Le skyTran : se déplacer en ville à 100 km/h ?

En pratique, ce sont des cabines pouvant accueillir entre 2 et 4 personnes suspendues à un rail au niveau de leur toit. ll s’agit donc plus d’un moyen de transport individuel, que d’un tramway volant. Il se déplacera  très rapidement, jusqu’à 100 km/h.

Un avantage capital est à noter par rapport aux transports en commun habituels : les utilisateurs peuvent réserver à l’avance un véhicule qui les attendra dans la station de leur choix. Il n’auront alors plus qu’à indiquer la destination désirée et le voyage commencera, sans arrêt, jusqu’à leur destination.

L’expérimentation de skyTran sur le campus de Tel-Aviv a été actée en juin 2014 en collaboration avec l’organisme spatial israélien (IAI). Il pourrait ainsi être mis en service fin 2016. Les coût estimés sont faibles par rapport à d’autres moyens classiques : 15 millions de dollars par kilomètre, soit 10 fois moins qu’une ligne de tramway classique. Le coût de construction total à Tel-Aviv est estimé à 58 millions d’ euros. Les billets individuels seront vendus à environ 5 dollars.

D’autres voies skyTran pourraient voir le jour à Toulouse, entre les aéroports parisiens et le centre de la ville, à Kerala (Inde) et dans la région de la baie de San Francisco.

Rappelons qu’en 2014 seules trois lignes fonctionnent par lévitation magnétique dans le monde : le Transrapid de Shanghaï (30 km), le Linimo à Aichi au Japon (9 km) et  le parc des expositions de Daejeon, en Corée du Sud (1 km). Si skyTran venait à se développer, cela serait donc une bonne nouvelle pour les acteurs de cette technologie.

Par Matthieu Combe

Shweeb : des vélos volant à 50 km/h ?

Au niveau d’une station de Shweeb, un départ de capsules toutes les 3 secondes est envisagé, permettant un trafic de près de 1 200 personnes par heure. Ce mode de transport pourrait être utilisé en milieu urbain pour des trajets courts ou moyens. Ces vélos suspendus auraient leur place le long des rues, à l’intérieur de campus, ou pour traverser des obstacles. Il s’agirait d’un bon moyen pour lutter contre l’obésité et serait un moyen de transport très économe en énergie.

Pour les montées, un système d’entraînement avec une chaîne externe à griffes peut être prévu en remplacement de la propulsion humaine. Un tel système pourrait aussi être envisagé pour les arrivées sur des stations installées en hauteur par rapport à la voie. La position d’une station en hauteur permettrait à une nacelle de se mettre en vitesse rapidement en descendant la branche de connexion afin de s’intégrer aisément dans le flux de la circulation.

Un démonstrateur a été réalisé en Nouvelle-Zélande, dans le parc d’attraction Agroventures. Sur un circuit de 200 m, les visiteurs font la course : les vitesses atteignent couramment 50 km/h. En 2010, Google a investi 1 million de dollars pour tester et étendre ce projet de déplacement urbain. Mais pour le moment, aucun déploiement ne s’est encore fait en ville. Ne semble-t-il pas assez futuriste et technologique pour convaincre les élus?

Par Matthieu Combe

Quels matériaux pour les routes du futur ?

Les innovations sont importantes. Demain, la route sera sûrement composée de matériaux innovants lui permettant de s’auto-réparer et d’être autonome en énergie. La chaussée sera chauffante ou refroidissante en fonction des conditions météorologiques. Elle fera également la part belle aux matériaux bio-sourcés pour remplacer les matériaux d’origine pétrolière.

Vers une route de l’auto-diagnotic

Bientôt, la route pourra auto-diagnostiquer une déformation de la chaussée ou envoyer des informations sur le trafic. Pour ce faire, elle renfermera des capteurs de déformation interconnectés, des fibres optiques ou des nanomatériaux.

Incorporée  au niveau de la bande de roulement, la fibre optique peut mesurer les déformations. Les changements de fréquence de la lumière à l’intérieur de la fibre témoignent en effet de déformations précoces et permettent d’agir pour éviter des dégradations plus importantes. L’auto-diagnostic pourrait aussi se faire grâce à des nanocomposites présentant des propriétés piézoélectriques. L’idée est alors de déposer une couche d’un nanocomposite à base d’argile, de graphite et de nanotubes de carbone dans la couche de roulement. Ainsi,  dès qu’une pression s’excerce sur la chaussée, le nanocomposite génère un courant électrique entre deux électrodes en aluminium. Une fois les signaux traités, cela permet d’avoir une image de l’état de la route ou du trafic.

La route sera-t-elle solaire ?

Demain, les routes seront peut-être transparentes ou semi-transparentes, enfermant des capteurs photovoltaïques sous la surface de chaussée. Le projet Solar roadways aux Etats-Unis et Solar road aux Pays-Bas sont les plus avancés. Les Pays-Bas viennent d’ailleurs d’inaugurer une piste cyclable solaire renfermant des panneaux photovoltaïques et une surface de chaussée en verre.

L’Iffstar travaille également sur ce sujet depuis 2012. « On travaille sur des revêtements en verre pilé qui ressemblent à du béton bitumineux classique, avec un aspect semi-transparent. Le liant entre le verre pilé est soit végétal soit une résine classique », confie Nicolas Hautière, Directeur de projet R5G à l’Ifsttar. L’électricité produite pourra être injectée dans le réseau électrique public, alimenter les éclairages de la route ou recharger les batteries des véhicules électriques en roulant.

La chaussée chauffante ou refroidissante

Pour refroidir une route en été ou la dégivrer en hiver, l’Iffstar envisage de faire circuler sous la chaussée un fluide caloporteur. « On vient transformer la route en pompe à chaleur », présente Nicolas Hautière. « On vient faire un échangeur de chaleur entre la couche de chaussée et le sous-sol : en été, le fluide chauffe au contact du soleil et transporte la chaleur au sous-sol. L’hiver, c’est l’inverse, on fait monter la chaleur pour réchauffer la chaussée », résume Nicolas Hautière.L’Ifsttar mène actuellement un test sur ce procédé à Aigleton, sur le site de l’Ecole d’Application aux métiers des Travaux Publics (EATP).

Pour une meilleure adaptation au changement climatique, les chercheurs revisitent également le concept de « chaussée-réservoir » ou « chaussée-poreuse », technologie datant des années 1980. Ces chaussées permettent de stocker les eaux pluviales dans le corps de chaussée. Cela permet de réguler l’écoulement des eaux, afin de ne pas saturer le réseau d’eaux pluviales et éviter ainsi les risques d’inondations en cas de fortes pluies.

Des matériaux de plus en plus bio-sourcés

Rappelons-le, le béton est un mélange de granulés (gravillons, sables…) et d’un liant permettant de les agglomérer. Ce liant est souvent du bitume, un mélange très visqueux d’hydrocarbures.

Le matériau de la route du future se doit donc d’être plus écologique. L’Ifsttar travaille sur des matériaux comprenant des liants bio-sourcés, notamment à base de micro-algues, pour préparer l’ère post-pétrole. « Si la filière micro-algues se met en place pour produire des biocarburants, nous pourrons utiliser les déchets de production pour faire des liants pour les routes », assure Nicolas Hautière. « Cela permettra de remplacer les liants bitumineux issus du bas de la chaîne de raffinage du pétrole, par un liant naturel d’origine micro-algale », précise-t-il. Cet enjeu a été exploré dans le cadre du projet Algoroute.

C’est pour quand et à quel prix ?

« Les technologies vont se déployer petit à petit », prévoit Nicolas Hautière. La rapidité de diffusion des innovations dépendra des industriels, des financements, des politiques et de l’acceptabilité de la société. »Si l’on veut passer à grande échelle sur des démonstrateurs sur des routes circulées, l’obstacle n’est plus le financement, mais le politique », défend-il.

Ces démonstrateurs devront intégrer plusieurs sous-ensembles de ces innovations. Il faudra évaluer la synergie entre les solutions techniques, mais également identifier les éventuels problèmes de mises en œuvre simultanées. Les premiers transferts industriels à grande échelle sont prévus d’ici 2020.

Quels en seront les coûts et comment les travaux seront-ils financés? C’est la grande inconnue pour le moment. Malheureusement, la mise au ban de l’écotaxe n’est pas actuellement une bonne nouvelle pour le financement de ces infrastructures. Il faudra donc rapidement concevoir de nouveaux outils de politiques publiques pour financer le déploiement des différentes combinaisons innovantes de la R5G à l’ensemble du territoire. Une chose est néanmoins sûre : « Si l’on arrive à faire des choses plus intégrées, préfabriquées et diffusées à grandes échelles, cela coûtera moins cher que d’avoir des technologies indépendantes les unes des autres qui se développent une à une », affirme Nicolas Hautière.

Plusieurs autres questions demeurent : Quelle sera la durée de vie de ces technologies par rapport à l’infrastructure? Comment traiter les données (big data) lorsque ces routes seront généralisées ? Faut-il privilégier le réseau autoroutier, les routes nationales ou les routes urbaines ? Comment prioriser les zones à installer ? Tout autant de défis à relever. Alors, la route de demain comprendra-t-elle une chaussée transparente, sous laquelle se trouveront des panneaux solaires, un fluide caloporteur, des capteurs et des matériaux bio-sourcés? Réponse prochainement !

La route de 5e génération permettra aussi de mieux gérer le trafic en faisant communiquer les véhicules entre eux et avec les infrastructures. Mais ceci est un autre défi que nous vous avons déjà raconté.

Par Matthieu Combe

Accord Russie-Ukraine sur le gaz : une trêve temporaire ?

Plus fondamental, l’acceptation à contrecœur de cet accord n’a pas signé la fin imminente d’une dispute politique plus profonde sur l’est de l’Ukraine. Cette impasse a entraîné la Russie et l’Occident dans leur conflit le plus dangereux depuis la Guerre Froide et a engendré la violence la plus sanglante en Europe depuis les conflits balkaniques des années 1990.

L’accord a été conclu après que l’Europe a négocié le payement de plus de 3 milliards de dollars d’arriérés de factures à Gazprom, le géant de l’énergie contrôlé par le Kremlin – et après que les deux côtés se sont inclinés devant les réalités financières.

« Ce que j’entends, c’est : ‘OK, si c’est pour amener du gaz a Kiev, nous sommes prêts à certains arrangements temporaires’ et le mot-clef des deux côtés semble être ‘temporaire’ » a dit Thane Gustafson, professeur en Science politique à l’université de Georgetown, dans une interview recueillie le 31 octobre à l’université d’Ottawa où il était venu assister à une importante conférence académique sur l’Ukraine.

La Russie fait présentement face à quantité de problèmes économiques, provenant du double pétrin financier des prix abaissés du pétrole et des sanctions économiques de l’Ouest. L’Ukraine, en dépit d’efforts frénétiques, n’est pas parvenue à rassembler suffisamment d’approvisionnements alternatifs pour couvrir ses besoins en gaz pour l’hiver. 

Il semble en outre que chaque côté ait été poussé de force vers un accord temporaire par l’Union européenne, laquelle avait pris ses propres mesures de précaution au cas ou la dispute se serait aggravée et ou l’approvisionnement russe aurait été coupé. La Russie avait en effet fermé les vannes au cours de disputes précédentes en 2006 et 2009, laissant certains foyers d’Europe dans le froid et forçant le rationnement des entreprises.

Après que la Russie a coupé son approvisionnement vers l’Ukraine en juin et exigé un pré-payement pour toute livraison future, les dirigeants européens ont constitué des réserves de gaz.

La réaction à Kiev et Moscou a renforcé le sentiment que cet accord ne revient finalement qu’à un répit dans la guerre du gaz, laquelle ne s’achèvera pas tant que les deux pays ne trouveront pas un arrangement politique au sujet de l’Ukraine de l’est.

