Rio-Paris: les familles jugent l’enquête « définitivement » discréditée

Réagissant au fait que le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) a retiré de son dernier rapport une recommandation concernant les alarmes de décrochage, Robert Soulas, président de l’association, a jugé dans un communiqué que « ce triste épisode jette définitivement le discrédit sur l’investigation technique » et « génère une crise de confiance sans précédent envers les autorités d’enquêtes ».

« La précipitation avec laquelle ces autorités et ces responsables ont accusé les pilotes sans aucune réflexion préalable avait alerté notre suspicion », a-t-il ajouté. « Nous avons maintenant confirmation que les affirmations émanant de la tutelle du BEA étaient non seulement prématurées, dépourvues d’objectivité, partiales et très orientées vers la défense d’Airbus ».

Le BEA a confirmé mardi qu’il envisageait de publier une recommandation sur le fonctionnement des alarmes de décrochage, mais a expliqué l’avoir retirée de son dernier rapport, publié le 29 juillet, afin de la compléter par les travaux du groupe de travail « facteur humain ».

Selon Robert Soulas, « pour des raisons de sécurité évidentes des actions immédiates doivent être entreprises ». « Il n’est nul besoin d’attendre les hypothétiques conclusions d’un groupe « facteurs humains » pour réagir uniquement sur des critères de bon sens ».

Le président de l’association a également regretté que les recommandations publiées par le BEA dans son rapport « ne soient affectées d’aucun délai de réalisation, ce qui semble incompatible avec la notion de réactivité inhérente à la sécurité aérienne ».

Pour rappel, la catastrophe avait fait 228 victimes le 1er juin 2009. Dans son dernier rapport, le BEA a notamment mis en cause la formation et les réactions de l’équipage après le décrochage de l’avion.

(Source : AFP)

 

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Mesurez, économisez !

L’optimisation des postes énergivores comme le gaz naturel, la vapeur, l’électricité, l’air, l’eau (…) passe par une mesure précise des consommations. Les gisements d’économies sont tels que l’installation de capteurs industriels fiables et précis est un impératif. La mise en œuvre de ces mesures permet une économie immédiate de 6 à 8 % par une modification des habitudes et des comportements et vont révéler d’autres gisements d’économies par un suivi efficace des consommations.

Visualisez, économisez !

La visualisation et l’enregistrement des mesures débouchent sur une analyse précise des consommations et le calcul de rendement des installations. Les outils de visualisation peuvent être des calculateurs d’énergie ou des enregistreurs à écran graphique installés à proximité des points de consommation. Un autre moyen est la centralisation des informations sur un seul logiciel dédié à surveiller l’efficacité énergétique de l’ensemble du site ou d’un bâtiment.

Ce logiciel permet :

  • d’apposer des indicateurs de performance,
  • d’effectuer des ciblages précis,
  • d’anticiper des déviations et pics de consommation,
  • d’enregistrer des consommations annuelles,
  • de réaliser des rapports sur l’ensemble des utilités.

La mise en œuvre de moyens de contrôle débouche sur une économie immédiate de 10 à 15 %.

Suivez, économisez !

Des capteurs industriels et un outil de visualisation ne suffisent pas à pérenniser les gains en énergie. La garantie d’économie durable passe par la justesse et la reproductibilité des valeurs de mesure. L’installation, la mise en route et un plan de maintenance et métrologie assurent l’efficacité de l’outil de mesure. Endress+Hauser est votre partenaire pour la mise en œuvre des procédures de mesure, la collecte des données, l’affichage et le suivi des installations.

Quelques économies vite réalisées   

  • Diminution des consommations de gaz naturel par la prise en compte des variations de température et de pression ;
  • Optimisation des retours de condensat par l’installation de débitmètres ;
  • Bilan de l’efficacité de la distribution de vapeur par la correction des variations de pression, la réduction des fuites ;
  • Suivi du rendement énergétique de la chaudière ;
  • Détection de fuite des réseaux d’air comprimé, détection de bouchage et d’encrassage des filtres, mesure des pressions sur chaque admission.

 

Par Raphaël Brie, Responsable marketing services – solutions

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Le Japon crée un fonds public pour indemniser les victimes de Fukushima

Le gouvernement injectera dans un premier temps 2 000 milliards de yens (18 milliards d’euros) sous forme d’obligations spéciales, a indiqué l’agence de presse Kyodo, mais le montant final devrait être beaucoup plus élevé. Aux termes de la loi, votée par le Sénat, après avoir été approuvée par les députés, l’opérateur de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, Tepco, et d’autres compagnies productrices d’électricité d’origine nucléaire contribueront également à ce fonds de compensation en faveur des victimes.

Tepco devra rembourser

Pour rappel, l’accident survenu le 11 mars à la centrale, à la suite d’un tsunami géant, a contraint plus de 80 000 personnes à évacuer les environs dans un rayon de 20 kilomètres et dans d’autres zones soumises à de trop fortes radiations. La catastrophe, la plus grave depuis celle de Tchernobyl il y a 25 ans, a également eu des conséquences désastreuses sur l’agriculture, la pêche et le secteur du tourisme.

La loi ne précise pas le montant dont sera doté le fonds, mais souligne que Tepco, dont l’action a perdu plus de 80 % de sa valeur, devra ensuite rembourser toutes les sommes versées aux victimes par cet organisme. Le gouvernement et l’opérateur de la centrale ont été l’objet de vives critiques pour la lenteur avec laquelle les aides et les compensations ont été jusqu’ici distribuées aux personnes déplacées, aux agriculteurs et aux commerçants qui ont tout perdu dans l’accident.

Environ 300 agriculteurs ont manifesté bruyamment devant le siège de Tepco à Tokyo, aux cris de « rendez-nous notre vie, rendez-nous un Fukushima vert », en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « pas d’excuses, montrez votre sincérité et indemnisez-nous ». Beaucoup de manifestants étaient des éleveurs dont le bétail a été contaminé après avoir consommé de la paille de riz ou du foin radioactifs. Un embargo sur la viande de boeuf a été décrété dans la préfecture de Fukushima et dans trois provinces voisines.

(Source et crédit photo : AFP)

Crash Rio-Paris: les enquêteurs identifient une série de défaillances des pilotes

Le document relève que les pilotes n’ont pas apporté les bonnes réponses aux deux principaux incidents survenus dans les dernières minutes du vol : la perte des indicateurs de vitesse, à laquelle ils n’étaient pas entraînés à faire face, et le décrochage de l’appareil. Les pilotes n’ont notamment pas « formellement identifié la situation de décrochage », détaille le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), alors que l’alarme de décrochage a sonné de façon continue pendant 54 secondes. Ils n’ont pas non plus appliqué la procédure requise après le givrage des sondes Pitot qui a conduit à une perte des indications de vitesse, ajoute le BEA notant toutefois qu’ils n’avaient « pas reçu d’entraînement à haute altitude à la procédure » de réponse à une telle situation.

Le pilote en fonction, âgé d’une trentaine d’années, assurait une conduite manuelle de l’avion à ce moment-là, le pilotage automatique s’étant justement désactivé après les pertes d’indications de vitesse. Les enquêteurs soulignent également que les tâches n’étaient pas réparties « de façon explicite » dans le cockpit, après que le commandant de bord se fut retiré pour un moment de repos. Ils notent par ailleurs qu’aucune annonce n’a été faite par l’équipage aux passagers dans les dernières minutes du vol.

Dans un communiqué à l’AFP, Air France a immédiatement réagi en défendant le « professionnalisme » des pilotes et en mettant en cause la fiabilité de l’alarme de décrochage de l’avion, dont « les multiples activations et arrêts » ont « fortement contribué à la difficulté pour l’équipage d’analyser la situation ».

Le rapport du BEA, le troisième depuis l’accident qui a coûté la vie à 228 personnes le 1er juin 2009 au large du Brésil, s’appuie sur l’analyse des données des boîtes noires de l’avion, repêchées fin mai après un séjour record de 23 mois au fond de l’Atlantique. Il est accompagné d’une série de recommandations visant à améliorer la sécurité aérienne. Il faudra en revanche attendre le rapport final et la décision de la justice pour déterminer les responsabilités, alors qu’Air France et Airbus sont mis en examen pour homicide involontaire dans ce dossier aux enjeux énormes. « La responsabilité des uns et des autres, c’est un sujet judiciaire, ce n’est pas le rôle des enquêteurs du BEA », a réaffirmé vendredi sur RTL la ministre de l’Ecologie et des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Plus de deux ans après le crash, la catastrophe du Rio-Paris n’a toujours pas été élucidée précisément. Jusqu’à présent, le givrage des sondes Pitot était la seule défaillance établie, mais les enquêteurs ont toujours estimé qu’elle ne pouvait expliquer à elle seule l’accident.

(Source et crédit photo : AFP)

 

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Distinguer le vrai whisky d’une contrefaçon

Dans ce qui apparaît comme un problème crucial, les chercheurs écossais (évidemment) de l’Université de Strathclyde, affiliés au département de Chimie Pure et Appliquée, ont trouvé de nouveaux moyens pour démasquer un whisky contrefait. Ou pour reconnaître un vrai.

À travers une série de blind tests, ce système pourrait améliorer et faciliter la traque des whiskies de contrebande, responsable d’une baisse de revenus significatives, et représentant une menace pour la réputation d’une marque.

Le professeur David Littlejohn, responsable de cette étude, explique : « Bien que l’industrie du whisky dispose déjà de moyens permettant de séparer le vrai whisky d’un faux, ils impliquent souvent une analyse en laboratoire, ce qui n’est pas le plus pratique lorsqu’on a besoin d’identifier un échantillon rapidement ». « Ces nouveaux moyens pourraient être adaptés à cette industrie », renchérit-il.

L’analyse de 17 échantillons de la boisson ambrée se fait en contrôlant le niveau d’éthanol sans dilution, ainsi que les résidus après évaporation. Une spectroscopie infrarouge utilisant de nouvelles fibres optiques développées pour l’occasion par une entreprise écossaise complète la batterie de tests. Les niveaux d’éthanol et de colorants permettent ainsi l’identification des échantillons contrefaits.

Par Rahman Moonzur

 

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Un oxyde métallique multiferroïque

Les chercheurs américains du Brookhaven National Laboratory, en collaboration avec les chercheurs allemands de l’Institut Leibniz de recherche sur l’état solide et les matériaux, ont publié un article sur leurs récentes découvertes dans le journal Physical Review Letters, concernant un oxyde métallique à base d’yttrium, de manganèse et d’oxygène, aux propriétés multiferroïques.

Un matériau multiferroïque est un matériau qui est à la fois ferroélectrique, c’est-à-dire possédant une polarisation spontanée, et ferromagnétique, possédant un magnétisme spontané. Il peut aussi « souffrir » d’une troisième qualité, la ferroélasticité. Le défi du couplage entre magnétisme et ferroélectricité est un enjeu de taille, car il peut devenir extrêmement intéressant d’utiliser les deux propriétés du matériau, l’induction de l’aimantation par un champ électrique ou a contrario la polarisation par un champ magnétique. La difficulté de combiner ces deux propriétés rend les matériaux multiferroïques relativement rares.

« En principe, le couplage d’un matériau magnétique régulier avec un matériau électrique régulier pourrait nous amener vers des appareils extrêmement utiles », explique Stuart Wilkins, l’un des chercheurs. « Par exemple, on imagine très bien un appareil dans lequel l’information est écrite par application d’un champ électrique, et lue en détectant son état magnétique », ajoute-t-il, ce qui révolutionnerait le stockage de données, le rendant plus rapide et moins énergivore.

C’est en se servant de rayons X particulièrement brillants, que les scientifiques ont réalisé leur découverte. Ils ont pu déterminer que le couplage magnétique-électrique est le résultat d’un nuage d’électrons entourant l’atome. Les électrons de l’oxygène et du manganèse se combinent de telle manière qu’ils créent des liens atomiques conservant les éléments ensemble. Ce processus serait dépendant de la structure magnétique du matériau, le rendant ici ferroélectrique. Chaque changement dans la structure magnétique de l’ensemble a une incidence sur l’état ferroélectrique, le rendant de fait multiferroïque.

Par Rahman Moonzur

AGENDA – Wine Track 2011

Organisée sous  le haut patronage de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV), l’objectif de cette journée est de positionner les enjeux de la traçabilité des vins et spiritueux, de dresser un état actuel des méthodes d’analyse et des référentiels utilisés dans la traçabilité, tant du point de vue de l’origine et de l’authenticité, que de la chaîne de conditionnement et de transport.

Cette journée s’adresse ainsi à tous les acteurs de la filière viti-vinicole (vignerons du secteur privé ou coopératif, oenologues, maîtres de chai, négociants, conditionneurs, transporteurs, distributeurs…) à qui les organisateurs espèrent donner non seulement une vision claire et réaliste de la situation et des moyens pour garantir l’authenticité des produits, mais aussi un aperçu sur les nouvelles solutions que proposent la Science et la Technique pour mieux se protéger des fraudes et contrefaçons.

Cette journée, à laquelle sera associé un espace où des entreprises présenteront des dispositifs de marquage/détection, doit être un lieu privilégié d’échanges entre scientifiques, professionnels de la filière et fournisseurs de nouveaux équipements.

