais aussi d’autres appareils concurrents compatibles avec des applications tierces comme la Moto 360 de Motorola ou les montres Gear de Samsung devraient représenter au total 25,7 millions d’unités écoulées cette année, évalue IDC.

Les appareils modulaires, pouvant être portés sur diverses parties du corps grâce à un clip ou une sangle, arrivent en deuxième position et devraient représenter 5,3% du marché des « wearables » à horizon 2019.

En troisième position (4,5% en 2019), les vêtements connectés devraient être selon IDC la catégorie affichant la plus forte croissance dans la mesure où de plus en plus de sociétés intègrent de l’électronique à des T-shirts, des chaussettes, des chapeaux…

Les lunettes (3,5% du marché en 2019) devraient pour leur part séduire en premier lieu des utilisateurs professionnels sur des marchés spécifiques.

Jusqu’ici, « l’explosion des appareils +wearables+ a été clairement emmenée par les bracelets de fitness », relève Ryan Reith, un autre analyste d’IDC, mais « le marché se déplace rapidement vers des appareils plus chers qui offrent davantage de fonctionnalités ».

« L’entrée sur le marché d’Apple est symbolique, mais la clé du succès sera de créer des usages convaincants pour le consommateur moyen. Beaucoup d’utilisateurs auront besoin d’une bonne raison pour remplacer une montre traditionnelle par un appareil porté au poignet ou une autre forme de +wearable+ qui devra probablement être rechargé tous les jours et avoir son logiciel mis à jour de temps en temps », prévient-il.

soe/jt/gde

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