Dans une interview 26 octobre, avant la conclusion de l’accord, le premier ministre de l’Ukraine, Arseni P. Iatseniouk, loin d’être un ami du Kremlin, a déclaré qu’il s’attendait à ce que les Russes pour finir coupent ou réduisent leurs livraisons de gaz après avoir eu leur argent.

« Mon sentiment est que la Russie répétera encore le même scenario de toujours, pour obtenir du liquide de l’Ukraine, et ensuite dira ‘vous savez, quelque chose a changé, et nous ne sommes pas prêts à fournir du gaz’ », a dit Iatseniouk.

Dans une déclaration après l’accord du 23 octobre, il a accusé la Russie de tentative de chantage sur l’Europe pour la faire abandonner un plan prévoyant que le gaz russe pourrait être acheminé en sens inverse, de la Slovaquie vers l’Ukraine, en cas de coupure.

Soulignant l’acrimonie de la situation politique globale, des officiels russes ont déclaré que non seulement on ne pouvait pas faire confiance a l’Ukraine pour payer ses dettes, mais qu’en fait, on pouvait s’attendre à ce que l’Ukraine vole une partie de l’approvisionnement russe vers l’Europe.

« C’est une énorme concession et une intention, d’abord et avant tout, de parvenir à un accord avec l’Union européenne et en partie de ne pas la laisser geler complètement » a déclaré à l’agence de presse RIA Novosti, Ivan Grachyov, président du comité énergie de la chambre basse du parlement russe. « Je pense que la Russie et l’UE ont compris que l’Ukraine siphonnerait le gaz illégalement de toute façon. Quoi qu’ils en disent, quand l’hiver les mettra aux abois, ils démarreront le siphonage sans autorisation. Cela, bien sûr, soulève des problèmes entre la Russie et l’Europe. »

Alexeï Miller, le directeur général de Gazprom, a dit que l’arrivée de l’hiver avait apparemment forcé le côté ukrainien à conclure l’accord du 23 octobre. Dans des interviews à la télévision russe, il a également noté que Gazprom n’avait pas donné son accord pour octroyer des crédits supplémentaires ou pour prendre de nouveaux risques par rapport à la situation financière de l’Ukraine, qui va en se dégradant.

« Le fait que l’accord a été signé maintenant, à la fin du mois d’octobre, au début de la saison automnale et hivernale, n’est pas une coïncidence », a dit Miller.

« Évidemment, cela a été influencé par le fait qu’il fait froid en Ukraine, qu’on a besoin de chauffage dans les maisons, la consommation de gaz est croissante ». L’accord requiert que l’Ukraine procède au payement d’un montant total de 3,1 milliards de dollars d’arriérés de factures de gaz avant la fin de cette année, en utilisant pour cela l’argent qu’elle a emprunté au Fond monétaire international. Elle sera ensuite en mesure d’acheter pour 1,5 milliards de dollars de plus à des prix négociés pour le restant de l’hiver, usant aussi largement de crédits de l’Ouest.

Cet accord a mis l’Union européenne dans une position inhabituelle de soutien vis-à-vis des efforts ukrainiens pour payer des milliards de dollars de dettes à Gazprom, et ce a peine quelques semaines après avoir imposé des sanctions économiques afin de faire pression sur la Russie pour qu’elle amende sa politique en Ukraine, y compris concernant son annexion de la Crimée en mars dernier.

Traduction : Alexandra Béliaeff

Produisez de l’eau potable pendant que vous pédalez !

Fontus, du nom romain du dieu des sources et des courants, est un projet développé par un designer industriel autrichien visant à collecter l’eau contenue dans l’air.

Le système imaginé consiste en un étui dissimulant des mini panneaux électriques. L’air ambiant pénètre dans Fontus à l’intérieur duquel il est refroidi, ce qui permet ensuite d’en prélever les particules d’eau. Les gouttelettes s’écoulent alors jusqu’au goulot d’une bouteille fixée en amont. Accroché sur un vélo, le système permettrait de produire 0.5L d’eau en 1 heure, dans des conditions optimales d’utilisation. D’après son concepteur, le prototype peut stocker 1 goutte d’eau par minute pour un air ambiant avec un taux d’humidité de 50% et une température supérieure à 20°C. Un filtre à l’entrée du système bloque les impuretés et autres poussières. En revanche, pour l’instant rien ne vient filtrer les polluants atmosphériques.

Fontus est initialement prévu pour être utilisé sur un vélo, la captation de l’eau se faisant pendant que l’utilisateur pédale. Mais un tel système pourrait avoir d’autres débouchés, humanitaires notamment. Ce système de captation de l’eau coûte entre 20 et 30€ mais son inventeur travaille à le faire baisser.

Le système de récupération de l’eau contenue dans l’atmosphère est connu depuis longtemps. Toutefois, son faible rendement n’a pas permis à ce procédé de se développer. Cela n’empêche pas certains projets concrets d’émerger depuis quelques années. Récemment nous vous présentions la Namib Beetle Desert, cette bouteille capable elle aussi de capter l’eau de l’air avec une production allant de 0.5L à 3L par heure, mieux que le Fontus. Mais comme lui, la NBD Nano n’est pas commercialisé et reste à l’état de projet. Pourtant, l’essor de ces solutions pourrait aider à pallier le manque d’eau potable dont souffrent certaines populations.

Par Audrey Loubens

Best of des IG Nobels… de médecine

La cérémonie des Ig Nobel vient chaque année bousculer avec beaucoup d’humour la très conventionnelle et poussiéreuse saison des Nobel, en mettant sur le devant de la scène les découvertes scientifiques les plus absurdes, les plus décalées, voire les plus nuisibles d’entre elles. La cuvée 2014 – dont nous vous avons parlé ici – fut un excellent cru, et nous encourage à nous replonger dans vingt-quatre années de prix parodiques, et ce de manière très exhaustive tant les palmarès regorgent de pépites hilarantes.

Mettez les pieds sous la table, nous avons compilé pour vous la crème de la crème des Ig Nobel, classés par catégories. Pour commencer, gros plan sur les IG Nobel… de médecine !

  • 1992 : le prix vint récompenser les chercheurs japonais F. Kanda, E. Yagi, M. Fukuda, K. Nakajima, T. Ohta et O. Nakata pour leur étude absolument indispensable sur l’ « élucidation des composés chimiques responsables des pieds malodorants ». Les travaux auraient été très remarqués, notamment pour leur conclusion, limpide : « les personnes qui pensent sentir des pieds sentiraient effectivement des pieds, alors que celles qui pensent ne pas sentir des pieds ne sentiraient pas des pieds »…

 

  • 1993 : l’Ig Nobel de médecine a été décerné à James F. Nolan, Thomas J. Stillwell, et John P. Sands, Jr., tous trois médecins, pour leur mémoire de recherche intitulé « Gestion correcte d’un pénis coincé dans une fermeture Éclair ».

 

  • 1996 : la récompense de cette année est quelque peu particulière, puisqu’elle vient faire écho aux auditions très médiatiques de quelques cadors de l’industrie du tabac (James Johnston de RJ Reynolds Tobacco Company, Joseph Taddeo de US Tobacco, Andrew Tisch de Lorillard, William Campbell de Philipp Morris, Edward A. Horrigan de Liggett Group, Donald S. Johnston de American Tobacco Company et Thomas E. Sandefur, Jr., président de Brown et Williamson Tobacco Company) à Washington, en 1994. Le prix leur revient de plein droit pour avoir soutenu sans sourciller devant le Congrès des États-Unis que la nicotine ne crée pas de dépendance.

 

  • 1999 : l’Ig Nobel de l’hygiène a été remis aux Américains George et Charlotte Blonsky, de New York et San Jose, Californie, pour avoir conçu un étonnant système permettant selon eux d’assister les femmes dans l’accouchement. Le principe est simple : on ligote une femme enceinte sur une table circulaire, que l’on fait tourner à grande vitesse. Cet objet de torture a été breveté par ses inventeurs dans les années 1960, mais il reste peu probable qu’il ait pu être utilisé.

Images tirées du brevet, copyright George et Charlotte Blonsky

 

  • 2002 : c’est au tour du Britannique Chris McManus de recevoir l’Ig Nobel de médecine, pour son étude de « l’asymétrie du scrotum chez l’homme dans les statues anciennes ». En observant l’asymétrie scrotale sur pas moins de 107 statues antiques ou datant de la Renaissance, Chris McManus a pu établir que la tendance visant à placer le testicule droit plus haut que le gauche était correcte (comme l’attestait déjà le fondateur de l’histoire de l’art, Johann Joachim Winckelmann), mais que les artistes avaient tort de matérialiser un testicule gauche plus gros.

De son côté, l’Espagnol Eduardo Segura a reçu l’Ig Nobel de l’hygiène, cette même année, pour avoir inventé « Lavakan de Aste », une machine à laver destinée aux chiens et aux chats. Animaux extrêmement apeurés au rendez-vous.

 

  • 2004 : les Américains Steven Stack et James Gundlach ont reçu l’Ig Nobel pour avoir publier un rapport détaillé sur « L’effet de la musique country sur le suicide », établissant notamment un lien fort entre la musique country et le taux de suicides chez les hommes blancs vivant dans des métropoles.

 

  • 2005 : le prix parodique fur décerné à Gregg A. Miller, originaire d’Oak Grove, dans le Missouri, pour avoir conçu des prothèses de testicules pour nos pauvres animaux domestiques castrés. D’abord pensées pour les chiens, les « Neuticles » devraient pouvoir redonner un peu de fierté à n’importe quel animal blessé au plus profond de sa virilité. Ces substituts de puissance sont disponibles en trois tailles, avec également trois niveaux différents de fermeté – ce qui ne gâche rien.

Crédit Photo : Gregg A. Miller/Neuticles.com

 

  • 2006 : l’Ig Nobel de médecine vint récompenser Francis M. Fesmire, de l’université du Tennessee, pour son rapport d’étude clinique sur le soulagement du hoquet récalcitrant grâce à un délicat massage rectal digital. Également distingués par l’Ig Nobel, Majed Odeh, Harry Bassan et Arie Oliven, du centre médical Bnai Zion, à Haïfa, Israël, pour avoir traité exactement le même sujet… un an et demi plus tard.

 

  • 2008 : le prix fut décerné à Dan Ariely, chercheur à l’université Duke, à Rebecca Waber du MIT, à Baba Shiv de l’université Stanford, ainsi qu’à Ziv Carmon de l’INSEAD de Singapour, pour avoir démontré l’incidence du prix d’un placebo sur son efficacité. Selon les résultats de leurs travaux, plus un placebo est cher, plus il serait efficace.

 

  • 2011 : Mirjam Tuk, Debra Trampe et Luk Warlop, ainsi que Matthew Lewis, Peter Snyder, Robert Feldman, Robert Pietrzak, David Darby et Paul Maruff remportent le prix en 2011 pour avoir réussi à démontrer que l’on peut prendre, dans certains cas, de meilleures décisions lorsqu’on a un besoin urgent d’uriner, mais que l’on peut tout de même prendre de moins bonnes décisions dans d’autres cas.

 

  • 2012 : le prix a été remis cette année aux Français Emmanuel Ben-Soussan et Michel Antonietti, pour avoir expliqué de manière didactique au corps médical comment minimiser le risque d’explosion d’un patient suite à une coloscopie, notamment en procédant à un nettoyage et à une préparation adéquats de l’intestin, afin d’éviter l’accumulation de gaz jusqu’à une concentration explosive.