Le programme :

Session 1 : Les Enjeux de la Traçabilité

  • 8h30 – Accueil des Participants
  • 9h30 – Allocutions de bienvenue
  • 10h00 – Le rôle de l’OIV dans l’établissement des normes internationales et pour le contrôle de la traçabilité des produits viti-vinicoles. Jean-Claude RUF – Coordinateur Scientifique à l’OIV
  • 10h30 – Traçabilité de l’origine des vins français, de la production à la circulation. Actions de la Douane. Frédéric BOUY – Direction Générale des Douanes et des Droits Indirects
  • 11h00 – Parole aux exposants et leur savoir faire
  • 11h30 – Pause café – visite des stands des professionnels
  • 12h00 – La traçabilité source de protection du patrimoine vitivinicole. Aziz ALLAM – Expert auprès de l’OIV, Consultant en droit vitivinicole

Session 2 : Les solutions de la traçabilité

  • 12h30 – Vingt ans de la banque de données européenne des vins. Claude GUILLOU – Responsable du laboratoire Metabonomics et du BEVABS – Centre Communautaire de Recherche de la Communauté Européenne – Institut pour la santé et la protection des consommateurs
  • 13h00 – Déjeuner – visite des stands des professionnels
  • 14h30 – Le contrôle de l’authenticité des vins au SCL33. Isotopie : François GUYON – Autres techniques : Bernard MEDINA, Directeur du SCL Bordeaux
  • 15h00 – Emballages et Traçabilité. Annette FREIDINGER – Expert International en Emballage et Conditionnement
  • 15h30 – Comment protéger, assurer et défendre : L’Appellation d’Origine, La Marque et ses produits. Alain FOUCOU – Vice Président Advanced Track & Trace
  • 16h00 – Les marqueurs biologiques « intrinsèques » et/ou les étiquettes « extrinsèque » pour les besoins d’authentification. Christian JAY- ALLEMAND Pr UM2–Didier TOUSCH, MCF UM2, cofondateur de la Société Gingko Sfere
  • 16h30 – Marquage et traçabilité dans les emballages en verre. Jean-Denis BORRAS – Président de la société Athéor
  • 17h00 – Clôture de la journée. Jean-Michel LOUBRY Directeur Général Pôle National de Traçabilité

En savoir plus :

Niveau record de radiations à Fukushima

Selon Tepco, le niveau de rayonnement atteint au moins 10 sieverts par heure à proximité de débris accumulés entre les réacteurs 1 et 2 de cette centrale nucléaire endommagée par le violent tremblement de terre et le tsunami géant qui ont dévasté le nord-est du Japon il y a près de cinq mois.

Le précédent niveau le plus élevé de radiations dans l’enceinte de la centrale Fukushima Daiichi avait été relevé le 3 Juin. Il était de 3 à 4 sieverts par heure, à l’intérieur du réacteur numéro un.

« Nous sommes toujours en train de vérifier la cause de tels niveaux élevés de radioactivité », a expliqué une porte-parole de Tepco.

Le gouvernement et Tepco prévoient toujours de stabiliser la situation à Fukushima en conduisant les réacteurs vers un état dit d’« arrêt à froid » d’ici au mois de janvier. Diverses actions se poursuivent depuis l’accident pour faire progressivement baisser la température du combustible, notamment grâce à la mise en place d’un système de circulation d’eau de refroidissement.

Le site de Fukushima a été victime après le 11 mars d’une série d’avaries, dont des explosions d’hydrogène qui ont détruit une partie des bâtiments et engendré d’importants rejets radioactifs dans l’environnement.

Le gouvernement a cependant affirmé récemment que les niveaux de radiations aux alentours de la centrale avaient chuté à un niveau identique à deux millionièmes du pic enregistré le 15 mars.

Environ 80 000 personnes, résidant précédemment à moins de 20 kilomètres de la centrale ou dans des localités ayant été particulièrement contaminées, ont été forcées de quitter leur domicile en raison de risques pour la santé.

(Source : AFP / Crédit photo : TEPCO/AFP/Archives)

 

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Comment se prémunir contre les failles de sécurité ?

Récemment, une attaque de pirates a mis à terre toutes les barrières de protection, libérant un flot de pas moins de 77 millions de dossiers personnels sur Internet, où ils furent rapidement happés dans les antres de l’économie souterraine.

Le vol de données, notamment de fichiers liés à la sécurité, nuit non seulement à la réputation des victimes, mais implique également la responsabilité pénale de l’entreprise en question. Peter Schaar, coordinateur de la CNIL Européenne, déclare : « L’entreprise doit être tenue responsable de tout dommage engendré ». La culture d’indemnisation est par tradition encore plus vivace aux États-Unis qu’en Europe.

Les principales faiblesses

Les fuites de données qui ont fait la une de l’actualité étaient évitables et sont dues à des règles de sécurité trop laxistes : les données personnelles des clients, telles que le mot de passe, continuent d’être enregistrées sans cryptage, et l’accès de nombreux clients et employés reste protégé par des systèmes obsolètes. Les entreprises s’efforcent toujours d’élever les niveaux de sécurité sur la base de principes sujets à caution. Toutefois, d’autres lacunes fondamentales continuent de régner.

Les plates-formes de jeux restent la cible privilégiée des hackers car c’est un secteur qui génère beaucoup de capitaux. En effet, selon la dernière étude de PricewaterhouseCoopers sur les perspectives 2008-2012 du marché mondial du divertissement et des médias, nous pouvons prévoir une croissance annuelle moyenne de 10,5 % d’ici 2012, pour atteindre un chiffre d’affaires d’environ 68 milliards de dollars. Dans le domaine du jeu en ligne (les paris et jeux de toutes sortes), les prévisions 2012 devraient même dépasser la barre des 630 milliards. Toutefois, le risque existe que ces prévisions optimistes doivent être revues à la baisse alors que les fuites de données qui se produisent régulièrement sont susceptibles de freiner l’enthousiasme des joueurs.

Prenons l’exemple du compte client. En cas d’accès depuis un PC, il existe un danger d’attaques par des programmes enregistreurs de frappe ou renifleurs. Leur origine est souvent un cheval de Troie. Ils consignent furtivement toutes les saisies de mot de passe et les transfèrent au serveur du hacker, baptisé « drop zone ». Même si un antivirus est installé, même si l’utilisateur se montre prudent, les risques restent immenses face aux stratagèmes sophistiqués des hackers.

Les experts en conviennent : les ordinateurs grand public sont rarement équipés de système de sécurité professionnel. Ils doivent donc être considérés comme non-sécurisés. Ce n’est pas surprenant. En outre, il est reconnu que cela n’aurait aucun sens de confier la responsabilité de la sécurité à l’utilisateur. Peut-on s’attendre à ce qu’il invente chaque semaine un nouveau mot de passe béton contenant des chiffres et des caractères spéciaux… et le mémorise de surcroît ?

Une meilleure prévention passe par l’authentification forte

Il n’existe aucune fatalité, comme l’illustre l’exemple de l’entreprise japonaise Square-Enix. Elle protège sa plate-forme de jeux en ligne avec une double-authentification de pointe. Tous les participants à son jeu de rôle Final Fantasy XI reçoivent un authentifieur en forme de porte-clés. D’un clic sur un bouton, il génère un mot de passe unique qui n’est valable que 32 secondes. À chaque connexion de l’utilisateur, il calcule une nouvelle valeur. Les mots de passe glanés par les hackers sont ainsi inutilisables. L’accès est également possible via une console PlayStation ou Xbox 360 et des PC Windows, le mot de passe unique concernant chacun de ces appareils. Dans le cas de Square Enix, le serveur d’authentification gère l’identification.

Cet investissement a porté ses fruits, comme le prouvent les chiffres officiels des ministères japonais : en 2009, 2289 cas d’accès non autorisés aux services en ligne ont été constatés, soit une hausse d’environ 25% par rapport à l’année précédente.

Le site de jeu en ligne PartyGaming protège de longue date ses joueurs par une authentification forte. Après tout, beaucoup d’argent est en jeu, argent que les hackers souhaitent aussi subtiliser. Les utilisateurs de PartyPoker, PartyCasino, PartyBingo et PartyGammon s’inscrivent en téléchargeant le logiciel client PartyGaming. Une fois inscrits, ils peuvent obtenir un authentifieur dénommé PartySecure sur la boutique en ligne. De nouveau, un serveur gère l’authentification. Un porte-parole de PartyGaming affirme : « La solution est très évolutive. Elle peut suivre notre croissance et accueillir aisément le nombre grandissant de joueurs en ligne sur notre plate-forme. »

Vous pouvez aussi jouer au poker et enchérir en toute sécurité sur la plate-forme en ligne BetClic. De nouveau, un authentifieur est utilisé avec un serveur d’authentification. Sargon Petros, directeur Exploitation et infrastructure IT de BetClic, se félicite : « Cela nous a permis d’accroître le revenu par joueur et de réduire le taux de rotation de nos joueurs VIP. La mise en place de la nouvelle solution de sécurité a dopé nos bénéfices. »

Logiquement, une sécurité efficace présente un coût, comme Square Enix, PartyGaming ou BetClic en étaient conscients. Toutefois, les dommages récurrents dus aux hackers montrent que ces entreprises, et bien d’autres de ce secteur, ont agi avec prévoyance. En parallèle, la solution matérielle leur permet de prévenir un partage de compte prohibé et de renforcer la confiance du client, d’où une utilisation plus fréquente qui se traduit en revenus. L’authentification forte offre des avantages économiques, car elle sécurise le trafic.

Concernant les attaques de hackers, la question n’est pas de savoir si l’évènement va se produire, mais l’instant et la gravité de sa frappe. Et l’expérience passée montre qu’il faut ériger des barrières au moment opportun, des barrières avec des réserves suffisantes pour faire face aussi à de graves incidents d’ampleur inconnue à ce jour. Les attaques ciblées sur les entreprises, notamment dans le secteur du divertissement, sont déjà courantes. L’authentification forte protège contre les pertes engendrées par des demandes d’indemnisation et la confiance envolée. D’où l’impératif d’un déploiement généralisé, avant que le barrage ne rompe.

Par Jan Valcke, President de VASCO Data Security / Experts IT

L’ITME de Varsovie dépose un important brevet pour l’obtention du graphène

Le graphène, élément constituant du graphite, a été isolé en 2004 par le néerlandais AndreGeim, du département de physique de l’université de Manchester. Cette découverte a été récompensée en 2010 par le prix Nobel de physique. Le graphène est toujours au coeur de nombreuses recherches et ses propriétés physiques hors du commun promettent de nombreux champs d’application.

Le principal problème rencontré à ce jour est sa production : en effet, le graphène est un cristal monoplan (de maille hexagonale), c’est-à-dire dont l’épaisseur est celle de l’atome de carbone, son seul constituant, soit 70 picomètres. Cette contrainte dimensionnelle permet de comprendre le niveau de technicité de la production du graphène.

En Pologne, l’Institut de technologie des matériaux électroniques (ITME) de Varsovie participe à plusieurs projets de recherche d’envergure internationale, et collabore notamment dans leurs recherches sur l’obtention du graphène avec les récipiendaires du prix Nobel de physique 2010. Dans le cadre de leurs recherches, ils ont déposé au mois de mai 2010 un important brevet d’obtention du graphène par dépôt chimique en phase vapeur (ou CVD pour « chemical vapor deposition ») ainsi qu’une publication dans la revue scientifique à fort impact Nano Letters fin mars 2011.

Sur la base du procédé développé par Georgia Tech permettant l’obtention par épitaxie (croissance orientée de réseaux cristallins) par sublimation des atomes de silicium dans un cristal de SiC, les chercheurs polonais utilisent la méthode CVD sur des substrats de SiC. Cette méthode est moins sensible aux défauts de surface des substrats de SiC et permet la synthèse contrôlée d’un nombre déterminé de couches de graphène avec un niveau de dopage défini.

La principale avancée technologique concerne les moyens mis en oeuvre et la facilité d’obtention qui en ferait un processus « conventionnel » et abordable, adaptable à l’industrie et à une production à plus grande échelle sur des substrats -waffers- de dimension classiques. Cette méthode, qui suscite déjà l’intérêt de la communauté des chercheurs et d’industriels, pourrait permettre la création d’une entreprise spin-off de l’ITME.

Le graphène, de résistance à la rupture 200 fois supérieure à celle de l’acier et 6 fois plus léger permet le déplacement des électrons à 30 fois leur vitesse dans le silicium. Les applications qui découleraient de telles propriétés vont des composants électroniques (transistors de dimensions nanométriques, écrans plats) à l’industrie utilisant des systèmes mécaniques.

 

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67273.htm

 

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La plus grande quantité d’eau jamais découverte se trouve à… plus de dix milliards d’années-lumière !

140 000 milliards de fois plus d’eau que la Terre n’en recèle, soit l’équivalent de 140 000 000 000 000 océans et mers terrestres. Ce n’est ni plus ni moins la quantité d’eau qui a été découverte par les astronomes de l’Institut de Technologie de Californie, dont la révélation a été faite vendredi 22 juillet. Cette masse d’eau gigantesque se trouve à plus de dix milliards d’années-lumière dans un quasar, appelé « APM 08279+5255 ».

Le rayonnement de ce quasar, une fois analysé par deux équipes indépendantes, – l’une située à Mauna Kea, à Hawaï, partie intégrante du « Very Long Baseline Array » (VLBA ou réseau américain de radiotélescopes astronomiques), l’autre se trouvant au niveau de l’interféromètre du plateau de Bure, dans les Hautes-Alpes –, a permis de confirmer les données.

Cette découverte d’eau, sous forme gazeuse, prouve que l’Univers contenait déjà de l’eau peu après sa naissance, à savoir 1,7 milliards d’années après. La lumière émise par le quasar aura mis près de 12 milliards d’années-lumière pour atteindre la Terre.

Un quasar (« quasi-stellar radio source » ou source de rayonnement quasi-stellaire) est une galaxie très lointaine dont le noyau actif constitue la région compacte entourant un trou noir supermassif au centre d’une galaxie massive. L’agrégation de matière autour des trous noirs permet aux quasars de gagner en masse et en puissance. Le trou-noir qui constitue le quasar en question serait 20 millions de fois plus massif que le soleil.

