Instrumentation des suspentes du nouveau pont d’Angers

Comment assurer l’équilibrage précis et la stabilité d’une travée suspendue de 149 mètres de long supportée par un arc métallique et  21 paires de suspentes ? Tel est le défi auquel ont été confrontés les ingénieurs de Baudin Chateauneuf lors de la réalisation de Confluences, le nouveau pont qui franchit la Maine à Angers. L’ouvrage fait au total 293 mètres de long, de culée à culée, sur 17 mètres de large, et doit supporter les deux voies de circulation du nouveau tramway, ainsi que deux trottoirs piétons. « Chaque paire de suspentes est mise sous tension par un système de vérinage, et nous ne connaissions pas la tension réelle présente dans chacune des 42 suspentes au cours de l’opération », se remémore Yoann Urban, responsable d’affaires chez Baudin Chateauneuf. Nous avons donc fait appel au Cetim pour instrumenter les suspentes dans un temps particulièrement court, une quinzaine de jours. »

Afin de contrôler la tension exercée, la surface de chacune des suspentes a été décapée localement pour y coller des rosettes de jauges de déformation montées en pont de Wheatstone. La mise en œuvre a nécessité la préparation au Cetim de plus de 500 mètres de câbles, puis le raccordement des jauges à la centrale d’acquisition, elle-même reliée à un PC. Une interface graphique a été développée afin que les équipes de Baudin Chateauneuf puissent contrôler, en temps réel, le réglage des efforts dans chaque suspente, au fur et à mesure de l’avancement de leur ouvrage. Il a été ainsi possible de garantir la répartition correcte des efforts tout le long du pont, en adéquation avec le calcul de structures exécuté au moment de la conception. Grâce à l’enregistrement de ces efforts, la traçabilité des réglages a pu être assurée continûment. Dans une seconde phase, le système d’acquisition du Cetim doit permettre à Baudin Chateauneuf de contrôler les tensions dans chacune des suspentes lors de l’implantation des superstructures du pont. Le poids de celles-ci (rails du tramway, trottoirs, etc.) équivaut à deux fois le poids en place lors des premières mesures.

Un réseau de radio fixe pour le relevé automatique des compteurs

Partout en France, des techniciens appartenant aux régies des eaux, sillonnent le territoire pour recueillir les informations liées à la consommation d’eau, qui permettront la facturation. Malgré cette mobilisation sur le terrain et les courriers avertissant du passage des techniciens, il n’est pas rare que le montant soit établi sur une base seulement estimative, le compteur étant inaccessible. Ventiseri, une commune corse de 5 000 hectares répartie sur un bourg et deux hameaux, gère moins d’un millier de compteurs d’eau. Une dizaine de jours par an, leur relevé mobilise trois agents municipaux. Une des possibilités pour supprimer cette opération est le télé-relevé visant à collecter à distance et par ondes radio la consommation inscrite sur un compteur, et à automatiser la remontée d’informations vers un outil de facturation central. À la clé : productivité et précision accrues. Aussi, est-il assez courant aujourd’hui de voir des agents administratifs équipés sur le terrain de tablettes PC et autres PDA (Personal Digital Assistant) pour effectuer le relevé de consommation à distance.

Suite à un appel d’offres lancé, la commune de Ventiseri a, elle, retenu une technologie plus rare et mieux adaptée à sa situation de commune rurale.  En effet, « les lecteurs mobiles ont une portée de 500 mètres… dans des conditions idéales : une vue dégagée, pas de vent… Mais le paysage en zone rurale perturbe le signal, et les solutions mobiles ne sont pas pertinentes dans ce cas. Nous avons proposé à Ventiseri le télé-relevé via un système de radio fixe à 868 Mhz », explique Frédéric Rebesco, ingénieur d’affaires chez JIDELEC, société toulousaine spécialiste de la RFID (Radio Frequency Identification Device). Assimilable à un système RFID actif, un réseau de collecte de données par radio permet de couvrir des zones de plusieurs dizaines d’hectares avec des compteurs équipés de balises radio émettrices capables de stocker localement (data logging) et de délivrer sur demande ou sur événement (alerte) des données de mesure. 

Après le renouvellement du parc de compteurs (de marque Elster) qui devaient, de toutes façons, être changés, Jidelec a effectué une analyse de site, construit du réseau radio et enfin installé la borne centrale de collecte au cœur de la commune, interfacée avec un logiciel de facturation. Deux concentrateurs répartis couvrent le territoire étendu sur trois sites principaux (la commune proprement dite, un hameau et un village de moyenne montagne). Une seule journée de formation a suffi et le premier relevé automatique aura lieu en juillet 2010. En 30 minutes, toutes les informations actualisées des 847 compteurs sont rapatriées et intégrées directement dans le logiciel de facturation de la régie. « Les agents municipaux sont maintenant affectés à d’autres tâches de maintenance. Nous allons travailler avec Jidelec sur la mise en place d’un module d’alarme au sein de l’outil qu’ils nous ont installé. Cela nous permettra de détecter les anomalies, fuites résiduelles ou extrêmes, et d’intervenir au plus vite sur le réseau physique de distribution », explique Alain Berthoud, agent administratif de la Régie des Eaux.

 

Développement de trois prototypes de capteurs autonomes communicants

Depuis cinq ans, le projet Captaucom (CAPteur AUtonome COMmunicant), regroupant trois industriels de la région Rhône-Alpes (Seb-Téfal, Somfy, NTN-SNR Roulements), deux organismes de recherche (CEA et CSEM), deux centres de compétence (Mind et Cetim) et un réseau technologique (Thésame), porte sur le développement de briques technologiques innovantes visant à la réalisation de capteurs autonomes communicants très compacts. Le projet vient de se terminer avec d’excellents résultats techniques qui ont permis de concrétiser trois prototypes répondant chacun aux cahiers des charges des entreprises partenaires impliquées :

  •  Groupe Seb : dans le domaine des dispositifs de mesures et de commande dans le petit équipement domestique, a été développé un prototype d’appareil de petit électroménager autonome ;
  •  NTN-SNR Roulements : dans le domaine de la surveillance et du diagnostic d’organes tournants (transports et industrie en général), a été développé un prototype de microsystème de surveillance autonome et communicant de roulement réunissant transmission RF à très basse consommation, traitement du signal, capteurs de température et de vibrations, récupération, stockage et gestion de l’énergie dissipée par un roulement ;
  •  Somfy : dans le domaine des capteurs et des commandes de fermeture et de protection solaire du bâtiment (stores, volets roulants, portes et portails), a été développé un dispositif autonome de sécurité et de surveillance des ouvrants.

Ainsi, ces trois industriels ont pu bénéficier des dernières avancées technologiques en matière de miniaturisation et de réduction de la consommation de composants électroniques ainsi que de l’avènement de dispositifs de micro-récupération d’énergie. Ces innovations ouvrent la voie à de nouveaux systèmes industriels autonomes et communicants. Pour aboutir à ces réalisations, le projet s’est appuyé sur le savoir-faire des laboratoires associés. Le CEA-Leti (Laboratoire d’Électronique et des Technologies de l’Information) s’est consacré à l’optimisation et à la réalisation des systèmes de récupération d’énergie. Pour sa part, le CEA-Liten a pris en charge l’optimisation et la réalisation d’unités de stockage de l’énergie électrique. Quand au CSEM (Centre Suisse d’Électronique et de Microtechnique), il  a essentiellement étudié les protocoles de transmission, le traitement du signal, la récupération et la gestion d’énergie mécanique.

Le projet a aussi fait appel au savoir-faire de centres de compétence et d’un réseau technologique. Le centre de compétence franco-suisse Mind a conçu, optimisé et réalisé des antennes, dans le cadre de sa participation à l’étude de briques de récupération d’énergie ainsi qu’à l’intégration des prototypes finaux. Le Cetim (Centre Technique des Industries Mécaniques).a mis en œuvre ses moyens de tests mécaniques, son savoir-faire en matière de capteur, et la diffusion des résultats technologiques auprès des entreprises de la mécanique. Enfin, la plateforme technologique Thésame s’est occupée de la gestion du projet de l’ensemble de l’étude et s’occupe à présent de la diffusion des principaux résultats. Labellisé par le pôle de compétitivité Arve Industries Haute-Savoie Mont-Blanc, le programme Captaucom a pu bénéficier, depuis 2006, du financement public du Fond de Compétitivité des Entreprises (FCE), de la Direction Générale de la Compétitivité de l’Industrie et des Services (DGCIS) et du Conseil Général de Haute-Savoie (CG74), ainsi que de la participation du Cetim.

 

 

Mobilité et Wi-Fi : comment maintenir ses applications critiques ?

D’après une récente étude conduite par CheckPoint Software, 64% des entreprises se disent préoccupées par la hausse du nombre d’employés mobiles et les risques que les connexions à distance génèrent sur la sécurité de leurs données sensibles. Les chiffres révèlent également que les entreprises ont, en moyenne, recours à neuf prestataires différents pour sécuriser leurs infrastructures, depuis le réseau jusqu’au poste utilisateur. Une multiplicité d’intervenants qui crée des difficultés en terme d’administration et occasionne des ruptures de connexion et des failles de sécurité. Alors comment maintenir et sécuriser efficacement les applications critiques de ses travailleurs mobiles ?

Les problématiques rencontrées par les travailleurs mobiles connectés en Wi-Fi

Il faut tout d’abord distinguer deux types de réseaux Wi-Fi : les réseaux publics et les réseaux privés. Les réseaux publics sont sécurisés jusqu’à la borne Wi-Fi. En revanche, les données ne sont chiffrées qu’entre le terminal mobile et l’infrastructure Wi-Fi. Ensuite, les données transitent par un chemin non protégé pour atteindre leur destination. En conséquence, si le travailleur mobile a besoin d’accéder à une information de l’entreprise, il doit nécessairement passer par Internet avant d’arriver dans l’espace de l’entreprise. Or Internet ne chiffre pas les données. Cette partie du chemin non protégé représente un risque pour les travailleurs nomades connectés en Wi-Fi.

Dans le cas des réseaux Wi-Fi privés, l’information sera chiffrée entre le mobile et la zone Wi-Fi, puis elle atterrira dans une zone d’entreprise, sans passer par Internet. En revanche, cette zone peut être géographiquement sur un autre site ou un autre pays… Impliquant ainsi que les données devront transiter par d’autres réseaux, qui ne sont pas forcément protégés en certains points. Généralement, les entreprises souscrivent à des offres qui vont lui fournir des services de sécurisation du réseau. Mais l’entreprise n’aura pas forcément le contrôle sur chaque point de l’infrastructure. L’information envoyée par un employé à Londres peut par exemple être cryptée sur une portion du trajet jusqu’à Paris, mais pas sur une autre pour des raisons de coût ou autre. Et la multiplication des réseaux des données échangées augmente d’autant les risques.

Le second problème le plus souvent rencontré par l’employé mobile, c’est la persistance des applications, mise à mal par les coupures de couverture réseau. La qualité de la couverture Wi-Fi dépend de l’infrastructure des bâtiments (superficie, murs porteurs, matériaux…) ainsi que des interférences produites par d’autres appareils et il est donc difficile de déployer une infrastructure offrant un débit et une qualité de service optimaux sur la totalité des zones souhaitées. En cas de rupture de la couverture, l’utilisateur sera déconnecté et le fonctionnement des applications sera interrompu, entrainant ainsi une perte de temps et donc un manque de productivité évident, puisque le travailleur mobile aura perdu ses dernières données et devra à nouveau s’identifier et recommencer son travail. La persistance protège et maintient également les sessions des applications lors du passage d’une borne à une autre, le passage d’une infrastructure WIFI à une autre, ou lors du changement d’IP du poste.

Le VPN Mobile sécurise les transmissions et protège les données de bout en bout 

Afin d’éviter de multiplier les prestataires réseaux et sécurité, le VPN Mobile (Virtual Private Network ou Réseau Privé Virtuel) représente la solution adéquate pour garantir la persistance et la sécurité des applications critiques. Sur les deux types de Wi-Fi, public ou privé, un VPN Mobile crée un tunnel chiffré et sécurisé de bout en bout, depuis l’ordinateur portable ou le PDA (Personal Digital Assistant) par exemple, jusqu’au système d’information de l’entreprise. Et ce, quel que soit le chemin emprunté par l’information, que ce soit par Internet, par un équipement d’opérateur, un équipement d’entreprise, d’un tiers, ou d’un hébergeur. Le VPN Mobile est une couche supplémentaire qui sécurise les transmissions et protège les données de bout en bout.

La multiplication de bornes Wi-Fi sur un site afin d’obtenir une couverture optimale, peut représenter un coût considérable et ne garantira jamais une couverture à 100 %. Prenons l’exemple d’une compagnie aérienne dont les employés travaillent dans un hangar de maintenance, il y aura forcément des problèmes de couverture s’ils se déplacent d’un hangar à un autre. Le VPN Mobile va permettre de maintenir l’application ouverte et de continuer sa saisie d’information, même si la connexion Wi-Fi est interrompue. Les informations seront automatiquement acheminées vers le système d’information de l’entreprise dès que la connexion sera rétablie du fait de la persistance du VPN Mobile.