Diagramme des 20 cas d’explosions de colon. Copyright Ben Soussan/Antonietti

 

  • A venir : le best of des IG Nobels… de chimie

Par Rahman Moonzur

Grenoble, bientôt libérée de la publicité ?

Des arbres en lieu et place de pub ? Un vent de renouveau flotte dans l’air grenoblois depuis l’annonce choc de son maire Eric Piolle. Son souhait de bouter la publicité hors de Grenoble a fait tousser bon nombre de publicitaires, encore étourdis du culot de l’écologiste. Tandis que les citoyens grenoblois imaginent déjà un monde sans pub, aux allées bordées de verdure et non de slogans. Mais qu’en est-il vraiment ? Une ville du gabarit de Grenoble, où vivent plus de 150 000 habitants peut-elle sérieusement se passer de publicité  et des rentrées d’argent qui vont avec ? Sans compter le financement de certains équipements comme les abribus. Mais on n’en est pas encore là. 

La décision de l’équipe municipale profite en fait de l’arrivée à son terme d’un contrat passé avec JCDecaux, géant du monde de la publicité.  Le maire y voit l’occasion de lutter contre la pollution visuelle et les panneaux publicitaires de grande taille jugés trop agressifs.  « La municipalité fait le choix de libérer l’espace public grenoblois de la publicité en développant les espaces d’expression publique et ne lance pas de nouvel appel d’offre pour de l’affichage publicitaire. » indique le communiqué de presse publié par la mairie. Eric Piolle avait fait cette promesse lors de sa campagne. Adieu donc à 227 panneaux appelés « sucettes », ceux qui font moins de 2 mètre de hauteur, 20 colonnes et surtout 64 grands panneaux de 8m². Ce sont donc 326 panneaux d’affichages en tout qui vont être retirés d’ici mai 2015, et non la totalité des espaces publicitaires. D’ailleurs, les publicités dans les transports publics restent en place ainsi que les abribus,  le contrat les concernant se terminant en 2019. 

Toutefois, cette démarche est une grande première et servira de test. Les espaces libérés correspondent  à 2051 m² de surface publicitaires qui rapportaient chaque année 600 000€ à la ville. Une perte de recettes minimisée par l’équipe en place qui estime ne renoncer en fait qu’à 150 000€ : « En raison de l’effondrement des recettes publicitaires traditionnelles, avec la concurrence notamment d’Internet, la redevance à laquelle on pouvait s’attendre, en cas de nouveau contrat, n’était que de 150 000 euros et non plus de 600 000 euros comme c’était le cas entre 2004 et 2014. » précise le dossier de presse.

A la place des panneaux publicitaires, la ville a décidé de planter des arbres dont une cinquantaine avant le printemps prochain. Certains espaces libérés seront quand à eux utilisés pour de l’affichage de plus petite taille, principalement à destination des piétons, pour relayer des informations de la vie publique comme les évènements organisés par les écoles, associations… de la pub pour la ville en somme !

Par Audrey Loubens

Rénover le dépistage du mélanome cutané avec « Gigapixel »

Parmi les différentes formes de cancer de la peau – les sarcomes, les mélanomes et autres carcinomes – le mélanome cutané est celui présentant le taux de mortalité le plus élevé. Pourtant, s’il est dépisté suffisamment tôt, le mélanome est presque toujours guérissable. Une équipe de chercheurs américains a mis au point un nouvel outil photographique capable de fournir des images à très haute résolution de la peau d’un patient, afin d’aider les médecins dans leur travail de dépistage, et peut-être ainsi permettre d’inverser la courbe du nombre de décès en France et dans le monde, en constante augmentation.

Le mélanome cutané en quelques chiffres

Les chiffres ont de quoi faire frémir : avec 1620 décès pour 9780 nouveaux cas répertoriés dans l’hexagone en 2011, et 1672 décès pour 11 176 nouveaux en 2012, le mélanome cutané est un véritable problème de santé publique. Sa progression est effarante, le nombre de cas ayant plus que triplé ces trente dernières années – l’incidence en France est même passée de 2,5 à 10,8 pour 100 000 hommes entre 1980 et 2012, et de 4 à 11 pour 100 000 femmes sur la même période.
Aux États-Unis, le mélanome est le cinquième type de cancer le plus répandu, mais c’est également le cancer de la peau présentant la mortalité la plus élevée, totalisant à lui tout seul plus de 75 % des cas de décès dus à un cancer de la peau.

Derrière « Gigapixel », l’université Duke… et la DARPA

Développé par une équipe de chercheurs de l’université américaine de Duke, en Caroline du Nord, le « Gigapixel » est un appareil à la trajectoire étonnante. Conçu sous la houlette de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), agence affiliée au Département de la Défense américain, et chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à des fins militaires, le « Gigapixel » devait venir grossir les rangs des outils mis à la disposition de l’armée américaine. Il n’en est pourtant rien : le dispositif devrait pouvoir aider à dépister plus tôt certains cancers de la peau, et ainsi sauver des vies, en fournissant une image exploitable en haute définition de la peau d’un patient.

Un objectif pour 34 micro-caméras disposées en dôme

Au premier abord, l’appareil semble n’être pourvu que d’un gros objectif tout simple, encastré dans un imposant caisson métallique. Mais l’objectif cache bien son jeu, puisqu’il dissimule sous son capot l’équivalent de trente-quatre petites caméras, dont la disposition pourrait rappeler un télescope et ses oculaires. L’agencement de ces 34 micro-caméras ne doit rien au hasard : l’organisation en dôme vient corriger les imperfections et les irrégularités dues à l’objectif, tout en fournissant une image continue du sujet photographié. Le temps d’exposition et la mise au point de chaque mini-caméra peuvent se régler de manière indépendante, et un ordinateur réalise un examen préliminaire des images afin de déterminer si certaines zones pourraient nécessiter une plus grande attention de la part d’un spécialiste.
« L’appareil est conçu pour débusquer des lésions qui pourraient être indicatrices d’un cancer de la peau, ces lésions pouvant se trouver à un stade moins avancé que celles dépistées par les techniques actuelles d’examen », explique Daniel Marks, l’un des co-responsables du projet. « Normalement, un dermatologue examine soit une une petite région de la peau avec force détails, ou une plus grande région avec des images basse résolution », continue-t-il. Ici, « Gigapixel » devrait offrir bien plus qu’un simple compromis.

Encourager la télémédecine avec une alternative à la dermatoscopie digitale

Bien que l’utilisation de la photographie d’un corps entier pour différencier les mélanomes des lésions dites stables ne présente pas en soi une nouveauté, l’approche est généralement limitée par la résolution de la caméra utilisée. Un simple grand angle est insuffisant pour ensuite permettre au dermatologue de zoomer là où il le désire. Le spécialiste se replie donc souvent sur la dermatoscopie digitale, une technique qui va révéler – sur une très petite zone de peau – les microstructures et les couleurs invisibles à l’œil nu. Bien que la résolution de Gigapixel soit inférieure à celle du meilleur dermatoscope, elle reste bien supérieure à celle d’un appareil standard ; autre avantage, cet appareil encourage la pratique de la télémédecine, le spécialiste n’ayant pas nécessairement besoin d’être présent pour établir un diagnostic.

Par Moonzur Rahman

Facebook prépare son propre site réservé aux relations professionnelles

Cela s’appellerait « Facebook at work ». Le nouveau réseau social sur lequel travailleraient les équipes de Facebook s’adresse uniquement aux professionnels. L’objectif est de leur procurer un outil leur permettant de discuter entre eux et de travailler collectivement sur des documents. Une sorte d’intranet mais à la sauce Facebook, avec un affichage similaire présentant un fil d’actualités. Cette version doit aussi permettre de développer son réseau et d’interagir avec d’autres professionnels. De quoi rentrer en concurrence directe avec LinkedIn dont c’est le cœur de métier. Mais fort de ses 1.35 milliards d’utilisateurs actifs mensuels, Facebook n’a pas peur de la compétition. D’autant que ce copié/collé de Facebook en mode « Pro » permettrait de maintenir une activité tout au long de la journée, ce qui n’est pas le cas puisque de nombreux salariés ne peuvent accéder à Facebook sur leur lieu de travail, le réseau social étant souvent bloqué pour éviter que les travailleurs ne perdent trop de temps à liker telle ou telle actu. Une baisse d’activité qui pourrait être efficacement compensée par Facebook at work.

Toutefois, le créateur de Facebook Mark Zuckerberg n’a pas encore confirmé ce projet dont le secret a été éventé par nos confrères du Financial Times. Pourtant, d’après les journalistes, Facebook at work serait fonctionnel. Pour preuves, les employés de Facebook l’utiliseraient déjà en interne.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

L’empreinte carbone des Français peut être réduite sensiblement d’ici à 2030 (étude)

Ce résultat correspond à l’émission d’environ sept tonnes de gaz à effet de serre par personne et par an en 2030, précise l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) dans une étude consacrée aux moyens d' »alléger l’empreinte environnementale de la consommation des Français en 2030″.

Selon l’agence, l’empreinte carbone (émission de CO2) liée à notre consommation peut être sensiblement allégée dans « les deux secteurs les plus impactants, le bâtiment et la mobilité, avec une baisse supérieure à 35% en 2030 (par rapport à 2007) pour le premier et supérieure à 25% pour le second ».

L’Ademe constate que « les dépenses des ménages français ont connu une hausse sans précédent depuis plus de cinquante ans » et que « ce niveau élevé de consommation » s’accompagne d’une augmentation de notre empreinte environnementale (énergie, carbone, eau, consommation de ressources, recul de la biodiversité…).

Pour l’alléger, il faut « faire évoluer notre système de +production-consommation+ et changer nos habitudes et routines de citoyens-consommateurs », souligne-t-elle.

Concrètement, elle recommande notamment d' »améliorer le confort et l’efficacité thermique » des logements, de réduire la part des maisons individuelles dans les constructions neuves au profit du petit collectif (50/50 en 2030 contre 58/42 aujourd’hui).

En matière de mobilité, l’Ademe préconise de développer l’usage des transports en commun pour qu’ils représentent 28% des déplacements en 2030 contre 21% actuellement, mais aussi d’encourager le vélo, la marche, l’autopartage et le covoiturage. Elle suggère en 2030 « une part de marché pour les véhicules neufs de 10% de véhicules électriques et 22% d’hybrides rechargeables ».

L’agence appelle à « réduire drastiquement le gaspillage alimentaire, à chaque étape de la chaîne alimentaire, en visant une baisse de 60% de 2007 à 2030 ».

Elle recommande aussi d’allonger la durée de vie des équipements électriques et électroniques tout en améliorant leur efficacité énergétique. Dans le cadre d’une « économie circulaire », il faudrait développer « des filières de récupération et de valorisation » de ces équipements, souligne-t-elle.

Globalement, il s’agit de « passer d’une société de la quantité à une société de la qualité », au moment où « le souhait de changer la société en profondeur n’a jamais été aussi fort qu’aujourd’hui » et où « de nouveaux modes de consommation prometteurs émergent ».

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La première piste cyclable solaire testée aux Pays-Bas

Connus pour être adeptes du vélo, les Hollandais vont désormais pouvoir tester leurs deux-roues sur une piste d’un nouveau genre, une chaussée solaire. La  SolaRoad située au nord d‘Amsterdam a été inaugurée le 12 novembre. Il s’agit en réalité d’un tronçon de route et non une route entière, mais les 70 m recouverts de panneaux solaires vont permettre de confronter le concept à la réalité. Ce sont donc des éléments rectangulaires de 2,5 m sur 3,5 m de béton recouverts de capteurs photovoltaïques qui vont produire de l’énergie.  D’après le porte parole du projet Jannemieke van Dieren, le rendement obtenu sur 16 jours de fonctionnement correspond à 140 kWh. Cette électricité est injectée dans le réseau électrique public mais pourrait très bien servir à alimenter les éclairages publics ou recharger les batteries des véhicules électriques.