Par Rahman Moonzur

 

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Un robot sphérique pour lutter contre les fuites radioactives

Alors que ceux que l’on appelle les « liquidateurs » s’ingénient au péril de leur vie, à rétablir le courant, remettre d’aplomb le circuit de refroidissement et remédier aux fuites d’eau radioactive de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, les normes de sécurité des centrales nucléaires vieillissantes font actuellement l’objet d’une révision, en vue de leur amélioration.

Une étude diligentée par l’Associated Press a mis le doigt récemment sur les fuites de l’un des isotopes radioactifs de l’hydrogène – le tritium –, supposées être fréquentes aux États-Unis (elles concernent les trois quarts des centrales américaines). Ces fuites auraient pour origine la corrosion et la dégradation des canalisations enfouies transportant l’eau permettant le refroidissement du réacteur nucléaire, et pourraient être responsable de la contamination des nappes d’eau souterraine.

Les moyens dont disposent les centrales pour contrôler ces fuites sont limités : pour détecter la corrosion éventuelle d’une canalisation souterraine, on peut générer un gradient de potentiel électrique pour localiser l’endroit où les tuyaux auraient été corrodés, ou des ultrasons pour repérer les cassures. L’unique moyen de contrôle direct reste le déterrement d’un conduit, solution coûteuse et extrême mais très efficace. 

Le professeur Harry Asada, professeur d’ingénierie au Département d’Ingénierie Mécanique et directeur du Laboratoire Arbeloff pour les Systèmes d’Information et la Technologie, rattaché au très prestigieux MIT (Massachusetts Institute of Technology), travaillerait avec son équipe sur un moyen de contrôle plus direct, plus pratique, et moins coûteux : un petit robot sphérique équipé de caméras, qui serait capable de plonger dans le réacteur nucléaire et de se déplacer à travers le réseau de canalisations souterraines à la recherche du moindre signe de corrosion ou de dégradation des tuyaux. Des détails du prototype ont été présentés lors de la dernière conférence de l’IEEE, sur la robotique et sur l’automatisation.

Ressemblant à un boulet de canon métallique, sans propulseurs à hélice ni gouvernail (les risques de le voir se coincer quelque part, et de devoir éteindre la centrale pour le récupérer sont jugés trop élevés), il utilise une valve pour atteindre le réseau de canalisations, coupant l’eau dans un tuyau ou non, créant ainsi un effet de « jet-stream ». Les images prises par le robot sont transmises en temps réel grâce à une connexion laser sans fil et sous-marine, sur un peu plus de 100 mètres. À l’aide d’un système ingénieux de cardan à deux axes, la caméra peut faire un panoramique alors même que le robot reste stationnaire.

Ce robot n’aurait qu’une durée de vie limitée, dûe aux dégradations extrêmes liées aux radiations supportées lors d’une descente, mais il reste tout de même très attractif. À l’heure actuelle, il est envisagé de l’utiliser dans un milieu moins corrosif, les égouts, pour accomplir le même genre de mission.

Par Rahman Monnzur

 

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Le largage de ravitaillement : une science, au mètre près

Mettons-nous un instant en situation : l’armée de la coalition, en Afghanistan, a besoin d’être ravitaillée sur ses bases les plus avancées. Un avion de transport militaire, le C-130 Hercules du constructeur américain Lockheed est diligenté pour accomplir cette mission. Il devra larguer un certain nombre de palettes de près d’une tonne, palettes contenant de la nourriture, de l’eau potable et des munitions. Plus l’endroit où atterriront les palettes sera proche de la cible initiale, et moins de risques seront pris pour les récupérer, tels qu’essuyer des tirs, tomber dans une embuscade ou voir le ravitaillement tombé dans les mains ennemies.

Pour que la récupération ait lieu dans les meilleures conditions, il faut choisir un terrain dégagé pour en faciliter l’accès, et bien évidemment que les palettes arrivent à l’endroit escompté, tout du moins dans un rayon acceptable. À bord du C-130, se trouve un ordinateur portable contrôlant la vitesse du vent ainsi que d’autres variables pour ajuster au mieux le trajet des palettes. Ce qui ne serait pas suffisant s’il n’était pas accompagné désormais par le système JPADS 2K (Joint Precision Airdrop System) qui, fort de ses nouveaux algorithmes, permet aux palettes de se diriger presque comme un parapente et d’atterrir avec une précision jusqu’ici inédite.

Le laboratoire de recherche à but non lucratif à l’origine de ce système, bien qu’il ne puisse pas fournir les chiffres exacts, garantit que la précision du largage est maintenant sans commune mesure avec les technologies précédentes. L’atterrissage se fait entre 1 et 100 mètres de la cible originale. Ce système serait si performant qu’il pourrait aussi donner lieu à des améliorations significatives dans le domaine du contrôle des drones.

« [Ce système] est similaire à celui d’un drone dans le sens qu’il devient plus ou moins un appareil téléguidé. Une fois largué par l’avion Cargo, il devient pleinement indépendant jusqu’au moment où il touche le sol », explique Andreas Kellas, responsable des systèmes de défense autonome pour le laboratoire Draper. « [Les palettes] peuvent tourner à gauche ou à droite, emprunter des trajectoires tortueuses et sinueuses constamment recalculées en temps réel, compenser les vents changeants… », ajoute-t-il.

Le système précédent avait une précision allant de 300 à 400 mètres, pouvant occasionner  des dégâts collatéraux (blesser un habitant, toucher une école ou une maison). Le nouvel algorithme tient compte de la vitesse, du vent et du terrain, se servant de cartes très détaillées et du GPS, lui permettant aussi d’éviter soigneusement les obstacles au sol. La nouvelle génération de palettes, déjà en préparation, serait à même de communiquer entre elles, partageant les données de vent et de météo aux palettes se trouvant à une plus haute altitude, corrigeant ainsi leur trajectoire et leur vol.

Par Rahman Moonzur

 

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Les pères du graphène reviennent sur leur découverte

De nombreux instituts de recherche et universités se sont déjà attelés à la tâche : élaborer des écrans tactiles, des transistors ultra-rapides, des photo-détecteurs, etc… Les désormais mythiques pères du graphène, lauréats du prix Nobel de Physique 2010, Andre Geim et Kostya Novoselov promettent dans un nouvel article publié dans Nature Physics que la recherche va à présent s’accélérer, ouvrant même potentiellement d’innombrables nouvelles opportunités dans le domaine de l’électronique.

Les deux chercheurs ont étudié en détail les effets des interactions entre électrons sur les propriétés électroniques du graphène, utilisant pour ce faire un graphène d’une très haute qualité, préparé sous vide. De cette façon, tous les mécanismes parasites concernant les électrons ont pu être éliminés, tout en accroissant l’effet de l’interaction électron-électron. Andre Geim et Kostya Novoselov ont pu constater qu’ils se comportaient de manière similaires aux photons (particule composant les ondes électromagnétiques). Ces travaux intéressent d’ailleurs grandement le CERN (Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire).

Le Professeur Novoselov a conclu : « Bien qu’il y ait déjà de nombreuses applications excitantes dans le domaine de la physique et de l’appareillage électronique, plus loin nous irons dans la compréhension des propriétés électroniques du graphène, plus près nous serons d’un vrai graphène au service de l’électronique. ».

Par Rahman Moonzur

 

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Les rainettes au service des humains

Les pattes des rainettes, dotées de ventouses leur permettant d’adhérer à de nombreuses surfaces, pourraient dessiner quelques pistes pour améliorer les surfaces collantes et les rendre auto-nettoyantes, ou presque. L’utilité d’une telle qualité n’est plus à démontrer pour de nombreux produits, tout particulièrement dans des environnements à forte contamination, tels que pour les bandages médicaux, les pneus dont on pourrait améliorer les performances, ainsi que des adhésifs à durée de vie plus longue. C’est en tout cas dans cette direction que s’oriente le chercheur Niall Crawford de l’Université de Glasgow.

La faculté à rester propre, ou tout du moins à se prémunir des impuretés qu’ont les ventouses des pattes des rainettes restait jusqu’ici mystérieuse. « Il est intéressant de remarquer que ce sont les mêmes facteurs permettant aux rainettes d’adhérer aux surfaces qui leur assurent aussi l’auto-nettoyage. Elles sécrètent un mucus augmentant l’adhésion des pattes, qui sous l’effet de la friction causée par le mouvement de la rainette, leur permet aussi de nettoyer leur pattes », explique Niall Crawford.

Les chercheurs ont placé des rainettes sur une plateforme rotative afin d’observer et de mesurer l’angle à partir duquel elles perdent leur grip. En répétant l’opération avec des rainettes dont les pattes ont été préalablement contaminées, elles perdent toute adhérence bien plus rapidement, sauf si on les laisse avancer de quelques pas, leur redonnant alors tout leur grip. L’examen approfondi de ce mucus ainsi que son incorporation à un dispositif médical ou technologique pourrait bien être un défi intéressant à relever.

Par Rahman Moonzur

 

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Un tatouage pour les diabétiques

Plutôt qu’un classique tatouage à l’encre potentiellement démodable, pourquoi ne pas opter pour un tatouage intemporel car… complètement invisible. Ce tatouage contiendrait des nano-capteurs étant à même de décoder le taux de glycémie de celui qui le porte, tout comme le niveau de sel dans le sang, ou encore le niveau d’alcoolémie. Tout cela à l’aide de l’appareil photo de l’iPhone 4.

Un capteur sous la peau

Le docteur Heather Clark, professeur associé en sciences pharmaceutiques à l’Université de Northeastern, dans le Massachusetts aux États-Unis, dirige la recherche sur ces capteurs se cachant sous l’épiderme et vient ainsi de publier un article dans la revue de langue anglaise Integrative Biology. C’est après avoir couru un marathon dans le Vermont, avec un système de surveillance de santé standard à temps réel et portable qu’elle aurait eu une intuition. Le spectre d’un système proposant au patient / utilisateur la médication nécessaire en fonction de ses besoins ne semble plus très loin.

Polymère et pigment fluorescent

En customisant légèrement un iPhone, il devient possible de lire et d’interpréter la lumière émise par les mini-capteurs, ce qui permettrait d’éviter l’ultra-classique piqûre quotidienne ou le test sanguin sur le bout des doigts, et d’avoir un outil de surveillance accrue. Des capteurs seraient rangés dans un agent huileux pour s’assurer qu’ils restent collés les uns aux autres, pour une taille n’excédant pas les 100 nanomètres. Ces capteurs seraient composés d’une solution à base d’un polymère réactif accompagné d’un pigment fluorescent, servant d’indicateur. À l’intérieur même de ce tatouage-implant, certaines nanoparticules s’uniraient exclusivement lorsqu’un certain taux de sel ou de sucre serait atteint. Une libération d’ions viendrait alors perturber les particules originellement neutres, perturbation se manifestant par la fluorescence.

LED bleue

Un accessoire a été dessiné spécialement pour permettre le fonctionnement de ce système, s’attachant sur l’iPhone. La lentille du téléphone est entourée d’un anneau de plastique afin de bloquer au maximum la lumière extérieure tandis qu’une LED bleue est utilisée pour déchiffrer les données. Par contre, un iPhone seul n’est toujours pas à même de décoder les données « brutes », il est nécessaire de passer par un ordinateur et un logiciel pour l’exploitation de celles-ci. L’application complète devrait voir le jour.

Vers une médecine plus personnalisée

Des applications telles que « Healthseeker » (aidant, entre autres, à mieux gérer son diabète) ont donc du souci à se faire, même si elles ont encore quelques beaux jours devant elles. Bien que la phase de test n’en soit encore qu’à ses débuts, et qu’elle n’ait été experimentée pour l’instant que sur des souris dont la peau est plus fine, les résultats semblent prometteurs et pourraient constituer une avancée décisive dans l’évolution de la médecine standard vers une médecine plus personnalisée et plus autonome. L’arrivée du nouvel iPhone 5 est surveillée de près par ces scientifiques, car ce smartphone devrait s’accompagner d’un appareil photo plus performant, ce qui rendrait la captation et le « diagnostic » encore plus précis.

Par Rahman Moonzur

 

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Images de synthèse : liaison d’une molécule avec sa protéine cible

Les travaux qui ont été publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) le 6 juin dernier ouvrent la voie à une conception plus sûre et plus efficace de nouveaux médicaments.

L’observation et la compréhension de la liaison protéine-ligand est fondamentale pour la recherche biomédicale : elle permet de calculer l’affinité et le temps d’union de la molécule médicamenteuse avec sa protéine cible, connaître quelles sont leurs interactions et savoir ainsi comment agit le médicament. Seulement ce processus se déroule à des échelles qui rendent les observations difficiles : la taille des liaisons est de l’ordre de l’Angström (10-10 mètres, échelle d’un atome) sur des durées d’environ 100 nanosecondes.

Filmer ou capturer des déplacements si rapides de molécules avec une résolution spatiale si fine est aujourd’hui impossible. Pour contourner les problèmes liés à l’observation directe, les scientifiques ont donc développé des méthodes de simulation numérique qui permettent de représenter et  » voir  » les molécules et leurs mouvements à l’échelle atomique avec une grande précision. Sous la houlette de Gianni Fabritiis, coordinateur du Laboratoire de Biophysique Informatique et du Programme de Recherche en Informatique Biomédicale (GRIB) entre l’IMIM et l’UPF, ces travaux donnent ainsi l’accès à des processus biochimiques jusqu’ici invisibles et méconnus.

Concrètement, les chercheurs ont reconstruit le processus complet de la liaison d’un inhibiteur enzymatique, le complexe trypsine-benzamidine, grâce à près de 500 simulations moléculaires d’une durée de 100 nanosecondes chacune. Sur la vidéo on peut voir la protéine en arrière plan (en forme de pelote de laine), le complexe trypsine-benzamidine (en vert) et les molécules d’eau (rouge et blanc). Lors de la liaison, la reconnaissance de la molécule par la protéine ciblée provoque une réponse biologique : la compréhension de cette union est donc d’une importance vitale pour la conception de nouveaux médicaments.

