Origine de l’éthique scientifique

Selon le Larousse, la morale est une partie de la philosophie qui traite de la façon dont il faudrait vivre. Dans le champ de la philosophie, la morale désigne donc la théorie des fins de l’homme. Mais le mot « morale » morale désigne aussi l’ensemble des règles d’action et des valeurs qui fonctionnent comme normes dans une société. L’éthique, en philosophie, est l’étude des fondements de la morale. Mais elle désigne aussi un ensemble de règles de conduite.

Étymologiquement, le sens de ces deux mots est identique. Historiquement, ils ont d’ailleurs été employés l’un pour l’autre avec un sens très large. Ils ont en commun de concerner tous les deux le bien et le mal. Ce n’est que depuis peu de temps qu’ils sont parfois perçus comme ayant des sens différents voire opposés. Des définitions concurrentes coexistent produite dans des mondes ou des disciplines académiques divers (les milieux économiques, celui de l’éthique des affaires ou encore de la philosophie morale n’utilisent pas ces termes de façon identique).

Des différences d’usage existent aussi au sein de chacun de ces mondes et disciplines (certains philosophes les emploient l’un pour l’autre, les distinctions proposées ne sont pas les même parmi les philosophes). Cependant, au delà des divergences se trouvent des fonctions identifiées par tous : la première consiste à réguler l’action (donner des règles), la seconde à questionner (analyser, légitimer les normes ou les décisions). Enfin, l’éthique comme la morale sont liées au registre de l’action (décider, poser des actes concrets).

Le terme déontologie qui vient du grec (deon-deontos) n’a pas posé de problème d’usage en France jusqu’à la fin du 20eme siècle. Rarement utilisé comme synonyme de morale (bien que l’expression « morale professionnelle » soit très présente dans les travaux d’Emile Durkheim, il comporte un sens juridique étroit et un usage commun plus élargi qui n’en altère pas le sens, et qui est reconnu par le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM). Cependant, la frontière avec le mot éthique est devenue plus floue depuis que l’usage de ce dernier s’est développé dans les milieux économiques dans un contexte de mondialisation des échanges. En effet, le terme anglais ethics désigne parfois, comme dans l’expression code of ethics, des règles non juridiques de bonne pratique professionnelle ou commerciale. Il pourrait être traduit par déontologie ou par code de conduite pour être conforme à l’usage de la langue française. Pourtant, il est souvent traduit par le mot éthique induisant dès lors une certaine confusion. Rappelons ici que dans les années 2000, 90 % des entreprises américaines étaient doté de ce genre de document, contre 10 % des entreprises françaises. Le mot et sa traduction littérale ont traversé l’Atlantique à partir de la toute fin du XXe siècle.

Un rapport demandé fin 2005 par Gérard Larcher, alors Ministre du travail, sur les codes d’éthique et les systèmes d’alerte a été un bon révélateur de l’intérêt croissant porté en France à l’éthique comme outil de gestion des organisations de même que la circulaire de la Direction Générale du Travail du 19 novembre 2008. Cette dernière a aussi été l’occasion de situer le genre d’écrit que sont les codes et chartes d’éthique de plus en plus présentes en entreprise dans le contexte plus large des textes régulant les relations professionnelles, telle que les règlements intérieurs.

Par Christelle Didier

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Cas de Challenger : le premier Whistleblower ?

Aucun des sept membres de l’équipage, six militaires et une enseignante civil, ne survit. 

Roger Boisjoly, ingénieur en aéronautique travaillait pour Morton Thiokol, le fabriquant des propulseurs. En juillet 1985, il avait signalé dans une note destinée au Vice Président de Morton Thiokol le défaut de conception des joints, suggérant que sans réponse, ce défaut pourrait conduire à « une catastrophe de la plus grande ampleur, avec perte de vie humaine » lors d’un décollage. Il avait maintenu sa position jusqu’à la mise à feu. Rétrogradé par la suite, il démissionne et dénonce, dans des articles et des conférences, le peu de cas que l’on fait, en pareilles circonstances, de l’avis des experts. 

En 1988, Roger Boisjoly reçoit le prix de la responsabilité et la liberté scientifique de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS) pour le courage avec lequel il a collaboré à la commission d’enquête Rogers visant à établir les causes de l’accident.

Si Boisjoly est considéré dans la littérature en éthique de l’ingénierie comme un lanceur d’alerte, ce n’est pas tant pour le rappel de l’inquiétude partagée avec ses collègues et des faits – connus de tous – concernant la fragilité des joints lors de la conférence organisée à la veille du lancement, ni pour le signalement qu’il avait fait en interne 6 mois avant l’accident, mais plutôt par le choix de dévoiler de nombreuses informations inconnue du public auprès d’une instance extérieure à son organisation, la commission Rogers.

 

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Quand les ingénieurs font scandale au Québec

Cependant, ce questionnement ne porte pas uniquement sur la question du risque et de la sécurité. Par exemple, ce n’est pas tant l’avènement d’accidents particulièrement marquant qui a réveillé en Allemagne le souci de l’éthique dans les milieux d’ingénieurs : c’est la mise en cause de la collaboration de la profession, de ses savoirs et de son pouvoir d’action, au régime du IIIe Reich.

Au Québec, ce sont les insuffisances d’une approche purement déontologique défendues par l’Ordre des Ingénieurs du Québec (OIQ) chargé d’encadrer de façon réglementaire la profession et la mise en lumière de scandales mettant en cause des membres de cet ordre, qui ont donné un nouvel élan aux discussions en éthique de l’ingénierie au début des années 2000.

Le milieu des ingénieurs connaît en effet, au Québec, une crise sans précédent, depuis le début des années 2000. Il y a eu d’abord l’accident du viaduc de la Concorde qui a entraîné le 30 septembre 2006 la mort de 5 personnes et en a blessé 6 autres qui a révélé de grave manquement aux règles de l’art.

D’autres scandales ont éclaté dans les années qui ont suivi, éclaboussant le secteur de la construction. L’intégrité des ingénieurs, en particulier des 15% des diplômés exerçant dans le conseil, est devenue un sujet d’actualité alimenté quotidiennement par les affaires mis au jour par la Commission Charbonneau. Créée en 2011, par le gouvernement du Québec, cette commission qui porte sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction a été mise en place afin « d’alimenter la preuve, de faire connaître les stratagèmes de corruption et de collusion, de protéger les témoins et les victimes et d’assurer de meilleures pratiques dans l’avenir ». Même si toute la profession n’est pas directement concernée, l’ensemble de ses membres a été touché par ces scandales.

Le Bureau de l’OIQ qui est l’instrument prévu par le code des Professions pour contrôler l’exercice des membres des professions réglementées (et doté d’un ordre) se penchait jusqu’en 2009 presque exclusivement sur des plaintes pour fautes techniques (80 en 2008-2009).

Il a été poussé, par la multiplication des reportages et des perquisition menée dans les grandes entreprises de construction, à enquêter sur des dossiers portant sur les problèmes de collusion, de corruption et de contributions politiques illégales, devant ainsi développer de nouvelle compétences.

En 2014, plus de 500 enquêtes étaient en cours dont 180 découlaient directement d’allégations faites devant la Commission Charbonneau. L’OIQ s’est engagé à dégager toutes les ressources nécessaires afin que ses membres adoptent des conduites et des pratiques professionnelles exemplaires et qu’ils gagnent à nouveau la confiance du public : enquête, sanction, information, formation…

 

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En France : du code de la déontologie à la charte éthique

En 2011, l’enquête socio-économique diffusée par le CNISF comprenait une section sur l’éthique, permettant de donner quelques indications sur la façon dont les ingénieurs diplômés français percevaient les questions relatives à leur responsabilité professionnelle. Au vu des résultats, la première responsabilité des ingénieurs serait de faire profiter l’ensemble de la société de leurs compétences tout en se préoccupant des impacts sociaux et environnementaux de leur activité. En effet, les répondants plébiscitèrent à 91% le second article de la charte qui stipule que « l’ingénieur diffuse son savoir et transmet son expérience au service de la Société » et à 89% le quatrième qui dit que : « l’ingénieur doit inscrire ses actes dans une démarche de développement durable ». Le souci de l’utilisation finale des techniques auxquelles ils contribuent est également largement partagé (75%), même si pour les répondants, il arrive que les ingénieurs se fassent « plaisir avec des belles techniques qui ne sont pas toujours nécessaires » (71%). 

A travers cette enquête, les ingénieurs diplômés apparaissent plutôt bien en phase avec la façon de formuler les contours d’une éthique professionnelle proposée par le CNISF à travers sa charte. Bien que la référence à un code d’éthique ne fasse pas partie de la culture des ingénieurs français, plus de la moitié des répondants voient dans le code d’éthique un moyen permettant de donner des repères dans les situations délicates (66%). La même question posée en 1999 dans le cadre de notre thèse de sociologie publiée en deux volumes en 2008, à 3900 ingénieurs, montrait une moindre adhésion à l’affirmation qu’un code d’éthique adapté à la profession permettrait de donner des repères en cas de difficulté avec 57% de l’échantillon. L’idée d’un ordre professionnel abordée à l’époque avait rencontré l’adhésion d’une minorité de répondant (39% d’accord dont moins de 10% tout à fait d’acord). Interrogés sur les missions qu’un tel organisme pourraient avoir – s’il existait – les ingénieurs ont d’abord cité « donner des repères d’éthique professionnel pour les ingénieurs » (47%), « contrôler les formations » (36%), « représenter les ingénieurs auprès des pouvoirs publics » (22%), « diffuser auprès du public et des décideurs les connaissances techniques » (13%), « défendre les ingénieurs auprès de leurs employeurs » (12%), « décerner l’habilitation à exercer le métier » (11%), « donner des conseils techniques à ses membres » (10%) et enfin « protéger la valeur du titre en en limitant le nombre » (10%), 12% des ingénieurs avaient préféré ne pas répondre à cette question.