Au cours des prochains mois, les ingénieurs du projet vont tout particulièrement s’intéresser à la durée de vie des panneaux solaires. Avec une fréquentation de 2000 vélos par jours, la route va être fortement sollicitée. La piste cyclable est recouverte de verre trempée et d’anti-dérapant, mais rien n’est prévu pour la protéger de l’accumulation de poussières et autres débris susceptibles d’altérer le fonctionnement des capteurs solaires en cachant les rayons du soleil.

Le projet a coûté près de 3 millions d’euros. Si le test est concluant, d’autres pistes solaires pourraient bien fleurir aux Pays-Bas.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Revue du web #70 : les vidéos les plus étonnantes de novembre 2014

Cette semaine dans la revue du Web :

  • Découper du marbre ? Un jeu d’enfant !
  • Faire tomber une boule de bowling et une plume dans une chambre à vide ;
  • Un fluide non-newtonien sur une baffle, en slow-motion ;
  • Course de drones : crash session ;
  • Le gadget (inutile ?) de la semaine : une machine de Goldberg lumineuse ;
  • Bonus : une sublime aurore boréale en Norvège.

Découper du marbre ? Un jeu d’enfant !

Rentrer dans du marbre comme si c’était du beurre ? Pour débuter cette soixante-dixième Revue du Web, penchons-nous sur le travail de Lucas Ter Hall et de Jelle Feringa, deux jeunes Hollandais derrière « Carrara Robotics », un projet soumis lors du Rob|Arch 2014, la conférence internationale sur la fabrication robotique dans l’architecture, l’art et le design. De la même manière que pour l’acier ou pour n’importe quel autre matériau fragile et/ou très dur, les scies à fil ou à ruban diamanté se jouent du marbre comme s’il était prédécoupé.

La procédure est très simple : il suffit de modéliser au préalable les formes et les courbes souhaitées pour que le logiciel de guidage de la scie fasse le reste. Idéale pour réaliser une découpe millimétrée, cette technique permet de laisser libre cours à sa fibre artistique en repoussant un peu plus loin les limites du réalisable.

Faire tomber une boule de bowling et une plume dans une chambre à vide :

Brian Cox possède plusieurs cordes à son arc : physicien britannique travaillant au CERN à Genève, il est également connu pour avoir été clavier du groupe D:Ream dans les années 1990, et est toujours présentateur d’émissions scientifiques pour la BBC Two. C’est cette dernière casquette qui nous intéresse ici, puisqu’on le retrouve au Space Power Facility de la NASA, dans l’Ohio, pour un programme court diffusé sur la chaîne anglaise. Sa présence dans cet État du Nord-Est américain ne doit rien au hasard, puisque s’y trouve la plus grande chambre à vide du monde, une chambre de simulation d’environnement spatial de plus de 30 mètres de diamètre pour une hauteur de 37,2 mètres, soit un volume avoisinant les 23 000 mètres cubes.

L’équipe anglaise va se servir de ce gigantesque terrain de jeu pour comparer la chute d’une boule de bowling avec celle de quelques plumes suspendues, libérées au même instant t, d’abord dans des conditions normales, puis dans le vide « presque » absolu. Notons qu’il faut pas moins de trois heures pour faire le vide dans cette colossale construction d’aluminium et d’acier. On vous laisse admirer la chute, un joli moment de poésie suspendue… Bien que le résultat soit connu à l’avance, on se retrouve le sourire aux lèvres, tout comme ces scientifiques à qui il est donné de voir pour la première fois une chose attendue mais absolument fascinante.

Un fluide non-newtonien sur une baffle, en slow-motion

Le réalisateur anglais Gavin Free et son ami Daniel Gruchy sont monomaniaques. Les deux « Slow-Mo Guys » se sont faits un nom sur la toile en se lançant dans toutes sortes d’expériences (impliquant souvent des destructions en tout genre) qu’ils ont pris la très bonne habitude de filmer, juste pour le plaisir de décomposer la scène au ralenti. Pour ce faire, rien de tel qu’une « Phantom Flex », l’incontournable caméra numérique très haute définition capable de filmer jusqu’à 18 000 images par seconde.

Les deux compères rigolards s’attaquent cette fois-ci à un morceau de choix, en filmant le comportement d’un fluide non-newtonien sur une baffle. La viscosité de ce type de fluide, variable, change notamment en fonction de la vitesse et des contraintes qui leur sont appliquées. Par exemple, un fluide non-newtonien aura tendance à se solidifier si on lui applique une pression suffisamment élevée. Il devient alors possible de « marcher sur l’eau », tel un Christ de pacotille, si l’on remplace l’eau par ce blob d’apparence visqueuse. Ici, les contraintes exercées par les ondes acoustiques du haut parleur sur le fluide entraînent ce dernier dans une danse suave et organique, magnifiée par la beauté étrange du ralenti. A voir !

Course de drones : crash session

Les courses de Pod Racers à la sauce « Guerre des Étoiles », ça vous rappelle quelque chose ? Nous vous présentions dans la précédente Revue du Web l’association « Airgonay », de sympathiques pilotes de drones amateurs laissant libre cours à leur passion dans une forêt de la petite commune de Haute-Savoie, un cadre idéal pour pouvoir en découdre en bonne intelligence. On pouvait alors entrevoir le calme olympien de ces talentueux pilotes du dimanche, un contraste saisissant avec la nervosité de ces drôles de petits bolides, capables d’effacer sans douleur les très nombreux obstacles jalonnant le parcours boisé. Les pilotes sont assistés par une caméra embarquée et par un dispositif vidéo… offrant un rendu génial assez proche d’un jeu en FPV (« First Person View », ou vol en immersion).

Conscients que la première vidéo de leur rassemblement aurait pu laisser croire que des courses de ce type pourrait se faire sans aucun raté, les dronistes ont publié une autre vidéo baptisée « crash session », dont le titre a le mérite d’annoncer la couleur. S’y succèdent anicroches en tous genres et arrêts au stand, rappelant si besoin que ces petits bolides sont particulièrement coriaces et que piloter l’un d’entre eux n’est pas une mince affaire.

 

Le gadget (inutile ?) de la semaine : une machine de Goldberg lumineuse

Notre gadget (inutile?) de la semaine vient réinventer la désormais classique machine de Goldberg… Les Japonais de « au Hikari », un fournisseur d’accès à internet via fibre optique, se sont fendus d’un petit clip publicitaire viral baptisé « The power of Optics », venant dépoussiérer l’œuvre de Rube Goldberg avec force loupes, miroirs et autres dispositifs optiques. On y suit le cheminement héroïque d’un seul et unique rayon lumineux à travers de multiples obstacles, un rayon qui se débarrasse tour à tour de quelques ficelles, d’un ballon ou allant jusqu’à faire fondre un peu de glace. Un plaisir pour les yeux !

Ce type d’installation s’inspire, on le rappelle, de l’œuvre prolifique et inventive de Rube Goldberg, un dessinateur et artiste américain mort en 1970, dont les installations avaient pour leitmotiv la transformation d’une tâche excessivement simple en une série de petites tâches complexes, impliquant la plupart du temps une réaction en chaîne. Chaque élément de la machine vient se frotter d’une manière ou d’une autre à l’élément suivant, remplissant humblement sa fonction, jusqu’à déclencher de fil en aiguille l’action finale, le but initial de la machine de Rube Goldberg.

Bonus : une sublime aurore boréale en Norvège

Pour conclure notre soixante-dixième Revue du Web, allons faire un petit tour dans l’une des contrées les plus septentrionales de notre planète. Située au nord du cercle polaire arctique, la ville norvégienne de Tromsø est connue pour être l’une des très nombreuses « Paris du nord » – oui, l’expression est quelque peu galvaudée. Mais pas seulement : sa position géographique extrême en fait un point d’observation privilégié pour les plus grosses aurores boréales.

La preuve ? Filmées le 18 octobre dernier, ces images montrent une aurore boréale d’une rare intensité, dont les ondulations et les teintes successives offrent un spectacle absolument fascinant.

Par Moonzur Rahman

Deux nouvelles particules découvertes au Cern

L’existence de ces particules baptisées Xi_b’- et Xi_b*- est prédite par la théorie, mais jusqu’à présent, elles n’avaient jamais pu être observées.

Ces nouvelles particules sont des baryons, famille dont les membres les plus célèbres sont le proton et le neutron.

Les baryons sont constitués de trois quarks, des constituants élémentaires liés entre eux par ce qu’on appelle « la force forte ».

L’existence de ces deux nouvelles particules a été mise en évidence grâce à des expériences menées en 2011 et 2012 sur le grand accélérateur de particules LHC, situé à la frontière entre la Suisse et la France.

L’étude a été menée notamment par Matthew Charles, du Laboratoire de physique nucléaire (CNRS/UPMC/Université Paris Diderot), en collaboration avec un chercheur américain.

La mesure des propriétés des deux nouvelles particules « contribue à une meilleure connaissance de la théorie d’interaction forte dans le cadre du Modèle standard de la physique des particules », souligne le CNRS français (Centre national de la recherche scientifique) dans un communiqué.

Les interactions fortes sont responsables de la cohésion de la matière nucléaire.

Pendant longtemps, la description théorique de ces interactions a présenté un défi pour les physiciens.

Puis, un progrès décisif a été accompli lorsqu’on a compris qu’elles sont toutes liées à un principe géométrique. Autour de 1970, est né le schéma théorique du Modèle standard, qui décrit les particules fondamentales de la matière, la manière dont elles interagissent et les forces qui s’exercent entre elles.

Une particule de la même famille, Xi_b*0, avait déjà été observée en 2012 grâce au grand collisionneur LHC, le plus grand du monde.

C’est lui également qui a permis de découvrir le célèbre Boson de Higgs, considéré par les physiciens comme la clef de voûte de la structure fondamentale de la matière, la particule élémentaire qui donne leur masse à nombre d’autres, selon la théorie du Modèle standard.

Le LHC se trouve actuellement en phase de préparation, après un long arrêt, en vue d’un fonctionnement à des énergies plus élevées et avec des faisceaux plus intenses. Son redémarrage est prévu au printemps 2015.

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Un pulsar remettrait en cause la limite d’Eddington

Il a fallu combiner trois télescopes pour le déceler – dont le Nuclear Spectroscopic Telescope Array (NuStar) – dans la galaxie que l’on surnomme la galaxie du Cigare. Il faut dire que sa découverte n’était pas préméditée. C’est en étudiant une supernova dans un voisinage « proche » que Fiona Harrison et l’équipe de chercheurs ont découvert cette source extrêmement lumineuse. 

C’est d’ailleurs la caractéristique qui a frappé les scientifiques. L’astre dégage une énergie incroyable et a immédiatement été considéré comme une source x ultralumineuse (ULX). À tel point qu’ils l’ont tout d’abord pris pour un trou noir, l’hypothèse la plus courante dans ce genre de cas. Sauf que l’objet émet un rayonnement périodique, toutes les 1,37 secondes.

Les chercheurs l’ont donc placé dans la catégorie des pulsars, qui se trouvent être par définition des « étoiles à neutrons en rotation rapide ». Plus précisément, ce sont les résidus compacts agglomérés, issus de l’explosion d’une étoile massive; ce phénomène est appelé supernova à effondrement de coeur. 

Ce qui est fascinant, c’est que jamais auparavant, un pulsar de cette taille n’avait montré un tel condensé d’énergie. Il brillerait 100 fois plus que les pulsars déjà répertoriés. L’étoile à neutrons défie même la limite théorique dite  « limite d’Eddington » qui fixe le rapport masse / luminosité d’une étoile. « C’est la plus extrême violation de cette limite que nous ayons jamais vue », a déclaré Dom Walton, co-auteur avec Fiona Harrison de l’étude parue sur la revue Nature.