À ce jour, c’est la première étude qui fournit une reconstruction complète d’un processus de liaison protéine-ligand. « La méthode nous donne non seulement l’affinité de liaison et la cinétique de la réaction, mais également des informations à l’échelle atomique durant le processus : les sites de liaison, les états de transition et les états métastables, qui sont potentiellement utiles pour augmenter la probabilité de succès dans la conception de médicaments. Cette méthodologie est directement applicable à d’autres systèmes moléculaires, et donc d’intérêt général en matière de recherche biomédicale et pharmaceutique » explique Gianni Fabritiis.

Les chercheurs travaillent maintenant à étendre l’application de cette méthodologie et à optimiser l’usage des capacités de calcul, car dans le cas où les ligands sont plus grands et plus flexibles et où les protéines ont des processus liant plus complexes, un effort de calcul toujours plus grand est exigé.

 

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67293.htm

ISO 31000 : qu’est-ce que l’approche globale des risques

Aujourd’hui, les entreprises sont confrontées à des risques de plusieurs natures – identifiés, émergents, voire indétectables – susceptibles d’affecter l’atteinte des objectifs. Ces objectifs peuvent concerner un ensemble d’activités, depuis le plan stratégique jusqu’aux activités opérationnelles, en passant par les processus et les projets, et se matérialiser en termes de résultats, d’impacts stratégiques, sociaux, opérationnels, financiers, juridiques et de capital image.

 

Toute entreprise humaine implique, par nature, une prise de risques… Le management des risques apporte une aide à :

  • la décision par la prise en compte de l’incertitude et de son effet sur l’atteinte des objectifs ;
  • l’évaluation de la nécessité et de la pertinence de chaque action.

Une entreprise pérenne et résiliente aux aléas et accidents de parcours sera celle qui aura mis en place un management des risques (cf. démarche PerformancePME® menées par le Centre National des Risques Industriels), soit transversalement à l’intégralité de ses processus, soit appliqué à des fonctions et activités spécifiques jugées critiques.

Les systèmes de management normalisés existants dans les domaines de la qualité (ISO 9001), de l’environnement (ISO 14001), de la santé et de la sécurité au travail (OHSAS 18001), de la responsabilité sociétale (SA 8000)… sont des outils méthodologiques éprouvés pour maîtriser les risques propres à ces domaines. Mais le liant nécessaire au management global des risques n’est pas abordé. Le projet de norme ISO 31000 permet ce lien. Sa publication est prévue pour fin 2009.

Cette thématique a été explicitée lors d’un colloque organisé par le Centre National des Risques Industriels, le jeudi 9 avril 2009. Ce colloque a réuni plus de 280 personnes. Quatre intervenants se sont succédés à la table ronde animée par Frédéric Chateauvieux, Directeur de la revue Environnement & Technique ; François Boucher, chef de projet de normalisation et responsable de la commission de normalisation  » Management du risque  » à l’AFNOR ; Olivier Salvi, business development à l’INERIS et general manager à l’EU-VRi (European virtual institute for integrated risk mangement) ; Dominique Bertin et Sophie Lemoine, respectivement directeur général adjoint et chef de service qualité organisation et méthode à la Communauté d’agglomération de Bourges ; Yves Trescarte, directeur prévention chez AGF, membre d’Allianz.

Durant cette matinée, des informations très pertinentes ont été communiquées :

  • présentation de la structure de la future norme ISO 31000 ;
  • principes du management des risques ;
  • cadre organisationnel de management du risque ainsi que cadre organisationnel ….

Cette nouvelle norme ne vient pas s’ajouter à celles existantes. C’est une norme  » chapeau  » qui ne s’accompagnera pas d’une certification. Il s’agit simplement d’un outil visant à favoriser la culture du risque au travers d’un processus de management global. Cette norme n’est pas faite uniquement pour les grands groupes. Elle concerne également les PME/PMI. L’AFNOR travaille avec la CGPME (Confédération Générale ders Petites et Moyennes Entreprises) sur un guide d’application de l’ISO 31000 pour les PME.

Cette norme peut également être appliquée dans les collectivités territoriales. La Communauté d’Agglomération de Bourges a été la première collectivité à disposer des quatre certifications (ISO 9001, ISO 14001, OSHAS 18001 et SA 8000) et d’une gestion des risques au sens large du terme, regroupés en un seul système de management.
Par Céline Nectoux, Ingénieur Environnement, Centre National des Risques Industriels

Par Céline Nectoux, Ingénieur Environnement, Centre National des Risques Industriels

En savoir plus

 

Vous pouvez retrouver des compléments d’information dans le Cahier du CNRI qui a été publié suite à ce colloque : www.cnri.fr ou 02 48 48 40 99.

DIAPORAMA – Les catastrophes industrielles qui ont éveillé les consciences

La catastrophe de Seveso, 1976

Le 10 juillet 1976, un accident chimique catastrophique survient à Icmesa, usine chimique italienne produisant des herbicides, et touche quatre communes dont Seveso, située au nord de l’Italie en Lombardie.

La cuve 101 du réacteur dans lequel était produit du trichlorophénol (TCP) explose. La pression, due à une température excessive (230 °C) de la vapeur stagnant dans les conduites, combinée avec l’arrêt du mélangeur avant l’achèvement du cycle, provoque la rupture d’une valve de sécurité sur le disque de fermeture. Il s’en suit  la libération d’un nuage rougeâtre  toxique dans l’atmosphère. Ce nuage contenait 2,5 kg de TCDD (2,3,7,8-tetrachlorodibenzodioxine) – considérée comme la plus toxique de toutes les dioxines – soit 500 000 doses mortelles pour l’homme. Il contaminera 2 000 hectares de terres situées autour de l’usine.

Les habitants les plus proches de l’usine sont évacués, les animaux décédés (3 300) ou abattus (81 000), des bâtiments rasés et des sols agricoles et maisons décontaminés. On estime à 37 000 le nombre de personnes ayant été exposées à la toxicité du nuage, bien qu’aucun décès n’y soit directement lié.

Sur le plan médical, 250 cas de chloracnée (brûlures chimiques de la peau), concernant essentiellement les enfants et adolescents, sont diagnostiqués et des cas de cancers ou de malformations congénitales sont redoutés, entrainant la pratique exceptionnelle d’avortements.

240 millions de dollars ont servis au dédommagement des habitants, entreprises, communes concernées, la région de Lombardie et l’Etat italien.

Suite à cette catastrophe environnementale transitant vers la plus grande catastrophe depuis Hiroshima et devenant une prise de conscience, les autorités européennes décident de réagir et publient en 1982 la directive dite « SEVESO I », imposant le recensement des établissements industriels présentant des risques d’accidents majeurs. En 1999 la directive « SEVESO II » est publiée.

La catastrophe de Bhopal, 1984

Bhopal, dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, des dizaines de milliers d’indiens sont dans les bras de Morphée, dans leur « bastis », bidonvilles collés à l’usine américaine de pesticides, Union Carbide. Ils n’imaginent pas ce qui vient de se passer, mais une étrange odeur leur est perçue : un gaz très toxique. Leurs yeux les irritent, le gaz s’engouffre dans les poumons. En insuffisance respiratoire, ils suffoquent ou perdent connaissance. L’une des plus grandes catastrophes industrielles de tous les temps est survenue.

 

La catastrophe de Bhopal, 1984

Une cuve d’isocyanate de méthyle (MIC) a explosé, libérant dans l’atmosphère un nuage de 40 tonnes de gaz toxique – dont la composition reste encore inconnue à ce jour – qui se répand sur une étendue de 25 m2 de la ville.

Union Carbide, aujourd’hui dénommée Dow Chemical, était connue pour sa production du « Sevin », nom commercial du carbaryl. L’usine fabriquait le pesticide en utilisant de l’isocyanate de méthyle (MIC), produit particulièrement instable qui doit être conservé à une température maximale de O°C. En effet, en réaction avec l’eau, le MIC produit de la chaleur.

Lors de l’accident, de l’eau s’est ainsi infiltré dans la cuve n°610 contenant du MIC. Suite à la réaction, la température a atteint 200°C, provoquant l’explosion de la cuve qui montait en pression.

La catastrophe de Bhopal

 

Le nuage toxique aurait provoqué la mort de 15 000 personnes au total et 250 000 personnes auraient été intoxiquées et blessées, un bilan qui demeure incertain.

La liste provoquée par l’inhalation du gaz toxique est longue : problèmes ophtalmologiques, troubles respiratoires chroniques, troubles neurologiques, troubles gynécologiques ou augmentation du nombre des cancers.

La catastrophe de Bhopal, 1984

Aujourd’hui encore, le site est pollué. Le gouvernement du Madhya Pradesh, propriétaire du site, n’évoque pas la dépollution totale. L’évacuation des déchets, le traitement du sol et des nappes phréatiques ne sont clairement pas au rendez-vous si ce n’est l’évacuation de 40 tonnes de sacs de pesticides en cours de réalisation.

Une chose est certaine, cette grande catastrophe industrielle restera ancrée dans l’Histoire et dans celle des habitants, continuant à vivre dans le même environnement pollué.

La catastrophe de Tchernobyl, 1986

C’était il y a 25 ans. Le samedi 26 avril 1986, un programme d’essais faisant entorse aux règles de sûreté vire au cauchemar. A 1 h 23 min, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl explose. La gravité de l’accident, mais aussi et surtout l’incurie des autorités soviétiques à tous les niveaux, ont fait de Tchernobyl la plus grande catastrophe du nucléaire civil, un désastre humanitaire et écologique.

La catastrophe de Tchernobyl, 1986

L’incident est venu d’un emballement du réacteur alors que la centrale était en marche et effectuait un exercice. Une série d’erreurs humaines lors de cet exercice de sûreté a déclenché une suite d’événements incontrôlables. Le réacteur de Tchernobyl était déjà assez instable à bas régime, l’expérimentation a fragilisé encore plus le système.

Mycle Schneider, consultant indépendant, explique :

« C’est une combinaison de facteurs humains et de conception. Manuellement, les systèmes de sûreté ont été stoppés. En 4 secondes, le réacteur a atteint environ cent fois sa puissance habituelle, une libération d’énergie, donc une explosion, qui a ensuite entraîné la destruction du réacteur. »

La catastrophe de Tchernobyl, 1986

L’accident a envoyé dans l’atmosphère un panache de retombées radioactives, équivalentes à 200 bombes d’Hiroshima et pollué un territoire de 160 000 km2 répartis dans le nord de l’Ukraine, l’ouest de la Russie et le sud-est de la Biélorussie. Il s’en est suivi un puissant incendie que 400 000 « liquidateurs » – 600 000 en 4 ans – étaient chargés d’éteindre, fortement exposés aux radiations et sans protection adaptée.

« Ce qui a causé la dissémination de matières radioactives est essentiellement l’incendie des 600 tonnes de graphite que contenait le cœur, incendie qui a entraîné dans l’atmosphère l’essentiel des produits de fission contenus dans le cœur. Cet incendie a pu avoir lieu parce que l’explosion d’hydrogène a eu lieu à l’intérieur de l’enceinte de confinement et a rompu cette dernière, et exposé le graphite à l’oxygène de l’air. », déclare Jean-Marc Jancovici, concepteur de la taxe carbone.

Selon un rapport de l’ONU de 1995, le nombre de victimes directes et indirectes de cet accident a atteint 9 millions mais le bilan demeure incertain.

La catastrophe de Tchernobyl, 1986

 

Pour protéger le site, les liquidateurs ont bâti dans l’urgence un sarcophage sur l’enceinte éventrée du réacteur, à l’heure actuelle trop fragile.

Selon l’Agence pour l’énergie atomique (AEN), « l’enveloppe n’est pas étanche. Le sarcophage n’a jamais été destiné à apporter une solution permanente au problème du confinement du réacteur accidenté. Il s’ensuit que cette solution temporaire risque fort d’être instable à long terme. Autrement dit, il y a une possibilité d’effondrement qui doit être corrigée par une solution technique permanente ».

Le 19 avril dernier, la communauté internationale a débloqué 550 millions d’euros pour le financement des travaux d’aménagement d’un nouveau sarcophage à Tchernobyl pour y remédier.

La catastrophe d’AZF, Toulouse, 2001

Le 21 septembre 2001 à Toulouse, survient la plus grande catastrophe industrielle française dans l’usine pétrochimique d’engrais AZF (AZote Fertilisants), classée Seveso II.

La catastrophe d’AZF, Toulouse, 2001

 

Un stock de 300 à 400 tonnes de nitrate d’ammonium (NH4NO3) dans le hangar 221 de l’usine explose, creusant un cratère de forme ovale de 70 mètres de long et 40 mètres de largeur, et de 5 à 6 mètres de profondeur. La détonation est entendue à plus de 80 Km et crée un séisme de magnitude 3,4.

L’explosion aura provoqué la mort de 30 personnes et fait plus de 2500 blessés, touchés directement par le souffle de l’explosion ou indirectement par des objets portés par ce souffle (éclats de verre).

Selon l’Institut de veille sanitaire, de nombreuses personnes souffrent de désordres psychiques (dépressions, angoisses, insomnies), mais aussi de problèmes auditifs. Dix-huit mois après l’explosion, quelque 14 000 personnes étaient toujours sous traitement pour pouvoir dormir, calmer leurs angoisses ou soigner une dépression.

La catastrophe d’AZF, Toulouse, 2001

L’explosion a également provoqué des dommages matériels importants causés aux constructions et bâtiments (25 000), l’usine étant implémentée dans une zone urbanisée à proximité du centre-ville.