Le CNISF avait affirmé que la Charte avait comme objectif de devenir un repère et une référence pour le comportement professionnel des ingénieurs, mais aussi d’aider les élèves–ingénieurs à se préparer à l’exercice de leur métier. Afin de savoir comment ces derniers percevaient ce texte, la Conférence des Directeurs d’Ecoles Françaises d’Ingénieurs (CDEFI) a réalisé fin 2009 une enquête afin de savoir s’ils avaient connaissance de son existence, comment leur école participait à sa diffusion, à quel point ils adhéraient aux termes de ce document et s’il trouvaient la charte compatible avec le métier d’ingénieur : 3589 étudiants issus de 106 écoles ont répondu au questionnaire diffusé en ligne par le CDEFI avec l’aide du Bureau National des Elèves-Ingénieurs (BNEI). Selon les résultats, 38% des répondants connaissaient la charte par l’intermédiaire de leur école avant l’enquête (34% l’avaient reçu à leur entrée dans l’école, dont 3% dans le cadre d’une présentation). Les 62% restant l’avaient découverte par l’enquête. Parmi les quatre rubrique de la Charte, celle qui concerne l’ingénieur dans la société a été jugé la plus importante, en particulier les énoncés 3 et 4 concernant l’impact des techniques sur l’environnement et le développement durable, jugés essentiels (plutôt qu’utiles, peu porteurs ou irréalistes) par plus de la moitié des répondants. En revanche, l’énoncé concernant la diffusion du savoir n’a été considéré essentiel que pour 32% des répondants, bien qu’il soit considéré le plus « utile » des quatre énoncés de cette rubrique.

Par Christelle Didier

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Aux Etats-Unis, place aux ingénieurs « professionnels »

Le respect d’un code de déontologie ne concerne donc que les individus ayant choisi librement d’adhérer à une association professionnelle. Seul les Professional Engineers (PE) font l’objet d’un enregistrement légal.

En 2000, seuls 5% des un million et demi d’individus se faisant appeler ingénieurs aux USA étaient détenteurs de ce titre (surtout des ingénieurs civils, mais également des mécaniciens et des électriciens).

Le PE dispose d’un sceau qui est obligatoire pour effectuer certains actes protégés. Il doit être enregistré auprès du Bureau de l’Etat fédéral dont il dépend. Ces Bureaux qui disposent théoriquement d’un pouvoir de contrôle sur les PE ont tous adoptés des critères déontologiques de conduites professionnelles. Cependant, il convient de nuancer le pouvoir de ces State Boards dans la pratique, car ils souffrent d’un important manque de moyens pour mener des investigations auprès des éventuels contrevenants.

Parmi les sanctions disciplinaires, on peut lire qu’un PE a vu sa licence suspendue pour quatre ans. Il a du réaliser 400 heures de travail d’intérêt général et suivre un cours de déontologie par correspondance pour avoir été convaincu de détournements d’argent.

La National Society of Professional Engineers (NSPE) a été créée en 1934 pour promouvoir l’idée d’un registre des ingénieurs, aider à la création de State Board dans les Etats où ils n’existaient pas et promouvoir l’adoption de loi créant des licences professionnelles pour les ingénieurs.

La NSPE qui avait adopté dans un premier temps le code de déontologie de l’ECPD (devenu l’ABET), a finalement choisi en 1954 d’en avoir un en propre qu’elle a révisé plusieurs fois depuis. Elle est dotée d’un comité d’éthique (Board of Ethical Review) qui est le plus actif des Etats-Unis.

Les réponses que donne ce comité aux questions éthiques que ses membres lui soumettent, publiées très régulièrement dans la revue Professional Engineer et accessibles en ligne, sont même considérées comme une ressource importante par de nombreux chercheurs dans le domaine de l’éthique professionnelle des ingénieurs.

 

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Nintendo développe des instruments pour améliorer la qualité de vie avec l’américain Resmed

« Le premier thème de la qualité de vie, c’est la santé », a expliqué M. Iwata lors d’une conférence de presse.

« La santé, c’est notamment éliminer la fatigue », a poursuivi le patron de la firme qui n’est pas au mieux de sa forme depuis quatre ans.

« Tout le monde a besoin de sommeil, tout le monde se fatigue. Le fait de bien dormir ou non a une grande influence sur l’état de santé », c’est pourquoi Nintendo veut proposer des appareils qui permettent de façon simple d’évaluer précisément comment on dort.

Selon Nintendo, même s’il existe déjà des moyens de mesurer le sommeil, c’est trop contraignant, pas assez amusant. Le groupe veut proposer des produits « qui ne se portent pas sur soi, sont sans contact, sans action à effectuer (sinon dormir), sans attente et sans effort d’installation ».

Le partenariat avec Resmed doit permettre de développer des produits, bénéficiant des technologies médicales et du savoir-faire de cette société, à l’adresse du grand public que connaît parfaitement Nintendo, a argué M. Iwata.

La firme de Tokyo dit en outre travailler avec plusieurs professeurs japonais.

Le but final est de développer ainsi une « plateforme d’augmentation de la qualité de vie », comprenant non seulement les instruments de mesure, mais aussi une base de données en ligne et un lien avec les consoles de jeu du groupe, entre autres appareils connectés.

Lors d’une conférence de presse en janvier, M. Iwata avait déjà promis de l’inédit pour 2015-2016, avec un accent mis sur la santé ludique, un sujet qui intéresse un large public.

Cette voie avait été ouverte il y a quelques années avec le Wii Fit, une sorte de pèse-personne qui permettait diverses activités physiques en association avec la console Wii, ou encore avec les jeux d’entraînement cérébral (Quel âge a votre cerveau ?).

Nintendo, une maison centenaire initialement spécialisée dans les jeux de cartes, va encore se « métamorphoser » pour s’adapter aux circonstances, assure M. Iwata.

Reste que les investisseurs à la Bourse de Tokyo n’ont guère été convaincus par la prestation de M. Iwata: l’action Nintendo n’a finalement gagné que 1% après avoir pourtant bondi de 7,7% en début de matinée au lendemain de l’annonce de résultats semestriels meilleurs qu’espéré.

Dans les toutes premières minutes, le titre Nintendo affichait un gain de 860 yens à 11.980 yens (+7,73%), avant de se dégonfler pour retomber à 11.235 yens (+115 yens ou 1,03%) à la clôture, après des déclarations du patron sur la stratégie du groupe.

kap/ros

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Amazon est-il en train de s’essouffler ?

Les investisseurs tirent la sonnette d’alarme. Leur patience a atteint ses limites et ils commencent à douter que le modèle économique d’Amazon devienne rentable. Les raisons de cette défiance ? L’absence de bénéfice. En effet, malgré une croissance à 2 chiffres insolente, plus de 277 millions de clients, un chiffre d’affaire de 60 milliards de dollars en 2013, Amazon vient d’annoncer une perte nette de 437 millions de dollars ! Une énième déception qui entame la confiance des investisseurs, lassés de patienter devant des choix stratégiques audacieux certes, mais qui peinent à rapporter. Dans les heures qui ont suivi la publication des chiffres, l’action a dévissé de 8,3% à 287,06$. Ce même action valait 407,50$ en janvier, soit une chute de 30% en moins d’un an.

Car Amazon n’est pas une entreprise comme les autres. Son fondateur, Jeff Bezos, est convaincu que détenir le plus de parts de marché est fondamental, quitte à faire passer la rentabilité au second plan.  Depuis 1995 et ses pertes colossales avec -60% de rentabilité, -52% en 2000, le mastodonte a enfin atteint l’équilibre en 2003 avec une rentabilité de 0.02%. Faible, mais encourageant. D’autant qu’en 2008, Jeff Bezos parvenait à porter la rentabilité à 3.3%, résultat confirmé en 2010 avec 3.4%. Malheureusement, impossible de maintenir le niveau et depuis 4 ans, Amazon peine à garder la tête hors de l’eau. L’année 2013, avec 0,4% de rentabilité, se révèle être le calme avant la tempête de 2014 et ses pertes  abyssales. D’autant plus que la croissance du chiffre d’affaire s’érode elle aussi, malgré la période pourtant propice au commerce liée aux fêtes de fin d’années.

Les parts de marché au détriment de la rentabilité

Pourquoi Amazon n’arrive toujours pas à gagner de l’argent ? Deux raisons expliquent ce paradoxe. Tout d’abord Jeff Bezos accorde peu d’importance à la marge et s’attache à développer sa clientèle, à l’image de son comportement dans le domaine de l’édition. Véritable cauchemar des libraires, Amazon représente 60% de part de marché du livre numérique aux USA, pendant qu’il représente les deux tiers des ventes en ligne en France. Sauf que, toujours dans son optique de gagner des parts de marché, Amazon n’hésite pas à vendre à perte ou quasiment. En France par exemple, Amazon propose systématiquement 5% de réduction sur les livres, le maximum autorisé. Mais les frais de port sont offerts ! De quoi séduire les clients, mais sans faire rentrer d’argent dans les caisses. Cette exemple illustre parfaitement la politique de casser les prix pour faire gonfler le fichier client et tuer la concurrence. On verra plus tard pour les bénéfices. Sauf que « plus tard », les actionnaires ont décidé que c’était « maintenant » !

Des diversifications coûteuses

De plus, Amazon réalise de  nombreux investissements qui plombent les résultats économiques. Ces derniers visent dans un premier temps à développer les activités existantes et à accompagner les besoins en logistiques galopants du fait de la croissance très forte de l’entreprise. Ces dépenses sont nécessaires. En parallèle, Amazon tente de se diversifier. En 2007, sa liseuse Kindle est un succès. Malheureusement, Jeff Bezos n’a pas renouvelé l’exploit avec son téléphone maison. Le Fire Phone a été un fiasco retentissant malgré les centaines de millions de dollars dépensés dans le projet.  Autre secteur dans lequel se lance Amazon et où personne ne l’attendait, l’alimentaire ! Jeff Bezos teste déjà Amazon Fresh à Seattle, San Francisco et Los Angeles. Amazon a aussi décidé de se lancer dans la vidéo en ligne et la production de contenu.

A ce jour, Amazon n’a même pas réussi à faire vaciller le n°1 du secteur, Netflix et ses 50% de part de marché américain. L’ogre persévère et  s’intéresse aussi aux geek, plus particulièrement aux jeux vidéo. Jeff Bezos n’a pas hésité à mettre 970  millions sur la table pour s’approprier Twitch.com, une plateforme qui permet de regarder des joueurs évoluer en pleine partie de Counter-Strike ou League of Legends par exemple. L’objectif à peine dissimulé d’Amazon est de taquiner l’hégémonie de Google dans le domaine de la publicité en ligne. Un véritable défi puisque Google atteint 31% de part de marché quand Amazon est à …0,63%.

Seul secteur vraiment rentable, le stockage de données. Sa branche Amazon Web Services (AWS) existe depuis 2006 et a connu un véritable succès. Initialement lancé pour rentabiliser ses serveurs, AWS détiendrait aujourd’hui 40% de part de marché du Cloud computing, un secteur avec des marges d’environ 30%. De quoi faire patienter les investisseurs ? Pas si sûr car la concurrence se développe et grignote petit à petit les marges.

Décidément, Amazon traverse une mauvaise passe, et nul ne peut prédire ce qu’il sera en 2015. Seule certitude, Jeff Bezos est attendu au tournant par des actionnaires à bout.