Les scientifiques n’ayant pas encore d’explication à ce phénomène, voilà un nouveau sujet qui devrait les maintenir en haleine et peut-être apporter davantage de connaissance sur certains mystères de l’Univers.

Par Sébastien Tribot

Pyrénées: pas un seul facteur de surmortalité des abeilles (expertise)

Les services de l’Etat ont « conduit leurs investigations chez 52 apiculteurs, parmi les 58 ayant déclaré des pertes de cheptel (dans les Pyrénées orientales et l’Ariège, ndlr), et dans 25 élevages à proximité des ruchers touchés », indique la préfecture des Pyrénées orientales, dans un communiqué publié à Perpignan.

Les apiculteurs soulevaient l’hypothèse d’une exposition des colonies aux substances chimiques utilisées en élevage.

Mais « les résultats d’analyses ne permettent pas, en l’état, de conclure à une origine commune et unifactorielle pour l’ensemble des départements touchés », a fait savoir la préfecture, citant des experts scientifiques apicoles.

Selon la responsable de la Direction départementale de la protection de la population, Chantal Berton, jointe par l’AFP, « cette enquête a permis de mettre en évidence, à l’état de traces, la présence d’agents pathogènes et de substances chimiques connues pour des usages divers: utilisation phytosanitaire, usage sanitaire et biocide en élevage, usage apicole ».

Jean-Philippe Antoine, porte-parole du Collectif des apiculteurs sinistrés des Pyrénées-Orientales, s’est félicité que les experts aient « enfin reconnu la présence de pesticides » dans les ruches. « Or nous apiculteurs, nous n’utilisons pas de pesticides, à la différence des éleveurs », a-t-il déclaré.

Les produits chimiques utilisés par les apiculteurs, eux, « n’ont jamais tué les abeilles », a-t-il assuré.

Le porte-parole a cependant regretté que les experts « noient le poisson en essayant de minimiser » l’impact des pesticides. « Ils sont sous l’emprise du lobby phytochimique », a-t-il accusé.

« Ca ne s’arrêtera pas là », a ajouté le porte-parole, regrettant qu' »aucune aide financière supplémentaire » n’ait été proposée, tandis que les apiculteurs des Pyrénées-Orientales seules ont chiffré à « un million d’euros » le budget nécessaire pour relancer localement la filière.

M. Antoine s’est malgré tout félicité de l’annonce par les experts de la mise en place d’un protocole de surveillance spécifique afin de poursuivre les études.

Cette surveillance, menée sur des ruchers-tests, devrait être réalisée dans des zones ciblées, dans les Pyrénées et les Alpes, dès cet hiver et sur deux saisons.

« Plus de 5.000 ruches ont été déclarées comme mortes » au cours de l’hiver dans les Pyrénées orientales et l’Ariège, selon M. Antoine.

La surmortalité des abeilles touche l’ensemble de la France et l’Europe, relançant le débat sur l’usage des pesticides. En 2013, Bruxelles a interdit pour deux ans l’usage de trois d’entre eux jugés en partie responsables de cette situation.

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Présentation d’Ariane Mizrahi – Journée professionnelle Techniques de l’Ingénieur du 6 novembre 2014

Revivez l’intégralité la présentation du 06/11/14 d’Ariane Mizrahi, directrice éditoriale de Techniques de l’Ingénieur, concernant les évolutions récentes et à venir de l’offre éditoriale de Techniques de l’Ingénieur.

Au programme :

1/Les ressources documentaires de Techniques de l’Ingénieur

2/ Les acteurs de la production éditoriale chez Techniques de l’Ingénieur

3/ Le processus éditorial chez Techniques de l’Ingénieur

4/ Nouveautés éditoriales 2012-2014 chez Techniques de l’Ingénieur

5/ A venir chez Techniques de l’Ingénieur d’ici 2017

6/ Questions/réponses à propos de l’offre éditoriale de Techniques de l’Ingénieur

Comment surfer sur le web incognito

Surfer sur le web de façon anonyme, c’est possible. Et même souhaitable, face aux sites web qui collectent de plus en plus de données sur les internautes, via des cookies publicitaires, les historiques de navigation et les adresses IP. Il existe plusieurs outils permettant de masquer son adresse IP, de barrer la route aux cookies, et de surfer sans craindre d’être surveillé.

Tout d’abord, utilisez le mode “navigation privée” de votre navigateur web. La navigation privée vous permet d’aller sur Internet sans enregistrer la moindre information au sujet des sites et des pages que vous avez visités (pages web visitées, formulaires et requêtes de recherche, mots de passe, cookies). Sous Firefox et Chrome, il vous suffit de cliquer sur “fichier”, puis “nouvelle fenêtre de navigation privée”.  

La navigation privée ne vous garantit pas toutefois un anonymat total, puisque votre fournisseur d’accès et les sites web pourront toujours récupérer des traces des pages que vous aurez visitées. D’où l’utilité de passer par un VPN (réseau privé virtuel). Généralement utilisable sous la forme d’un petit logiciel à télécharger, ce réseau vous de chiffrer votre connexion, et de cacher votre adresse IP, en utilisant un serveur proxy (un proxy est un intermédiaire entre l’ordinateur, qui fait une requête, et le site internet) situé à l’étranger. Privilégiez les VPN payants, comme Toonux VPN ou Strong VPN. Et si vous devez vraiment utiliser un VPN gratuit, choisissez Freedom-IP, le plus fiable à l’heure actuelle.

Tor, ou le routage en oignons

Finalement, l’outil le plus efficace reste le réseau décentralisé Tor – il ne s’agit pas à proprement parler d’un VPN, mais plutôt d’une chaîne de serveurs proxys. Contrairement à un VPN, Tor n’est pas centralisé : il n’utilise pas qu’un seul serveur proxy, mais plusieurs. Ce qui ralentit un peu la connexion, comparé à un VPN, mais ce qui renforce davantage la protection de la vie privée.

Ce logiciel, gratuit et plutôt simple d’utilisation, a été conçu par des hackers militants, et défend l’idée d’un Internet libre. Tor n’établit pas une connexion directe entre votre PC et un serveur proxy : il passe par un système de serveurs relais aléatoires. Selon le principe du “routage en oignons”, Tor crée une cascade de connexions sécurisées chiffrées (des “tunnels”), en construisant un circuit au sein duquel chaque nœud a une clef secrète. 

Votre adresse IP est cachée, puisque votre connexion passe par différents relais, qui ne connaissent que l’adresse du relais précédent. Votre IP change toutes les dix minutes, et votre connexion est chiffrée. Le système est tel qu’il est impossible de remonter jusqu’à votre adresse IP, donc jusqu’à vos données. Tor empêchera donc les sites d’enregistrer les pages sur lesquelles vous surfez, et à fortiori, ceux qui tenteraient, pour des raisons malveillantes, de pénétrer dans votre ordinateur via la reconnaissance de votre adresse IP.

Par Fabien Soyez

Des étudiants fabriquent un purificateur d’eau pour moins de 50€

Voilà un projet d’étude utile. Les élèves en génie mécanique de l’université australienne d’Adélaïde ont relevé le défi de fabriquer un dispositif capable de rendre l’eau potable. Ces étudiants ont brillamment réussi puisque le dispositif créé fonctionne parfaitement. Il s’agit d’un tube en verre d’1,50 m placé dans une tranchée tapissée d’emballages de paquets de chips. La réflexion des rayons du soleil sur la face brillante des sachets amplifie le phénomène de désinfection solaire bien connu et reconnu par l’OMS comme une méthode de traitement de l’eau. Comment cela fonctionne ? Les UVA réagissent avec l’oxygène de l’eau pour produire des peroxydes d’hydrogène capables de détruire les agents pathogènes. Les UVA agissent aussi en détruisant la structure de la cellule des bactéries.

Enfin, les radiations infrarouges augmentent la température de l’eau, ce qui accélère le processus de désinfection. Ainsi, ces trois actions du rayonnement solaire purifient l’eau de façon à ce qu’elle puisse être bue.

Le gros avantage de cette approche est son faible coût, les seuls accessoires étant un gros cylindre en verre et des emballages de chips  récupérés. Le dispositif coûte en tout et pour tout à peine 50€ et permet de purifier 40L en 4 heures. Une quantité qui peut être accrue en rajoutant un autre tube en verre par exemple.

L’association ChildFunf Australia est très enthousiaste face à ce purificateur d’eau et prévoit déjà de le déployer en Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’objectif étant de fournir aux populations locales un moyen de traiter l’eau sur place facilement. 

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

L’éolienne flottante commence à se dresser au large de Fos-sur-mer

Vertiwind est un projet d’éolienne innovant. Fini l’éolienne avec un mât vertical surplombé d’un moteur avec trois pâles. Cette nouvelle éolienne offshore, développée par la start-up lilloise Nenuphar en partenariat avec EDF Energies nouvelles et Technip, doit apporter un second souffle au développement de l’éolien en France. L’objectif du Grenelle de l’environnement vise les 8000 éoliennes en service d’ici 2020, soit 25 000 MW dont 6 000 MW fournis par des éoliennes installées en mer. Un objectif ambitieux sachant qu’en 2012, les sources d’énergies renouvelables dont l’éolien  (hors hydraulique) atteignaient péniblement 4,6% de la production totale. Toutefois, l’éolien est l’énergie renouvelable qui progresse le plus. 

L’éolien offshore devrait aider à respecter les engagements du Grenelle. Surtout que la limite maximale des 35m de profondeurs d’eau est en passe d’être levée. En effet, Vertiwind a été conçu justement pour pouvoir être implantée quelle que soit la profondeur. Pour y parvenir, le secret de cette éolienne réside dans son architecture avec un axe vertical et le moteur positionné « en bas ».Ce faisant, le centre de gravité est abaissé en comparaison d’une éolienne classique, le système est moins haut et plus compact, de quoi assurer une stabilité suffisante pour laisser flotter l’éolienne à la surface de l’eau. Du coup, plus besoin de fixer l’éolienne au fond. Cela ouvre des perspectives d’implantations nouvelles. Autre avantage, les ouvriers de maintenance n’auront plus à grimper aussi haut pour travailler sur les pâles ou le moteur.

Fos-sur-Mer, commune des Bouches-du-Rhône située à 40 km à l’Ouest de Marseille,  est plutôt connue pour ses industries et les activités liées au raffinage. Pourtant, depuis quelques années, des sources d’énergie renouvelables s’imposent dans le paysage et des éoliennes fleurissent parmi les cuves et les cheminées. Une évolution cohérente avec l’implantation d’un démonstrateur d’éolienne flottante au large des côtes fosséennes.

D’après le calendrier de Vertiwind, les premiers essais de l’éolienne flottante s’effectueront dès 2015. Les premiers tests se feront proche de rivage puis de plus en plus loin, jusqu’à 20 km au large. Si le succès est au rendez-vous, c’est tout un parc de 13 éoliennes flottantes qui sera bâti au large de Fos-sur-mer, chacune avec une puissance allant jusqu’à 3 MW.

Par Audrey Loubens

Le Laser Anti-drone chinois a été testé avec succès

Les drones ont du souci à se faire. Désormais, il existe une arme capable de les dézinguer sans pitié avec une efficacité redoutable : le laser anti-drone.

Car si la France semble indécise et impuissante face à la multiplication de petits drones dans des espaces interdits de survol, les chinois n’ont pas tant d’états d’âmes et ont développé un laser spécialement dédié à la destruction de drones en plein vols. Révélé par l’agence de presse chinoise Xinhua, le projet menée  par la China Academy of Engineering Physics (CAEP) est un succès. 