La thèse officielle de l’accident renvoie à l’erreur humaine : un employé d’une entreprise sous-traitante d’AZF aurait accidentellement renversé, ¼ d’heure avant l’explosion, 500 kg de produit chloré pour piscines (DCCNa ou Dichloroisocyanurate de sodium) réagissant avec le nitrate d’ammoniom « stocké en vrac », ce qui aurait provoqué la déflagration. Cependant, cette thèse ne relève pas de « lien de causalité certain » entre les fautes et le dommage et ne tient pas compte des nombreux témoignages d’une détonation antérieure ou d’événements électromagnétiques précurseurs de l’explosion (bang magnétique perçu, enregistré sur magnétophone et analysé).

D’autres thèses ont été étudiées :

  • l’explosion de nappes de gaz (hydrazine, méthanol …) à la SNPE (Société nationale des poudres et explosifs), usine de fabrication des combustibles d’Ariane ;
  • le terrorisme ou la malveillance ;
  • un accident dans le réseau EDF (mise à terre d’un transformateur ou d’une ligne HT).

La catastrophe de Buncefield, Grande Bretagne, 2005

Le dimanche 11 décembre 2005, une série de trois explosions frappent le terminal pétrolier de Buncefield, à 40 kilomètres de Londres.

Les puissantes déflagrations, de magnitude 2,4 à l’échelle de Richter, sont entendues à 200 Km et ressenties jusqu’en France et en Belgique. Elles déclenchent alors un gigantesque incendie,

La catastrophe de Buncefield, Grande Bretagne, 2005

L’incendie a été maîtrisé le 13 décembre 2005 avec 15 millions de litres d’eau déversés et 250 000 litres d’émulseur. Il aura fait 43 blessés, un bilan humain « miraculeux » selon la police locale, du fait de son ampleur et de la notoriété du site, étant l’un des cinq plus grands dépôts de carburant du Royaume-Uni.

« Si l’explosion s’était produite un jour de semaine, le bilan en vies humaines aurait pu atteindre des dizaines, voire des centaines de victimes », a déclaré le juge Sir David Calvert-Smith du tribunal de Saint Albans.

La catastrophe de Buncefield, Grande Bretagne, 2005

La catastrophe est à l’origine d’un débordement de 300 tonnes de pétrole contenu dans une citerne du dépôt. Les fuites d’hydrocarbures auraient alors provoqué un panache de fumée noire qui s’est répandu violemment sur le tout le site avant de s’embraser.

Selon le chef des pompiers du Hertfordshire, Roy Wilsher, la catastrophe de Buncefield est le plus grand incendie en Europe qui se soit déclaré en temps de paix.

Par Angélica Tavares Costa

L’INERIS et les risques industriels

Instantanés techniques : Combien de personnes à l’INERIS travaillent sur les PPRT ?

Sébastien Richopmme / Benjamin Le Roux : La loi « Bachelot » ayant fait évoluer la façon de gérer le risque industriel, on pourrait dire que la notion de PPRT a une influence sur l’ensemble des activités de l’INERIS dans le domaine des risques accidentels. Plus précisément, sur la vulnérabilité des structures c’est une unité de six personnes, basée à Bourges, avec des profils d’ingénieurs / docteurs en mécanique et en mécanique des matériaux, qui y travaille. L’équipe dépend de la Direction des Risques Accidentels, qui a pour vocation d’évaluer et prévenir les risques liés aux phénomènes dangereux qui peuvent survenir dans les installations industrielles. Ces missions sont réalisées au travers par exemple d’analyses de risque, d’étude de la sécurité des procédés », de l’étude et de la modélisation de ces phénomènes dangereux, partie sur laquelle nous intervenons via notre pôle « phénomènes dangereux et structures ». Dans ce pôle vont être modélisés et étudiés par essais à différentes échelles tous les phénomènes -incendie, dispersion de toxiques, explosion-, ainsi que l’interaction entre ces phénomènes et les structures.

L’INERIS travaillait-elle déjà sur les risques industriels avant la mise en place des PPRT…

L’INERIS est issu du Centre de Recherches de Charbonnage de France (CERCHAR). Nous avons donc une histoire très ancienne en ce qui concerne les risques d’explosion et d’incendie : nos compétences puisent leur source dans une expérience de près de 60 ans. La force de l’Institut est sa pluridisciplinarité, qui permet de développer une expertise globale des sujets. La thématique « résistance des structures » est assez récente, puisque l’unité dans laquelle nous intervenons s’est créée au début des années 2000. Mais cette thématique a une place à part entière au sein des recherches menées à l’INERIS, car elle est complémentaire de l’étude des phénomènes dangereux.

 Avec qui collaborez-vous sur ces travaux d’expérimentation de la résistance des vitrages ? 

La thématique « vitrages », comme pratiquement l’ensemble des autres thématiques de l’INERIS, se nourrit à la fois des besoins des industriels et des pouvoirs publics. Nos axes de recherche sont étroitement liés aux besoins exprimés par ces deux types d’acteurs. Bien sûr, notre rôle est également d’être proactif. En travaillant sur le terrain, il s’agit, si possible, d’anticiper les demandes des pouvoirs publics pour leur fournir des solutions, mais aussi d’accompagner les industriels dans leurs démarches réglementaires et normatives.

 Qu’est-ce qui a changé dans votre travail depuis la mise en  place des PPRT ? 

La mise en place des PPRT a orienté nos travaux vers les bâtiments collectifs et individuels alors qu’auparavant nos recherches étaient principalement axées sur les bâtiments industriels. C’est dans cette veine que nous avons effectué une étude sur la résistance des fenêtres (voir illustration). Dans le cadre des PPRT, nous avons été amenés à estimer quels types de vitrages étaient le plus adaptés pour des habitations situées à proximité de sites sensibles.

Comment avez-vous procédé pour ces travaux ?

Il y a deux ans, nous n’avions pas encore que peu de données sur les fenêtres classiques, vendus dans le commerce, et sur la capacité à protéger les occupants des habitations vis-à-vis  des effets d’une onde de souffle en cas d’explosion. On fabrique depuis longtemps des vitrages résistants à ce type de surpression, mais ils sont très lourds et très chers, on ne peut pas imaginer généraliser ce type d’équipements aux habitations concernées, cela ne serait pas réaliste à plusieurs points de vues, financièrement par exemple, puisque la réglementation des PPRT ne peut pas imposer à un particulier de dépenser plus de 10 % de la valeur vénale de leur habitation. A partir des produits que l’industrie a mis en place depuis des années pour répondre à d’autres contraintes, nous avons travaillé et effectué des tests pour évaluer quels types de fenêtres pouvaient convenir à ces situations très particulières.

Vous vous êtes également basé sur l’expérience préexistante au niveau militaire…

Les travaux de recherche réalisés dans le cadre militaire sont effectivement une source importante de données. Néanmoins, les sollicitations dans le domaine militaire portent souvent sur des paramètres, des niveaux d’impact et des contextes d’étude qui sont différents de nos problématiques de risques industriels. Il nous appartient donc de tirer de ces résultats les données nécessaires au développement  des outils et des méthodologies adaptés à nos besoins.

Qu’en est-il des particuliers et des professionnels qui ont l’usage de ces données ?

L’étude sur les fenêtres a donné lieu à la sortie d’un premier guide, à destination des professionnels du bâtiment, afin de les aider à mieux appréhender les demandes de travaux faites par les propriétaires en cohérence avec les objectifs de performance issus des PPRT. Un deuxième guide, à destination des propriétaires, est sorti pour permettre à ces derniers de les accompagner dans leur démarche de renforcement des fenêtres.  Ce guide leur  donne des réponses aux questions suivantes : Pourquoi dois-je renforcer mes fenêtres ? Quels travaux sont à réaliser ? Qui puis-je contacter pour m’informer ? Quelles sont les aides ?

Propos recueillis par P.T

 

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Réglementation risque chimique

ICPE: piloter et suivre l’évolution de ses installations classées

 

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De l’étude de dangers aux actions de prévention : quel processus ?

Le risque industriel

Le risque industriel est la combinaison de la probabilité d’apparition d’un événement accidentel se produisant sur un site industriel et pouvant engendrer des conséquences graves pour le personnel, les populations, les biens, l’environnement, ou le milieu naturel.

Il est dit « majeur » lorsqu’il est caractérisé par une faible fréquence (aléas) et une forte gravité, pouvant exposer un grand nombre de personnes, occasionner des dégâts importants et déstructurer fortement la société.

Les installations industrielles, génératrices de risques industriels

Différents types d’installations industrielles à risques sont recensées :

  • les industries chimiques produisant ou utilisant des produits chimiques en grande quantité, des produits destinés à l’agroalimentaire (engrais), des produits pharmaceutiques (ammoniac dans le cadre des systèmes de refroidissement), ou de consommation courante (eau de javel) ;
  • les industries pétrochimiques produisant des produits dérivés du pétrole (essences, goudrons, gaz de pétrole liquéfié) ;
  • les industries de stockage de gaz ;
  • les industries pyrotechniques de fabrication et de stockage d’explosifs (la SNPE, société nationale des poudres et explosifs) ;
  • les installations de stockage de céréales, grains, produits alimentaires ou autre produit organique dégageant des poussières inflammables ;
  • les sites de traitements des déchets dangereux.

Les effets générés par un risque industriel

Un accident industriel peut engendrer trois grands types de risques industriels, classés par nature et effets :

  • les effets thermiques, engendrés par la combustion d’un produit inflammable ou une explosion de gaz en expansion provenant d’un liquide en ébullition (BLEVE : Boiling Liquid Expanding Vapor Explosion) ;
  • les effets toxiques, résultant d’une fuite d’une substance chimique toxique (ammoniac, chlore, phosgène) sur l’installation. L’inhalation de cette substance chimique peut provoquer par exemple un œdème du poumon ou une atteinte au système nerveux ;
  • les effets de surpression (ou mécaniques) résultant d’une explosion de gaz en milieu non confiné (U.V.C.E : Unconfined Vapor Cloud Explosion) ou plus généralement d’une explosion provoquant une onde de choc (déflagration ou détonation). Cette explosion peut être issue d’un explosif, d’une violente réaction chimique ou une combustion, d’une décompression brutale d’un gaz sous pression ou de l’inflammation d’un nuage de poussières combustibles. Le calcul de la surpression engendrée, notamment par des équations mathématiques, permettent aux experts de déterminer les effets associés (lésions aux tympans, poumons, traumatismes, etc…) ;

D’autres effets peuvent être engendrés par un phénomène dangereux ou un accident industriel : les effets de projection, liés à l’impact d’un projectile.

La classification des installations industrielles

Les installations industrielles sont régies selon la législation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) qui réglemente le fonctionnement des établissements industriels pouvant générer des nuisances ou des risques pour l’environnement.

C’est dans ce cadre qu’a été reprise par la règlementation française la directive européenne « Seveso 2 » de 1996 modifiée, remplaçant la directive « Seveso 1 » de 1982.

Cette directive comporte l’établissement, pour chaque catégorie de matières dangereuses, de deux seuils :

  • un seuil bas, à partir duquel s’appliquent des règles simples. Ce seuil est repris dans une annexe de l’arrêté du 10 mai 2000 ;
  • un seuil haut, à partir duquel s’appliquent des contraintes plus fortes. Les établissements industriels à « hauts risques », concernés par ce seuil, sont communément appelés établissements Seveso.

Le seuil est repris dans la nomenclature ICPE et comporte deux grands volets : un classement des substances et préparations suivant leurs caractéristiques de stockage ou leur utilisation, et un classement des activités en fonction des opérations et risques qu’elles comportent.

 

Nature du risque
ou de la nuisance

Classement ICPE

Classement Seveso

Nuisance ou risque assez important

Déclaration[1]

Nuisance ou risque important

Autorisation[2]

Risque important

Autorisation

Seuil bas

Risque majeur

Autorisation avec servitude d’utilité publique[3]

Seuil haut

L’ampleur du risque et le classement ICPE et Seveso

 

Légende :

[1] la déclaration : les industries dont le potentiel de danger est le moins important doivent simplement déclarer leur existence au préfet avant leur mise en service, et respecter des arrêtés ministériels de prescriptions générales (« prescriptions standards ») selon les rubriques.

[2] lautorisation préfectorale d’exploiter : l’établissement industriel doit demander au préalable une autorisation d’exploiter, reposant notamment sur une étude d’impact et une étude de dangers exposant les nuisances et risques générés par chacune de ses installations, et les mesures prises pour y remédier ;

[3] l’autorisation préfectorale d’exploiter avec servitudes d’utilité publique (AS = autorisation avec servitudes) : la procédure est identique à la précédente à la différence près que l’ampleur du risque nécessite la mise en place de servitudes d’utilité publique qui interdisent ou réglementent toute construction nouvelle autour de l’établissement. Cette procédure vise à maîtriser le développement de l’urbanisation autour des sites à hauts risques et à limiter l’implantation d’industries à risques dans des zones fortement peuplées. Le seuil d’application de ce régime est le seuil haut de la directive Seveso.

La politique de prévention des risques industriels

Suite à l’accident industriel de Toulouse en 2001, entraînant la prise de conscience du risque industriel en France, une politique de prévention globale basée notamment sur la loi du 30 juillet 2003, relative à la prévention des risques naturels et technologiques et à la réparation des dommages, est mise en place pour les établissements soumis à la directive Seveso. Cette politique repose sur quatre piliers fondamentaux :

  • la maîtrise du risque à la source : l’exploitant doit démontrer qu’il maîtrise les risques via une étude des dangers et un système de gestion de la sécurité (SGS) ;
  • la maîtrise de l’urbanisation : cet axe vise à contrôler l’urbanisation autour des sites classés dangereux pour éviter d’augmenter ou pour réduire la population située à proximité d’une industrie à risques ;
  • la planification des secours : elle consiste à mettre en place des plans d’urgence et de secours pour faire face aux conséquences immédiates d’un accident ;
  • l’information préventive : tout citoyen doit connaître les accidents susceptibles de se produire près de chez lui et la manière de réagir en cas de crise. Il doit également disposer de structures de concertation (visite de site, enquêtes et réunions publiques, Comité Locaux d’Information et de Concertation (CLIC), campagnes d’information du public).