On sait que les services publics, notamment les hôpitaux, rencontrent sans cesse ces obstacles de sécurité et de persistance des applications métiers. Dans un hôpital par exemple, il est impossible d’avoir une connexion Wi-Fi dans tout l’établissement, pour des raisons de sécurité évidentes. Pourtant, les supports mobiles y sont de plus en plus répandus, pour plus d’efficacité et de confort. Comment un médecin peut-il être efficace si une zone non couverte par le réseau Wi-Fi l’empêche de consulter le dossier de son patient ? Sans parler du devoir de confidentialité des données dans le cadre médical. C’est un exemple qui illustre bien toute la pertinence du recours à une couche de VPN Mobile.

La complémentarité des connexions Wi-Fi et des solutions VPN Mobile

Une solution de VPN Mobile couplée à des connexions Wi-Fi garantit donc la sécurité de bout en bout et la persistance des applications critiques. Mais le VPN Mobile peut aussi apporter des fonctionnalités supplémentaires, notamment en termes de visibilité avec des rapports complets sur les usages des travailleurs mobiles. De plus, il peut permettre l’optimisation des flux, en limitant la consommation de bande passante des applications ouvertes pour favoriser les applications critiques nécessaires à l’activité, et en compressant les données cryptées qui transitent. Et, au niveau de la sécurité, le VPN Mobile permet l’authentification de la machine et de l’utilisateur sans rupture de l’activité. De même, au niveau applicatif, il est possible de mettre en place des règles limitant l’accès à telle ou telle application, pour garantir la sécurité et la productivité.

Enfin, si le technicien passe d’une connexion Wi-Fi à une connexion filaire ou 3G, avec une solution de VPN Mobile, il ne va rien perdre de ses données en cours de modification. Par ailleurs, si à l’avenir l’entreprise souhaite passer à la 3G car cette connexion lui convient mieux, le VPN Mobile est totalement adapté et n’impose pas de réinvestir dans une nouvelle solution. L’un des cas que nous rencontrons souvent, c’est une connexion Wi-Fi pour l’indoor dans les hangars et en 3G ou bientôt en 4G pour l’outdoor. Sécurité de bout en bout, persistance et visibilité optimale, ce sont les trois garanties que ne fournit pas une connexion Wi-Fi seule. Cette possibilité de complémentarité entre Wi-Fi et solution VPN Mobile apporte sécurité, productivité et visibilité pour les travailleurs mobiles et les responsables informatiques.

par Sid Ahmed Lazizi, Directeur Technique France, Europe du Sud, Afrique du Nord de NetMotion Wireless  

The informant !

Mark Whitacre est l’un des cadres supérieurs les plus brillants de son entreprise, le géant agroalimentaire Archer Daniel Midlands. C’est aussi un espion industriel qui fournit au FBI les preuves concrètes des manœuvres illicites du grand groupe.

L’histoire vraie d’une taupe infiltrée au coeur d’un des plus grands scandales industriels et qui se retrouve vite dépassée par les événements.

Réalisateur : Steven Soderbergh

Acteur : Matt Damon

Date de sortie : 30 Septembre 2009

 

Auteur : C.C.

Des poudres de polyamides révolutionnent la fabrication des pièces plastiques

Les secteurs de pointe, comme ceux de l’aérospatial, de la course automobile, de la robotique ou des prothèses médicales, ont déjà adopté des technologies dites de « fabrication directe ». Ces dernières permettent de produire rapidement des pièces conçues sur mesure et dotées de propriétés semblables à celles d’une pièce fabriquée par un procédé classique. Jusqu’à présent, le développement de ces techniques de fabrication directe à d’autres marchés restait limité, en raison notamment d’un choix de matériaux très réduit comparé aux procédés de transformation classiques. Pour ouvrir la fabrication directe à d’autres secteurs, Rhodia a développé des poudres de polyamide (PA) pour le prototypage rapide et la fabrication en petites séries par la technique du frittage laser sélectif (Selective Laser Sintering ou SLS) qui permet aux bureaux d’études et aux transformateurs de fabriquer des familles complètes de pièces prototypes entièrement fonctionnelles et de dimensions différentes sans avoir à fabriquer d’outillage. Une fois la conception validée, le SLS peut même être utilisé pour fabriquer des petites et moyennes séries commercialisables.

Avec l’introduction des poudres PA 6, il devient possible d’utiliser les mêmes polyamides pour le prototypage et pour le moulage par injection. « Notre nouvelle gamme de poudres bénéficie de propriétés parfaitement adaptées au frittage laser et à d’autres techniques de fabrication par accumulation de couches », explique Jean-Pierre Marchand, directeur du marketing et de l’innovation pour Rhodia Engineering Plastics. « Leur mise sur le marché rendra ces technologies innovantes beaucoup plus accessibles et ouvrira la voie à de nouveaux marchés et à de nouvelles applications », ajoute-t-il. La fabrication de pièces directement par SLS à partir de poudres PA 6 constitue une première mondiale. Cette gamme de poudres sera étendue dans les prochains mois aux poudres de PA 66. Le secteur du prototypage et de la fabrication rapide utilisant ces techniques d’addition de couches représente, actuellement, un marché de l’ordre de 800 millions d’euros, avec un potentiel estimé à 3 milliards d’euros en 2015. « Dans ce contexte, les perspectives de croissance des poudres SLS est estimé entre 100 et 200 millions d’euros pour 2020 », précise Pierre-Emmanuel Lucas, directeur du projet Poudres Polyamides chez Rhodia.

L’hythane, carburant du futur ?

La sévérité des normes de pollution locale pour les véhicules (Euro I, II, III…), ainsi que les pressions croissantes liées aux enjeux du réchauffement climatique incitent les constructeurs à toujours plus d’innovations sur les modes de combustion, les systèmes de post-traitement ou même les carburants. La filière GNV (Gaz Naturel Véhicule) s’est développée fortement, notamment pour les applications sur des bus et des bennes à ordures ménagères, car elle présente des avantages certains en termes de réduction des polluants locaux et des émissions de gaz à effet de serre. Toutefois, comme l’ont montré différentes expériences étrangères, l’ajout d’hydrogène dans le gaz naturel doit permettre d’obtenir de meilleures performances techniques et environnementales. Agissant pour l’émergence de transports propres et pour l’intégration des énergies renouvelables à ce secteur, la direction Recherche de GDF SUEZ et la Communauté Urbaine de Dunkerque ont, en 2005, avec l’appui de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), lancé le projet Althytude (L’Alternative Hydrogène dans les Transports Urbains à Dunkerque). Cette expérimentation qui a consisté  à faire circuler deux bus DK’Bus Marine du réseau dunkerquois, circulant habituellement au gaz naturel, avec un carburant innovant composé à 80 % de gaz naturel et à 20 % d’hydrogène (hythane), s’est achevé en septembre 2010. Elle a permis de tester et de suivre le fonctionnement des équipements sur toute la chaîne, depuis la production de l’hydrogène jusqu’à son utilisation. Une première en France. Au total, les véhicules ont parcouru 40 000 kilomètres chacun et transporté des passagers pendant un an.

Diminution des émissions de GES et de NOx

Après cinq ans de tests, la Communauté Urbaine de Dunkerque et GDF SUEZ, associés à leurs partenaires (ADEME, GNVert, Irisbus Iveco, Véolia Transport, École Centrale de Marseille, Hydrogenics) viennent de présenter  les résultats de l’expérimentation. Ceux-ci montrent que ce carburant permet d’obtenir des bénéfices immédiats pour l’environnement. En effet, l’hydrogène améliore la combustion de gaz naturel, ce qui permet d’atteindre de meilleures performances techniques et de réduire les émissions de gaz à effet de serre (diminution d’environ 8 % par rapport au GNV) et les émissions de polluants locaux (réduction des NOx de 10 % par rapport au GNV). Le bilan carbone est d’autant plus amélioré que l’hydrogène est produit sur site : l’électrolyseur qui décompose l’eau et produit l’hydrogène peut être alimenté en électricité d’origine renouvelable (éolien, biomasse…). Le carburant hythane permet de réduire la consommation énergétique et apporte un agrément de conduite reconnu par les conducteurs de bus. Des essais récents, menés dans le cadre du projet européen Naturalhy, ont permis de visualiser la propagation de la flamme de mélanges de gaz naturel (en fait du méthane pur) et d’hydrogène et de montrer une augmentation sensible de la vitesse de flamme, signifiant une combustion rapide et plus stable. Par ailleurs, pour les collectivités déjà équipées d’une station GNV, l’hythane est applicable aux technologies existantes : GNVert a pu, sans difficulté, adapter la station GNV de Dunkerque en y installant une station de production hydrogène d’une capacité de 120 m3 par jour. Par ailleurs, l’adaptation des moteurs des bus GNV à  l’hythane n’a demandé que de légères adaptations.

A quand la commercialisation de l’hythane ? 

Le mélange de gaz naturel et d’hydrogène a des propriétés voisines de celles du gaz naturel dont les risques sont connus et maîtrisés. À ce jour, aucun accident, mineur ou  majeur,  n’a  été  référencé  dans le  cadre  des  démonstrations, passées ou en cours, menées à l’étranger (Montréal et Vancouver au Canada, Palm Springs et Las Vegas aux USA, Malmö en Suède). Aucun incident de fonctionnement de bus hythane, ou accident dont l’origine serait spécifique à ce carburant, n’a été signalé. À l’heure où le Grenelle de l’Environnement projette une réduction de 20 % des émissions de CO2 dans le secteur des transports d’ici 2020 et l’intégration de 10 % d’énergies renouvelables parmi les carburants utilisés, le carburant hythane répond aux nouveaux enjeux de l’écomobilité et propose une solution concrète permettant d’intégrer dès aujourd’hui l’hydrogène parmi les carburants, avec des technologies éprouvées. Au-delà de ses qualités propres, le GNV peut constituer une passerelle vers les énergies renouvelables et la réduction des émissions de gaz à effet de serre au service des collectivités locales. Cette expérimentation pourrait ouvrir la voie à une éventuelle introduction commerciale de l’hythane dans les transports publics français.
 

 

 

La fibre optique au service de la Coupe du monde de ski alpin

Le 29 et le 30 janvier 2011 s’est déroulée  la 45e édition de la Coupe du monde de ski alpin à Chamonix–Mont-Blanc. Reliée par un réseau de fibres optiques à la piste d’arrivée, la salle de presse a fait bénéficier à 300 journalistes venus du monde entier d’un très haut débit numérique s’élevant à 600 mégabits par seconde.
 
Fruit d’un partenariat entre ATMP, Via Numérica, Chamonix Télécom et la ville de Chamonix–Mont-Blanc, le projet a nécessité moins d’un mois pour aboutir. Six cent mètres de fibres optiques ont été déployées par ATMB afin de relier le site des Houches (point d’arrivée de la course) à la RN 205, gérée par ATMB. A partir de là, 8 kilomètres de réseau de fibres ont ensuite été mis à disposition, relayés par Chamonix Télécom pour assurer la liaison jusqu’à la salle de presse, installée dans le centre-ville de Chamonix–Mont-Blanc.
 
La fibre optique au pays du Mont-Blanc
 
Adjoint au maire de la ville de Chamonix–Mont-Blanc et acteur majeur dans l’installation de la fibre optique dans la vallée du Mont-Blanc, Marc Peters affiche son enthousiasme : « C’est ce qui se fait de mieux en matière de transport de données. Je ne veux pas trop m’avancer, mais je pense que c’est assez inédit en montagne.» Il y a deux ans déjà, cette technologie novatrice avait été mise en place à l’occasion de la Coupe du monde de ski et de l’UTMB (Ultra-Trail du Mont-Blanc). Un an après, elle était  accessible au public ainsi qu’à une vingtaine d’entreprises. La difficulté résidait alors dans le fait d’amener la bande-passante aux portes de la ville. « Nous avons travaillé en collaboration avec Via Numérica pour cela. La bande passante vient du Cern (Centre Européen pour la Recherche Nucléaire) à Genève. Nous avons collaboré avec les Autoroutes et Tunnel du Mont-Blanc pour utiliser leur réseau de câbles qui part du bassin genevois et relie le tunnel », explique Marc Peters. La mise en place de cette technologie de pointe aura également permis une avancée dans le transport de données médicales, les hôpitaux de Sallanches et Chamonix ayant pu être reliés. Un atout non négligeable, selon Marc Peters, dans la course à l’attribution des Jeux Olympiques de 2018 où Annecy est candidate.