L’arme fabriquée est capable de neutraliser des drones se déplaçant jusqu’à 180 km/h, à une altitude de 500 mètres tout en restant à une distance de 2 km. Testée la semaine dernière, le laser aurait abattu 30 drones affichant un taux de réussite de 100%. La Chine développe ce système pour se créer un bouclier anti-drone mobile. Le Laser peut être placé sur un véhicule et servir pour différentes missions comme la sécurisation de manifestations sportives par exemple, même si en France on imagine déjà comment un tel système pourrait protéger l’espace aérien des centrales nucléaires récemment survolées à plusieurs reprises par des drones.

Si un laser dédié aux drones civils de petite taille et volant à basse altitude est une première, les Etats-Unis ont déjà élaboré un laser anti-drones mais pour les aéronefs militaires à haute altitude. Les lasers de la société Raytheon testés l’année dernière au large des côtes californiennes ont carbonisé leurs cibles en quelques secondes.

Gros ou petits, à basse ou haute altitude, civils ou militaires, les drones vont devoir se faire discrets s’ils ne veulent pas finir explosés en vol.

Par Audrey Loubens

Exposition : Portraits d’ingénieurs singuliers

Les deux protagonistes de ce travail nous présentent leur projet en vidéo :

« Le  projet de recherche dont cette exposition constitue un des fruits – le plus visible sans doute – a pour ambition de répondre à  certaines questions restées en suspens dans mes travaux  passés. […] Dans cette nouvelle recherche, je me suis intéressée à l’éthique en actes plutôt  qu’en paroles ou opinions, j’ai analysé des destins  et  des trajectoires d’individus plutôt que la culture et les valeurs de  leur groupe », explique Christelle Didier, docteure en sociologie.

« Que perçoit-on d’une personne lorsqu’on met de côté son statut social,  son métier ? Comment tenter de se définir en-dehors  de ces critères ? Je cherche, à travers ses images, à rendre compte de la réalité sensible de chaque rencontre, de la réalité de l’échange qui s’est opéré entre moi et la personne photographiée. D’après Gilles Deleuze, l’élaboration d’un «percept» permet de créer «un  ensemble de perceptions et de sensations qui survivent à celui qui les éprouve». C’est ici le moteur de mon travail », commente Delphine Lermite, photographe.

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Bilan inédit de l’éolien en France

On se souvient que dans le cadre de la transition énergétique, les professionnels de la filière éolienne en France s’étaient engagés à développer le secteur en proposant aux pouvoirs publics un « Pacte Éolien pour la Compétitivité et l’Emploi ». C’est dans ce cadre que France Énergie Éolienne (FEE), association qui regroupe la très grande majorité des acteurs de l’éolien en France, a lancé son « Observatoire de l’Éolien » en partenariat avec le cabinet de conseil BearingPoint. Cet observatoire se veut être un instantané à la fois précis et ambitieux de la filière en France jusqu’à la fin de l’année 2013, s’appuyant sur un recensement à grande échelle inédit auprès des professionnels du secteur. Des chiffres donc, mais aussi des cartes et des graphiques pour y voir plus clair et faire de cet Observatoire « un outil de pilotage annuel pour le développement industriel français ».

Stabilisation des effectifs

Première information de ce tableau de bord, la stabilisation des emplois éoliens malgré le net ralentissement de l’activité depuis 2010. Le secteur comptait fin 2013 10840 emplois répartis sur près de 760 entreprises, dont l’implantation en région se fait à travers plus de 1600 établissements. La FEE et Bearing Point dépeignent une filière mure qui devrait connaître un regain d’activités en 2014, notamment grâce à de nouveaux chantiers et à la structuration de la filière éolienne offshore.
Le secteur remonterait effectivement la pente, à en croire le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD), laissant espérer une croissance des effectifs pour l’année en cours.

Une répartition homogène selon les différents secteurs

Autre enseignement, la répartition des emplois se fait de manière relativement homogène : en tête arrive le secteur « Études et développement », qui réunit presque 30 % des emplois répartis sur 340 entreprises (du bureau d’étude au bureau de contrôle en passant par les développeurs). Quelques 170 entreprises se partagent la fabrication de composants, générant 2810 emplois (représentant 26 % du total). Le secteur de l’ingénierie et de la construction n’arrive pas loin derrière avec ses 2670 emplois (24 %) répartis sur environ 230 entreprises actives maîtrisant l’assemblage, le génie civil, le génie électrique, le montage ou encore le raccordement au réseau. Enfin, 2230 personnes travaillent à l’exploitation et à la maintenance du réseau (21 % du total), un secteur appelé à croître avec l’expansion de la filière et du parc éolien.

Création d’emplois un peu partout en France

La carte de France de l’éolien laisse entrevoir un pays plutôt bien quadrillé, avec cinq principaux bassins d’emplois qui se dessinent : un axe Nord-Est au fort développement, le Grand-Ouest qui bénéficie de la forte implantation sur la façade Atlantique, les régions Rhône-Alpes et Bourgogne qui tirent leur épingle du jeu dans la fabrication de composants, le Bassin parisien qui aimante la part la plus importante des sièges d’entreprise, et enfin la Méditerranée, cœur historique de l’industrie éolienne.

(crédits : FEE / Bearing Point)

Un dynamisme retrouvé…

L’Observatoire de l’Éolien réalise également un état des lieux du marché de l’éolien en France, et force est de constater que le secteur reprend du poil de la bête en 2014. Les trois dernières années furent placées sous le signe de la morosité, qui était intimement liée au durcissement du cadre juridique (zones de développement, loi Littoral, loi Grenelle 2) et à l’incertitude qui planait sur le tarif de rachat de l’électricité produite par les éoliennes – un tarif de rachat supérieur à celui du marché, un temps contesté par l’Union Européenne, qui a finalement considéré que le dispositif de soutien était compatible avec les règles de l’UE en matière d’aide d’État. La levée de cette incertitude ainsi que l’assouplissement du cadre juridique entrepris depuis 2012 semblent faire mouche, avec le raccordement de pas moins de 410 MW éoliens au premier semestre 2014, portant la capacité éolienne cumulée dans l’hexagone à 8,2 GW.

En violet la capacité installée dans l’année, en rouge la capacité cumulée (crédits : FEE / Bearing Point).

… dans un secteur hautement concurrentiel

Les quatre constructeurs principaux – trois entreprises allemandes, Enercon, Senvion, Nordex, et le géant danois Vestas –se partagent aujourd’hui 75 % de la puissance éolienne cumulée, mais leurs plus petits concurrents devraient redoubler d’efforts pour s’octroyer une plus grosse part du gâteau, rendant à nouveau plausibles les objectifs fixés au niveau national, pour l’horizon 2020 : 19 GW en éolien terrestre et 6 GW en éolien offshore.

La France compte actuellement 730 parcs pour près de 4800 éoliennes. L’expansion de ce parc éolien représente évidemment une aubaine pour la petite centaine d’exploitants actifs répartis sur notre territoire, avec en tête GDF et ses filiales, qui gèrent ensemble plus de 1000 MW, suivi par EDF Énergies Nouvelles (650 MW) et EoleRES (380 MW gérés).

Une production dopée par les progrès technologiques et par la croissance du parc

En 2013, une éolienne installée en France a une puissance unitaire moyenne de 2,2 MW, pour un mât de 85 mètres de hauteur et un rotor de 90 mètres de diamètre. Les mensurations et les caractéristiques des éoliennes ont bien sûr beaucoup évolué, contribuant à toujours baisser les coûts de production du MW, ainsi qu’à rendre exploitable des sites où le vent est plus faible.

Le profil des parcs a lui aussi évolué : alors que la moitié des parcs actuellement raccordés ont une puissance moyenne comprise entre 10 et 15 MW, la moitié des parcs en cours d’instruction peuvent tabler sur une puissance moyenne comprise entre… 15 et 30 MW. Ce nouveau profil, ainsi que la croissance du parc hexagonal et les progrès technologiques, ont dopé la production éolienne, qui a atteint 15,9 TWh en 2013, soit près de 3,4 % de la consommation électrique en France.

Nul doute que le prochain état des lieux sera très instructif… et très attendu.

Par Moonzur Rahman

Best of des IG Nobels… de la paix

La cérémonie des Ig Nobel vient chaque année bousculer avec beaucoup d’humour la très conventionnelle et poussiéreuse saison des Nobel, en mettant sur le devant de la scène les découvertes scientifiques les plus absurdes, les plus décalées, voire les plus nuisibles d’entre elles. La cuvée 2014 – dont nous vous avons parlé ici – fut un excellent cru, et nous encourage à nous replonger dans vingt-quatre années de prix parodiques, et ce de manière très exhaustive tant les palmarès regorgent de pépites hilarantes.

Mettez les pieds sous la table, nous avons compilé pour vous la crème de la crème des Ig Nobel, classés par catégories. Pour commencer, gros plan sur les IG Nobel… de la paix.

  • 1993 : pour avoir lancé dans l’archipel une campagne promotionnelle complètement ratée en 1992, l’Ig Nobel 1993 de la paix revint à Pepsi-Cola Philippines. Une loterie à succès dans un pays où la fièvre du jeu est grande, des numéros sous chaque capsule, des prix allant jusqu’à un million de pesos… Près de 31 millions de personnes auraient participé au jeu, soit plus de la moitié de la population. Problème : plus de 800 000 vainqueurs, à cause d’un gros cafouillage. Les émeutes qui suivirent firent trois morts, plus de 40 camions de la compagnie américaine furent incendiés et un grand nombre des dirigeants locaux durent quitter le pays.

Quelques capsules du jeu concours

 

  • 1996 : c’est un de nos anciens présidents de la République qui remporte l’Ig Nobel de la paix, pour avoir eu la bonne idée de célébrer le cinquantième anniversaire des bombardements américains sur Hiroshima et Nagasaki en autorisant une dernière campagne d’essais nucléaires sur les atolls de Moruroa et de Fangataufa, en Polynésie Française. Oui, Jacques Chirac a bien eu droit à son (Ig) Nobel.

 

  • 1999 : les Sud-Africains Charl Fourie et Michelle Wong ont reçu la récompense parodique pour avoir mis au point Blaster, un antivol pour voitures tout à fait particulier. Face aux problèmes grandissants d’insécurité et de car-jacking que connaît le pays, rien de tel qu’un bon coup de lance-flammes pour se mettre en confiance, surtout lorsque le bouton-gâchette se trouve tout près de la pédale d’accélérateur. Dans un pays où l’usage de la « force mortelle » est autorisé dans le cadre de la légitime défense, plusieurs centaines d’exemplaires ont été vendus (chiffres datant de 2001), et seulement quelques Blasters seraient encore en circulation.

 

  • 2002 : cette édition a couronné les Japonais Keita Sato (président du fabricant de jouet Takara), Matsumi Suzuki (président du laboratoire acoustique du Japon) et Norio Kogure (responsable de l’hôpital vétérinaire Kogure), pour avoir développé un appareil de traduction chien – homme, assurant ainsi « la paix et l’harmonie entre espèces ». Le nom du gadget ? Le « Bow-lingual », dont le fonctionnement suivrait (selon les dires des concepteurs) le principe d’un analyseur émotionnel, classant les aboiements de nos chers animaux de compagnie en six catégories émotionnelles standardisées et distinctes. Pour savoir si notre ami à quatre pattes est heureux, triste, frustré ou encore s’il est en manque d’affection, « Bow-lingual » enregistre l’aboiement et le compare avec un bon millier d’autres aboiements présents dans la banque de données de l’appareil.