La maîtrise du risque à la source

La réduction du risque à la source constitue l’axe prioritaire et premier de la politique globale de prévention des risques industriels, dont le premier maillon règlementaire est l’étude de dangers suivi de la politique de prévention des accidents.

 

L’étude de dangers

Réalisée par l’industriel, sous le contrôle de la Direction Régionale de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE), les directions départementales des services vétérinaires (DSV) ou le service technique interdépartemental d’inspection des installations classées (STIIIC), l’étude de dangers permet d’identifier les sources de dangers et les accidents susceptibles de se produire sur un site en faisant l’état des lieux de l’installation, de sa conception et son fonctionnement, pour mettre en place des mesures de réduction de l’aléa.

Elle concerne obligatoirement toute ICPE soumise à autorisation, doit être réexaminée tous les 5 ans au minimum et faire l’objet d’une mise à jour, si nécessaire.

Depuis la loi du 30 juillet 2011 introduisant la notion d’approche « probabiliste » dans la démarche d’analyse, l’industriel doit évaluer la probabilité d’apparition de chaque phénomène dangereux envisagé en calculant l’intensité des différents types d’effets sur les personnels et les biens matériels. Il doit également prendre en compte dans la détermination des scénarios menant aux accidents, les effets dominos, accident survenant sur une installation et initiant un second accident sur une installation voisine.

La politique de prévention des accidents majeurs

Les établissements industriels soumis à autorisation avec servitude (AS) doivent établir une politique de prévention des accidents majeurs visant à minimiser les risques d’accidents majeurs et à en limiter les conséquences.

Pour les établissements Seveso, il est établi un système de gestion de la sécurité (SGS) qui définit un ensemble de dispositions permettant la mise en œuvre de la politique de prévention et portant sur :

  • l’organisation et la formation du personnel ;
  • l’identification et l’évaluation des risques d’accidents majeurs ;
  • la maîtrise des procédés et de l’exploitation des installations ;
  • la gestion des modifications apportées aux installations et aux procédés ;
  • la gestion des situations d’urgence (tests/exercices et formation au personnel) ;
  • la gestion du retour d’expérience ;
  • le contrôle du SGS, les audits internes et la revue de direction.

La maîtrise de l’urbanisation

Après la maîtrise du risque à la source,  la maîtrise de l’urbanisation à l’intérieur et autour des sites industriels présentant des risques majeurs, constitue un axe essentiel pour la prévention du risque industriel.

Le préfet et les collectivités territoriales disposent alors d’un ensemble d’outils légaux et règlementaires pour la maîtrise de l’urbanisation dans les périmètres de danger.

Au niveau de l’Etat, sont générés les outils règlementaires suivants :

  • le « porter à connaissance » : le préfet doit porter à la connaissance des communes toutes les informations et études techniques sur les risques majeurs ;
  • les servitudes d’utilité publique (SUP) : ce sont des contraintes d’urbanisation dans les zones à risques définies autour des sites Seveso AS. Elles sont reprises dans le plan local d’urbanisation (PLU) ;
  • le projet d’intérêt général (PIG) : à caractère d’utilité publique, le PIG est un projet de protection visant à limiter les conséquences des risques majeurs existants.

Concernant les collectivités territoriales, sont énumérées les outils suivants :

  • l’article R.111-2 du Code de l’urbanisme : il appartient au maire ou à la collectivité territoriale de refuser ou n’accorder que sous réserve de l’observation de prescriptions spéciales, un permis de construire pour une construction située dans une zone à risques ;
  • le plan local d’urbanisme (PLU) : outil et document de planification de l’urbanisation à l’échelle communale ou intercommunale, intervenant sur le moyen terme (5 à 10 ans), le PLU permet de déterminer les secteurs où la construction est interdite ou règlementée pour tenir compte du risque généré par l’installation considérée ;
  • la carte communale : version simplifiée du PLU, elle permet d’éviter l’urbanisation autour des sites à risques dans les zones à prédominance rurale avec notamment le règlement national d’urbanisme (RNU).

Depuis la loi du 30 juillet 2003, un outil règlementaire de prévention et de maîtrise de l’urbanisation autour des sites Seveso AS a été mis en place : le plan de prévention des risques technologiques (PPRT).

Ayant pour objectif de protéger les personnes, le PPRT consiste à évaluer et hiérarchiser, aux abords de l’installation classée, le niveau de risque lié à son activité.

L’évaluation de ce niveau de risque s’appuie sur :

  • l’aléa technologique, évalué en fonction de la probabilité d’occurrence, la cinétique et l’intensité des effets des phénomènes dangereux considérés ;
  • le recensement des enjeux présents sur le territoire, permettant de caractériser la vulnérabilité, c’est-à-dire l’ampleur des dommages que ces enjeux sont susceptibles de subir.

En fonction du niveau de risque, le PPRT définit les secteurs dans lesquels des mesures d’urbanisme doivent être prises. Ces mesures peuvent consister en l’imposition de prescriptions sur le bâti existant ou futur, l’expropriation ou le délaissement des zones où les niveaux d’aléas sont élevés.

Elaboré sous l’autorité du préfet par les services de l’inspection des installations classées et des équipements et le CLIC (Comité Locaux d’Information et de Concertation), le PPRT s’appuie sur un dispositif de concertation et d’association :

  • la concertation : elle fait l’objet d’un bilan qui est rendu public en fin de procédure d’élaboration, avant la mise à l’enquête publique, dans les formes prévues par l’arrêté de prescription du PPRT.
  • l’association : elle repose sur un groupe de travail opérationnel composé des collectivités locales concernées, du/des représentant(s) du CLIC, de l’industriel, des services de l’État compétents et plus précisément de toutes les personnes et organismes associés définis par le préfet dans l’arrêté de prescription du PPRT.

La planification des secours

Les installations industrielles classées Seveso AS et plus généralement tout établissement présentant des risques graves et spécifiques pour un environnement, nécessitent la mise en place de plans d’intervention, le risque nul n’existant pas. Ces plans d’intervention s’expriment sous la définition de deux outils opérationnels : le Plan d’opération Interne (POI) et le Plan Particulier d’intervention (PPI).

Le plan d’opération interne est mis en place par l’industriel, dès lors qu’un accident se produit à l’intérieur de l’installation. Objectant vers la définition de moyens adaptés permettant la maîtrise d’un accident interne au site, le POI planifie l’organisation, les ressources et les stratégies d’intervention à mettre en œuvre en analysant les accidents qui peuvent survenir. Il fait l’objet de tests périodiques réalisés au minimum tous les trois ans sur l’initiative de l’exploitant.

Le plan particulier d’intervention, établi par le préfet qui prend en charge la direction des opérations de secours, est une des dispositions spécifiques du plan ORSEC (Organisation de la Réponse de SÉcurité Civile). Il prévoit la mobilisation des services de secours publics (SAMU, sapeurs pompiers, gendarmes, police) et des services de l’Etat (DDE, DRIRE, DDASS, etc.) lorsque les effets d’un phénomène dangereux sont susceptibles de sortir des limites de l’installation.

A noter que chaque établissement qui fait l’objet d’un PPI doit disposer d’une sirène qui diffuserait en cas d’accident majeur le Signal National d’Alerte (SNA).

L’information de la population

Pour assurer la prévention de la population sur les risques majeurs, plusieurs documents d’ordre préventif et mesures adaptées ont été établis :

  • le dossier départemental sur les risques majeurs (DDRM) : réalisé par le préfet, il est disponible dans chaque mairie et renseigne, à chaque commune du département, la liste des risques majeurs auxquels elle est soumise. Ce DDRM permet au maire la réalisation d’un document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM)  et un affichage du risque à destination de ses administrés, pouvant ainsi s’informer sur les risques auxquels ils peuvent être soumis et sur les consignes de sauvegarde à appliquer en cas d’accident majeur ;
  • l’information des acquéreurs et locataires (IAL) : depuis le 1erjuin 2006, chaque nouveau propriétaire ou locataire doit être informé, avant signature de l’acte de vente ou du bail, des risques majeurs auxquels peut être soumis son futur logement. L’IAL est assurée dans les communes soumis au risque sismique ou dotées d’un PPRN ou PPRT prescrit ou approuvé ;
  • une campagne de communication, organisée tous les 5 ans par les industriels Seveso ;
  • le comité local d’information et de concertation (CLIC) : institué selon la loi du 30 juillet 2003, c’est un lieu d’échange et de concertation, permettant aux acteurs gestionnaires du risque, riverains et salariés de s’informer sur la stratégie du risque industriel et d’avoir la bonne conduite en cas d’accidents.

Par Angélica Tavares Costa

Évaluation du vieillissement industriel – Méthodologie

Dans ce dossier, on vise à fournir une méthodologie générale d’étude du vieillissement industriel d’un composant ou d’une installation. Le lecteur y trouvera les éléments principaux de la méthodologie à déployer. Les méthodes ne sont pas détaillées, mais le lecteur trouvera suffisamment d’éléments pour démarrer une étude de vieillissement et il pourra en outre trouver les références adéquates pour aller plus loin.

Le vieillissement des installations industrielles se traduit par une dégradation continue, plus ou moins rapide, des performances des composants, systèmes et structures, ou par leur perte de fonction. Un certain nombre de parades (programme de maintenance, de rénovation, de remplacement,…) peuvent ralentir ou limiter le vieillissement, permettant ainsi d’optimiser leurs performances, en particulier leur durée d’exploitation, tout en maîtrisant les risques. Encore faut-il anticiper les défaillances potentielles, avant qu’elles ne se produisent, et prévoir les conséquences à long terme des remèdes, des options que l’on souhaite mettre en œuvre préventivement. Pour ce faire, le retour d’expérience d’exploitation et son analyse, ainsi que l’utilisation de l’expertise industrielle sont des éléments stratégiques.

Après avoir défini le vieillissement et montré qu’il y avait deux visions du vieillissement, l’une physique, l’autre fiabiliste, se pose le problème industriel et le choix d’une méthodologie. Cette dernière se présente sous la forme habituelle d’une analyse de risque. On insiste ensuite sur l’anticipation puis sur l’évaluation de la fiabilité prévisionnelle, cette dernière étant l’un des paramètres les plus influents pour optimiser le choix de l’option préventive destinée à contrecarrer le vieillissement et à maîtriser les risques industriels tout en améliorant les performances. Les caractéristiques essentielles d’une étude de vieillissement et quelques pistes de recherche et développement pour les prochaines années permettent de conclure.

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Retour d’expérience technique

Le retour d’expérience technique est un point clé stratégique des activités de la sûreté de fonctionnement, car il permet de mieux connaître les performances des matériels et des installations, et de mettre en évidence leurs points faibles.

Le retour d’expérience s’intègre dans le système d’information, et dans le management des entreprises. La base de données est l’outil indispensable du retour d’expérience. Ses objectifs doivent être clairement définis. De la qualité des données dépendent les résultats de l’analyse. Le retour d’expérience contribue aux enjeux de la maîtrise de la sûreté et de la protection de l’environnement, de la disponibilité, de la durabilité et des coûts de maintenance. Il est indispensable à la conception des équipements futurs.

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Prévention des risques professionnels – Stress et risques psychosociaux

Le stress et plus largement les risques appelés « psychosociaux » sont des problématiques du monde du travail qui constituent, pour de nombreux secteurs d’activités, une nouvelle préoccupation pour la santé des salariés. Bien qu’il s’agisse de risques plus difficiles à identifier que les risques professionnels « traditionnels », leur approche doit être rigoureuse et donner lieu, comme pour tous les autres risques professionnels, à une évaluation et un plan de prévention. En effet, la loi (transposée de la directive-cadre 89/391/CEE et renforcée par les nombreux textes réglementaires ultérieurs) fait aujourd’hui obligation à l’employeur d’évaluer les risques, y compris psychosociaux, et de préserver la santé physique mais aussi mentale des salariés (article L. 4121-1 du Code du travail).

Pour objectiver le problème et proposer une prévention efficace, il faut pouvoir définir ce que sont le stress et les risques psychosociaux (RPS).

Il s’agira tout d’abord de s’intéresser à la problématique « stress », puis d’élargir la définition des concepts aux autres RPS, et enfin d’envisager comment agir en prévention dans ces domaines.

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« 64 % des évènements recensés par le Barpi impliquent des incendies » (1/2)

Techniques de l’ingénieur : Quel est le rôle et quelles sont les missions du BARPI ?

Le BARPI est un bureau d’administration centrale, intégré au sein de la Direction Générale de la Prévention des Risques du ministère du Développement Durable. Nos bureaux sont situés à Lyon, même si notre champ d’action s’étend à l’ensemble du territoire.

Le BARPI est chargé du recueil de l’accidentologie, des éléments de retour d’expérience, et du recensement des accidents qui surviennent dans l’ensemble des domaines des risques et pollutions industrielles, principalement et historiquement dans le domaine des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) mais également aujourd’hui sur d’autres domaines, à savoir les équipements sous pression, la distribution et utilisation du gaz, le transport de matières dangereuses, les barrages et les digues, et enfin le sous-sol (mines et carrières).

Existe-t-il un traitement spécifique pour les usines classées Seveso et ICPE ?

C’est le cœur de notre activité. Les sites Seveso sont une sous-catégorie des ICPE présentant les plus forts enjeux en matière de risques industriels. Au niveau des dispositions d’autorisation, de la réglementation et du contrôle en termes d’inspection, ils sont ceux sur lesquels l’État concentre le plus de moyens.