Par C.H
 

Le cloud computing, nouvel enjeu pour les hébergeurs

Plus qu’un simple effet de mode, le cloud computing semble s’imposer de façon durable dans la sphère professionnelle. En effet, après avoir été expérimenté à grande échelle, le cloud computing a su démontrer ses nombreuses vertus et contribuer à optimiser les processus organisationnels des entreprises. Ce constat étant posé, il convient maintenant de se pencher sur le volet lié aux hébergeurs. En effet, le cloud computing est indissociable de cette composante qui doit impérativement évoluer afin de répondre à la demande croissante des entreprises.

Maillons cachés du cloud computing, les hébergeurs sont au centre du modèle et permettent à ce concept d’exister et de se diffuser dans l’entreprise. Ils doivent donc évoluer rapidement et se doter d’infrastructures de dernière génération pour répondre aux enjeux du cloud computing qui, rappelons-le, est un marché évalué à plus de 44,2 milliards de dollars en 2013 par le cabinet d’analyste IDC. En France, par exemple, les offres des hébergeurs sont en pleine reconstruction autour de nouvelles solutions de virtualisation et de haute disponibilité.
 
Il s’agit de fournir de la puissance à la demande. Cette donnée stratégique est indispensable pour permettre aux plates-formes SaaS et IaaS  de se développer rapidement. Cette pression importante explique, notamment, les nombreux investissements réalisés par les acteurs historiques de l’hébergement. On assiste ainsi au lancement de différents projets, plus ou moins ambitieux, qui ont pour objectif de répondre à la demande formulée par les entreprises.
 
Ces chantiers titanesques représentent plusieurs millions, voire dizaines de millions d’euros. Ils font émerger un nouveau pan économique et permettent à la France de compter parmi les acteurs européens en pointe sur le marché de l’hébergement et de l’infogérance. L’importance des investissements réalisés tient également à l’utilisation de technologies avant-gardiste qui permet aux projets français de se positionner en vitrine technologique.
 
Il est également important de préciser que les technologies de virtualisation, et plus généralement de cloud computing, participent fortement à l’amélioration de l’efficacité énergétique. Cet élément mérite d’être mis en avant, à une époque où le « Green IT » entre dans les critères d’évaluation et de sélection des administrations et des entreprises.
 
L’externalisation croissante de l’informatique a donc conduit les hébergeurs à se moderniser et a mettre en place les fondamentaux liés à l’ère du cloud computing. Ainsi chaque année, ces derniers doivent pouvoir absorber une demande en constante évolution. Le marché devrait en effet connaître une forte croissance de plus de 23 % par an jusqu’en 2013.
 
Le cycle d’investissement des hébergeurs est donc plus que jamais d’actualité et devrait continuer de s’accélérer ces prochaines années. C’est à cette condition que les hébergeurs et infogéreurs français pourront rester compétitifs et développer leurs parts de marché, en France comme à l’international.
 

Geoffroy de Lavenne, Directeur Général Adjoint d’Integra 

Le plus grand pond suspendu d’Europe modernise ses systèmes de sécurité

La liaison fixe Great Belt connecte la moitié de la population danoise au reste du réseau routier et ferroviaire européen. Environ 11 millions de véhicules et 8,3 millions de passagers de train traversent cet immense pont suspendu tous les ans. Sa construction a commencé en 1988, et en 1997 la connexion a été ouverte pour la première fois au trafic ferroviaire. Un an plus tard, en 1998, la liaison fixe était complètement terminée et également ouverte au trafic routier. L’entreprise publique A/S Storebælt était chargée de maintenir la liaison opérationnelle en permanence, dans des conditions permettant une utilisation de plus de cent ans. La liaison fixe se compose d’un pont suspendu de 6,8 kilomètres (pont Est), d’un pont-passerelle métallique de 6,6 kilomètres (pont Ouest) et d’un tunnel ferroviaire. En tout, la liaison fait 18 kilomètres de long. Une infrastructure de cette dimension nécessite des engagements extrêmes en matière de sécurité. Ainsi, tout le long du pont se trouvent de nombreuses caméras de surveillance ainsi que 7 stations météorologiques relevant en permanence les variations du vent et des conditions météorologiques, de même que des téléphones de secours tous les 600 mètres dans les deux sens.

Le pont étant en service depuis plus de dix ans, une mise à jour des systèmes de sécurité était nécessaire. L’ancien réseau d’interconnexion principal, ou backbone (littéralement « épine dorsale »), avait une capacité de transmission de 2 Mbits/s. Même si ce système offrait encore un débit suffisant, il ne pouvait plus être maintenu. Un nouveau réseau backbone à fibre optique 2 x 1 Gbits/s a donc été installé pour assurer les transmissions des données des stations météo et des caméras de surveillance, tandis qu’un nouveau système de téléphonie de secours en technologie IP a dû être mis en place. D’une part, car les coffrets en aluminium abritant les récepteurs, exposés aux intempéries toute l’année pendant dix ans, étaient sévèrement corrodés, rendant les téléphones inutilisables. D’autre part,  parcequ’ avec l’ancien système, tous les appels aboutissaient directement au centre d’alarme de police de la ville voisine de Slagelse, quel que soit le type d’aide nécessaire. Or, 9 appels sur 10 sont dus à des pannes d’essence, et non à de véritables accidents. Néanmoins, un véhicule immobilisé sur le pont représente un sérieux risque d’accident. La politique est alors de remettre en route le plus rapidement possible le véhicule immobilisé. Dans ce genre de situation, A/S Storebælt a constaté que le moyen le plus rapide de dégager un véhicule immobilisé est tout simplement de lui fournir du carburant ou de le remorquer gratuitement.

Réutilisation du câblage existant

Le nouveau système de téléphonie IP de secours envoie tous les appels au centre de commande d’A/S Storebælt afin que les pannes de carburant puissent être prises en compte, tandis que les appels au secours relatifs à un véritable accident sont transmis au centre d’alarme de la police. Un autre point fort du nouveau système est qu’il est capable d’indiquer l’emplacement exact d’où les appels sont passés, ce qui n’était pas possible avec l’ancien système. Ceci permet des interventions beaucoup plus rapides et un meilleur niveau de sécurité. De nouveaux téléphones en alliage d’aluminium résistant aux intempéries ont été installés, et pour assurer la transmission des données entre le téléphone et le backbone à fibre optique, A/S Storebælt a choisi les prolongateurs Ethernet Wolverine de Westermo. Ces derniers utilisent la technologie SHDSL sur plusieurs paires torsadées, et peuvent fournir des débits jusqu’à 15,3 Mbits/s. Un autre avantage majeur des Wolverine est que le câblage existant peut être réutilisé, permettant ainsi des économies substantielles sur l’installation. Dans le cas présent, les câbles de l’ancien système téléphonique ont pu être réutilisés pour transporter les données du système téléphonique IP, induisant d’énormes économies. Ainsi, 31 unités Wolverine ont été installées sur toute la longueur des ponts, et chacune d’entre elles est raccordée à deux téléphones d’un côté, et au réseau backbone de l’autre côté.

 

« Le passage à l’IPV6 n’est pas la fin du monde ! »

Techniques de l’ingénieur : Quelle est la différence entre l’IPV4 et l’IPV6 ?

Nicolas Fischbach : La différence que tout le monde connaît, c’est le plan d’adressage. Les adresses IPV4 ont des adresses sur 4 octets, alors que les adresses IPV6 ont des adresses sur 128 bits. Mais ce n’est pas la seule différence. Le protocole IP n’est pas juste un format de paquets, un format d’adressage, c’est aussi une suite de protocoles. Et c’est la raison pour laquelle IPV4 n’est pas compatible avec IPV6 : les protocoles sous-jacents qui aident à faire fonctionner le réseau sont différents. Rappelons aussi que si  IPV4 a été défini dans les années 70, IPV6 a été normalisé en 1998.

Si IPV6 existe depuis 1998, pourquoi la transition n’a-t-elle pas été amorcée plus tôt ?

Car il n’y avait aucun besoin de commencer aussi tôt… et aussi aucune offre. Quelle raison y’aurait-il eu de déployer un réseau IPV6 en 1998 alors qu’il n’y avait pas encore de contenu ? Il y aura une pénurie d’adresses IPV4, c’est sûr, mais c’est comme tout. Comme le pétrole, par exemple. On sait que le pétrole va disparaître un jour, mais ce n’est pas pour autant que les gens prennent moins leur voiture !  Aujourd’hui, parmi les mille sites les plus visités au monde, seulement 0,003 % offrent du contenu en IPV6. 2011 s’annonce comme l’année de transition, mais pas la fin du monde !

Pourtant, cela devrait engendrer des problèmes de sécurité…

Le problème de la sécurité est une chose. Les déploiements en masse de l’IPV6 vont surtout ré-engendrer des problèmes qui existaient déjà il y a 10, 15 ans et qu’il va falloir résoudre. Il y a des choses qui vont être cassées. Toute la chaîne, de l’utilisateur à l’hébergeur de contenu, en passant par le fournisseur d’accès, va être touchée. Et il va falloir identifier la source des dysfonctionnements.

Quels types de problèmes vont être rencontrés précisément ?

Une page qui ne marchera pas, des images qui ne s’afficheront pas correctement… L’utilisateur final aura du mal à diagnostiquer la source du problème. S’agira-t-il du terminal, du réseau d’opérateur, du site ? La problématique de la sécurité est différente. Il va falloir veiller à appliquer les mêmes politiques de sécurité pour IPV6 que pour IPV4. Il y aura des failles de sécurité, forcément, puisque beaucoup de logiciels ont été réécrits à cause d’IPV6. Mais ce seront des failles déjà connues, car déjà rencontrées avec IPV4. Aujourd’hui encore, des failles avec IPV4 subsistent, alors même qu’on les pensait corrigées. Il faudra donc mettre à jour les politiques de sécurité d’IPV4 et s’adapter à IPV6. Il ne faut pas penser qu’un logiciel, un équipement, un terminal, qui était sûr en IPV4 le sera aussi en IPV6. Cela concerne les entreprises ou les opérateurs, qui possèdent des processus de certification en interne d’un nouveau produit, d’une nouvelle solution. Concernant l’utilisateur final, ça ne changera pas grand-chose. Son navigateur ne sera pas forcément moins sécurisé parce qu’il fonctionne en IPV6. IPV6 n’est pas la porte ouverte à tout.

Comment va se dérouler la transition d’IPV4 à IPV6 ?

Ce n’est pas vraiment une transition. Il s’agit plus d’une introduction, d’une coexistence.  L’IPV4 va coexister logiquement avec l’IPV6. Cela se passera de la même manière que pour la transition en 1996 vers les numéros de téléphone fixe à 10 chiffres. On va avoir dans le réseau l’introduction d’IPV6, et il y’aura une coexistence de plusieurs années. Dans 10 ou 15 ans, il y’aura encore de l’IPV4 et de l’IPV6. IPV4 ne va pas disparaître dans 3 ans, ni jamais, et tout ne va pas passer en IPV6.  Aucune raison technique ne justifie d’enlever IPV4. Le défi pour les opérateurs sera justement de gérer cette coexistence.

Qu’est que cette transition va engendrer en termes de coût et d’investissement pour les fournisseurs d’accès Internet, les entreprises ?

Cela dépendra de l’âge du réseau et du type d’opérateur. Il ne s’agira pas forcément d’investissements très élevés, car beaucoup d’équipementiers ont déjà un support IPV6. En fait, les investissements seront plus axés sur la partie système qui permet de gérer le réseau, les ordres clients, que le réseau en lui-même. Beaucoup de réseaux savent déjà transporter de façon native du V6. C’est le cas d’ailleurs du V6 World Congress.

Des secteurs seront-ils plus concernés que d’autres par ce changement ?

Oui, les fournisseurs d’accès Internet, les fournisseurs de contenus du type Yahoo et Google, et les entreprises spécialisées dans le commerce en ligne.

L’utilisateur devra-t-il faire quelque chose ?

L’utilisateur lambda, s’il n’a pas de configuration particulière chez lui, devra juste s’assurer que la version de son système d’exploitation est suffisamment récente pour supporter l’IPV6. Si vous avez un vieux PC, avec Windows 95, effectivement vous ne pourrez pas faire de l’IPV6. Mais ce n’est de toutes façons pas une obligation, car il y aura des mécanismes qui permettront de faire le lien, une sorte de traduction entre IPV4 et IPV6. Toutefois, ce genre de déploiements est à éviter autant que possible, car cela casserait beaucoup de choses.

Lesquelles ?

Beaucoup d’utilisateurs vont se cacher derrière une adresse IP unique. C’est le principe du NAT : une adresse IP pour plusieurs utilisateurs. Et au niveau d’Hadopi, cela va poser problème pour identifier les utilisateurs.

Le gouvernement français compte-t-il prendre des mesures à ce sujet ?

Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de définir un cadre régulateur. Les attaques de hackers ne seront pas différentes en IPV6, qu’il s’agisse des attaques génériques comme des attaques spécifiques à des fins d’intelligence économique, par exemple.  La seule chose qui risque de changer concernant la sécurité, c’est le spam. Beaucoup de systèmes anti-spams se basent sur la réputation d’une adresse IP. Du fait de l’adressage qui sera énorme, ce système de géolocalisation et de réputation va être rendu problématique.