Une version pour chat, le « Meowlingual », toujours développée par le fabricant japonais Takara, est même sortie en 2003 :

 

  • 2006 : cette année, c’est le Britannique Howard Stapleton qui peut se targuer d’avoir remporté l’Ig Nobel de la paix, pour avoir mis au point le tristement célèbre « Mosquito », ce dispositif de harcèlement acoustique émettant des sons à très hautes fréquences, destinés à disperser les attroupements indésirables. Selon le concepteur, le son serait insupportable pour toute personne de moins de 25 ans (y compris pour un fœtus dans le ventre de sa mère, ainsi que pour les bébés…), du fait de la dégradation de l’audition avec l’âge. Howard Stapleton aurait d’ailleurs confessé avoir utilisé ses cinq enfants comme cobayes, puisqu’il était incapable d’entendre seul l’appareil…

Ce « répulsif sonore anti-jeunes » divise toujours autant aujourd’hui :

 

  • 2008 : l’Ig Nobel de la paix est venu récompenser le comité d’éthique sur la biotechnologie non-humaine de la Confédération suisse, ainsi que les citoyens suisses, pour avoir adopté légalement l’idée que les plantes avaient une dignité. Un temps d’avance, les Suisses.

 

  • 2011 : c’est ensuite au sémillant maire de Vilnius, Arturas Zuokas, que reviennent ces parodiques lauriers de la paix. Le maire de la capitale lituanienne est récompensé pour sa gestion extrêmement intelligente et mesurée du problème de stationnement illégal en ville. En effet, il avait été filmé à bord d’un char d’assaut, hilare, écrasant littéralement une voiture mal garée pour mener à bien sa campagne médiatique. Jugez plutôt :

 

  • A venir : le best of des IG Nobels… de médecine

Par Rahman Moonzur

Revue du web #69 : les vidéos les plus étonnantes de la semaine

Cette semaine dans la revue du Web :

  • La Royal Institution de Londres nous offre une petite lévitation quantique d’Halloween ;
  • La guerre des étoiles n’aura pas lieu (ou alors à Argonay) ;
  • 24 machines qui façonnent notre quotidien ;
  • La mitrailleuse qui tire des avions en papier ;
  • Le gadget (inutile?) de la semaine : la deuxième vie de Ratjetoe, alias le rat volant ;
  • Et en bonus : la joueuse de tympanon, merveilleux automate hors du temps.

Lévitation quantique d’Halloween

Halloween, ses bonbons, ses citrouilles et… ses Jack-o’-Lantern en lévitation quantique ! Pour débuter notre soixante-neuvième Revue du Web, célébrons la fête païenne avec un petit groupe de chercheurs de la Royal Institution de Londres qui s’est fendu d’une petite vidéo où l’on peut voir l’une de ces fameuses têtes de citrouille en pleine lévitation quantique au-dessus d’un circuit circulaire composé d’aimants. Le disque est composé d’un demi-millimètre de verre saphir, un saphir synthétique notamment utilisé comme verre de montre, recouvert d’une couche de céramique d’environ un micron. Ce disque est ensuite placé dans son petit écrin-citrouille, grimé comme une Jack-o’-Lantern.

Le disque n’a pas de propriété supraconductrice à température ambiante, mais la donne change une fois qu’il est immergé dans de l’azote liquide, laissant à la supraconductivité tout le loisir de s’exprimer. Le disque peut alors conduire l’électricité sans résistance ni déperdition d’énergie.

Contrairement à l’effet Meissner (exclusion totale de tout flux magnétique à l’intérieur d’un supraconducteur), le champ magnétique pénètre le supraconducteur en raison de sa grande finesse, sous forme de tubes de flux magnétique. À l’intérieur de chacun de ces tubes, la supraconductivité est détruite localement, raison pour laquelle les tubes sont circonscrits au niveau des points faibles du disque. Chaque mouvement du disque fait bouger les tubes, ce que le supraconducteur essaie d’éviter en restant bloqué, piégé en l’air, donnant cette impression de lévitation.

La guerre des étoiles n’aura pas lieu (ou alors à Argonay)

Vous possédez de bons réflexes, vous êtes fans de modélisme et vous ne jurez que par Star Wars ? Alors la course organisée dans la commune d’Argonay est faite pour vous ! Dans l’esprit des courses poursuites effrénées de Pod-Racer de la célèbre saga américaine imaginée par George Lucas, la première édition de cette course organisée par l’association « Airgonay » a réuni plus d’une vingtaine de compétiteurs en Haute-Savoie le mois dernier, dont le seul objectif était d’en découdre coûte que coûte sur le terrain.

Assis bien confortablement dans leurs quartiers, la tranquillité des pilotes contraste quelque peu avec le rythme endiablé qu’impriment les petits bolides, taillés pour les 150 mètres de la course. Alors qu’habituellement un pilote de drone ne doit pas le quitter du regard, ici le pilote ne voit plus sa machine, qu’il est obligé de suivre à l’aide d’un dispositif vidéo et d’une caméra embarquée… avec un rendu génial assez proche d’un jeu vidéo en FPV (« First Person View », ou vol en immersion). Truffé d’obstacles, le parcours représente un vrai challenge pour ces pilotes pourtant aguerris.

24 machines qui façonnent notre quotidien

Ce n’est un secret pour personne : la majeure partie des denrées alimentaires transformées l’est de manière industrielle. Sans nécessairement se positionner par rapport à la qualité des produits finis, qui ne s’est jamais demandé comment sont fabriqués les bretzels ? Comment sont fourrés certains biscuits ? Comment sont fabriquées les pâtes industrielles ? En parallèle, qui ne s’est jamais demandé comment est fabriqué un ressort de suspension ? Comment sont réalisées les dalles de carrelage ? Comment est « imprimé » le pas de vis sur un bocal ?

La vidéo qui suit ne répondra pas vraiment à toutes ces questions, mais vient seulement nous montrer à travers l’enchaînement d’une vingtaine de séquences le degré de perfectionnement et d’ingéniosité atteint par certaines machines, le plus souvent pour réaliser une tâche en apparence facile.

La mitrailleuse qui tire des avions en papier

Alors que la possibilité d’imprimer en 3D des armes à feu est légitimement sujette à de nombreuses controverses et inquiétudes, voici une « arme » qui risque de ne pas troubler la sécurité intérieure et de satisfaire le plus grand nombre. Le Youtuber « Papierfliegerei », en bon bricoleur du dimanche, est parvenu à réaliser un dispositif de pliage d’avions en papier à la chaîne, qu’il a décidé de sobrement baptiser « mitrailleuse à avions en papier ».

La plus grande partie des pièces nécessaires à la construction de cette arme inoffensive sort d’une imprimante 3D, le reste des composants aurait été acheté en ligne ou proviendrait d’une quincaillerie de quartier. La mitrailleuse dispose d’un magasin pour stocker les munitions, à savoir un paquet de feuilles de papier au format A4. Un système ingénieux permet de faire avancer la feuille tout en la pliant étape par étape, jusqu’à son envol et la propulsion hors du canon, le tout en seulement quelques secondes. Seul bémol : le bruit, désagréable au possible.

Le gadget (inutile?) de la semaine : la deuxième vie de Ratjetoe, alias le rat volant

Lorsqu’un animal de compagnie vient à mourir, certaines personnes sont prêtes à tout pour perpétuer la mémoire de leur défunt compagnon poilu. Le gadget (inutile?) de la semaine vient de « l’autre pays du fromage », les Pays-Bas, où habite Pepeijn Bruins. Atterré par la perte de Ratjetoe (« Ratatouille » en batave…), son rat de compagnie, le jeune Hollandais s’est mis en tête de lui offrir une seconde vie, une vie à la hauteur de l’estime et de l’amour qu’il portait pour son rat domestique, décédé d’un cancer il y a peu.

Épaulé par deux inventeurs et artistes hollandais, le jeune Pepeijn Bruins a accompagné Ratjetoe dans sa dernière mue, transformant le petit rongeur en un tricoptère téléguidé du meilleur goût.

Personne ne sera surpris d’apprendre que les deux inventeurs qui se cachent derrière ce rat volant ne sont autres que Arjen Beltman et Bart Jansen, déjà tristement célèbres pour avoir transformé le chat de Jansen en… « chatcoptère », il y a plus de deux ans.

Ce n’est d’ailleurs pas leur unique fait d’arme. Les deux compères s’étaient déjà retrouvés l’année dernière pour mettre au point quelque chose de plus gros, une « autruchecoptère », puisque l’idée du chat-volant leur avait semblé franchement bonne. Le gros oiseau, incapable de voler de son vivant, a eu droit à un baptême de l’air posthume. Les deux loustics seraient en train de peaufiner leur « Sharkjet »… on vous laisse deviner ce que cela peut bien être.

Bonus : la joueuse de tympanon, merveilleux automate hors du temps

Si vous êtes un lecteur assidu de notre Revue du Web, le patronyme « Roentgen » ne devrait pas vous être complètement étranger. Pour conclure cette soixante-neuvième Revue, jetons un œil dans le rétroviseur avec l’une des créations emblématiques de David Roentgen, ébéniste émérite ayant notamment fait ses armes à la cour du roi Louis XVI, artisan jalousé par toute la corporation pour son travail inventif et soigné dont nous vous avions déjà parlé ici pour son fabuleux secrétaire aux rangements escamotables.

Cette fois-ci, place à la « joueuse de tympanon », un merveilleux automate du XVIIIe siècle, passé entre les mains de Marie-Antoinette avant qu’elle ne finisse par en faire don à l’Académie des Sciences. Conçu en collaboration avec l’horloger allemand Peter Kinzing, cet automate emprunte ses traits et son accoutrement à une élégante musicienne dont la robe ample vient ici cacher le mécanisme, un cylindre en laiton entraîné par un remontoir à ressort. La rotation du cylindre permet d’actionner des cames qui contrôlent à la fois les mouvements de la tête et des bras. Conservée au musée des arts et métiers à Paris, la joueuse de tympanon se porterait plutôt bien pour son âge, bien qu’elle ait quelque peu perdu de sa virtuosité.

Par Moonzur Rahman

Philae: « trois bonnes nouvelles » et un « check up » en cours

« Philae a passé la nuit sur la comète et nous avons eu trois bonnes nouvelles: la première, c’est que Philae est posé sur le noyau de la comète. Deuxièmement, Philae reçoit de l’énergie, ses panneaux solaires sont allumés et lui permettent donc d’envisager un futur. Et troisièmement, nous sommes en contact permanent avec Philae puisque Philae émet et envoie des informations à Rosetta et ensuite Rosetta, qui est en orbite, nous les retransmet », a déclaré le président du CNES (Centre national d’études spatiales) Jean-Yves Le Gall sur Europe 1.

« La liaison radio fonctionne, on est en direct avec Philae », a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’arrimage du robot sur le sol de la comète « Tchouri » et le fonctionnement des harpons, M. Le Gall a souligné que « l’information la plus importante, c’est qu’on est bien posé. Ensuite, on va voir ce qu’on fait sur les harpons. On est en train de faire une sorte de check up de Philae. On est en contact, et c’est ça le plus important ».

« Et surtout, on a de l’énergie », a souligné M. Le Gall. « On avait la pile qui permettait de vivre de façon autonome pendant quelques dizaines d’heures mais maintenant, les panneaux solaires fonctionnent », a -t-il ajouté, précisant que « les panneaux solaires laissent envisager une vie beaucoup plus longue, au-delà des 60 heures ».

« Tous les systèmes fonctionnent bien », a-t-il assuré.

Concernant la forme du noyau de la comète, « toutes les théories » disaient que c’était « une boule de neige sale, plutôt compacte. On s’est rendu compte que ce n’est pas du tout sphérique, avec une surface totalement tourmentée », a-t-il dit.