Par Audrey Loubens

Une majorité de Français séduits par les voitures autonomes (enquête)

Selon un baromètre du comparateur d’assurances Hyperassur.com, 51% des personnes interrogées pensent que la voiture autonome est « l’avenir de l’automobile avec moins de stress en voiture, une conduite plus économe et plus sûre ».

Les voitures autonomes, se conduisant toutes seules sur tout ou partie d’un trajet, sont une technologie sur laquelle travaillent de nombreux constructeurs. Leur arrivée sur le marché est annoncée pour la fin de la décennie actuelle et leur généralisation d’ici à 2030.

Cette perspective provoque encore des résistances, selon Hyperassur, qui a interrogé 1.336 internautes âgés de 35 à 50 ans, dont deux tiers d’hommes: 28% affirment que les automobiles autonomes signeront « la fin du plaisir de conduite et la standardisation des voitures ». Et 21% pensent que cette technologie constitue « un moyen pour les constructeurs d’augmenter le prix des voitures ».

Toujours dans le domaine de la technologie embarquée, 64% des personnes interrogées affirment que les « voitures connectées » à un réseau représentent « un progrès » et 36% « un danger ».

Les sondés sont plus partagés au sujet de l’installation de « boîtes noires », enregistreurs de données, dans leurs véhicules: pour 45% d’entre eux, cela permettrait « d’améliorer la sécurité des usagers de la route avec un effet dissuasif sur les comportements à risques », mais 38% s’inquiètent d’une nouvelle atteinte aux libertés et d’un accroissement de la surveillance.

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Les diodes, au maximum de leur finesse

Alors que la course à la miniaturisation bat plus que jamais son plein, une équipe de chercheurs de l’université de Washington a annoncé la mise au point d’une diode électroluminescente dont l’extrême finesse – pas plus de trois atomes d’épaisseur – serait, à les entendre, totalement indépassable.

L’existence de diodes de cette taille pourrait avoir un intérêt crucial dans la conception des futures générations d’appareils électroniques portables et intégrés, comme aime à le rappeler Xiaodong Xu, professeur de physique, de science des matériaux et d’ingénierie électrique qui a dirigé l’équipe universitaire américaine.

Une découverte au potentiel gigantesque

Dans un article dont il est coauteur et publié dans la revue scientifique Nature Nanotechnology, le professeur Xu note que ces DEL extra fines sont évidemment ultralégères, mais aussi semi-transparentes ainsi que flexibles, qualités loin d’être négligeables lorsqu’il s’agit de les intégrer à un dispositif portable. Au cœur de cette découverte, un matériau : le diséléniure de tungstène – deux atomes de sélénium pour un atome de tungstène, WSe2 – qui n’a pas fini de faire parler de lui.

Au centre d’une autre étude universitaire, ce composé chimique pourrait bien également révolutionner le domaine des cellules solaires, puisque les couches ultra minces et semi-transparentes pourraient recouvrir tous types de surfaces, épousant au plus près les formes sans rien occulter, utilisant cette fois-ci la lumière pour produire de l’électricité.

Autre intérêt de taille : la très faible épaisseur de ces diodes pourrait leur permettre de remplacer les électrons par des signaux optiques dans certains types de puces miniatures, provoquant alors un échauffement moins grand.

Des similitudes avec un illustre aîné, qualifié de « matériau miracle »

Le diséléniure de tungstène est séparé en fines couches grâce à une méthode devenue mondialement célèbre puisqu’elle a permis l’élaboration d’un autre matériau au très fort potentiel, matériau au centre de très nombreuses recherches et études scientifiques ces dernières années, le graphène.

La technique, dite du « rouleau de scotch », consiste purement et simplement en un épluchage méticuleux de couches de diséléniure de tungstène à l’aide de la fameuse bande adhésive. Cette technique, qui semble pour le moins cavalière et peu rigoureuse scientifiquement parlant, a néanmoins fait ses preuves à maintes reprises.

Le graphène tient toujours le haut du pavé, mais semble peu pratique pour créer du photovoltaïque en raison de ces états électroniques, comme le rappelle Thomas Muller, de l’université de Technologies de Vienne, commentant le volet photovoltaïque de la découverte.

Qualifié – à tort ou à raison – de « matériau miracle », rappelons que le graphène est un cristal bidimensionnel de carbone, composé d’une simple couche sans défaut, et dont les atomes sont arrangés sous la forme d’un treillage hyper-régulier (de type rayons de nid d’abeille) et dont l’utilisation à l’échelle nano, au même titre que l’utilisation de ces fines couches de diséléniure de tungstène, pourrait changer la donne.

Par Rahman Moonzura

Contrôler le spin grâce aux isolants topologiques

Les propriétés des isolants topologiques, isolants à l’intérieur et conducteurs en surface,  sont scrutées de près pour leur capacité à conduire à la surface des électrons au spin polarisé. En étudiant du Bi2Se3 , Hugo Dil et son équipe ont découvert que l’état de spin à la surface de cet isolant topologique ne variait pas avec son épaisseur. Autrement dit, le passage d’un élément à deux dimensions à celui d’un composant en 3 dimensions n’affecte pas le spin. Plus précisément, la polarisation du spin n’est pas une propriété qui apparait brutalement lorsque l’on passe de la 2D à la 3D, mais se développe de façon progressive à partir d’un état préexistant.

 Hugo Dil, Professeur à l’Ecole Polytechnique de Lausanne, a utilisé le rayonnement Cynchrotron pour analyser ces échantillons. Les chercheurs suisses ont fait croître du Bi2Se3 sur un substrat de InP(111) un matériau connu pour être de bonne qualité. La couche naturelle d’oxyde de l’InP(111) a été retirée par trempage dans de l’acide hydrofluorique. Tout le long de la croissance, la température du substrat était de 300°C, et ce pour tous les échantillons. Ceux-ci ont ensuite été refroidis in situ à environ 15°C pour être finalement recouvert avec du sélénium amorphe. Ce dernier ayant pour but de protéger les échantillons lors du transport. Plusieurs ont été préparés, avec des épaisseurs de Bi2Se3 allant de 2 à 6 fois celle de couches quintuples.  Direction le SLS, Source de lumière synchrotron suisse, pour des mesures par spectroscopie angulaire d’électrons photo-émis. « Il nous a fallu environ deux jours de mesures par échantillons » indique Hugo Dil, précisant que « Cette technique de mesure, la seule permettant une mesure directe,  est lente mais efficace ». Une patience récompensée puisque les observations des scientifiques ont fait l’objet d’une publication dans la revue Physical Review Letters. Ils ont ainsi pu mettre en évidence que le contrôle de l’état de spin était liée à l’interface entre la couche d’isolant et le substrat. Ceci laisse entrevoir que le choix du matériau comme substrat est un paramètre de contrôle. Au contraire, l’épaisseur de la couche d’isolant ne modifie pas l’état de surface.

A ce jour, il n’est pas possible de maîtriser la polarisation du spin, mais ces mesures lèvent le voile sur des comportements prometteurs, avec en ligne de mire la fabrication de composants spintroniques pour lesquels l’état de spin peut être anticipé.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Hydrocarbures liquides: les Etats-Unis s’installent comme 1er producteur mondial

Ce passage de relais au sommet de la hiérarchie des producteurs d’hydrocarbures liquides est en réalité effectif depuis avril dernier, mois au cours duquel les Etats-Unis ont produit 11,58 millions de barils par jour (mbj) contre 11,31 mbj pour l’Arabie Saoudite, selon les dernières données révisées de l’AIE que l’AFP s’est procurées.

En mai, juin, juillet, août et septembre, les Etats-Unis ont produit respectivement 11,57 mbj, 11,85 mbj, 11,71 mbj, 11,78 mbj et 11,97 mbj.

L’Arabie Saoudite a elle produit ces mêmes mois, 11,44 mbj, 11,499 mbj, 11,75 mbj, 11,44 mbj et 11,47 mbj.

Ainsi, sauf en juillet, les Etats-Unis ont surpassé l’Arabie Saoudite et pour Colette Lewiner, cette situation « est amenée à durer ».

« Les gisements (américains) commencent à peine à être exploités et il vont produire davantage. Nous ne sommes pas dans une bulle contrairement à ce qui peut être dit », a-t-elle affirmé à l’AFP.

Cette hausse spectaculaire de la production américaine est due au boom récent du pétrole non conventionnel.

Elle a aussi bénéficié des prix élevés du pétrole qui ont permis une exploitation rentable de ces gisements. Ce qui fait dire à certains experts qu’une baisse des prix du brut pourrait annihiler ce phénomène.

« Si les prix baissent encore de 10 ou de 15 dollars », l’exploitation des bassins de schiste « ne sera plus rentable et la croissance de notre production prendra fin », affirmait ainsi il y a quelques jours à l’AFP James Williams, expert de WTRG Economics.

Une hypothèse à laquelle ne croit pas Colette Lewiner, experte mondiale du secteur de l’énergie chez Capgemini.

« Certains gisements sur lesquels les investissements les plus lourds ont déjà été faits peuvent résister à des prix de 65 à 70 dollars », a-t-elle jugé.

Si les Etats-Unis sont devenus les premiers producteurs d’hydrocarbures liquides, ils restent encore loin derrière la Russie et l’Arabie Saoudite en terme de production de brut seulement. Ces deux pays ont respectivement produit 10,6 mbj et 9,7 mbj en septembre contre 8,8 mbj pour les Etats-Unis, selon diverses sources officielles.

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« Les méthodes Agiles impliquent un dialogue constant entre l’équipe impliquée sur les aspects techniques du projet »

Entretien avec Ian Stokes, expert du réseau Techniques de l’Ingénieur en management et méthode agiles

Techniques de l’Ingénieur : Ian Stokes, qu’entend-t-on par méthodes Agiles ?

ianstokesIan Stokes : Il s’agit de méthodes de management de projets axées sur la synergie entre les équipes, les différents acteurs impliqués. Mais ce terme recouvre différentes méthodes, comme par exemple la méthode SCRUM, qui se distingue par le rôle du scrum master, correspondant au chef de projet, central au sein de l’équipe développant le projet, et le product owner, qui lui, va représenter les attentes du client, ou de l’utilisateur. En fonction de l’activité de l’entreprise, de la structure de l’équipe et des attentes du public auquel elle s’adresse, la méthode s’adapte, évolue, par exemple vers la méthode LEAN.