Quelles sont les entreprises qui seront les premières à offrir de l’IPV6 ?

Colt, par exemple, pour le B to B. Les tests avec certains clients vont démarrer au deuxième trimestre 2011. 2011 sera l’année de la planification. 2012, celle de l’exécution. Pour le B to C, Free offre déjà une version d’IPV6 avec l’implémentation 6RD. Dans les 18, 24 mois à venir, l’IPV6 va commencer à se déployer, doucement mais sûrement. Il n’y aura pas de rush.

Les adresses IPV4 ont-elles été toutes allouées ?

Les derniers blocs ont été distribués la semaine dernière, et cinq sont encore réservés. En fait, c’est un peu plus complexe que cela. Il existe trois niveaux d’allocation : l’IANA (Internet Assigned Numbers Authority), qui gère le pool central d’adresses IP, distribue en Europe ces blocs à un organisme appelé RIPE NCC (Réseaux IP Européens – Network Coordination Center), à qui les opérateurs vont ensuite faire leur demande, sur la base de leur historique d’utilisation, ainsi que leurs demandes futures. Puis les opérateurs redistribuent les blocs à leurs clients. Colt, par exemple, possède au moins 2 ans de réserve. Et la plupart des opérateurs ayant fait un peu de planification pourront encore allouer des adresses IPV4 à leurs clients pour au moins 18, voire 24 mois.

Les rumeurs selon lesquelles un marché noir d’adresses IPV4 pourrait apparaître sont-elles fondées ?

Il peut y avoir un marché noir, mais il faudrait pour cela qu’un opérateur puisse annoncer les adresses dans le réseau. On ne peut ni acheter ni router soi-même les adresses IP.  De plus,  les adresses IP appartiennent à RIP NCC, et RIP NCC peut vous les reprendre à n’importe quel moment. J’ai aussi entendu une rumeur qui disait que les opérateurs allaient moins, voire ne plus du tout distribuer d’adresses IP à leurs clients. Ce n’est pas dans leur intérêt. Si un opérateur ne donne plus d’adresses IP à ses clients, comment pourrait-il espérer gagner de nouveaux clients ? Toutes les approches alternatives auront un impact financier à terme…

Vous tenez un discours plutôt rassurant en fait.

Il faut. La phase de panique est passée. Il y’a beaucoup plus de rationalité maintenant. Je ne dis pas qu’il faut ignorer les problèmes, il y’en aura forcément. Mais ce n’est pas la fin du monde.

Pour finir, quels ont été les apports du V6 World Congress ?

Rassembler et partager les expertises, car il y a beaucoup de fragmentation, de gens qui ont testés l’IPV6 seuls dans leur coin. Et aussi rassurer. C’est une bonne préparation en vue du World IPV6 Day, qui doit se dérouler le 8 juin de cette année.

Propos recueillis par Carole Hamon

De la comprimeuse jusqu’au palettiseur, sans rupture de chaîne

Dans le cadre du développement de ses derniers produits de santé, Bayer Santé Familiale a lancé un appel d’offre international concernant l’aménagement et la mise en place sur son site de production de Gaillard, en Haute-Savoie, d’une ligne complète à configurer dans un espace réduit. Objectif à atteindre : offrir des cadences très élevées, sans aucune rupture de chaîne, de la comprimeuse jusqu’au palettiseur. La comprimeuse de départ de ligne, destinée à la fabrication de nouveaux comprimés, devra être directement configurée avec la machine thermoformeuse afin d’éviter toute rupture par le stockage traditionnel intermédiaire en « big bag » des produits en sortie de la comprimeuse, et leur transfert entre les deux machines. Finalement, c’est le Groupe CAM,  un des pionniers de la technologie de l’emballage et du conditionnement, qui a été retenu.

L’installation CAM désigne une application industrielle atypique, où la fabrication des comprimés est directement liée au conditionnement. Une première zone est dédiée à la fabrication et au conditionnement primaire des comprimés. La comprimeuse est reliée à la thermoformeuse par le biais d’une trémie tampon élévateur et d’un tapis motorisé. Un sas permet de relier cette première zone à la deuxième dédiée, quant à elle, au conditionnement secondaire et tertiaire. Les blisters sont conditionnés en étuis par une encartonneuse HV alors que la codification Datamatrix et les mentions variables sont appliquées et que le contrôle est effectué par une caméra de vision, le tout en entrée de la trieuse pondérale. Après ce contrôle, c’est au tour de la vignetteuse. Pour satisfaire aux différentes exigences de distribution des marchés mondiaux, les étuis sont ensuite traités de deux manières différentes :

  • avec un premier type de regroupement par mise sur chant, fardelage et cellophanage ;
  • avec un second type de regroupement par mise sur pied, fardelage, introduction en barquette et cellophanage.

Les fardeaux sont ensuite étiquetés et mis sous caisse américaine. Le palettiseur, en fin de ligne, est équipé d’une étiqueteuse de caisses et d’un magasin de 20 palettes d’autonomie. Il est également doté d’un élévateur interne qui permet de réaliser la configuration de demi-palettes par superposition (configuration demandée par la logistique).

Difficulté supplémentaire : des comprimés carrés

Le deuxième objectif de Bayer Santé Familiale était d’atteindre une cadence de 1 100 blisters par minute, alors que traditionnellement sur le marché, les cadences avoisinent 500 blisters par minute. Pour répondre à cette dernière demande, le Groupe CAM a reproduit la ligne en configurant deux comprimeuses FETTE avec deux thermoformeuses CAM regroupées en parallèle et reliées ensuite avec deux systèmes d’alimentation à une seule encartonneuse CAM. Contrainte supplémentaire et non des moindres, la forme carrée du comprimé risquait d’entraîner des risques de bourrage. CAM a donc dû concevoir un dispositif de chargement, un acheminement ainsi qu’un convoyage totalement spécifiques et dédiés.

Enfin, afin d’éviter toute éventuelle contamination de produits croisés (en cas, par exemple, de production de comprimés aux « arômes » différents), le système a été conçu pour permettre une opération de nettoyage aisé et un entretien du « vide de la ligne » pharmaceutique. La mise en place par le Groupe CAM de cette nouvelle ligne de production  sur le site de Gaillard permet ainsi à Bayer Santé Familiale d’obtenir un back-up de toute la gamme Rennie sur cette nouvelle ligne.  L’ensemble des machines CAM mises en place à ce jour chez Bayer Santé Familiale a pour  autre avantage d’être complètement évolutif dans le temps, permettant ainsi de faire évoluer la production selon les besoins produits du client en termes de nouveauté (étui, regroupage, changement de format, …), sans avoir à reconsidérer la ligne complète.

 

 

Un coupé sport chinois mise sur les thermoplastiques

Objet d’une attention médiatique intense depuis plusieurs mois, le lancement de l’A3CC, le coupé sport du constructeur chinois Chery Automobile, pourrait bien, selon les commentateurs, changer la qualité de la conception en Chine. En effet, ce nouveau modèle fait largement appel aux matériaux plastiques hautes performances utilisés dans les applications s’étendant des ailes de classe A aux composants structurels, respectant ainsi l’objectif de l’entreprise de devenir leader mondial du secteur automobile.

Depuis cinq ans, Chery Automobile collabore avec SABIC Innovative Plastics Automobile sur ce projet. « Nous avons choisi de collaborer avec cette entreprise sur l’A3CC coupé sport, en raison de sa renommée mondiale et de ses capacités, bénéficiant en plus de leur support au co-développement sur ce projet », affirme Shen Haojie, administrateur de la seconde division de développement de produit, et directeur de programme pour l’A3CC pour Chery Automobile. « Fournir des matériaux hautes performances n’était qu’un début. L’équipe de SABIC Innovative Plastics a compris nos besoins, et par conséquent a fourni les matériaux, la conception et l’expertise en choix d’outillage afin de nous aider à atteindre nos objectifs. » Cette collaboration a débouché sur trois applications clés qui ouvrent un potentiel d’utilisation accrue à l’intérieur du véhicule et aussi dans d’autres lignes de produits :

  • l’aile avant : Chery Automobile est le premier équipementier chinois à utiliser la résine Noryl GTX conductrice pour la production en série d’une aile. Le remplacement des panneaux en acier de la carrosserie par cette résine a permis de réduire le poids de l’aile de plus de 50 % par rapport à l’acier (1,37 kg contre 2,80 kg), tout en offrant une meilleure résistance à l’impact à basse vitesse que l’acier. Le Noryl GTX peut être peint en ligne avec la caisse en blanc, évitant ainsi les opérations secondaires et assurant une parfaite correspondance des couleurs. De plus, cette résine conductrice ne requiert pas d’apprêt avant la peinture ;
  • la trappe à carburant : cette pièce est traditionnellement moulée et peinte par le fournisseur du composant, ce qui peut potentiellement causer un problème de correspondance de couleur avec la carrosserie. En moulant cette pièce à partir de la résine Noryl GTX, elle peut être peinte à la chaîne avec le reste de la caisse en blanc et la carrosserie. Cette approche rationalisée permet d’éviter des problèmes de qualité et améliore l’esthétique ;
  • les absorbeurs et dessous de caisse : le pare-chocs avant de l’A3CC comprendra un absorbeur d’énergie fait de résine Xenoy et un dessous de caisse moulé avec le compound polypropylène à fibres de verre longues Stamax. Ces composants sont conformes aux exigences de protection des piétons Phase II de l’Union Européenne (EU) 2003/102/CE et de la ECE au niveau de la jambe inférieure, et conformes aux tests normalisés de la sécurité routière fédérale (FMVSS ou Federal Motor Vehicle Safety Standards) sur impact à basse vitesse. Le système de pare-chocs arrière comprendra aussi un absorbeur réalisé en résine Xenoy, et sera conforme aux exigences ECE et FMVSS d’impact à basse vitesse d’un véhicule.

 

Lancement du « Collaborative Performance Management »

Le Gartner Business Intelligence Summit 2011 qui vient de se tenir à Londres, a été  l’occasion pour Gartner de présenter sa vision récente sur la façon d’adapter la business intelligence aux nouveaux besoins du marché suite à la dernière mutation de l’économie et de livrer une vision sur laquelle les dirigeants d’entreprises souhaitent s’appuyer. Il a également été l’occasion pour Tagetik, fournisseur de solutions de performance management, gouvernance financière, risques et conformité, et de business intelligence, d’expliquer l’importance croissante du collaboratif au sein de la gestion de la performance et de présenter une solution pour rendre la business intelligence, le performance management et la communication financière aussi collaboratifs que possible. Le développement de ce concept de Pilotage Collaboratif de la Performance ou Collaborative Performance Management (CPM) est né de la collaboration et des synergies entre Tagetik et Microsoft sous la forme de la solution logicielle « Tagetik 3.0 Enabled by Microsoft SharePoint Server 2010 ».  Le but est d’offrir à l’ensemble de l’entreprise un système unifié de pilotage de la performance et de la communication.

Gestion des problématiques de communication financière, de reporting opérationnel ou de conformité XBRL, procédures de budgétisation, de planification et de prévision, planification et contrôle de la production et des ventes opérationnelles… Tagetik 3.0 Enabled by Microsoft SharePoint unifie les processus et applications financiers essentiels tels que le performance management (PM),  la gestion des risques et de la conformité (GRC), le disclosure Management,  la business intelligence (BI),  le collaboratif et  la communication. « Étendre le performance management  à la prise de décision collaborative est le nouveau défi pour les organisations complexes qui cherchent, à la fois, à piloter leurs performances de façon plus efficace, à faciliter le travail d’équipe des différentes parties prenantes sur des systèmes multiples, et enfin à améliorer la qualité de prise de décision opérationnelle et stratégique », précise Manuel Vellutini, EVP Chief Operating Officer de Tagetik. « Microsoft et Tagetik ont uni leurs forces pour répondre au besoin croissant d’intégration de technologies collaboratives au sein des processus de performance management et de business intelligence, un concept que nous avons baptisé « CPM (R)Evolution ». Les deux éditeurs s’engagent surtout à supporter les entreprises cherchant à rendre plus efficace l’implémentation de stratégies tout en améliorant la façon dont elles gèrent et contrôlent tous leurs domaines d’activité.