« Là où on a attendait du mou, on a eu de la glace », a encore indiqué M. Le Gall

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Les dermatologues dénoncent une épidémie d’allergies provoquée par la méthylisothiazolinone

Allergène de l’année  2013. Voilà le titre peu glorieux décroché par la méthylisothiazolinone (MIT) aux Etats-Unis. En effet, cette substance chimique est responsable de nombreuses allergies de contacts, un phénomène qui prend une ampleur inquiétante. Dans un communiqué du 23 octobre, la Société française de dermatologie (SFD) s’alarme de la recrudescence des cas d’allergie, une explosion des cas étant visible en France mais aussi dans d’autres pays européens.

La MIT est un biocide et un conservateur. On le retrouve dans les produits cosmétiques pour lesquels il permet de contrôler la croissance microbienne, ainsi que dans les produits ménagers et professionnels comme les peintures à l’eau ou des enduits.

Depuis quelques années, la MIT est utilisée dans les cosmétiques en remplacement du paraben, substance chimique servant de conservateur mais identifié comme toxique.

Le 3 mai 2011, l’Assemblée nationale  avait d’ailleurs adopté une proposition de loi visant à interdire l’utilisation du paraben en France, loi qui n’est toutefois pas encore entrée en vigueur. 

La SFD s’alerte du fait que les premières victimes sont les bébés et les jeunes enfants. En effet,  la MIT est souvent présente dans les lingettes, les laits ou encore les gels douches à destination des tout-petits.  Des publications scientifiques ont pourtant mis en évidence l’aspect allergisant de la MIT, révélant « […] des cas de sensibilisation chez de jeunes enfants, principalement à type d’eczéma du visage et du siège déclenché par l’utilisation de lingettes nettoyantes, avec parfois une réactivation lors de l’exposition aéroportée à la MI des peintures à l’eau murale. ». 

L’étude REVIDAL-GERDA (Réseau de Vigilance en Dermatologie Allergologie rattaché au Groupe d’Etude et de Recherche en Dermatologie Allergologie)  a montré le triplement des tests positifs à la MIT entre 2010 et 2012, ce qui représente un taux de sensibilisation de 5.6%. Une situation comparable à l’Allemagne et au Royaume unis où les taux de sensibilisation sont passée respectivement de 1.9% à 6% et de 0.5% à 5.7%.

Face à ce qu’elle qualifie de véritable épidémie, la SFD regrette qu’aucun texte officiel de recommandations n’existe et  invite les autorités à se saisir du cas de la MIT.

Par Audrey Loubens

Arkema mise sur son polyamide bio

Arkema est le seul à produire un polyamide d’origine renouvelable à partir d’huile de ricin. Il s’agit de sa gamme nommée Rilsan, dont le PA 11 est le fer de lance.  Depuis, la gamme s’est étendue et Arkema commercialise plusieurs dérivés comme l’adhésif Platamid®, le Pebax Renew®, version bio du Pebax fabriqué à partir du pétrole, ou encore le Rilsan G120 qui a la propriété d’être transparent et trouve des applications en lunetterie. Dernier né des polyamides verts, le Rilsan HT® tire son nom de sa résistance aux hautes températures puisqu’il reste opérationnel jusqu’à 220°C, bien mieux que les 150°C intermittents supportés par le reste de la gamme.

Le Rilsan HT peut donc être utilisé au plus près des moteurs automobiles, comme vanne EGR par exemple. De plus, le Rilsan HT est à 70% renouvelable. « Le Rislan HT tient vraiment bien la température tout en étant flexible, ce qui en facilite grandement le montage » précise José Teixeira Pires, General manager pour les polyamides longues chaines à Arkema. Ainsi, malgré un coût à l’achat supérieur au métal, il permet des économies de process significatives.

Aujourd’hui, Arkema mise clairement sur le biosourcé et poursuit des efforts pour étendre son leadership dans le domaine.  En effet, un tel PA répond aux besoins des marchés, à savoir des matériaux de plus en plus techniques, respectueux de l’environnement et permettant d’abaisser les coûts. 

Les polyamides techniques représentent « seulement » 200 000 tonnes produites chaque année, à comparer aux quelques 8 millions de tonnes de polyamides au total. Les PA biosourcés bénéficient d’une forte demande dans les secteurs du transport et de l’exploration pétrolière. Côté automobiles et camions, ils permettent de gagner en poids, en performance et en coût. Les PA techniques représentent une solution alternative au métal. En revanche, pour la recherche de pétrole ces polyamides sont la seule solution pour explorer au large des côtes, sur des plateformes de type « bateau » et donc mobiles. Les tubes métalliques ne permettent pas  de suivre les mouvements du navire, d’où l’utilisation de tubes mixtes associant métal et plastique. Ainsi, tels les tuyaux de douche, ils acquièrent la flexibilité nécessaire à l’exploration pétrolière sur plateforme mobile.

En parallèle, le chimiste français cherche à s’imposer dans les pays émergents. En 2012, Casda Biomaterials et Hipro Polymers tombent dans son escarcelle. Le premier est leader de l’acide sébacique, un acide issu de l’huile de ricin, tandis qu’Hipro est producteur de polyamides bio-sourcés, plus particulièrement du PA 10.10.

En pratique, Casda achetait l’huile de ricin et Hipro lui achètait le monomère nécessaire pour fabriquer des polymères biosourcés. « Cette acquisition […] présente de formidables relais de croissance pour nos polyamides de haute technicité et nous positionne comme le seul producteur au monde disposant de la gamme complète des polyamides 10, 11 et 12 »s’est alors félicité Thierry Le Hénaff, Président-Directeur général d’Arkema. 

Dans cette même  logique, les frenchies se rapprochent aussi de l’Inde, premier producteur mondial d’huile de ricin, et viennent de prendre une participation de 25% dans le capital de la société Ihsedu Agrochem, producteur indien d’huile de ricin.

Par Audrey Loubens

Tecknisolar présente son drone maritime autonome !

La nouvelle invention de Tecknisolar, entreprise de recherche et développement française, est un drone complètement autonome. Il fonctionne avec des capteurs solaires innovants, développés en interne, qui lui permettent d’avancer, qu’il y ait de la pluie ou du brouillard. Pour être sûr qu’il ne tombe pas en panne et qu’il continue à avancer la nuit, il est également doté de deux batteries qui se rechargent en mouvement, comme dans les voitures, lui assurant une autonomie parfaite.

Avec ses 2,5 mètres de long, ses 44 cm de large et ses 10 kg à vide, le drone peut embarquer jusqu’à 30 kg d’équipements et se déplacer entre 8 et 10 noeuds. Sa taille est optimisée au maximum : les panneaux solaires couvrent 2,2 m de sa longueur et ses 44 cm de large. Il est composé de carbone et de fibres d’aramide pour réduire au maximum l’épaisseur de sa coque et son poids. S’il chavire à cause d’une tempête trop importante, il retrouvera sa position initiale une fois le calme revenu, grâce à sa quille de 60 cm de longueur et d’un poids précis confidentiel. Il repartira ensuite automatiquement vers son cap programmé.

Du côté des applications en vue, Tecknisolar voit grand. « Ce drone peut embarquer des équipements électroniques pour faire de la surveillance maritime ou du brouillage radio, embarquer une antenne-relai, des émetteurs pour envoyer des images de caméra thermique ou numérique, des charges explosives, ou même faire de la détection accoustique sous-marine, des contrôles anti-pollution, de la recherche d’épaves... », prévient Pascal Barguirdjian, gérant de l’entreprise Tecknisolar.

Une véritable sentinelle maritime

Dans un premier temps, le drone serait particulièrement intéressant pour des applications militaires et des missions de surveillance maritime. Il s’agira d’une véritable « sentinelle maritime« , annonce Pascal Barguirdjian. Piloté et programmé à distance via un ordinateur relié à un satellite, il permettra notamment de lutter contre le pillage des poissons par les bateaux usines asiatiques en Afrique de l’Ouest. « Les pays pauvres qui n’ont pas les moyens d’avoir des frégates ou des patrouilleurs pourront en mettre quelques dizaines sur l’eau et dès qu’ils détecteront un bateau, prévenir les gardes côtes », imagine le gérant. Le prix reste confidentiel,« mais ce n’est pas très cher« , assure-t-il.

Grâce à ses charges explosives, le drone pourra également protéger une zone d’infiltration en cas  de guerre. « Comme il est indétectable et au ras de l’eau, il est capable de faire office de missile ou d’arme dissuasive », divulgue-t-il.

Il pourra aussi être utilisé par les civils pour vérifier la qualitéde l’eau au large. « Si un pétrolier dégaze en mer, il pourra aller prélèver de l’eau et l’analyse se fera àterre« , prévient Pascal Barguirdjian. Le drone enregistrera la positions exacte du prélèvement et pourra aussi ramener des images.

Présenté pour la première fois il y a une dizaine de jours, puis exposéau salon Euroval, du 27 au 31 octobre, plusieurs négociations sont d’ores et déjà en cours. Le ministère français de la défense serait d’ailleurs intéressé. La commercialisation devrait débuter d’ici mars 2015.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Et les 7 minéraux les plus toxiques sont…

Chalcantite

Sous des aspects bleutés séduisants parfois nuancés de vert, la chalcantite est en fait du sulfate de cuivre hydraté. Translucide, ce minéral est souvent sous forme d’agrégats, stalactitiques ou fibreux. Attention, le sulfate de cuivre est nocif en cas d’ingestion et irritant en cas de contact.  Cette dangerosité lui a valu le surnom de vitriol de Chypre. 

Cinabre

La formule du Cinabre est simple : HgS. Vous aurez reconnu du sulfure de mercure, le minerai de mercure le plus commun dont les gisements sont malgré tout exploités depuis des millénaires. La présence du mercure, métal neurotoxique et néphrotoxique en font un poison redoutable. Pas étonnant qu’il soit aussi rouge que la pomme croquée par Blanche-neige.

Orpiment

Après le mercure, voilà l’arsenic. L’orpiment n’est rien d’autre que du trisulfure d’arsenic, avec des traces de mercure, de germanium et d’antimoine. De couleur jaune, les cristaux peuvent atteindre 10 cm. Véritable cocktail de minéraux toxiques, il n’est plus utilisé comme pigment. L’industrie s’en sert dans les semi-conducteurs.

Pharmacolite

Ce cristal blanc est un arséniate de potassium et de fer hydraté. Le nom de ce gypse signifie « pierre-poison », en référence à l’arsenic qu’elle contient. 

Réalgar

Encore de l’arsenic dans ce sulfure de formule  As4S4.  Sous l’effet de la lumière, le réalgar devient du pararéalgar, parfois confondu avec de l’orpiment (As2S3) du fait d’une structure similaire. La teinte de ce minéral est rouge et il était utilisé comme pigment jusqu’à la fin du 19ème. Le réalgar tient son nom de son autre utilisation plus radicale en tant que mort-aux-rats.

Hutchinsonite

Non, le nom de ce minéral n’est pas un hommage à la série américaine Starsky et Hutch mais au minéralogiste anglais Arthur Hutchinson. L’hutchinsonite est composée de sulfure de plomb, thallium et arsenic avec des traces d’argent et d’étain. Sous forme de cristaux, on en trouve dans des veines hydrothermales, ces circulations de fluides chauds en lien avec la cristallisation d’un magma ou une fin d’éruption volcanique.

Kryptonite

Cette pierre d’origine extra-terrestre peut prendre différentes couleurs, mais les plus dangereuses sont les vertes, rouges, bleues et dorées. Cette roche peut même être mortelle en cas d’exposition prolongée. Heureusement, sa toxicité n’affecte que les kryptoniens.

Par Audrey Loubens