Au niveau du BARPI, lorsqu’un accident survient sur un site Seveso, le traitement de l’accident va être fonction de son ampleur et de ses conséquences. Parmi les accidents majeurs recensés dans notre base de données ARIA (Analyse, Recherche et Information sur les Accidents), un certain nombre sont survenus sur des sites Seveso, et notamment dans l’industrie chimique ou l’industrie pétrolière.

Y a-t-il eu des changements spécifiques dans le fonctionnement du BARPI depuis sa création ?

Le BARPI existe depuis 1992. Il est né du constat, vers la fin des années 80, début des années 90, qu’il n’existait pas en France de structure dédiée au recueil des accidents industriels, qui plus est articulée autour d’une démarche transverse. Si l’on voulait connaître par exemple le type d’accidents qui étaient survenus sur tel type d’industries, ceux ayant impliqué du chlore, ou encore les conséquences des accidents impliquant des explosifs, il fallait se procurer individuellement les rapports d’accident. Nulle part n’existait une synthèse de tous ces éléments.

Les années 90 ont donc été consacrées à une montée en puissance du BARPI, conjointement à la création de la base de données ARIA. Cette base n’a pas été tout de suite accessible en ligne, puisqu’à l’époque Internet en était encore à ses balbutiements. La mission essentielle du BARPI consistait alors à répondre aux demandes d’extraction, provenant d’administrations, de bureaux d’études ou d’industriels désireux de connaître le type d’accidents ayant survenu dans des installations similaires à la leur.

Dans une deuxième phase correspondant aux années 2000, une nouvelle volonté a émergé, celle d’améliorer l’accès à ces informations, de les mettre à disposition du public dans une logique de transparence, qui s’est concrètement traduite par la création du site Internet.

L’instauration de la base de données ARIA a permis de créer un réseau d’échanges avec les principaux syndicats professionnels de l’industrie, ainsi que de mettre en place des opérations de sensibilisation des professionnels à travers l’édition de plaquettes notamment. Pour la première fois, un type d’accidents, pas forcément connu ni maitrisé, était mis en lumière et il devenait donc possible de proposer, sur la base du retour d’expérience issu des accidents collectés, des recommandations dans le but de diminuer un type de risques, au moins dans un type d’industrie. Mais nous avons aussi mis au point, à l’époque, des publications plus transverses, à destination du public comme des institutionnels, sur les accidents les plus marquants.

La troisième période, qui a débuté en 2009 et dans laquelle nous sommes encore actuellement, est consacrée à l’extension de nos missions au-delà du domaine historique des installations classées, c’est-à-dire comme je vous le disais tout à l’heure, aux équipements sous pression (ESP), à la distribution et utilisation du gaz, au transport de matières dangereuses (TMD), aux barrages et digues, et enfin au sous-sol (mines et carrières). Cette volonté de diversification de nos domaines d’intervention est d’ailleurs liée à la création du ministère du Développement Durable dont la DGPR (Direction Générale de la Prévention des Risques) fait partie.

Combien d’accidents avez-vous recensé l’année dernière ?

En 2010, nous avons enregistré 1 686 « évènements » accidentels et incidentels. 1 568 sont survenus en France et 914 concernent les installations classées, les ICPE.

Nous répertorions aussi les évènements survenus à l’étranger, mais pas avec le même niveau de détails, ni avec les mêmes sources d’information. Nous intégrons surtout les accidents majeurs, par exemple, ceux qui vont être relayés dans les médias français.

La base ARIA a recensé 40 000 accidents sur les 20 dernières années.

Quelle différence y a-t-il entre un « accident » et un « incident » ?

On parle d’ « accident » à partir du moment où au moins l’un des 4 indices de l’échelle de gravité européenne des accidents est déclaré non-nul. Concrètement, cela peut désigner une quantité significative de matière dangereuse relâchée, des conséquences corporelles (mort, blessé, ou des conséquences significatives pour la population comme l’évacuation de riverains pendant un temps long), des conséquences environnementales ou encore des conséquences économiques.

À l’inverse, les « incidents » recouvrent les évènements dont les conséquences sont minimes : il n’y a pas de blessé, pas d’atteinte à l’environnement, et les conséquences économiques sont négligeables. Généralement, les incidents retenus auraient pu dégénérer très facilement en accidents, si par exemple un facteur aggravant s’était ajouté, ou si une intervention rapide n’avait pas eu lieu. Nous les répertorions donc également dans la base, au titre de leur intérêt en termes de retour d’expérience.

Quels sont les accidents majeurs, leurs origines et leurs conséquences ?

Les incendies représentent un pourcentage très significatif des accidents. 64 % des évènements recensés dans la base ARIA sur les vingt dernières années impliquent des incendies. Et pas seulement des incendies au sens « strict », le départ de feu n’étant pas forcément la cause première de l’accident mais pouvant résulter d’une explosion, ou d’un autre dysfonctionnement. Dans 40 % des cas, il y a rejet de matières dangereuses et dans 7 % des cas, des explosions. [suite page 2]

 

Propos recueillis par Carole Hamon

 

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Risque d’utilisation des produits chimiques : comment être couvert ?

Instantanés technques : Présentez nous les nouvelles fiches de données de sécurité (FDS) étendues.

Gautier Vincent : La fiche de données de sécurité étendue, cest la FDS au format Reach qu’impose la réglementation Reach, et qui incorpore en annexe les scénarios d’exposition qui sont développés dans la cadre des dossiers d’enregistrement Reach. Ces nouvelles FDS commencent à arriver depuis janvier. Nous allons pouvoir commencer à « traiter » toutes les substances enregistrées en 2010. L’opération sera reconduite ensuite pour toutes les substances enregistrées en 2013, puis en 2018.

Qu’est-ce qui va changer concrètement ?

Beaucoup de choses vont changer sur les FDS, ce qui explique le développement de ces formations. Rien qu’au niveau de la quantité d’informations, on va passer de 8 pages à parfois 20, voire 200 dans certains cas !
Tout d’abord, la somme d’informations supplémentaires est extrêmement importante. Des paramètres vont évoluer. Prenons l’exemple des usages : avant, dans la FDS, on trouvait des précisions sur les conditions d’usages de la substance, « dans les grandes lignes ». Maintenant, on va avoir ce qu’on appelle des « codes usages ». Ces codes usages sont issus des guides techniques de Reach, et regroupent des informations permettant de savoir le domaine où on peut utiliser la substance. Ces codes usages vont être regroupés en scénarios, ce qui va permettre d’établir l’exposition aux travailleurs, à l’environnement et éventuellement aux consommateurs vis-à-vis de ces usages-là. Toute cette partie concernant la détermination de l’exposition va concerner les annexes.
Au niveau des usages, les code déterminés dans les guides techniques de Reach sont très larges. Aujourd’hui, le problème qui se pose est que ces codes sont tellement larges qu’on peut, pour un même process, se retrouver avec des codes usages différents. Toute la problématique est de savoir utiliser ces codes usages de la bonne manière, pour retrouver son usage et avoir le droit d’utiliser la substance dans son entreprise. Ceci concerne les utilisateurs avals.

D’où l’intérêt, pour les utilisateurs finaux d’actualiser leurs connaissances…

L’important est surtout pour l’utilisateur final de savoir identifier les utilisations via les informations données par les codes usages, et surtout savoir quoi faire si l’utilisation de tel ou tel produit n’est pas répertorié dans les codes usages correspondant, pour rester « couvert » vis-à-vis de la réglementation.

Que se passe-t-il quand l’utilisateur a un doute sur l’utilisation d’une substance dans un cas particulier ?

Il existe différentes possibilités : demander au fournisseur de vous couvrir, ou développer vous-même votre propre scénario… si c’est l’utilisateur aval qui demande à développer son propre scénario, il le fera pour lui-même. Cela permet notamment de traiter tous les usages de substances à caractère confidentiel. Il existe un autre cas : l’utilisateur peut se référer à son fournisseur, pour un usage non pris en compte dans la réglementation. Si le fournisseur accepte de le prendre en compte, il va l’intégrer dans son dossier d’enregistrement Reach, et la future FDS fera l’objet d’une mise à jour qui incorporera les nouveaux usages et les scénarios qui y sont associés. Il est donc important, aujourd’hui, de savoir manipuler et connaître au mieux toutes les formes d’usage. Une autre solution peut consister à changer de fournisseur.
Une fois que l’utilisateur final a bien repéré ses usages, il va se reporter à la partie des annexes qui le concerne. Les données qu’il va trouver sont de plusieurs ordres. D’abord, une description de la substance : à quoi sert-elle ? Comment se présente-t-elle ? Comment est-elle utilisée dans le process industriel ? Quelles sont les conditions opératoires ? L’usage de la substance nécessite-t-elle l’utilisation d’équipements particuliers, individuels ou collectifs ?

L’implication de l’utilisateur aval dans les FDS semble beaucoup plus important.

C’est vrai. Les FDS étendues ne changent en rien ce qui existait en la matière auparavant, mais elles permettent d’aller beaucoup plus dans le détail. Et cela est justifié. Si un utilisateur final dérive de la FDS au niveau de certains usages par exemple, il doit être capable de montrer, à l’occasion d’un contrôle par exemple, qu’il reste dans le cadre des scénarios correspondant à l’usage. Mais il faut noter que la rédaction d’un rapport n’est pas une obligation réglementaire au sens strict.

Justement, comment abordez-vous les problématiques liées aux différentes réglementations ?

On intègre dans la formation « usages et scénario » le lien avec les autres réglementations. C’est un point très important. Au-delà de Reach, on a aussi des problématiques d’évaluation du risque chimique et de mesure de l’exposition, qui se fait sur le poste de travail. Il s’agit d’une réglementation française, qui se base sur les équipements de protection individuels et collectifs. Il est donc nécessaire qu’il y ait homogénéisation avec les règlements Reach. Il est important de considérer les règlementations non pas une par une, mais dans leur globalité.

Et pour les formulateurs  ?

Les formulateurs font les formulations de plusieurs substances, mais il faut prendre en compte le fait que chaque substance aura ses scénarios. Il s’agit alors de faire un « mix »  intelligent des différents scénarios associés aux différentes substances. Ils ont différentes possibilités. Soit ils prennent la substance la plus dangereuse et en déduisent les différents scénarios, en considérant que ces scénarios couvrent l’utilisation de l’ensemble des autres substances.
Ils peuvent aussi considérer plusieurs scénarios. Si une substance A est dangereuse pour l’environnement, alors que la B ne l’est pas mais qu’elle est dangereuse pour l’homme… Les cas de figure sont très nombreux, il y a donc la nécessité de clarifier tout cela le plus possible. Aujourd’hui, il y a clairement une demande d’aide vis-à-vis de ces problématiques, émanant surtout des PME/PMI.

Qu’est-ce qui ressort de l’attente des participants aux formations ?

Il existe de plus en plus de formations, la plupart très théoriques, et inspirées par les guides de l’ECHA qui sortent régulièrement. Dans certains cas, ces guides sont encore à l’état de brouillons lorsqu’ils sont utilisés pour les formations. Avec les Techniques de l’Ingénieur, nous avons choisi de mettre l’accent sur le côté pratique des formations. Il s’agit surtout de se confronter à ces nouvelles obligations en les connaissant mieux.

 

Propos recueillis par Pierre THOUVEREZ

Les formations TECHNIQUES DE L’INGENIEUR évoquées dans cet entretien :

Les PPRT en débat aux Jeudis du CNRI

Suite à la catastrophe d’AZF en 2001, le gouvernement a décidé la mise en place du Plan de Prévention des Risques Technologiques (PPRT). Ainsi, la mise en application de la loi n° 2003-699 du 30 juillet 2003 prévoit la mise en place de ces PPRT, au nombre de 421 en France (670 établissements industriels sont concernés).
C’est autour de ce thème qu’était axé le dernier Jeudi du CNRI, qui s’est tenu le 7 avril à Bourges. La première table ronde a permis aux intervenants, devant un public de professionnels et d’étudiants venus nombreux, d’expliciter les fondements des PPRT et leurs justifications sur le terrain.

Au final, l’objectif est de résoudre des situations délicates en matière d’urbanisme et de sécurité des personnes et des habitations. Sont concernés par les PPRT uniquement les établissements industriels SEVESO à hauts risques. Comme on a pu le constater lors de cette première table ronde, les PPRT sont à l’origine de conflits locaux, et le dialogue entre les partis est plus que jamais nécessaire.

C’est Laurent Levent, chef du BRTICP (bureau des risques technologiques et des industries chimiques et pétrolières), rattaché au Ministère de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement, qui a rappelé l’importance de la mise en place des PPRT, et leur prégnance sur les autres formes de normes, précisant que « le PPRT s’impose sur les documents d’urbanisme, l’objectif unique étant la sécurité des personnes ».

Tout en évoquant les réflexions toujours en cours au Ministère et l’avancée des PPRT, Mr Levent a rappelé qu’au moins 50 % des PPRT ne feront pas l’objet de mesures foncières, et que malgré les efforts déployés par le Ministère, des moyens restent à déployer, notamment en termes de financement.

A la suite du Ministère, ce sont les voix des acteurs concernés directement par les PPRT que l’on a pu entendre. Du côté des industriels d’abord. Pierre Vialtel est Responsable HSE au sein du groupe Rubis Terminal, qui stocke 120 000 m3 d’hydrocarbures (25 % des besoins de la région) sur un site près de Brest. Pour lui, l’identification des scénarios les plus problématiques est à mettre au crédit des PPRT : « il s’agit d’une avancée importante ». Cependant, Pierre Vialtel critique la démarche, selon lui trop probabiliste, et qui a le défaut d’exclure certains phénomènes dangereux, la rendant incohérente avec les études de danger sur certains points particuliers. Mr Vialtel a également insisté sur les problèmes induits par la mise en place des PPRT : « l’entrée en vigueur des PPRT a incontestablement été un frein au traitement des demandes de modifications déjà en cours. Aussi, l’impossibilité de faire évoluer les sites à l’avenir induite par les PPRT est inacceptable, tout comme la désorganisation des sites industriels, trop sollicités par le processus, et sans compensation de la part des services de l’état ».