Adoption des langages XBRL et iXBRL

« Grâce au nouveau module Collaborative Disclosure Management intégré à Tagetik 3.0 Enabled by Microsoft SharePoint, les entreprises peuvent tirer le maximum à la fois d’une BI avancée et d’outils de communication et de collaboration afin de préparer, analyser et publier tous types de données financières allant des budgets et des rapports opérationnels, à la consolidation statutaire et aux rapports de conformité RSE », poursuit Manuel Vellutini. « Cette solution permet aux employés d’une entreprise de rassembler leurs documents et notes liées au processus de clôture via un portail unique. Elle réduit la quantité de tâches à effectuer manuellement, assure la validité des données destinées à la communication financière et inclut le support intégral des langages XBRL et iXBRL dans le respect des toutes dernières exigences règlementaires. » Notons que les langages XBRL (Extensible Business Reporting Language) et IXBRL (Inline XBRL) élaborés par l’ICCA (International Congress and Convention Association), l’AICPA (American Institute of Certified Public Accountants) ainsi que d’autres organismes professionnels et diverses entreprises comme vecteur électronique d’information financière et d’entreprise, seront obligatoires au Royaume-Uni à partir du mois d’avril. « Nous avons longtemps partagé une vision où les processus de BI et de PM seraient aussi collaboratifs que possible. Nous y sommes désormais parvenus avec une plateforme unique de pilotage collaboratif de la performance destinée à améliorer la communication financière et la prise de décision sur l’ensemble de l’organisation », conclut Pierluigi Pierallini, PDG de Tagetik.

 

 

Réparation tout-temps des conduites endommagées

Creuser des égouts coûte cher et n’est pas une tâche facile. Les rues sont bloquées pendant que des pelleteuses défoncent la chaussée, qui devra être remise en état en fin d’opération. Cela explique ainsi le succès des solutions sans tranchées. À l’aide de caméras et d’enveloppes souples renforcées de résine, il est possible de procéder aux réparations par les bouches d’égout. L’enveloppe qui est saturée de résine et introduite dans la conduite permet, après séchage, d’obtenir un « tuyau dans le tuyau ». Les résines habituellement utilisées sont à base de polyester et durcissent à température ambiante. Après mélange, elles peuvent être travaillées pendant 30 à 60 minutes, ce qui peut parfois poser problème. Alan Carolan, responsable des travaux et du chemisage chez Machmade, société franchisée Dyno-Rod, spécialiste leader des réparations d’égouts à Liverpool (Grande-Bretagne), a constaté que la résine à base de polyester avait montré ses limites lors des chaleurs du début de l’été 2010 : « Nous avons eu des températures frisant les 30°C tous les jours. Le personnel utilisait du polyester mais la polymérisation était trop rapide. Il  n’avait pas le temps d’installer l’enveloppe qu’elle était déjà sèche. »

Pour les conduites de 10 à 15 centimètres de diamètre, Alan Carolan a donc décidé d’utiliser la résine époxy Epropox 120 de Trelleborg qui reste exploitable pendant environ 2 heures. « Il faut environ une heure et demi à deux heures pour durcir l’enveloppe à l’aide d’eau chaude et ça marche bien. Il n’y a pas beaucoup de marge d’erreur, mais on obtient une très bonne finition de l’enveloppe, sans aucun pli. L’un des principaux atouts de la solution est la fiabilité de la nouvelle résine. On peut mieux estimer le temps de travail. Avec un séchage à l’air ambiant, on n’est jamais sûr », indique Alan Carolan. La gamme Epropox comprend des résines à plusieurs durées d’emploi allant de 60 minutes à 44 heures à 25°C, ce qui permet aux opérateurs de choisir le produit qui leur convient le mieux. Les résines à la durée d’emploi la plus longue sont utiles pour les égouts très larges, pour lesquels l’enveloppe peut être imprégnée à l’usine ou au dépôt, évitant ainsi les perturbations sur le lieu de l’intervention. Lorsque l’enveloppe est mise en place, on peut entamer l’opération de polymérisation à l’aide de vapeur ou d’eau chaude, ce qui permet de mieux contrôler le processus. « C’est une façon de minimiser les risques. Pas de gaspillage et pas de panique car on a amplement le temps de travailler », explique Dave Illingworth, Directeur Général de Machmade.

La modélisation pour améliorer son handicap

Les ingénieurs de Cleveland Golf voulaient notamment mener des recherches sur l´incidence de différents manches de club sur les performances du driver. La souplesse du manche et la façon dont la courbure et la torsion varient sur toute sa longueur, jouent en effet un rôle essentiel pour déterminer la distance que va parcourir une balle de golf. Avec l´aide du docteur John McPhee, président de la recherche industrielle du NSERC (Natural Sciences and Engineering Research Council)  et professeur en ingénierie de conception de système à l’Université de Waterloo (Canada), ils ont utilisé MapleSim de Maplesoft afin de créer un modèle de driver.

Le manche lui-même fut modélisé à l´aide du composant intégré de poutres flexibles. Le modèle de tête de driver fut conçu avec le plus grand soin pour intégrer les caractéristiques précises de la tête de driver de Cleveland Golf, y compris les facteurs de masse et de moments d´inertie. Pour simuler toute une variété de swings effectués par des joueurs différents, on procéda à des mesures expérimentales auprès des meilleurs joueurs de l´équipe universitaire de golf. L´information recueillie fut injectée dans le modèle sous la forme des 6 degrés de liberté de mouvement du grip, déterminant ensuite le mouvement du manche. Différentes versions furent déclinées à partir de ce modèle initial en modifiant les paramètres du modèle pour satisfaire aux propriétés de différentes conceptions de clubs.

A l´issue de la validation des modèles par rapport aux données expérimentales obtenues, on s’est aperçu que la simulation et les données expérimentales relatives à la vitesse, la levée et la retombée de la tête du club à l´instant du contact avec la balle, concordaient bien, voire très bien. En outre, les modèles MapleSim se sont avérés beaucoup plus rapides à l´exécution que des modèles similaires basés sur la méthode des éléments finis.

« Les modélisations MapleSim que nous réalisons nous permettent de prédire les conditions du lancer de la tête de club avec d’avantage de variables, une précision plus élevée et des temps de mise en oeuvre plus courts », a déclaré John Rae, directeur de recherche du service de R&D de Cleveland Golf. « En utilisant les outils de simulation de MapleSim, nous pouvons générer des calculs de swings personnalisés en nous basant sur toutes les variables de l’équipement, ne laissant ainsi rien à la spéculation. »

Grâce à ses modèles dynamiques de drivers de golf validés, Cleveland Golf peut rapidement explorer différentes conceptions et de nombreux scénarii pour développer un club de haute performance, en minimisant les besoins en prototypes onéreux et les coûts induits par la réalisation d´une série de tests physiques.

Séminaire MathWorks : l’approche Model-Based Design

À l’heure où la conception des équipements industriels se complexifie du fait de l’utilisation de logiciels embarqués, bon nombre d’entreprises doivent se plier à des impératifs quotidiens de réduction des coûts et des délais de développement. La méthodologie Model-Based Design permet d’y répondre en :

  • facilitant les processus de développement, accélérant le cycle de développement ;
  • facilitant la conception des systèmes embarqués ;
  • permettant la réduction des coûts et des délais ;
  • servant à implémenter des lois de commandes et des logiques de gestion des défauts.

Le développement traditionnel d’un système physique passe par plusieurs phases : une phase de conception, une phase d’implémentation, et une phase d’intégration et de test. Ce type de développement possède néanmoins certaines limites :

  • des problèmes de communication entre les différents services ;
  • un cloisonnement entre la phase de conception et la phase d’implémentation.

Model-Based Design permet de lever ces barrières. En détectant les erreurs très tôt dans le processus de développement grâce à une procédure de vérification continue par la simulation, MBD améliore la communication et offre ainsi plus de rapidité. Démonstration avec Laurent Vaylet, ingénieur d’application.

Développement d’une loi de commande pour un moteur à courant continu

Le système utilisé est un petit moteur électrique à courant continu, qui déplace une inertie d’un certain angle. C’est le modèle idéal de moteur électrique, car il n’y a pas de frottements. Le test est réalisé avec Simulink, un environnement graphique édité par The MathWorks qui permet de créer des prototypages.
 
Première partie : modélisation du système et loi de commande
 
Model-Based Design est l’interface qui va permettre d’optimiser le système, la partie physique et la partie contrôleur.

  • Travail sur la partie physique

Modélisation par identification

La première méthode est la modélisation par identification. On commence par prendre des mesures. Pour cela, on excite le modèle par l’injection d’un bruit blanc. Il s’agit de trouver le modèle mathématique correspondant le mieux à ces données fréquentielles. Une possibilité est de demander à Matlab d’estimer 10 modèles. Une fois identifié, le modèle est ensuite inséré dans l’interface. Au lieu d’avoir une boite noire, on obtient un modèle identifié.

Modélisation physique

Il ne s’agit plus d’un système identifié, mais d’un modèle mathématique.

  • Travail sur la partie contrôleur

Concernant l’optimisation de la loi de commande. Prenons l’exemple d’un contrôleur qui n’offre pas de performances optimales. On va le remplacer par un régulateur PID (ProportionneI intégral Dérivé) qui va automatiquement être réglé grâce à Simulink. La suppression des oscillations va nécessiter un filtre coupe-bande, en l’occurrence l’outil Simulink Control Design, qui va permettre le réglage du PID et le réglage de la fonction de transfert.

Deuxième partie : gestion des défauts (stateflow) et tests temps réel
 
Prenons l’exemple d’une défaillance d’un capteur. Pour y remédier, on passe en mode dégradé pour stabiliser le système, l’idée étant de gérer différents modes de fonctionnement. Ce qu’on appelle « stateflow » ou gestion des défauts, est destiné aux « machines à état ». Les machines à état étant des circuits de logique séquentielle servant à générer des signaux de commande. Très visuel et très intuitif, le stateflow est très utile pour gérer les bugs. Il est comparable au « cerveau de la simulation », et permet, par exemple, de gérer la boite à vitesse d’une voiture. L’idée est d’injecter des défauts pour tester le modèle. On injecte des valeurs puis on lance une simulation de 5 secondes environ. On teste le mode « fast failure », puis le mode « slow failure ».
Concernant maintenant la partie prototypage temps réel. Elle se fait via une liaison Ethernet et à l’aide de la boite à outils xpcTarget. On passe en mode externe, on choisit un temps de simulation en « infini », et  on sélectionne la cible xpTarget. On remplace ensuite la partie physique par les entrées-sorties du matériel, on compile le code C et on génère un exécutable. XpcTarget permet ainsi le réglage de paramètres en temps réel, l’analyse et la visualisation de données en temps réel.
 
C.H.

Le système lightRadio redessine l’avenir des technologies mobiles

Fruit de la recherche des Bell Labs, la branche R&D d’Alcatel-Lucent, le système lightRadio va permettre de réduire sensiblement la complexité technique des réseaux mobiles haut débit et de limiter leur consommation d’énergie et autres coûts d’exploitation, dans un contexte de forte croissance du trafic. Le système lightRadio se caractérise par un allègement et une simplification radicale des stations de base et des tours cellulaires massives actuelles, qui sont généralement les éléments du réseau les plus énergivores mais aussi les plus chers et  les plus difficiles à entretenir.

Le système crée une nouvelle architecture dans laquelle la station de base, généralement installée au pied de chaque tour cellulaire, est fragmentée pour que ses composantes soient redistribuées entre l’antenne et un réseau virtuel de type « cloud ». D’autre part, les multiples antennes dispersées qui supportent les différents systèmes 2G, 3G et LTE (Long Terme Evolution) sont toutes rassemblées pour ne former qu’une seule et unique antenne réseau active à large bande multifréquence et multistandard (2G, 3G et LTE) ultra-puissante. Cette antenne réseau peut être installée sur un poteau, le mur d’un bâtiment ou n’importe quel endroit disposant d’un branchement électrique et d’une connexion haut débit. 

Les atouts du lightRadio

Les produits lightRadio, dont les premiers éléments pourront être testés par les clients au second semestre 2011, offre les avantages suivants :

  • la protection de l’environnement : utilisé sur des équipements de réseau d’accès radio actuels, le système lightRadio permet de réduire jusqu’à plus de 50 % la consommation énergétique des réseaux mobiles (pour référence, les Bell Labs estiment à 18 millions de tonnes les émissions annuelles mondiales de CO2 des stations de base). En outre, grâce à ses petites antennes modulables, le lightRadio offre une alternative aux armadas de grandes tours cellulaires surencombrées que l’on trouve aujourd’hui ;
  • la réduction de la fracture numérique : en réduisant un site cellulaire à une simple antenne et grâce aux futures techniques de backhauling hertzien et de compression, cette technologie permettra, à terme, de fournir facilement une couverture haut débit partout où il y a des sources d’énergie (électrique, éolienne, solaire) et en utilisant une connexion hertzienne au réseau ;
  • des économies importantes pour les opérateurs : utilisé sur des équipements microcellules et LTE, le système lightRadio peut conduire à une réduction de 50 % du coût total de possession des réseaux mobiles grâce aux économies réalisées en termes de gestion de site, de consommation d’énergie, d’exploitation et de maintenance (pour référence, les Bell Labs estiment à 150 milliards d’euros les dépenses totales des opérateurs dans l’accès mobile en 2010).