Pensées à l’origine pour l’informatique, les méthodes Agiles impliquent un dialogue constant entre l’équipe impliquée sur les aspects techniques du projet, et l’équipe représentant les attentes du marché visé, des utilisateurs. Et ce tant sur la valeur du produit que sur son coût, ses orientations stratégiques, etc. Elles s’appliquent donc à tous les métiers concernés par du développement de produit. Le scrum master doit ainsi avoir une vue large, être capable donc d’intégrer de nouvelles méthodes, de les faire évoluer. Ce qui n’est pas toujours une réussite.

Techniques de l’Ingénieur : Y a-t-il un réel besoin de ce type de méthodes chez les ingénieurs ?

Ian Stokes : Oui, mais peu sont conscients qu’ils pourraient ainsi atteindre une bien meilleure synergie entre ingénieurs, concepteurs et responsables commerciaux, et ainsi insuffler plus d’intelligence dans leurs projets. Il faut d’abord qu’ils prennent conscience de ces enjeux, pour ensuite adapter ces méthodes à leurs process.

Techniques de l’Ingénieur : Vous animez chez Techniques de l’Ingénieur une formation relative aux méthodes agiles, spécifiquement la méthode SCRUM décrite plus haut. Qu’est-ce qui la caractérise ?

r_unionIan Stokes : Son contenu est adapté aux profils des participants, en partant d’une trame de base bien évidemment, pour bien comprendre les différents rôles au sein de cette méthode. Et si l’expérience des participants le justifie, nous poussons vers des aspects plus stratégiques.

Le tout à travers notamment des cas concrets, en suivant une pédagogie très active, très visuelle, à l’instar des méthodes Agiles elles-mêmes.

Techniques de l’Ingénieur : Vous participez également à un cycle de formation concernant le management de projet technique. Pouvez-vous nous en dire un mot ?

Ian Stokes : Il porte plus sur les bases du management de projet, de façon plus générale, mais non « classique » pour autant, car en constante évolution. Cela s’adresse spécifiquement aux ingénieurs concernés par la production, logistique, les technico-commerciaux. Mais toujours dans un esprit de pédagogie active : c’est dans l’interactivité que l’on intéresse les stagiaires, et ainsi qu’ils s’approprient ces nouvelles méthodes.

Ian Stokes est spécialisé dans le management de projet depuis les années 1980. Consultant indépendant et formateur professionnel, il a exercé des fonctions de responsable qualité en industrie dans des domaines tels le ferroviaire, l’automobile, l’électronique, ou encore la pétrochimie. Commercial à l’origine, il s’est ainsi spécialisé dans le management du changement, le développement de produits et l’innovation, notamment dans le développement de nouvelles méthodes pédagogiques et de management, telles les méthodes Agiles.

Revue du web #68 : les vidéos les plus étonnantes de la semaine

Cette semaine dans la revue du Web :

  • Timelapse de l’assemblage d’un Boeing 787-9, le fameux « Dreamliner » ;
  • Démolir un immeuble en couleurs (et en s’amusant) ;
  • Une goutte d’alcool « intelligente » se fraye un chemin dans un labyrinthe ;
  • La magie des réactions chimiques, en 4K ;
  • Le gadget (inutile?) de la semaine : la robe iPhone 6 ;
  • Bonus : trouver une parade au « BendGate » ;
  • Rab de bonus : Drone vs. Wild, la victoire de la nature.

Timelapse de l’assemblage d’un Boeing 787-9, le fameux « Dreamliner »

Pour débuter notre soixante-huitième Revue du Web, rien de tel qu’un petit timelapse pour se mettre d’applomb. Pour célébrer les trente ans du premier vol commercial de Virgin Atlantic (Londres Gatwick – New-York Newark, le 22 juin 1984) la compagnie aérienne a décidé de baptiser son premier Boeing 787-9 « Birthday Girl ». Ce 787-9, le fameux « Dreamliner », qui est également le tout premier en Europe, fera la liaison entre Londres Heathrow et Boston, avec un vol inaugural prévu le 28 octobre. Cette « Birthday Girl » traversera l’Atlantique six fois par semaine, en consommant selon la compagnie de Richard Branson de 20 à 30 % de carburant en moins par passager.

L’assemblage du long-courrier se déroule sous nos yeux, un chef d’œuvre de minutie quand on sait qu’il aura fallu la bagatelle de neuf jours pour seulement… le peindre. Ce timelapse vient en écho à un autre timelapse, celui de l’assemblage du Wendelstein 7-X, un réacteur à fusion nucléaire dont nous vous parlions ici.

Démolir un immeuble en couleurs (et en s’amusant)

Démolir un immeuble requiert beaucoup plus de savoir-faire que ce qu’il pourrait paraître… Une équipe de dynamiteurs s’est occupée avec style d’un hôtel de 11 étages datant des années 20, à Albany, capitale de l’état de New-York, afin de laisser place nette pour un futur centre de conférence. La démolition s’est faite avec style, sous les acclamations d’une foule de curieux placés à bonne distance.

La juste quantité d’explosifs et la disposition de ceux-ci sont des éléments primordiaux pour une démolition en bonne et due forme. On se souvient que l’année dernière, en Australie, l’équipe chargée de la démolition d’un silo de 4000 tonnes s’y était prise comme un manche, et avait dû y aller à l’excavatrice géante pour terminer le travail et faire définitivement tomber cette drôle de tour de Pise.

Une goutte d’alcool intelligente se fraye un chemin dans un labyrinthe :

Susciter l’intérêt des internautes avec une vidéo de chimie pourrait sembler être mission impossible. Et pourtant, des chercheurs tchèques y sont parvenus, avec une petite polémique à la clé, en montrant une goutte d’un alcool gras insoluble dans l’eau (le décan-1-ol, de formule semi développée CH3(CH2)8CH2OH) se frayer un chemin dans un labyrinthe immergé dans de l’eau savonneuse, jusqu’à une goutte de sel. Pour en savoir plus sur cette vidéo sans trucage, vous pouvez faire un tour sur l’article de notre journaliste.

La magie des réactions chimiques, en 4K

Puisqu’on vous dit que les vidéos de chimie ont le vent en poupe… Sobrement baptisée « Beautiful Chemical Reactions », cette vidéo pourrait bien faire monter en flèche la cote d’amour de cette discipline scientifique. Pas besoin de posséder la moindre connaissance en chimie, même élémentaire, le premier venu pouvant se pâmer d’admiration devant cette succession de magnifiques tableaux animés. S’enchaînent alors des réactions dont les arborescences peuvent rappeler des flocons de neige, des précipités laiteux et colorés, la croissance de superbes jardins chimiques – ions métalliques à faible dose noyés dans une solution de silicate de sodium et d’eau – offrant entre autres des structures stalagmitiques, de magnifiques cristallisations, et des gouttelettes fluorescentes au groove plutôt incertain.

Les images, tournées conjointement par les équipes de l’université chinoise des Sciences et Technologies ainsi que par la prestigieuse université Tsinghua, ne sont pas seulement renversantes de beauté, mais elles ont également été tournées à l’aide d’une caméra macro UltraHD 4K. Le format 4K est un format d’image numérique, utilisé principalement dans le domaine du cinéma numérique, dont la définition est environ quatre fois supérieure à celle du HD 1080p (elle offre une résolution de 3840 par 2160 pixels, ce qui correspond à un ratio 16/9). Un écran 4K compte près de 2033 % de pixels en plus qu’un écran de télévision standard, et 326 % de pixels en plus qu’une télévision HD.

Le gadget (inutile?) de la semaine : la robe iPhone 6

Rarement le gadget (inutile?) de la semaine n’aura aussi bien porté son nom… Pour conclure notre soixante-huitième Revue du Web, rendons visite au styliste américano-iranien Elie Tahari, qui a eu la bonne idée de rendre hommage au nouveau smartphone d’Apple en dessinant une robe… du meilleur goût. N’ayons pas peur des mots, le styliste – dont la marque éponyme brasserait un chiffre d’affaires annuel de près de 500 millions de dollars – a eu une fulgurance : la robe iPhone 6.

Élaborée en « tissu techno », l’élégante robe noire laisse la part belle au smartphone du géant américain, dont une quinzaine d’exemplaires (cousus directement dans la robe) viennent rythmer la pureté de la silhouette. Présentée lors de la Fashion Week à New York, cette robe devrait pouvoir ravir quelques pionniers, les fashionistas ayant à la fois un sens accru de la mode et un amour inconditionnel des produits Apple. Ou Lady Gaga.

Bonus : trouver une parade au « BendGate »

Restons dans la thématique de l’iPhone 6, pour notre premier bonus de cette Revue du Web. Comme tous les produits estampillés Apple, l’iPhone 6 vient conforter le clivage entre pro et anti-Apple, sans pour autant que l’un ou l’autre des camps ne viennent forcément donner des arguments valables. Le dernier né de la marque à la pomme a pourtant dû faire face à des problèmes sans précédents : le « BendGate » a ainsi vu le jour lorsque de nombreux utilisateurs de ce smartphone se sont plaints, photos à l’appui, de voir leur nouveau joujou se plier un peu trop facilement dans leurs poches de pantalons – trop serrés, les pantalons.

Les apprentis bricoleurs de « Peripatetic Pandas » proposent une solution très personnelle au « BendGate », qui ravira pour sûr tous les possesseurs de l’iPhone 6. Il faudrait vraiment faire preuve de mauvaise volonté pour réussir à plier son smartphone, s’il est pourvu de cette merveilleuse amélioration. On vous laisse juges !

Rab de bonus : Drone vs. Wild, la victoire de la nature

En bonus également cette semaine, voici une petite vidéo tournée dans le parc de Magazine Beach, dans la ville universitaire de Cambridge, près de Boston, par un drone – un quadricoptère, pour être plus précis – dont le vol a été quelque peu perturbé… par une buse à queue rousse, un petit rapace assez commun en Amérique du Nord. Le propriétaire du drone, un certain Christopher Schmidt, assure que le petit oiseau de proie n’aurait pas été blessé par le quadricoptère. Le drone serait également sorti indemne de la confrontation. Indemne, mais définitivement vaincu.

Par Moonzur Rahman

Impression 3D par stéréo lithographie de 3D Systems [Publi reportage]

Les tout premiers adeptes, comme les écuries automobiles, l’ont bien compris.

Au départ, ce n’était que  pour la production de pièces prototypes pour les essais en soufflerie (grâce à une impression 3D par stéréo lithographie (SLA) de 3D Systems).

Avec l’augmentation de la productivité des technologies SLA, les équipes redéfinissent désormais les pièces entre les courses, en les imprimant au cours de la nuit pour les avoir le lendemain lors des essais en soufflerie – tout cela pour que les voitures puissent bénéficier des nouveaux concepts dès la course suivante.