Mr Vialtel, en conclusion, a appelé à agir avec concertation et sans empressement : « A mon avis, il est urgent de ne pas se presser. L’état a des délais à tenir, mais cela ne doit pas le pousser à agir dans la précipitation ». Philippe Pradere, Directeur Industriel de la STCM (Société de Traitements Chimiques des Métaux), mettait quant à lui en avant les latences persistantes entre les décisions foncières liées aux PPRT et les financements induits : « La convention de financement doit être signée à priori un an après le PPRT… cela reste pour le moment très théorique ».

Gérard Perrotin, administrateur de l’association AMARIS, est intervenu pour mettre en exergue les difficultés rencontrées par les citoyens concernés par les PPRT. En effet, les habitations proches de sites SEVESO sont directement concernées, pour des raisons de sécurité. Les habitants sont alors contraints de rénover leurs logements pour les mettre aux normes. Ces travaux, lourds, peuvent par exemple consister à installer des fenêtres résistantes aux explosions. Ces aménagements sont variables, et sont logiquement de plus en plus onéreux à mesure que l’habitation concernée est proche du site SEVESO.

Sans remettre en cause le bien fondé ces nouvelles obligations, Gérard Perrotin a mis en avant la difficulté, pour les habitants, de faire effectuer les travaux nécessaires, souvent très onéreux, alors que les conventions de financement n’étaient pas finalisées. En effet, depuis la mise en route des PPRT, seules trois conventions tripartites ont été signées. Tout en concédant ces difficultés et un certain retard à ce niveau, Laurent Levent a tenu à réaffirmer les engagements pris et la nécessité de continuer à avancer sur tous les PPRT, malgré les difficultés.

Quoi qu’il en soit, les discussions entre les différents acteurs ont permis au public présent de mieux comprendre les éléments de blocage dans l’avancée des PPRT, et la nécessité de maintenir le dialogue entre les différentes parties prenantes.

P.T

 

Déjà Publié

Jeudis du CNRI : prévention des risques technologiques

33 propositions pour mieux encadrer les risques industriels

33 propositions pour mieux encadrer les risques industriels

La table ronde sur les risques industriels s’est réunie à quatre reprises, entre le 19 mai et le 3 juillet 2009. C’est sous la présidence de Jacques Vernier, président du conseil supérieur des installations classées, et des parties prenantes des cinq collèges du Grenelle (ONG, monde économique, syndicats, élus, administration), que se sont déroulées ces tables rondes. Mises en place par Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno après avoir constaté la nécessité d’un approfondissement des discussions du Grenelle en ce qui concerne les risques industriels, elles ont permis d’assister à des échanges constructifs et denses. Tellement denses qu’ils se poursuivront à partir de septembre 2009.

Quoi qu’il en soit, au terme de l’ultime table ronde de cette session, le 3 juillet dernier, 33 propositions consensuelles ont été retenues. Elles seront toutes traduites en amendements dans le projet de loi Grenelle 2 qui sera soumis au parlement dès cet automne. Chantal Jouanno, la secrétaire d’Etat française à l’Ecologie, a également promis de renforcer les effectifs en charge de l’inspection des installations classées pour la protection de l’environnement. Ainsi, le nombre d’inspecteurs devrait passer à 1.500 en 2012, puis à 1.700 d’ici 2015. A l’heure actuelle, on ne compte que 1.182 inspecteurs sur le territoire français.

33 propositions retenues

Parmi les 33 mesures retenues, six concernent les plans de prévention des risques technologiques (PPRT). Dans le détail, des objectifs au niveau du financement des travaux, aujourd’hui à la charge des particuliers en ce qui concerne la consolidation des immeubles existants, ont été fixés. La modulation de l’exonération de la taxe foncière, prévue par la loi pour qu’elle ne s’applique que sur les zones communales impactées par le PPRT, a elle aussi été actée. La mise en place d’une mesure d’arbitrage indépendante est même envisagée.

Le deuxième point abordé lors de cette table ronde concerne la sécurité pour les nœuds d’infrastructures de transport. Un accord a été trouvé pour renforcer le cadre légal sur la sécurité pour les nœuds d’infrastructures de transport, c’est-à-dire les ports, gares de triage, parkings autoroutiers. Ainsi, des arrêtés préfectoraux devraient être mis en place afin, comme le précise le compte-rendu des propositions retenues, d’ « imposer des prescriptions constructives et de fonctionnement dans une logique de limitation des risques ».

Mieux organiser l’information du public

Autre volet couvert par certaines des 33 propositions, la communication et en particulier sur Internet. Il a été décidé de mieux organiser l’information du public. La décision phare concerne les demandes d’autorisations d’installations à risques : elles feront désormais l’objet d’une enquête, qui sera mise en ligne sur le site Internet des préfectures, et donc sera accessible au grand public.

Le texte précise qu’ « un résumé non technique du dossier sera également diffusé ainsi que les sanctions administratives qui pourraient être décidées ». Enfin, la durée de l’enquête publique sur les sites Seveso (la directive Seveso permet d’identifier les sites industriels présentant des risques d’accident majeurs) sera, selon le texte, « systématiquement portée à six mois et inclura obligatoirement l’organisation d’une réunion publique ».

Pour terminer, les mesures s’attardent sur deux points importants. D’abord, la volonté des participants de modifier les instances de concertation, à savoir les Clis (commissions locales d’information et de surveillance) et les Clic (comités locaux d’information et de concertation). Ces modifications ont pour finalité d’assurer la parité entre les cinq collèges. Ensuite, dans le but d’améliorer les études d’impact, il est question d’introduire un principe de labellisation des bureaux d’études, afin de créer en quelques années un vivier de bureaux d’études sur le territoire.

Des désaccords persistent

Au-delà des 33 propositions qui ont fait consensus, les participants n’ont pas pu s’entendre sur toutes les avancées proposées, notamment en ce qui concerne la mise à disposition du public d’informations sensibles. En plus de propositions évoquées plus haut et avalisées par le collège des participants, la volonté de doubler les peines encourues en cas de non-respect de la réglementation sur les risques technologiques, elle, n’a pas fait l’unanimité. Concrètement, les intérêts liés à la protection de l’environnement d’une part, et à la participation du public d’une autre part, se sont opposés, et les participants n’ont pas réussi à trouver un quelconque compromis.

Trois autres points fondamentaux seront abordés en septembre lors de la deuxième phase des travaux de cette table ronde :

  • Les sols industriels pollués ;
  • Les déchets post-catastrophe ;
  • L’association des salariés à la maîtrise des risques dans l’entreprise.

Chantal Jouanno et Jacques Vernier, au vu de l’importance de ces trois thèmes, envisagent d’installer définitivement un comité stratégique auprès du conseil supérieur des installations classées pour la table ronde de septembre prochain.

 

En savoir plus

Le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la mer a publié la liste des 33 propositions retenues à l’issue de la table ronde du 3 juillet dernier. Lire les 33 propositions

P.T

«&nbsp.La chimie est le secteur industriel qui compte le plus de décès ces vingt dernières années&nbsp.» (2/2)

Techniques de l’ingénieur : Avec quels organismes français et étrangers travaillez-vous ?

En France, nos interlocuteurs principaux sont la DGPR, le Bureau des Risques Technologiques et des Industries Chimiques et Pétrolières (BRTICP), le Bureau de la Sécurité des Equipements Industriels, la Mission Transport de Matières Dangereuses, et les inspecteurs des installations classées au sein des DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), avec qui nous dialoguons beaucoup. À côté de cela, nous nous appuyons aussi beaucoup sur les rapports des pompiers, très détaillés sur la chronologie des accidents.

Nous sommes régulièrement en contact avec les industriels, mais de manière indirecte, par l’intermédiaire des syndicats professionnels. L’Union des Industries Chimiques (UIC) représente ainsi l’une des filières industrielles les plus importantes en France. Mais il s’agit également du secteur industriel où il y a eu le plus de morts sur les vingt dernières années – avec toutefois des variations annuelles significatives, et notamment un pic avec l’accident d’AZF en 2001.

Nos autres partenaires industriels sont les pétroliers, UFIP (Union Française des Industries Pétrolières) et GESIP (Groupe d’Études de Sécurité des Industries Pétrolières et Chimiques), le SFEPA (Syndicat des Fabricants d’Explosifs, de Pyrotechnie et d’Artifices) , l’AFGC (Association Française des Gaz Comprimés) et le SHD (Syndicat des Halogènes et Dérivés).

Quant à l’international, nous travaillons en étroite relation avec l’Allemagne, la Grande-Bretagne, et les Pays-Bas. De même qu’avec l’organe chargé du recueil de l’accidentologie à l’échelle européenne, le MAHB (Major Accident Hazards Bureau). C’est un organe assez récent, qui date d’il y a une quinzaine d’années, et qui prévoit pour les états membres l’obligation de notifier à la Commission Européenne les accidents majeurs. Le MAHB dispose d’ailleurs aussi d’une base de données, la base MARS (Major Accident Reporting System).

Que peut-on souhaiter pour améliorer la prévention des risques industriels ?

La prise en compte du retour d’expérience est un chantier plus que jamais d’actualité. Aujourd’hui encore, trop d’accidents surviennent parce que le retour d’expérience d’évènements similaires, parfois même au sein du même groupe industriel, n’a pas été intégré.

Il nous faut poursuivre notre réflexion sur différentes problématiques, celle notamment des états « non standard », c’est-à-dire quand les installations ne fonctionnent pas en régime nominal. Ainsi, nous avons constaté, et de manière très nette, que parmi les accidents survenus récemment, et notamment en 2010, beaucoup s’étaient produits durant des phases de travaux (présence de sous-traitants ne connaissant pas les lieux et les installations, risques engendrés par la co-activité, etc.)

De même, nous observons que les « travaux par points chauds » et les phases de démantèlement sont particulièrement accidentogènes.

Depuis 2008-2009, le ministère du Développement Durable s’intéresse également à la problématique du vieillissement des installations, suite à des pollutions survenues en raison de ruptures de canalisation. Sachant que la plupart des sites industriels ne sont pas neufs, il reste encore beaucoup de travail à faire.

Un dernier axe de réflexion concerne enfin l’intégration de la société civile à la problématique de la prévention des risques. Je le disais tout à l’heure, toute la démarche du BARPI depuis une dizaine d’années consiste à s’ouvrir plus largement au public. Nos résumés d’accident sont accessibles à tous, et depuis quelques temps, suite à une refonte du site Internet, la base ARIA a gagné encore en ergonomie et en attractivité.

Il y a de la part de la société actuelle un besoin réel d’une plus grande transparence de la part des industriels. C’est pourquoi nous développons actuellement une démarche de « communication à chaud » en cas d’accident. Les sites Seveso dialoguent avec les riverains, notamment au sein des CLIC (Comités Locaux d’Information et de Concertation) qui sont mis en place autour de chaque site Seveso et qui échangent sur le plan de prévention des risques technologiques. Mais cela reste une démarche de communication « à froid », qui doit être complétée ensuite par une démarche de communication « à chaud ». Lorsqu’il survient un évènement sur un site, l’exploitant doit, de notre point de vue, aller spontanément en informer les riverains et les associations, en plus de l’État et des collectivités. Même s’il s’agit d’un évènement sans conséquence corporelle par exemple, mais avec un retentissement à l’intérieur du site, l’exploitant se doit de tenir au courant la population locale. Cela peut passer par un rapide communiqué de presse auprès des médias locaux, l’essentiel étant que les riverains aient l’information et ne soient pas obligés d’aller la chercher.

Cela nous semble primordial pour instaurer un climat de confiance entre les industriels et la population alentour. Les industriels ont, du reste, tout à y gagner en termes d’image et de crédibilité. Le public doit prendre conscience que nous sommes, dans ce domaine-là comme dans d’autres, dans une démarche d’amélioration continue.

Propos recueillis par Carole Hamon

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Évaluer et prévenir le risque chimique

ICPE: piloter et suivre l’évolution de ses installations classées

POSTULEZ À UN EMPLOI VERT ET/OU REJOIGNEZ LE GROUPE ENVIRONNEMENT

La démarche qualité : zèle ou nécessité ?

On observe, au sein des entreprises, des systèmes de management de la qualité alourdis – par des outils souvent mal adaptés – que l’on croit imposés par la norme. Or, il suffit d’une lecture attentive de cette dernière pour s’apercevoir qu’elle repose sur des obligations de résultat et non de moyen. Si les objectifs de la qualité sont universels – satisfaction client et amélioration continue des performances – les dispositions à déployer pour les atteindre ne peuvent rarement être identiques d’une structure à l’autre.

Mais alors, au-delà du constat, comment mettre en œuvre un système de management de la qualité optimisé permettant d’accroître la satisfaction des clients tout en conservant souplesse et faculté d’innovation ?

Les éléments de réponse à cette question n’ont rien de nouveau : une rationalisation de l’organisation s’appuyant sur les compétences des individus, action à priori plutôt qu’à posteriori, approche factuelle… Repenser le fonctionnement de l’entreprise demande de prendre du recul – au sens littéral du terme – et donc de prendre du temps que les entreprises peinent à trouver, dans un environnement de plus en plus dur et concurrentiel.

Aussi, la démarche qualité tient évidemment de la nécessité et non pas du zèle, et menée avec humilité et volonté de progresser, elle permet de bâtir une organisation performante et pérenne, capable d’innover aussi bien dans ses modes de management que dans ses produits.

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