Des innovations majeures

Les produits lightRadio se composent d’une antenne réseau active à large bande, d’une tête radio distante multi-bandes, d’une unité en bande de base, d’un régulateur et d’une solution de gestion commune SAM 5620. Il réunit un certain nombre de technologies et d’innovations révolutionnaires développées par les Bell Labs et un écosystème d’entreprises :

  • le Cube lightRadio, technologie d’antenne unique des Bell Labs, réunit dans un petit cube, tenant dans le creux de la main, un diplexeur, un système radio, un amplificateur et un système de refroidissement passif. Cette nouvelle génération d’antennes actives permet la formation verticale de faisceaux indépendants (beamforming) pour une amélioration de 30 % de la capacité sur sites urbains et périphériques, une prise en charge de toutes les technologies (2G, 3G et LTE), ainsi qu’une couverture de diverses bandes de fréquence via une seule unité ;
  • le système sur puce (System-on-a-Chip ou SoC) développé conjointement avec Freescale Semiconductor intègre un logiciel intelligent d’Alcatel-Lucent sur du matériel entièrement programmable à distance. En transférant les éléments d’une station de base classique sur un système sur puce, la solution lightRadio applique le traitement à l’endroit le plus approprié du réseau : antenne ou réseau virtuel (cloud) ;
  • des algorithmes de compression uniques permettent de multiplier par près de trois la compression des signaux IQ de référence. D’importantes économies seront réalisées sur les réseaux radio grâce à la réduction du nombre et du coût des paires de fibre nécessaires pour prendre en charge le trafic entre l’antenne et le traitement centralisé dans le réseau cloud ;
  • des plates-formes de traitement virtualisées : Alcatel-Lucent va utiliser un logiciel de virtualisation et va travailler avec des partenaires comme HP pour donner vie à une architecture mobile virtuelle pour les régulateurs et les passerelles. En adaptant la charge à la demande, grâce à une capacité de régulation « élastique » distribuée sur des plateformes matérielles dispersées et partagées, les réseaux mobiles devraient être plus économiques, plus disponibles et plus performants.

Alcatel-Lucent est déjà engagé dans des processus de planification avec China Mobile et un certain nombre d’autres opérateurs dans le monde pour des partenariats de mise en œuvre du système lightRadio et des essais terrain. L’antenne réseau active à large bande pourra être testée dans quelques mois et sera entièrement disponible en 2012. D’autres éléments de cette famille de produits seront disponibles d’ici 2014.

 

 

Des hôpitaux gèrent la qualité et les risques en mode SaaS

En place depuis 2010 dans le cadre de la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé, Territoires), les Agences Régionales de Santé (ARS), supervisent, entre autres projets, la modernisation du système de santé, et notamment la relance des systèmes d’information partagés de santé et le développement de l’usage des TIC dans les différentes structures. Deux acteurs majeurs de la santé, l’AP-HM  (Assistance Publique Hôpitaux de Marseille) avec quatre hôpitaux eux-mêmes multi-sites et multi-spécialités regroupant presque 16 000 utilisateurs sur toute la région PACA, et l’AP-HP (Assistance Publique Hôpitaux de Paris) avec le CHU Bicêtre, Béclère et Paul-Brousse regroupés sur une entité mutualisée, ont suivi cette orientation en choisissant le système de gestion de la qualité et des risques en mode hébergé SaaS (Software as a Service) de la société BlueKanGo, Blue MEDI.

Praticien hospitalier de l’AP-HM assurant la coordination des vigilances et des risques, le Docteur Jacques Ragni a mis en place,  via la plateforme BlueKanGo, le recensement et l’analyse des Évènements Indésirables Graves en Santé (EIGS). Il donne un exemple de la flexibilité du SaaS :
« Blue MEDI est présenté comme un système de signalement et de suivi des évènements indésirables de type 1. Ces systèmes sont alimentés par les déclarations des professionnels. Ils permettent la concrétisation de la culture déclarative mais connaissent encore une large sous-utilisation. Pour contourner ces difficultés, Blue MEDI a déployé à l’AP-HM un algorithme particulier ».

SaaS et le développement durable

Le choix de cette solution en mode SaaS s’explique aussi par la politique de développement durable de l’AP-HP et de l’AP-HM. En effet, le SaaS réduit les ressources matérielles informatiques, optimise l’infrastructure systèmes et réseaux et, par ses applications métier 100% Web, rationalise le bilan carbone lié aux activités d’un établissement. Plusieurs bénéfices sont retirés :

  • en favorisant la communication à distance, le SaaS rend les déplacements inutiles ;
  • les logiciels étant hébergés, l’installation de serveurs dans l’établissement n’est pas rendue nécessaire, permettant ainsi une économie d’électricité (les serveurs fonctionnent 24 heures sur 365 jours et sont très consommateurs d’énergie) mais aussi de carburant (par l’absence de déplacement de technicien de maintenance) ;
  • les données et logiciels n’étant plus stockés localement, les ordinateurs personnels (PC) n’ont plus besoin d’avoir de disques durs. À l’allumage, ils ouvrent un navigateur Internet avec des liens vers les applications et les données. Ils sont ainsi peu consommateurs d’électricité et leurs batteries dépassent des autonomies de 6 heures. Le bilan énergétique est diminué de 80% et favorise de ce fait la gestion de l’énergie.

Combiner ERP et BPM : un nouveau facteur de productivité

A l’heure de la reprise des projets ERP, notamment grâce à leur développement dans les entreprises du Middle Market, force est de constater que ces derniers s’enrichissent constamment en intégrant un ensemble d’outils à valeur ajoutée permettant de décloisonner et d’optimiser le traitement de l’information. Parmi ces derniers, se distinguent notamment les outils de workflow et de BPM. C’est finalement avec la démocratisation des solutions ERP et BPM que les notions de gestion et de circulation des documents, mais également de traçabilité ont commencé à prendre du sens.

Dans un premier temps, il convient de donner une brève définition du champ d’intervention des approches ERP et BPM. Un ERP ou progiciel de gestion intégré est un logiciel qui permet de gérer l’ensemble des processus opérationnels d’une entreprise, en intégrant l’ensemble des fonctions de cette dernière comme la gestion des ressources humaines, la gestion comptable, financière, mais aussi la vente, la distribution, l’approvisionnement, la production, le commerce électronique.
 
Le BPM (Business Process Management) est une approche consistant à modéliser informatiquement les processus métiers de l’entreprise, aussi bien dans leur aspect applicatif qu’humain. L’objectif de cette démarche est d’aboutir à une meilleure vue de l’ensemble des processus métiers de l’entreprise, de leur avancement et de leurs interactions. Le BPM permet la modélisation et la gestion informatique de l’ensemble des tâches à accomplir et des différents acteurs impliqués dans la réalisation d’un processus métier. Il offre, notamment, la possibilité de décrire le circuit de validation, les tâches à accomplir entre les différents acteurs d’un processus, les délais, les modes de validation et fournit à chacun des acteurs les informations nécessaires pour la réalisation de ses tâches affectées.

Combiner BPM et ERP

En raison des évolutions technologiques et comportementales majoritairement liées à la multiplication des échanges dématérialisés et de l’usage massif des systèmes de gestion, les entreprises cherchent aujourd’hui à s’appuyer sur des infrastructures combinant gestion des processus métier (BPM) et ERP.

Véritable enjeu de productivité pour les entreprises, l’intégration de ces systèmes leur permettra d’optimiser leurs processus de gestion, tout en connaissant le statut d’avancement de ces derniers (en validation, traité…). Les processus de gestion deviennent totalement dynamiques. BPM et ERP sont donc complémentaires dans les faits, mais souvent encore déployés indépendamment. On  constate néanmoins différentes initiatives qui tendent à donner plus de sens à la gestion de document.
 
Cette évolution a également été portée par différents secteurs d’activité, notamment les grands groupes industriels, les directions de production et les directions achats qui, de par la nature de leurs activités et leur organisation, recherchent constamment à améliorer leur processus de travail et à le structurer (gestion des autorisations, circuits d’approbation…).
 
Séduisante , cette unification de l’ERP et du BPM est pour autant un chantier complexe à mettre en œuvre et était historiquement  destinée aux grands comptes. Pour garantir la pertinence d’un déploiement de ce type, il est important de bien préparer en amont son projet et de l’aborder par le prisme fonctionnel et technologique. Véritable révolution sur le marché, l’approche de gestion unifiée, prônée par les DSI, devrait donc rapidement se démocratiser et passer d’un stade de projet à une réalité opérationnelle.
 
Il reste néanmoins à faire évoluer les mentalités, notamment celle des fournisseurs, et associer leur savoir-faire en amont du processus de développement afin de proposer des offres cohérentes et intégrées. Portées par la croissance des demandes émises sur le marché, on constate donc que nombre de plates-formes tendent désormais à réunir l’approche ERP et BPM. A n’en pas douter, cela devrait s’intensifier à court terme et devenir un pré requis dans les demandes des DSI.

Pi

Max Cohen est un jeune mathématicien surdoué qui pense comme Galilée que « la nature est un livre écrit en langage mathématique ». Il cherche partout des séquences prévisibles de chiffres, notamment dans l’analyse des valeurs de la Bourse. Vivant seul dans son appartement, il analyse la suite des décimales du nombre pi. Pour ce faire, il utilise un ordinateur qu’il a lui-même fabriqué et qui occupe la plus grande partie de son appartement.

Plusieurs personnes s’intéressent de près à ses recherches : son ancien directeur de thèse (ayant, lui, abandonné l’idée de trouver une séquence parmi les décimales de pi), une femme de Wall Street ayant accès à un matériel informatique très performant et un groupe de Juifs qui pensent que la Torah, lorsqu’on la représente avec des nombres à la place des lettres, contient le vrai nom de Dieu.

Réalisateur : Darren Aronofsky

Acteur :Sean Gulette

Date de sortie : 1998

 

Auteur : C.C.

Benchmarking : ajouter de l’intelligence à l’intelligence

Le benchmarking est le nouveau mot à la mode. Tout le monde en parle. Tout le monde pense en faire mais sait-on vraiment de quoi on parle ? Le benchmarking est certainement la meilleure démarche qui permette à une organisation d’apprendre de la performance des autres et de la sienne en les comparant tant du point de vue des approches managériales que des résultats. En effet, apprendre de ses réussites et de ses performances, et de celles des autres, est aussi important, sinon plus, que d’apprendre par apprentissage à partir de problèmes et d’échecs.

Réalisée auprès de 1 000 personnes appartenant à 70 pays différents, une étude de Bain & Compagny sur les tendances et les outils de management place le benchmarking devant la planification stratégique. 76% des répondants affirment d’ailleurs l’utiliser. Pourtant, en France, le benchmarking est encore très peu pratiqué. « J’enseigne le benchmarking depuis plusieurs années en troisième année de cycle universitaire. A chaque nouvelle promotion, à l’occasion de laquelle les étudiants passent une partie de leur temps en entreprise, je pose la même question : quelles sont vos entreprises qui font du benchmarking? D’année en année, j’ai les mêmes réponses : une étude comparative par-ci, une visite d’entreprise par-là…

Les vraies démarches projets de benchmarking rencontrées en dix ans de consulting se comptent sur les doigts des deux mains pour une population d’à peu près 1 000 entreprises. Quant à parler d’une démarche continue, implémentée dans un système de management, elle est encore plus rare », écrit Florent A. Meyer, auteur de l’ouvrage Pratiques de benchmarking – Créer collectivement du sens à partir du succès d’autres organisations. Consultant en systèmes de management pour les entreprises et également enseignant en excellence et performance durables, maîtrise des risques et innovation auprès de masters universitaires et d’écoles d’ingénieurs,  il est l’un des rares en France à avoir conduit une entreprise jusqu’au Prix Européen de la Qualité (EFQM), en passant par les certifications ISO 9001, OHSAS 18001, ISO 14001, SA 8000, le Prix Régional de la Qualité et le Prix Français de la Qualité.

Les raisons de cette faible utilisation du benchmarking sont multiples, selon lui : arrogance doublée d’un manque d’ouverture d’esprit de bon nombre de managers français, survalorisation de l’effort individuel durant les études, image négative de l’espionnage qui est associé à l’exercice, moralisme étriqué selon lequel « copier », c’est « voler », etc. Pourtant, « faire du benchmarking, ce n’est pas juste aller voir. Ce n’est pas copier bêtement. Ce n’est pas non plus expliquer doctement ou écouter passivement. Faire du benchmarking, c’est co-construire. Faire du benchmarking, c’est bien ajouter de l’intelligence avec l’intelligence. Existe-t-il une entreprise qui puisse se passer de cela aujourd’hui ? « , écrit Patrick Margaria, chef du projet « Progrès continu » chez EDF, dans la préface de Pratiques de benchmarking. Paradoxalement, écrit Florent A. Meyer, ce sont les meilleures organisations qui nécessiteraient le moins de s’améliorer, qui font le plus de benchmarking, alors que la myriade d’organisations médiocres qui auraient besoin de s’améliorer, en font le moins et même pas du tout. Ce sont à elles, à l’heure des remise en causes profondes des organisations et des stratégies d’entreprises, que l’ouvrage de Florent A.Meyer s’adresse.