Les grands équipementiers de l’automobile et de l’aérospatial ont fortement intégré l’impression 3D dans leurs procédés afin de réduire les délais de développement,  d’alléger le poids des véhicules, des avions, entre autres.

D’autant que l’impression 3D plaît à ceux qui sont audacieux au point d’envisager une personnalisation de masse des véhicules.

Quickparts est un service sur demande de prototypage rapide et de fabrication rapide proposé par 3D Systems.

Sa gamme de technologies d’impression 3D crée des pièces en plastique et en métal. Chaque technologie comporte des matériaux répondant à différents marchés et applications, notamment la création de pièces fonctionnelles en métal et en nylon, des pièces prototypes SLA ou Multijet (  multi-matériaux ou mono-matière ).

Les services Quickparts sont fortement utilisés dans des industries comme l’automobile, l’aérospatial, le secteur médical, le transport, les biens de consommation, le secteur électronique, le secteur de l’énergie et bien plus encore.

Quickparts permet de créer rapidement des pièces prototypes ou de série, souvent en l’espace de 24 heures, sans avoir besoin d’outils. Pendant que les autres attendent leur outillage, vous pouvez  imprimer plusieurs versions de la pièce, chaque fois avec une conception légèrement améliorée.

Si vous souhaitez discuter de votre prochain projet et de vos besoins de prototypage rapide et de fabrication rapide, merci de visiter www.quickparts.com

3D SYSTEMS – ZA les petites Forges  72380 JOUE L’ABBE-FRANCE – Tel:+33 (0)2 43 51 20 30

Suivez en direct le départ de la capsule Dragon sur Nasa TV

La capsule non habitée Dragon de SpaceX a été lancée le 21 septembre et est amarrée à l’ISS depuis le 23 septembre. Après avoir livré près de 2,27 tonnes de vivres et de matériel de recherche, le vaisseau Dragon va repartir vers la Terre ce samedi 25 Octobre. Le détachement, prévu à 15h56 heure de Paris, sera piloté à partir du Centre spatial Johnson de la NASA à Houston. La chaîne Internet NASA TV couvrira en direct ce départ à partir de 15h30.
La capsule Dragon est le seul engin spatial de réapprovisionnement capable de revenir sur Terre intact. Et cette capsule ne reviendra pas sur Terre vide. Elle rapportera pas moins de 1,49 tonnes de cargaison, comprenant du matériel et de nombreux échantillons d’expériences scientifiques. Parmi ces derniers, la capsule transportera les premières salades de l’espace qui pourront être enfin analysées.
La capsule exécutera trois tirs de propulseurs pour s’éloigner de la station à une distance sûre pour le retrait de son orbite à 20h43. La capsule atterira dans l’océan Pacifique vers 21h40. Malheureusement, ni le retrait de son orbite ni l’amerrissage ne seront retransmis sur NASA TV.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Retour sur Terre de la navette américaine X-37-B dont la mission est tenue secrète

« X-37 fait du bon travail. Je ne peux pas vous dire en quoi cela consiste, mais il le fait bien ». Voilà ce que déclarait le Général William Shelton, de l’US Air Force au mois de mai à l’occasion d’une conférence portant sur l’espace. Classée top secret depuis 2004, la mission des navettes spatiale X-37 suit son cours. Le X-37 est un prototype de navette spatiale sans équipage engagé depuis 1999 par la NASA mais passé aux mains de la DARPA en 2004 suite à des coupes budgétaires. La même mésaventure économique se reproduit en 2006, contraignant la DARPA à transférer le projet X-37 à la force aérienne des Etats-Unis.

Le premier vol baptisé OTV-1 est lancé en avril 2010 pour une durée de 220 jours. L’engin revient sur Terre en mode automatique, l’atterrissage se déroule sans encombre. L’Armée de l’air, peu bavarde sur l’objectif de cette première mission, a seulement évoqué des tests des technologies et des composants à bord de l’appareil. Toujours dans la plus grande discrétion, un deuxième engin X-37B est lancé en mars 2011. Celui-ci séjournera 469 jours dans l’espace.

Le troisième vol est lancé le 11 décembre 2012. Pour la première fois, une navette est réutilisée puisque l’OTV-3 concerne le même X-37B que celui du vol OTV-1. Construit par Boeing, le X-37B fait 8,9 m de long, une envergure de 4,5 m et fait 2,9m de haut. Le tout pèse 5 000kg. Sa longévité est au cœur de la stratégie des X-37b et est assuré grâce à des batteries lithium-ion alimentées par des panneaux solaires en arséniure de gallium, un semi-conducteur plus performant mais aussi plus coûteux que le silicium.

Parmi les objectifs, militaires ou civils reconnus, l’aspect réutilisable de la navette semble important. Boeing a indiqué dans un communiqué que ses appareils X-37B étaient des appareils tests. Pour tester quoi ? Mystère. Des matériaux, des systèmes, des composants ? Probablement tout cela, dans un objectif de performance mais aussi d’optimisation des coûts.

Un prochain vol X-37B est d’ores et déjà prévu pour 2015. Toutefois, celui-ci pourrait être lancé du centre spatial Kennedy de la NASA.

Découvrez en images l’atterrissage de la navette X-37B ce 17 octobre en Californie :

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Climat: accord de l’UE pour réduire de 40% ses gaz à effet de serre d’ici 2030

« Accord! Au moins 40% de réduction d’ici 2030. Accord du Conseil européen sur une politique énergétique et de climat la plus ambitieuse au monde », a écrit le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, sur son compte Twitter.

Les 28 chefs d’Etat et de gouvernement se sont aussi entendus sur deux autres objectifs: porter la part des énergies renouvelables à 27% de la consommation, et 27% d’économies d’énergie, a précisé M. Van Rompuy. Le premier est contraignant, pas le second.

Les Européens, poussés notamment par l’Espagne et le Portugal, ont aussi décidé d’augmenter les « interconnexions » électriques au sein de l’Union, a précisé M. Van Rompuy.

« C’est une bonne nouvelle pour le climat, les citoyens, la santé et les négociation internationales sur le climat à Paris en 2015 », a-t-il dit, assurant que cela créerait « des emplois durables » et de la « compétitivité ».

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Google mise sur la réalité augmentée et l’intelligence artificielle

Le géant internet a ainsi participé cette semaine à une levée de fonds de 542 millions de dollars réalisé par Magic Leap, une startup de Floride qui espère grâce à cet argent frais accélérer le développement d’un produit commercialisable.

Magic Leap indique sur son site internet que Google était à la tête du groupe d’investisseurs qui a mis l’argent sur la table. Il comprenait également le fabricant de puces Qualcomm, le groupe de médias Legendary Entertainment (dans lequel vient d’investir le groupe japonais SoftBank) et plusieurs fonds dont KKR et le spécialiste du secteur technologique Andreessen Horowitz ont également participé à la levée de fonds.

Sundar Pichai, le vice-président de Google chargé notamment du système d’exploitation mobile Android, va en outre rejoindre le conseil d’administration de Magic Leap.

D’après le New York Times, l’injection de capital valorise à quelque 2 milliards de dollars cette startup, qui ne dispose actuellement d’aucun produit commercialisable et ne génère pas le moindre chiffre d’affaires.

Magic Leap dit toutefois vouloir utiliser les fonds « pour accélérer le développement de produits, sortir des kits de développement de logiciels, étendre son écosystème de contenus et commercialiser son propre accessoire portable mobile ».

– Révolutionner la communication –

La réalité augmentée consiste à introduire des images de synthèse dans le champ de vision de l’utilisateur. Sur son site, préfixé « il est temps de ramener la magie dans le monde », Magic Leap montre des images d’un éléphant niché dans la paume d’une main ou une baleine planant au dessus d’une plage.

Son patron-fondateur, Rony Abovitz, affiche son ambition de « transcender » la perception actuelle de l’informatique mobile et de la réalité virtuelle, afin de « révolutionner la manière dont les gens communiquent, font des achats, apprennent, partagent et jouent ».

Un autre grand nom de la high-tech américaine, le réseau social Facebook, a déjà investi dans ce domaine en rachetant cette année pour 2 milliards de dollar le spécialiste de la réalité virtuelle Oculus, qui a conçu un casque utilisable entre autres dans le domaine des jeux vidéo. Le patron de Facebook a affiché l’ambition d’en faire une plateforme de communication plus large, pour assister à des cours virtuels, consulter un médecin à distance ou faire des achats dans un magasin virtuel par exemple.

Google a pour sa part conçu un protype de lunettes connectées, les Google Glass, mais celles-ci servent surtout jusqu’ici à des tâches inspirées des smartphones, comme la réception ou l’envoi de message, la prise de photos…

Elles entrent dans le cadre de la diversification du groupe internet au-delà de ses activités traditionnelles de recherche et de publicité en ligne: il a notamment investi dans la robotique ou les drones par exemple.

Google s’était aussi lancé plus tôt cette année dans un autre domaine futuriste, celui de l’intelligence artificielle, en rachetant une startup londonienne spécialisée, DeepMind.

Cette dernière va accélérer ses efforts avec un partenariat annoncé jeudi avec des chercheurs de l’université de Oxford.

Les modalités financières du partenariat ne sont pas dévoilées, mais le co-fondateur de DeepMind, Demis Hassabis, évoque dans un message sur l’un des blogs officiels du groupe internet « une contribution importante ».

La recherche sera axée sur les manières de permettre aux ordinateurs de mieux comprendre ce qu’ils entendent et voient, pour potentiellement faire fonctionner des services comme des assistants virtuels ou des outils de recherche en ligne.

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Paraplégique, il peut à nouveau marcher grâce à une transplantation de cellules du nez

Lorsqu’il se fait poignarder dans le dos, Darek Fidyka voit sa vie basculer. Sa moelle épinière est sectionnée, rendant le pompier polonais paraplégique. A l’époque, Darek ne se doute pas un seul instant que sa vie va à nouveau  connaitre un tournant décisif en 2012, mais dans le bon sens cette fois.  En effet, Darek va être choisi pour tester une nouvelle technique censée « réparer » la moelle épinière. Découverte par l’Université College de Londres, cette méthode consiste à prélever des cellules du nez du patient pour les mettre en culture puis les implanter dans la moelle épinière.

Pourquoi le nez ? Parce que les cellules olfactives dites « engainantes »  ont la propriété de se régénérer en permanence pour lutter contre leur exposition à l’air et tout son cortège de particules, poussières, microbes qu’il draine.

L’opération a eu lieu en Pologne, à l’université médicale de Wroclaw. L’équipe du Docteur Pawel Tabakow a pratiqué une centaine de micro-injections de ces cellules à l’endroit de la lésion. Grâce à leur propriété régénérative, les cellules olfactives ont formé des filaments sur lesquels les cellules nerveuses de la moelle épinière du patient ont pu prendre appui et se reconstituer. Les cellules olfactives constituent une sorte de pont au dessus de la lésion, un lien nécessaire pour permettre aux fibres nerveuses abîmées de se réparer.