 

 

Des films composites conducteurs issus de matériaux ligno-cellulosiques

Le bois dans la composition des matériaux conducteurs d’électricité ? Certains composés cellulosiques peuvent jouer ce rôle. Aujourd’hui à titre expérimental, des dérivés du bois sont utilisés pour réaliser des polymères qui peuvent servir pour élaborer des substrats souples, utilisables dans la fabrication de cellules photovoltaïques, de transistors organiques, d’oLED, d’antennes RFID, d’électrodes pour batteries, mais aussi en tant qu’encres conductrices dans les procédés d’impression flexographie et jet d’encre… Dans ce cadre, le projet Celloled du Centre technique du papier (CTP),  l’objet d’un partenariat avec Grenoble INP-Pagora, centre européen de formation des ingénieurs pour ces filières, appartenant au groupe Grenoble INP, s’intéresse à la valorisation des dérivés du bois avec, en perspective, une ouverture à de nouveaux marchés. Au centre de la recherche, le polypyrrole, reconnu pour ses qualités conductrices, est obtenu par polymérisation chimique du pyrrole. La polymérisation est amorcée par un oxydant, le persulfate d’ammonium. Les propriétés du polypyrrole sont améliorées par un dopant.

« Le greffage de carboxyméthylcellulose, de xylanes (poly¬mères de xyloses), de micro ou nano fibrilles de cellulose, permet d’obtenir un film conducteur qui présente de bonnes performances conductrices » affirmait, il y a quelques mois, Claudia Sasso, doctorante au CTP. Obtenu sous forme de poudres, il peut également servir pour former des films autoportants en mélangeant ces poudres à des micro-fibrilles de cellulose. Rien que des dérivés du bois ! » Aujourd’hui, Claudia Sasso a présenté les résultats de son travail de recherche dans le cadre d’une thèse de doctorat de Grenoble INP, spécialité Matériaux, Mécanique, Génie civil, Électrochimie, à Grenoble INP-Pagora, École internationale du papier, de la communication imprimée et des biomatériaux, intitulée  «Polymérisation du pyrrole avec des dérivés du bois et élaboration de films composites conducteurs issus de matériaux ligno¬-cellulosiques ».

Préparée dans le laboratoire LGP2 sous la direction de Naceur Belgacem, professeur, de Didier Chaussy, professeur, et de Davide Beneventi, chargé de recherche CNRS, de Grenoble INP-Pagora, cette thèse effectuée dans le cadre d’une bourse Cifre avec le Centre Technique du Papier, et supervisée par Elisa Zeno et Michel Petit-Conil, ingénieurs de recherche du CTP, traite de l’élaboration de composés de polypyrrole (PPy) et de dérivés de bois pour des applications dans le domaine de l’électronique organique.

Des dérivés ligno-cellulosiques ont été employés comme additifs dans un système où a eu lieu la polymérisation du pyrrole (Py). Ces agents on été additionnés grâce à leurs propriétés filmogènes pour la production de films autoportant. Ainsi, l’effet de l’ajout de carboxyméthylcellulose (CMC), de xylanes, de nano-fibrilles de cellulose (NFC) et de lignosulfonates sur les propriétés électriques et morphologiques du PPy a été évalué.

La concentration en additifs, la température et le temps de polymérisation sont les principaux paramètres considérés. Il a été montré que le xylane est le plus performant pour augmenter la conductivité de PPy. Ces particules de PPy ont été mélangées en milieu aqueux à différents agents filmogènes (CMC et NFC) afin de produire des films conducteurs autoportant. La contribution de ces liants sur les propriétés électriques, morphologiques et mécaniques des films élaborés a également été étudiée. 

Mean Green, le camion hybride le plus rapide au monde

Camion hybride, le Mean Green  a été fabriqué par une équipe de passionnés de Volvo Trucks  qui espère ainsi battre le record du monde de vitesse du kilomètre départ arrêté (le camion doit parcourir une distance de 1 000 mètres dans un sens, puis dans l’autre, la vitesse moyenne des deux courses étant la performance officielle). Boije Ovebrink, son pilote, champion de course de camions suédois, déclare : « Je pense même pouvoir dire que le Mean Green est le camion hybride le plus rapide au monde. »

Pour comprendre pourquoi Boije Ovebrink affirme sa conviction avec un tel aplomb, il faut remonter à novembre 2007. Le pilote suédois vient alors de battre son propre record du kilomètre départ arrêté établi en 2001 dans la catégorie des camions d’une cylindrée maximum de 16 litres. Il a accompli cette prouesse en atteignant une vitesse moyenne de 158,829 km/h au volant de son Volvo NH16 rouge, également connu sous le nom de « The Wild Viking ». A la suite de cet exploit, Boije Ovebrink rencontre Staffan Jufors, Président et CEO de Volvo Trucks, et lui dit : « Je souhaiterais fabriquer le camion hybride le plus rapide au monde. » Immédiatement, le projet est approuvé et la planification du projet de camion hybride est mise en place. Toutefois, une équipe de course de camions tchèque déclare alors avoir battu le record de Boije Ovebrink. Comme il est hors de question d’en rester là, au printemps suivant, Olof Johansson, ingénieur chez Volvo, se met sérieusement au travail. Il se lance dans la fabrication d’un camion capable de battre le record nouvellement établi et pouvant également recevoir le système hybride de course sur lequel portait initialement le projet. Ce camion est baptisé « Mean Green » toutefois l’équipe décide de ne pas le doter du système hybride aussitôt. « J’ai commencé à fabriquer ce camion à partir de deux demi-châssis destinés à la casse. Quant à la cabine VN américaine, elle provenait d’un véhicule d’essai de chocs mais était parfaitement intacte », explique Olof Johansson.

Une vitesse de pointe de 260 km/h

Pour établir un nouveau record, il est absolument essentiel de réduire le poids du véhicule. A titre d’exemple, l’essieu avant est usiné par des experts de l’usine de moteurs Volvo de Skövde, passant ainsi d’un poids de 100 kg à 57 kg. Les pignons de la première vitesse sont, pour leur part, supprimés de la boîte de vitesses, ce qui permet d’alléger le camion de quelques kilos supplémentaires. « J’ai entaillé les faisceaux électriques et retiré les câbles inutiles. Cela a permis de gagner près de 6 kg », explique Olof Johansson. Quant à Jonas Sandström, designer chez Volvo, il passe de nombreuses heures à travailler sur son programme de CAO afin de mettre au point la forme aérodynamique optimale. « Il est important que le flux d’air soit correctement dévié de la carrosserie. Notre camion est différent d’une Formule 1 dans la mesure où, par exemple, ses propriétés aérodynamiques lui permettent de fendre l’air plutôt que d’être plaqué à la surface de la route », explique-t-il.

A seulement quelques jours de l’épreuve fatidique, l’équipe apprend que la FIA, l’instance internationale régissant l’ensemble du sport automobile, a invalidé le résultat de sa concurrente tchèque. Il n’est pas question pour autant d’annuler la tentative de record programmée. Boije Ovebrink et l’équipe Volvo comptent bien surpasser leur record de 2007. Leur objectif est atteint le 9 juin 2010. Un nouveau record du monde du kilomètre départ arrêté est établi avec une vitesse moyenne aller-retour de 166 km/h et une vitesse de pointe de l’ordre de 260 km/h. Une fois cette prouesse réalisée, l’équipe se concentre à nouveau sur ce qui était l’objectif premier de l’ensemble du projet. « Olof Johansson s’est remis immédiatement au travail. Le jour même où l’équipe a décroché son nouveau record, il a sorti sa boîte à outils et a commencé à modifier le camion pour en faire ce qu’il est aujourd’hui, à savoir un véritable hybride. »

Un groupe propulseur hybride de 2 100 cv

Emprunté à un camion FH, le châssis a été abaissé à 750 mm, alors que sa hauteur minimale habituelle est de 850mm. Il en résulte une garde au sol de 12cm. Quant à l’emplacement des prises d’air, il  est inspiré des Formule 1 alors que les radiateurs sont montés en amont des roues arrière : l’un abaisse la température dans les échangeurs d’air de suralimentation, tandis que l’autre refroidit le moteur. Pour leur part, les pneus taille basse Goodyear qui ont été spécialement développés pour le Mean Green, offrent une adhérence maximum et ont été conçus pour pouvoir rouler à une vitesse maximum de 350 km/h.

Le camion est déjà équipé d’un moteur Volvo 16 litres classique D16G, implanté derrière la cabine pour une répartition optimale du poids du véhicule. D’une puissance initiale de 700 ch, il est associé à divers dispositifs dont un double turbocompresseur Volvo Penta, des injecteurs spéciaux (d’une capacité deux fois supérieure à ceux d’origine) et des pistons spécialement développés pour le Mean Green. Ce groupe propulseur, qui développe au final une puissance de 1900ch a été conservé. En revanche, la transmission automatique Powertronic allégée est remplacée par une version modifiée de la boîte de vitesses automatisée Volvo I-Shift afin que la transmission puisse interagir avec l’organe qui fait du Mean Green un véhicule hybride, à savoir son moteur électrique. « Ce moteur a permis d’accroître la puissance du véhicule de 200 ch et son couple de 1 100 Nm. Il en résulte une accélération extrêmement vive au démarrage et exempte du temps de réponse spécifique aux moteurs diesel. Ce camion est comparable à un bouchon de champagne, sauf au niveau du bruit. Durant les premières secondes, il émet seulement un léger sifflement jusqu’à ce que son moteur diesel, qui fonctionne avec un gazole à base de résine liquide renouvelable, commence à développer sa puissance. A ce stade, le camion a déjà atteint une vitesse de 60 km/h et je peux alors sélectionner le neuvième rapport », explique Boije Ovebrink.

Quand le Mean Green tentera-t-il de battre le record du kilomètre départ arrêté ? Au début du printemps prochain, dès que la neige aura fondu !

Des câbles au lieu de bras pour le robot DeltaBot

La conception du robot DeltaBot, basé sur une structure delta actionnée par câble, faisait, à l´origine, partie intégrante d´un projet de recherche avancé axé sur des robots à haute vitesse, conduit à l´Université de Waterloo (Canada). Une fois le projet terminé, le Dr Khajepour a reçu un nombre important de demandes de la part d’industriels pour son utilisation qui l’ont poussé à fonder la société AEMK Systems.

Les robots DeltaBot d´AEMK font appel à des câbles au lieu de bras de manipulation rigides pour réduire la force d´inertie et les coûts des équipements mécaniques. Grâce à sa conception simple et à ses possibilités d’évolution, le DeltaBot peut facilement s´intégrer dans des environnements d´automatisation existants. Il est capable de plus de 120 cycles « pick-and-place » à la minute. L´une des caractéristiques qui le distingue des autres robots delta, c´est sa grande capacité d´emport : alors que les robots delta se limitent à des charges inférieures à 3kg, le DeltaBot est capable de manipuler jusqu´à 20kg. Sa vitesse élevée, ses coûts de maintenance faibles et sa capacité d´emport importante en font une alternative industrielle très séduisante pour de nombreuses applications d´automatisation.

Des cycles de développements courts

Dès le début de la phase de recherche, le Dr Khajepour avait choisi Maple de Maplesoft comme principal outil du projet de robotique. Depuis, toutes les améliorations et optimisations ultérieures du système DeltaBot furent développées avec Maple et MapleSim. Cette solution de simulation et de modélisation physique qui, basée sur le calcul symbolique avancé, offre un aperçu de la structure du système, procure ainsi aux utilisateurs une grande souplesse pour développer rapidement des idées et en tirer des conclusions sur le comportement de l’équipement.

« La technologie Maplesoft fait désormais partie intégrante du développement continu du robot DeltaBot » confie le Dr Khajepour, Président et Fondateur d’AEMK Systems et professeur d´ingénierie mécanique à l´Université de Waterloo. « Elle nous a permis de réduire très sensiblement le temps de développement initial du robot, et nous continuons de bénéficier de cycles de développement plus courts pour améliorer nos produits ».

AEMK Systems utilise actuellement MapleSim pour la modélisation et la simulation HIL (Hardware-In-the-Loop) temps réel du système DeltaBot, dans le cadre de son programme de recherche et développement en cours. Lors de la conversion des équations du modèle en code source temps réel, les outils de génération de code dans MapleSim appliquent des étapes d´optimisation supplémentaires, ce qui améliore encore la vitesse de simulation et permet utiliser les résultats dans les systèmes temps réel. « Nous sommes en mesure de concevoir et tester les améliorations à apporter au DeltaBot. Nous pouvons être extrêmement réactifs face aux besoins  de nos clients et aux exigences de l´industrie en perpétuelle mutation ».

C’est quoi un ingénieur ?

Ingénieur… Un métier qui faisait rêver il y a quelques années encore, au même titre que médecin, pilote de ligne ou architecte. L’abondance d’information, pour ne pas dire de clichés, dont nous sommes inondés, et l’accélération du zapping d’un centre d’intérêt à l’autre, ont rendu assez floue la perception qu’a le grand public d’une profession dont les membres s’expriment très peu, trop peu, en particulier sur des sujets où ils auraient pourtant vocation à faire connaître leur vision des choses.