Avant l’opération, Darek s’est plié à une rééducation pré-opératoire intensive. 5 heures par jours, 5 jours par semaine, le premier paraplégique à retrouver l’usage de ses jambes a fait des exercices locomoteurs, sensoriels et de nombreux étirements. L’objectif de ces séances était double : préparer le corps à la rééducation post-opératoire et écarter toute guérison spontanée.

Les résultats sont exceptionnels puisque 6 mois plus tard Darek est déjà plus stable au niveau du haut du corps et ses muscles se sont renforcés. Il peut avancer en se tenant à des barres parallèles. Au bout de 11 mois, ses jambes sont suffisamment solides pour lui permettre de marcher sur plusieurs mètres. 19 mois après l’opération, Darek est capable de marcher à l’aide d’un simple déambulateur et peut même conduire. Des progrès incroyables grâce à une technique qui semble facilement reproductible et à moindre coût comparativement à des techniques mettant en œuvre des cellules souches par exemple.

Cette aventure a fait l’objet d’un reportage, To walk again,  qui a été diffusé pour la première fois sur BBC one le 21 octobre 2014.

Voici des extraits du reportage To walk again :

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Chine: un drone privé provoque le déploiement d’avions de chasse et de 1.200 soldats

Trois hommes ont été inculpés par la justice suite à l’incident, survenu en décembre dernier mais révélé récemment, a précisé le China Daily.

Selon les procureurs ayant instruit l’affaire, 1.226 membres de l’armée, 123 véhicules militaires, 26 techniciens spécialisés, deux hélicoptères et deux avions de chasses, avaient été rapidement dépêchés sur les lieux pour intercepter cet aéronef non identifié apparu sur les écrans radars.

La police a arrêté les deux hommes qui manipulaient le drone, tandis qu’un troisième a confessé ultérieurement sa part de responsabilité, selon le journal.

Tous trois travaillaient pour une entreprise de technologie aéronautique, et le drone de 2,6 mètres d’envergure qu’ils faisaient voler ce jour-là était destiné à des usages d’études topographiques et de cartographie, a ajouté le China Daily.

En raison de ce drone et de la mobilisation qui avait suivi, 10 vols au départ de l’aéroport de Pékin avait été retardés, provoquant des pertes financières de quelque 18.000 yuans (2.300 euros) pour la compagnie Air China, à en croire le quotidien.

La Chine interdit strictement tout vol d’aéronef –avec personne à bord ou télécommandé depuis le sol– sans autorisation préalable de l’armée, des autorités de l’aviation civile et du bureau local de contrôle du trafic aérien.

Ainsi, un photographe néozélandais avait réussi à prendre au printemps des images aériennes spectaculaires de la Cité interdite grâce à un petit drone… ce qui lui a valu d’être interpellé par les forces de police et conduit au poste pour s’expliquer.

Il avait été arrêté alors qu’il manoeuvrait l’appareil à proximité de Zhongnanhai, complexe ultra-sécurisé qui abrite le siège du gouvernement chinois. Il avait été remis en liberté le lendemain, mais son drone avait été confisqué.

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La comète Tchourioumov-Guérassimenko ne sent pas bon

Parmi ses instruments, Rosetta dispose en effet d’un spectromètre, « Rosina », capable d’étudier la composition de la chevelure de la comète, constituée des gaz et poussières éjectés du noyau sous l’effet du rayonnement solaire.

Même si la comète est encore à plus de 400 millions de kilomètres du Soleil, l’instrument a déjà pu reconnaître toute une série de molécules. Dans un premier temps, elle a détecté de l’eau, du monoxyde de carbone, du dioxyde de carbone, de l’ammoniaque, du méthane et du méthanol.

Elle a ensuite trouvé du formaldéhyde, de l’hydrogène sulfuré, du cyanure d’hydrogène, du dioxyde de soufre et du sulfure de carbone, a annoncé l’Agence spatiale européenne (ESA) sur le blog de la mission Rosetta.

« Le parfum de la comète Tchourioumov-Guérassimenko est plutôt fort, avec une odeur d’oeufs pourris (hydrogène sulfuré), d’écurie (ammoniaque) et l’odeur âcre, suffocante du formaldéhyde », décrit Kathrin Altwegg, principale responsable de l’instrument Rosina. « Tout ça mélangé avec l’arôme d’amande amère du cyanure d’hydrogène ».

« Ajoutez un relent d’alcool (méthanol) à ce mélange, associé à l’arôme vinaigré du dioxyde de soufre, et un soupçon du parfum doux et aromatique du sulfure de carbone, et vous arrivez au +parfum+ de votre comète », explique Kathrin Altwegg.

Au-delà de l’aspect anecdotique, « tout ça fait un mélange extrêmement intéressant d’un point de vue scientifique pour étudier l’origine des matériaux de notre Système solaire, la formation de notre Terre et l’origine de la vie », souligne-t-elle.

La sonde Rosetta doit accompagner la comète au moins jusqu’à son passage au plus près du Soleil, en août 2015.

Le 12 novembre prochain, l’ESA tentera de faire atterrir sur le noyau de la comète un robot laboratoire, Philae, une première dans l’histoire de l’exploration spatiale.

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Le Robot Poppy, la première plateforme humanoïde open source

Dans le cadre d’un projet européen de recherche sur les mécanismes d’apprentissage et de développement cognitif de l’enfant, des chercheurs du Flowers Lab de l’Inria de Bordeaux ont conçu Poppy, un robot humanoïde leur permettant, notamment, d’étudier les mécanismes de la marche et de la locomotion, en les modélisant. Ainsi, Poppy permet d’étudier le rôle de la morphologie du corps dans le développement cognitif, et en particulier dans la génération de mouvements d’adaptation, ainsi que l’interaction physique et sociale avec l’environnement.

Poppy, 84 cm de haut pour 3,5 kilos, est particulier : les parties de son corps (bras, jambes, articulations, capteurs), sa morphologie et ses composantes mécaniques et électroniques peuvent être changées, comme autant de “modules”. Il ne s’agit donc pas d’un simple robot, mais d’une “plateforme” robotique, tel un “ensemble de briques hardware/software”, permettant d’inventer son propre robot – à partir d’une imprimante 3D et de pièces Arduino (un circuit imprimé en matériel libre). 

Programmable en langage python (un langage de programmation libre), Poppy est open source – ses plans sont disponibles en ligne, téléchargeables sur le site du projet.  “Changer le corps d’un robot prend du temps et de l’argent, il faut mobiliser toute une équipe, mais avec notre plateforme, cela ne prend que 2 ou 3 jours”, indique Pierre-Yves Oudeyer, directeur de recherche à l’Inria, qui coordonne le projet. 

Une plateforme de prototypage

Pour les scientifiques et les laboratoires, “cela représente une chance pour pouvoir prototyper et expérimenter leurs idées rapidement et à bas coût, puisque ce robot, dans sa version actuelle, ne coûte que 7000 euros – un coût relativement bas comparé aux plateformes robotiques classiques”, note Matthieu Lapeyre, ingénieur de recherche au Flowers Lab. Des accessoires peuvent être ajoutés au robot, tels que des LEDs, des caméras ou des capteurs lui permettant, par exemple, d’interagir avec son utilisateur.

Poppy a dépassé le contexte scientifique de départ, pour inspirer des artistes (sculpteurs), des entreprises, mais aussi le monde de l’éducation. Ainsi, les écoles d’ingénieurs et les lycées peuvent-ils utiliser cette plateforme robotique modulaire, qui leur permet de combiner plusieurs disciplines (mécanique, informatique, électronique, impression 3D) en un seul outil pédagogique. 

Depuis septembre, Poppy, première plateforme de robotique humanoïde open source au monde, est utilisée par des lycées, des écoles d’ingénieurs (notamment l’ENSAM (École nationale supérieure d’arts et métiers – Arts et Métiers ParisTech), et des Fab Lab, qui veulent créer un robot leur permettant de mieux comprendre l’autisme. Le projet Poppy a aussi mis en place un forum permettant aux écoles, aux chercheurs et aux artistes de partager leurs idées, pour améliorer le robot.

Par Fabien Soyez, journaliste scientifique

5 voitures hybrides croisées au salon de l’auto

Toyota Yaris Hybride Essence-électrique

La première hybride Toyota, la Prius, a été commercialisée en France en 2000. Aujourd’hui, la marque japonaise propose six modèles hybrides : Yaris, Auris, Auris Touring Sports, Prius, Prius Rechargeable et Prius+. Toyota a lancé en septembre  un modèle restylisé, la Toyota Yaris 2014, qui porte encore le label « Origine France Garantie ». La Yaris reste la seule citadine full hybride du marché et est la voiture hybride la plus vendue du marché. En mode 100% électrique, l’autonomie est de 3-4 km pour une vitesse maximale de 50 km/h. La pointe est de 165 km/h en mode thermique. Consomme 3,6L/100 km et émet 82gCO2/km. A partir de 19 032 €, bonus écologique non déduit.

 

Ford Mondeo Hybride Essence-électrique

La Ford Mondeo est disponible aux Etats-Unis depuis 2012, mais n’a débarqué en France qu’en septembre 2014. Elle offre 177 chevaux grâce à son moteur 2,0 litres essence et un bloc électrique avec des batteries de 1,4 kWh. Elle consomme 4,2L/100 km et émet 99 gCO2/km. Vendue à partir de 33 700 € euros, bonus écologique non déduit. Une version hybride rechargeable est également prévue mais sa commercialisation en Europe n’est pas encore annoncée.

 

Peugeot Nouvelle 3008 Hybrid 4 Diesel-électrique

Entre berline et monospace, ce crossover hybride associe le moteur électrique d’une capacité maximum de 27 kW (37 ch) et un moteur Diesel, 2.0 l HDi FAP de 120 kW (163 ch). Ils fonctionnent alternativement ou simultanément selon les modes de conduite. Le mode électrique permet de rouler à 120 km/h maximum. Une molette de sélection située sur la console centrale permet au conducteur de choisir entre quatre modes de conduite : ZEV pour rouler en tout électrique, Auto pour optimiser la consommation, Sport pour rendre disponible les 200 ch et 4WD pour rouler en tout terrain. Pour cette nouvelle édition 2014, son esthétique a été améliorée. Elle consomme 3,3L/100 km et émet 85 gCO2/km. A partir de 36 450 €, bonus écologique non déduit.

 

Volkswagen Nouvelle Golf GTE Hybride Essence-électrique Rechargeable

La Golf GTE Hybride de Volkswagen sera commercialisée en Décembre 2014. Son moteur électrique de 75 kW est associé à un moteur essence turbo de 110 kW. Selon les choix du conducteur et/ou les conditions de circulation, la voiture fonctionne soit en mode thermique, soit en mode tout électrique, soit en combinant les deux motorisations. L’autonomie en mode tout électrique est de 50 km et sa vitesse maximale de 130 km/h. En mode hybride, la vitesse maximale est alors de 222 km/h et l’autonomie maximum théorique peut atteindre 939 km ! Cette voiture hybride consomme 1,7L/100 km et émet 39 gCO2/km. A partir de 34 500 euros, bonus écologique de 4 000 euros pour un véhicule hybride rechargeable déduit.

 

Mercedes Benz Classe S500 Hybride Essence-électrique Rechargeable

Il s’agit du premier véhicule hybride rechargeable du constructeur allemand. Son autonomie électrique est de 33 km. Sa puissance maximale thermique est de 245 kW et sa puissance électrique de 85 kW, pour une vitesse maximale de 250 km/h (thermique) et de 140 km/h (électrique). Cette voiture peut consommer 2,8L/100 km et 65gCO2/km. Affichée au prix de 112 800 euros, elle bénéficie d’un bonus écologique de 3 300 euros. Cette berline  devrait être suivie chez le constructeur par 9 autres modèles hybrides rechargeables d’ici 2017.

Par Matthieu Combe

« Ig Nobel » 2014, le palmarès de l’absurde scientifique

« On récompense des écrivains parfois pour leur œuvre. Pourquoi n’en punit-on jamais ? » écrivait Jules Romain dans Amitiés et Rencontres. Les prix Ig Nobel ne sont pas vraiment une punition, mais ils viennent chaque année, en marge des véritables prix Nobel, récompenser (sanctionner ?) des travaux, des découvertes de scientifiques et chercheurs relevant souvent du cocasse, de l’inutile, de l’absurde voire même de l’improbable ou du nuisible. C’est la revue scientifique et humoristique américaine Annals of Improbable Research qui est chaque année à l’instigation de ces prix, touchant des sujets qui « font d’abord rire les gens, puis les font réfléchir ».

La saison des prix Nobel vient de se terminer, les récompenses ont toutes été décernées dans le vacarme médiatique habituel – et mérité :

  • prix Nobel de physique aux Japonais Isamu Akasaki, Hiroshi Amano et à l’Américain Shuji Nakamura pour l’invention de la diode électroluminescente bleue, dont nous vous parlions ici.

  • prix Nobel de chimie à Eric Betzig et William Moerner (Etats-Unis), ainsi qu’à Stefan Hell (Allemagne) pour le développement de la microscopie en épifluorescence à très haute résolution ;

  • prix Nobel de médecine attribué au trio John O’Keefe (États-Unis/Grande-Bretagne), May-Britt Moser et Edvard Moser (Norvège) pour leurs travaux sur les « cellules constituant un système de géoposition dans le cerveau » ;

  • prix Nobel de littérature pour le Français Patrick Modiano ;

  • prix Nobel d’économie pour le Français Jean Tirole (cocorico !) pour ses travaux sur « le pouvoir des marchés et la régulation » ;

  • prix Nobel de la paix à Kailash Satyarthi (Inde) et à Malala Yousafzai (Pakistan).

Les prix Ig Nobel ont eux été décernés beaucoup plus discrètement à la fin du mois de septembre, pour notre plus grand plaisir à la lecture du palmarès de cette vingt-quatrième édition.

Palmarès de l’édition 2014

  • Ig Nobel de Physique : remis aux Japonais Kiyoshi Mabuchi, Kensei Tanaka, Daichi Uchijima et Rina Sakai, pour être parvenus à quantifier le frottement entre une chaussure et une peau de banane, ainsi qu’entre la peau de banane et le sol, lorsqu’une personne marche malencontreusement sur la sus-dite peau de banane.

  • Ig Nobel de Neuroscience : décerné à Jiangang Liu, Jun Li, Lu Feng, Ling Li, Jie Tian et Kang Lee (Chine et Canada), pour s’être attelé à comprendre ce qu’il pouvait bien se passer dans le cerveau des personnes qui voient apparaître le visage du Christ sur une tartine grillée.

  • Ig Nobel de Psychologie : remis à l’Australien Peter Jonason, à la Britannique Amy Jones et à Minna Lyons pour avoir démontré que les couche-tard sont en moyenne plus narcissiques, plus enclins à être manipulateurs et possèdent une personnalité plus psychopathique que les couche-tôt.

  • Ig Nobel de Santé Publique : décerné à Jaroslav Flegr, Jan Havlíček, Jitka Hanušova-Lindova et David Hanauer, Naren Ramakrishnan et Lisa Seyfried pour s’être demandés si posséder un chat pouvait être dangereux pour la santé mentale de son propriétaire.

  • Ig Nobel de Biologie : attribué collectivement à Vlastimil Hart, Petra Nováková, Erich Pascal Malkemper, Sabine Begall, Vladimír Hanzal, Miloš Ježek, Tomáš Kušta, Veronika Němcová, Jana Adámková, Kateřina Benediktová, Jaroslav Červený et Hynek Burda, pour avoir patiemment collecté des données précises sur l’orientation du corps d’un chien lorsqu’il fait la petite ou la grosse commission. Puisque cela vous intéresse, les chiens préféreraient aligner leur corps le long d’un axe Nord-Sud du champ magnétique terrestre.

  • Ig Nobel d’Art : remis aux Italiens Marina de Tommaso, Michele Sardaro et Paolo Livrea, pour avoir mesuré la souffrance relative d’une personne lorsqu’elle se trouve face à un tableau horrible plutôt que devant un « joli tableau », tout en leur envoyant sur la main un puissant rayon laser.

  • Ig Nobel d’Économie : décerné à l’Institut National de Statistiques du gouvernement italien, pour avoir intégré les revenus de la prostitution, du marché de la drogue, de la contrebande, ainsi que toutes autres transactions financières illégales entre participants volontaires, afin de gonfler artificiellement la taille de l’économie nationale de nos voisins transalpins.

  • Ig Nobel de Médecine : remis à Ian Humphreys, Sonal Saraiya, Walter Belenky et James Dworkin (États-Unis, Inde) pour le traitement des saignements de nez incontrôlables, utilisant la fameuse méthode du « bourrage de narines avec des tranches de bacon ».

  • Ig Nobel des « Sciences Arctiques » : décerné à l’Allemand Eigil Reimers et au Norvégien Sindre Eftestøl, pour avoir étudié la réaction des rennes apercevant des êtres humains… déguisés en ours polaires.

  • Ig Nobel de Nutrition : décerné aux Espagnols Raquel Rubio, Anna Jofré, Belén Martín, Teresa Aymerich et Margarita Garriga pour leur étude titrée « Analyse des propriétés des bactéries lactiques, isolées dans les selles de bébés et destinées au démarrage de cultures probiotiques potentielles de saucisses fermentées ».

A noter que mis à part le prix d’Économie et le prix de Nutrition, toutes les récompenses ont pu être remises en main propre aux scientifiques qui avaient eu le bon goût de faire le déplacement. L’Institut National de Statistiques du gouvernement italien ne s’était à priori pas manifesté, alors que l’équipe espagnole, dans sa grande mansuétude, avait tout de même enregistré un discours de remerciement.

Espérons que l’année prochaine sera un aussi grand cru !

Par Rahman Moonzur

Parapluie invisible : un flux d’air pour dévier la pluie

Ce nouvel accessoire arrivera-t-il à détrôner le parapluie connu de tous, avec des baleines et une toile de protection ? Le dispositif pliable avec son anneau coulissant permettant de déplier ou de replier les tiges le long du manche est-il bientôt obsolète ? C’est en tout cas le pari d’inventeurs chinois à l’origine de l’Air Umbrella. Leur produit est un parapluie d’un nouveau genre composé uniquement d’un manche, sans baleine ni toile. Mais dans le manche se cache un système de propulsion d’air, capable de générer une sorte de dôme d’air à son extrémité, suffisamment stable pour dévier les gouttes de pluie et maintenir son porteur au sec. Ce parapluie invisible n’est pas encore commercialisé. Une levée de fond sur ce projet est actuellement en cours sur le site de crowfunding kickstarter.com.

L’Air Umbrella est composé d’un manche cylindrique, avec à son extrémité supérieure une demi-sphère à travers laquelle transite l’air. Cette demi-sphère dissimule un petit ventilateur capable d’attirer l’air par la partie basse de la tête du parapluie pour le chasser vers le haut et ainsi créer un bouclier d’air.

Parmi les trois versions prévues, le premier prototype concerne l’Air Umbrella de 30 cm de long pour un poids de 500g. Sa batterie permet une autonomie de 15 mn. La version intermédiaire fait 50 cm de long pour 800g et le plus grand propose un manche à la longueur ajustable, entre 50 cm et 80 cm, pour 800g. Ces deux versions possèdent une autonomie de 30 mn.

A quelques jours de la fin de la levée de fond, les créateurs du parapluie futuriste ont récolté plus de 90 000$, bien plus que les 10 000 espérés. De quoi optimiser le système et le design et pouvoir proposer un produit fini à faire tester dès le mois de décembre 2015. Qui sait, Rihanna (chanteuse du tube Umbrella, ndlr) est peut-être intéressée …

Découvrir le fonctionnement de l’Air Umbrella en vidéo :

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

« L’éthique de l’ingénieur, une compétence au cœur du professionnalisme »

Christelle Didier, comment en êtes-vous venue à vous spécialiser dans l’étude de l’éthique chez les ingénieurs ?

Christelle DidierChristielle Didier. D’abord, j’ai failli être ingénieur. J’avais entamé un cursus en école d’ingénieur après la prépa, mais j’ai abandonné après un an en école ingénieur, n’y trouvant pas mon compte. L’enseignement y manquait selon moi de sens, alors que j’ai toujours été sensible à la question du sens des actions.

Après un début de carrière dans le domaine social, plus précisément dans l’insertion professionnelle, j’ai commencé à travailler en science de l’éducation, puis à donner des cours d’éthique en école d’ingénieur, tout en réalisant une thèse sur l’éthique et l’identité professionnelle des ingénieurs.

Comment est perçue la question de l’éthique chez les ingénieurs ?  Y a-t-il des spécificités propres aux ingénieurs ? Sont-ils plus déconnectés des enjeux éthiques que d’autres professions ?

Christelle Didier. Dans le monde anglo-saxon, c’est un aspect du métier communément admis, même si c’est dans une approche un peu particulière qu’on ne peut pas transposer telle quelle.  Tandis qu’en France et dans d’autres pays, cette réflexion n’a pas connu de si grand développement. Il y a vingt ans, cela suscitait l’incompréhension, il y a dix ans, la curiosité. Aujourd’hui, c’est un peu à la mode, mais sous des formes pas toujours satisfaisantes.

Disons que la société ne conçoit pas les ingénieurs comme une population ayant une responsabilité sociale particulière à jouer. Donc eux-mêmes ne la perçoivent pas. Les jeunes, arrivant en école d’ingénieur ne voient donc pas toujours l’intérêt d’un enseignement en éthique. Et puis, ils pensent qu’on va leur faire la morale ! Ce qui est paradoxal dans un pays qui sait se passionner pour les débats et controverses techniques, mais cela se fait sans les ingénieurs.

Au Québec par exemple, il existe un ordre des ingénieurs, qui peut radier ceux-ci en cas de manquement à la déontologie. Les ingénieurs y sont responsabilisés au même titre que les médecins le sont chez nous. Ce qui peut sembler logique pour une population détenant un savoir et un pouvoir particulier, limité certes, mais souvent exclusif. Ceci dit il ne suffit pas d’avoir un ordre pour éviter les scandales comme on l’a vu récemment.

De plus en plus les financements de projet de recherche scientifico-technique par l’Union Européenne exigent la présence d’un volet éthique associant très en amont des projets des experts des sciences humaines. Aux Pays-Bas de nombreuses méthodes de collaboration ont été inventées et testées sur de vrais projets. Bien que réfractaires au départ, les ingénieurs considèrent souvent au final comme fructueuse cete confrontation des perspectives.

A l’inverse, ignorer l’aspect éthique du travail de l’ingénieur amène à des situations de dilemme éthique, lorsque l’ingénieur se retrouve en hésitation professionnelle, sur ce qui est la bonne décision. L’enquête qui a suivi l’explosion de la navette Challenger en 1986 en est l’exemple le plus frappant : le fait que le joint à l’origine de l’accident – ou plutôt l’incident – ne résistait pas au froid était connu de certains ingénieurs de la NASA, qui hésitant à retarder le projet en signalant cette faiblesse de la navette, ont condamné, sans en avoir réellement conscience, l’équipage.

Car il faut garder à l’esprit que l’éthique de l’ingénieur ne relève pas de la morale. C’est une compétence qui est au cœur du professionnalisme : or, les ingénieurs diplômés constituent le corps professionnel le plus cher à former pour la société française. Celle-ci est donc en droit d’attendre d’eux qu’ils fassent correctement leur travail, soit soucieux de l’intérêt public.

C’est pour cela que vous avez collaboré à la base « Ingénierie et responsabilité », parue chez Techniques de l’Ingénieur ?

Christelle Didier. Cette base documentaire proposée par Techniques de l’Ingénieur s’inscrit dans la mon souci d’aborder les questions du sens de la technique en lien avec les premiers concernés par mes réflexions : les ingénieurs. Mon implication comprend la révision des articles, la rédaction de certains, notamment relatifs aux questions d’éthique vous l’aurez compris, dont certains sur des points précis, tels la question des dilemmes éthiques au cœur de l’activité professionnelle.

Un océan gigantesque se cache-t-il sous la surface de la Terre ?

Le volume d’eau contenue dans cette réserve présente dans le manteau terrestre serait colossal : jusqu’à trois fois la quantité d’eau de tous les océans de la surface ! Toutefois il ne s’agirait pas véritablement d’un océan, comme on pourrait se le représenter et l’eau ne serait pas sous forme liquide mais prisonnière des roches du manteau.

Une des preuves découlerait de la découverte au Brésil d’un diamant contenant de la ringwoodite, un minéral qui absorbe des molécules d’eau. Cette capacité de stockage de roches rares expliquerait la présence d’une aussi grande quantité d’eau. C’est en tout cas l’hypothèse que formule le minéralogiste et professeur Steve Jacobsen en charge du projet : « si seulement un pour cent du poids des roches du manteau situées dans la zone de transition est constituée d’eau ce serait l’équivalent de près de trois fois la quantité d’eau dans les océans ».

Pour le vérifier, le minéralogiste s’est servi d’un réseau de 2 000 sismographes aux États-Unis afin d’analyser les ondes sismiques provoquées par plus de 500 tremblements de terre. Puis, en partant du principe que les ondes traversent la Terre, en passant par le noyau, il a étudié leur vitesse de propagation selon le niveau de profondeur dans le but d’en déduire le type de roches qu’elles traversent. Il s’est ainsi aperçu d’un ralentissement qu’il a associé au passage des ondes dans la roche humide. En effet, le professeur avait conçu en amont de la ringwoodite synthétique pour observer son comportement lors de la traversée des ondes sismiques.

L’expérience indique donc que, potentiellement, une large surface du manteau renfermerait de la ringwoodite. Pour Jacobsen et son équipe, cela signifie qu’il y a fort à parier que cette couche rocheuse soit à l’origine de l’eau sur Terre. L’eau serait remontée par l’activité géologique et la Terre régulerait elle-même les niveaux d’eau à sa surface et en souterrain par un système de cycle. De fait, l’hypothèse éclaircirait le pourquoi du comment les océans conservent plus ou moins le même volume et permettrait de mieux comprendre notre planète. Car n’oublions pas, en ces temps de prospection de l’Univers et de ses mécanismes profonds, que notre planète garde encore quelques mystères !

Par Sébastien tribot

L’ascenseur spatial en 2050 : chimère ou future réalité ?

Les projets d’ascenseur spatial seraient-ils en vogue ? Nous évoquions déjà dans ces pages, il y a à peine quelques semaines, le projet d’ascenseur spatial des laboratoires Google X, avorté par manque de moyens financiers.

Présentement, c’est au tour de l’entreprise de construction Obayashi de s’y mettre et d’indiquer son intention de rendre accessibles les voyages spatiaux via un ascenseur plutôt qu’en fusée. Son objectif : transporter des marchandises et/ou des hommes (30 maximum) dans des navettes « propulsées par des moteurs magnétiques ». Ces voyages dureront sept jours selon l’entreprise.

Si l’idée a de quoi séduire, elle paraît toujours aussi extraordinaire! Tout comme sa mise en oeuvre, extrêmement compliquée, qui semble toujours autant relever de la science-fiction. Yoji Ishikawa, le responsable Recherche et Développement d’Obayashi, y croit pourtant. Et bien que conscient des difficultés d’un tel ouvrage, il ne semble pas découragé pour autant. Sûrement par égard pour les infrastructures gigantesques déjà réalisées par Obayashi. Car au cas où vous n’en auriez pas entendu parler, sachez qu’elle est en charge de nombreux projets aux proportions impressionnantes : centres commerciaux, usines colossales, le laboratoire national Lawrence Berkeley… En outre, c’est elle qui est responsable de la construction du pont Hoover Dam Bypass, du métro de Dubaï, de la tour Skytree à Tokyo… Voilà pour la situer.

Deux contraintes demeurent néanmoins très embarrassantes!

Premièrement, un matériau assez solide pour résister aux pressions gravitationnelles auxquelles sera soumis l’ascenseur spatial n’existe pas sur Terre à l’état naturel. Et même si les chercheurs comptent beaucoup sur les nanotubes de carbone  – qui seraient cent fois plus résistant que l’acier – ce n’est encore qu’un espoir car le développement de cette technologie n’en est qu’à ses balbutiements. Le plus grand nanotube de carbone, à ce jour, n’excède pas 3 centimètres. Alors imaginez maintenant couvrir la distance faramineuse de 96 000 kilomètres avec ce matériau. Inconcevable ? Là encore, Yoji Ischiwa prétend que la contrainte n’est que temporaire et devrait être résolue autour de 2030.

Il y a aussi la dimension financière, non négligeable. Si aucun chiffre n’est avancé, le coût total de l’opération doit être au moins aussi impressionnant que le travail à accomplir… Il s’agit clairement d’un projet à envergure internationale, que ne peut porter sur ses épaules seules une grande entreprise. Yoji Ishiwa le dit d’ailleurs lui-même, «ce n’est pas un pays ou une entreprise seule qui pourra faire naître ce projet fou ». Les universités japonaises ont tout de même été mises à contribution pour rechercher des solutions. Mais si le projet voit le jour, le trajet pour se rendre jusqu’à la station spatiale serait « low-cost » : 200 euros.

Ce qui est sûr, c’est que l’ascenseur spatial soulève diverses questions. Ce scénario est-il plausible compte tenu du timing annoncé ? La compagnie Obayashi fait-elle preuve de réalisme ou d’optimisme ? N’est-ce pas qu’un coup de projecteur ? Et pire, le projet présente-t-il un intérêt alors que les fusées ont fait leurs preuves ? Les réponses devrait survenir dans quelques années. D’ici là, on peut souhaiter à Obayahi bien du courage.

Par Sébastien Tribot

La particule de Majorana observée pour la première fois

En 1937, le physicien Ettore Majorana s’intéresse aux travaux de Dirac qu’il réinterprète en postulant l’existence d’une particule un peu particulière. De type fermion, elle serait aussi son antiparticule. Un double jeu resté longtemps au rang de simple théorie, jusqu’à ce que des physiciens de l’Université de Princeton (USA) réussissent à l’observer.

Se basant sur les travaux d’Alexei Kitaev qui indiquait qu’une particule de Majorana pourrait apparaitre à l’extrémité d’un fil fait d’un superconducteur, l’équipe d’Ali Yazdani a réalisé une expérience de supraconductivité en choisissant comme matériau du fer et du plomb. Ainsi, une chaine d’atomes de fer est déposée à la surface d’un cristal de plomb supraconducteur.  Les chercheurs ont ensuite scruté le bout de ce fil d’un unique atome d’épaisseur grâce à un microscope à effet tunnel.  Bingo ! Ils observent des états liés caractéristiques d’une particule de Majorana.

Comment savoir qu’une particule est aussi sa propre anti-particule ? Deux propriétés l’attestent. Tout d’abord la particule est neutre puisqu’elle cumule sa charge et son opposée. Ensuite, dans la même logique, ses moments dipolaires sont nuls.

C’est la première fois que cette particule est mise en évidence de façon formelle. En 2012, une équipe de l’université de technologie de Delft (Pays-Bas) avait tenté de dénicher la particule de Majorana. Les scientifiques avaient opté pour un alliage indium/antimoine et avaient pu observer la formation de quasi-particules au comportement similaire à celles de Majorana, sans pour autant valider le résultat à 100%.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

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