Alors « c’est quoi un ingénieur ? » Si on pose cette question à l’homme de la rue, il évoquera probablement un « spécialiste » ayant fait des études techniques plus poussées que la moyenne. D’autres risquent de se référer à une « caste de diplômés grande école », en mettant sans nuance dans le même sac les anciens élèves des écoles d’ingénieurs, de management ou d’administration.

La réalité est bien différente, et autrement diverse : « l’ingénieur, c’est celui qui fait que ça marche ».  De prépa en campus, il a fait l’apprentissage de l’effort, de la rigueur, de la synthèse et de la recherche de solution. Les ingénieurs constituent la colonne vertébrale de l’industrie et des services, publics ou privés, et leur contribution aux entreprises se manifeste jour après jour dans leur capacité à réfléchir, à utiliser leur bagage de connaissances pour innover et inventer, à oser entreprendre sur des sentiers encore peu fréquentés.

En fait, peu de métiers réunissent autant que celui d’ingénieur une richesse et une diversité  de facettes aussi complémentaires : maîtrise d’une compétence scientifique ou technologique, confrontation sur le terrain avec des problèmes concrets ou théoriques à résoudre en tenant compte de leurs incidences économiques et sociales, leadership des hommes et conduite des projets.

Dans ce domaine comme dans bien d’autres la France se distingue par « l’exception culturelle », avec son modèle unique de formation grande école d’ingénieurs, reconnu comme exceptionnel dans tous les sens du terme, mais sans équivalent dans le monde. Il en résulte une ambiguïté entre les diplômés pouvant prétendre légitimement au titre d’ingénieur mais se livrant à des activités complètement différentes, et ceux qui exercent professionnellement le métier d’ingénieur, qu’ils soient issus d’une grande école, de l’université ou formés sur le terrain.

Ces subtilités ne sont plus guère de mise dans la période de crise actuelle, où comme chaque pays la France est confrontée à des défis sans précédent dont l’enjeu est notre avenir politique, économique et social, et a besoin de tous ses talents. Or qu’on parle d’informatique, de télécom, d’alimentation, d’énergie, de transport, de climat ou de gestion des ressources naturelles, ces domaines ont tous en commun une dimension scientifique et technologique. Et là, les ingénieurs ont la compétence et le savoir-faire qui leur donne vocation à s’exprimer et à intervenir.

Il est grand temps pour les ingénieurs de faire savoir ce qu’ils savent faire.

Julien Roitman

Gaz de schiste : un moratoire, et après ?

En Ardèche, le potentiel d’exploitation de gaz de Schiste semble important. Mais l’exploitation de ce gaz n’a rien d’anodin. Selon le Député de l’Ardèche Pascal Terrasse, « l’objectif est d’exploiter un gaz non conventionnel dit « gaz de schiste » à partir d’une technique alliant un forage vertical puis horizontal et une fracturation de la roche. Cette dernière est réalisée grâce à l’injection de milliers de m3 d’eau à très haute pression, associés à un mélange de sables et d’additifs chimiques »
Autant dire tout de suite que l’Ardèche et ses kilomètres carrés de roches calcaires sont une bénédiction pour les pétroliers américains qui sont spécialisés sur le sujet et leurs collègues français.

Quels sont les inconvénients connus à ce jour ?

  • Un besoin en eau pour exploiter énorme : chaque puits peut être fracturé entre 15 et 20 fois, chaque fracturation consommant entre 7 et 28 millions de litres d’eau ;
  • Où sera pompée cette eau ? Le dispositif Grenelle 1et 2 ne devait-il pas préserver les ressources en eau ?
  • 600 produits dont la composition de certains est tenue secrète sont envoyés jusqu’à – 3000 m d’où pollution et danger pour l’écosystème ;
  • Un grand nombre de camions sur les routes (200 par jour) ;
  • Une pollution visuelle avec les installations au sol.

Les Etats-Unis se sont lancés dans cette extraction de gaz il y a une vingtaine d’année et elles représentant maintenant 20% de la production de gaz de ce pays. Mais les techniques utilisées le sont sans contrôle sur l’environnement, sur la santé, et sans réglementation car il faut savoir que c’est Georges Bush qui a autorisé la technique de la fracture hydraulique en l’exonérant de la loi sur la sécurité de l’eau potable…

La responsabilité du gouvernement

En France, trois permis exclusifs de recherche de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux ont été accordés le 1er mars 2010 par Jean-Louis Borloo ministre de l’écologie et du développement durable à la société américaine Schuepbach Energy LLC associée à Total et GDF-Suez :

Pour le Sud-Est, il s’agit des permis de :

  • Villeneuve de Berg pour des forages dans l’Ardèche ;
  • Montélimar pour des forages dans l’Ardèche, Drôme et le Gard ;
  • Nant  pour des forages en Lozère, Aveyron et Hérault.

Et plus particulièrement en Ardèche, ils concernent les cantons de Joyeuse, Les Vans, Largentière, Vallon Pont d’Arc, Villeneuve de Berg, Viviers, Bourg Saint Andéol, Rochemaure, Privas, Aubenas, Thueyts, Vals les Bains, Antraigues, Valgorge.

La mobilisation générale est alors décrétée contre ces projets, mais le gouvernement fait la sourde oreille. Il y a encore quelques jours, Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre en charge de ce dossier a répondu à une question au gouvernement du Député de l’Ardèche Pascal Terrasse en tentant de rassurer tout le monde  « Un moratoire n’est pas possible, le code minier ne le permet pas, mais vous pouvez compter sur ma vigilance pour que nous ne voyions pas en France le type de paysage désolé auquel une exploitation sans retenue et sans contrainte environnementale a conduit les Etats-Unis »

On sait que depuis, les choses ont évolué, puisque Nathalie Kosciusko-Morizet a décidé d’un moratoire de 6 mois sur l’exploitation et les recherches du gaz de schiste partout en France, indiquant que cette période sera mise à profit par une commission composée du conseil général de l’environnement et du développement durable pour établir un rapport et des conclusions qui permettront à NKM de prendre de nouvelles dispositions.

L’argumentaire de la Ministre sur le code minier est discutable : en effet, le Conseil des ministres du 19 janvier a décidé la présentation d’une ordonnance portant codification de la partie législative du code minier (ordonnance n°2011-91 du 20 janvier 2011).

En effet, la loi du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d’allègement des procédures, a autorisé le Gouvernement à prendre une ordonnance afin de « moderniser et de simplifier les dispositions applicables aux exploitations minières en veillant à leur intégration dans l’environnement et à l’association des parties prenantes dans l’attribution des titres miniers ».

Reste aujourd’hui à vérifier que les bonnes intentions de Nathalie Kosciusko-Morizet soient vérifiées dans les faits, et on peut affirmer que seul un moratoire permettra de stopper ce qui a été lancé. S’il faut modifier le code minier (ce dont doutent beaucoup de spécialistes) que la Ministre engage les procédures pour le faire.
Mais les faits sont têtus et aujourd’hui, personne n’est rassuré du tout. Surtout, on ne voit pas bien comment Nathalie Kosciusko-Morizet va résister à des multinationales comme Total  alors même que Jean-Louis Borloo, son prédécesseur, à fait ce qu’il fallait pour autoriser ses extractions. Affaire à suivre donc.

M.X.

Virtualisation et plan de continuité d’activité pour la Fondation de France

Créée il y a plus de 40 ans, la Fondation de France a entrepris il y a 5 ans, une démarche de modernisation et d’audit de ses processus, avec une approche pragmatique : des process vers le SI, l’informatique aujourd’hui doit être au service des besoins métiers et des projets, en toute transparence pour les utilisateurs. Cette étude a abouti à 2 grands chantiers :

  • applicatif, correspondant à la refonte de l’ensemble des processus et procédures, en passant par la reconstruction de son système d’information, avec l’informatisation de certains domaines métiers et une augmentation de 40 à 120 applications et services applicatifs par exemple ;
  • technique avec la mise en cohérence et l’adaptation aux nouvelles technologies afin que l’infrastructure réponde aux nouveaux enjeux du système d’information.

L’audit de la situation et l’urbanisation du SI ont permis de réaliser une vue urbanisée et de l’architecture cible ainsi que la redéfinition du schéma de l’infrastructure, d’où sont ressortis plusieurs besoins fondamentaux : la gestion du risque et la dématérialisation, la virtualisation, … entrainant la nécessité d’une solution de stockage robuste et performante.

 D’importants besoins de stockage et de sécurité 

De par son activité de gestion d’argent des donateurs, la Fondation de France se doit de conserver tous les documents propres à ses activités de façon sécurisée, accessibles à la demande et en toute circonstance. Jusqu’à présent, les données étaient stockées sur les serveurs, avec le manque d’adaptabilité ainsi que la perte de place et de performances propres à ce type de stockage. En réduisant le nombre de machines physiques de 40 à 10, l’évolution vers la virtualisation augmentait le nombre de machines virtuelles de 50 à 150 et nécessitait une solution dont les performances et la capacité permettaient d’intégrer les nouvelles applications, les bases de données et les documents électroniques. 

Par ailleurs, la sensibilité des comptes et des projets gérés par la Fondation n’autorisent pas la prise de risque; les missions doivent continuer quelles que soient les circonstances, d’où la mise en place d’un plan de continuité/reprise d’activité s’appuyant sur une solution de stockage pour une redondance en toute sécurité.
 
Enfin, concernant les archives, il était indispensable de mettre en place une solution de dématérialisation afin de libérer des surfaces de stockage et de réduire les coûts de gestion (manipulation, transports, recherches). Le principe étant que les documents sont maintenant dématérialisés au fur et à mesure, que certains services comme les RH ou les libéralités ont entrepris des actions intensives de numérisation et que les cartons rapatriés des archives pour recherche sont systématiquement dématérialisés avant archivage définitif.

Des besoins dignes d’une grande entreprise

Forte de ces constats, la Fondation a lancé un appel d’offre afin de trouver le fournisseur pouvant répondre à ces différentes contraintes de volumétrie et de complexité, dignes d’une grande entreprise, avec une solution évolutive et adaptable à l’accroissement des besoins. En effet, si la Fondation de France est une structure de 140 personnes, c’est surtout une entreprise qui gère 1,6 milliard d’euros d’actifs financiers, d’actif immobilier, les comptes de 674 fondations et les dons de 521000 donateurs, une entreprise dont il ne fallait pas sous estimer les besoins. 
Dans cette optique, il s’agissait pour les candidats de présenter des références clients sur des projets similaires. « Des références clients que Pillar Data Systems nous a fourni volontiers, des clients prestigieux que nous avons rencontrés et qui nous ont fait part de leur satisfaction » précise Florence Delacour-LePetit, Directrice du Système d’Information. De la même façon, et parce que la Fondation est un organisme contrôlé entre autres par la cour des comptes, il lui est indispensable de justifier de ses choix fournisseurs, de leur pérennité et de leur déontologie. « Une « inquiétude » que Pillar a bien compris et sur laquelle le CEO de la société Mike Workman lui-même nous a rassuré » évoque Madame Delacour-LePetit.
 
Autant de critères relationnels, témoignant de la réactivité et même de la démarche offensive  de Pillar et de son partenaire RISE, intégrateur spécialiste du stockage, qui ont influencé le choix de la Fondation de France, en complément des critères techniques définis dans le cahier des charges.

Des critères techniques et économiques

Tout d’abord, la solution Pillar répondait aux différents critères définis par la Fondation, en terme de volumétrie et d’évolutivité, de simplicité de mise en œuvre et d’administration, ainsi que d’économie d’énergie, avec une diminution notable des besoins en climatisation, des critères importants du cahier des charges qui accompagnent une démarche générale de développement durable. Le besoin de stockage ayant été fait de façon prévisionnelle, de nouveaux besoins apparaissant, comme le stockage de la vidéo, par exemple, il s’agissait d’acquérir une solution pouvant s’adapter à l’augmentation des besoins par de simple ajout de volume de stockage. Ce qui est un des principes de base des solutions de Pillar, avec l’avantage de s’effectuer sans interruption de services et sans perte de performance.
 
Avec actuellement 1 baie de 11To, la Fondation a prévu une solution pouvant s’adapter à l’évolution des besoins. « Il s’agit d’un investissement lourd qui doit nous accompagner dans la continuité de notre projet informatique et renforcer la maturité de notre SI » précise Florence Delacour-LePetit « Nous ne devons pas ponctuellement faire tourner des applications mais répondre à de véritables problématiques métiers qui se construisent dans la durée ».
 
Une évolution transparente pour les utilisateurs qui apprécient la disponibilité des données et la facilité d’accès aux applications. Dans un projet de refonte complète, les collaborateurs doivent pouvoir s’appuyer sur des performances leur permettant d’appréhender les nouveaux outils et les nouvelles méthodes en toute sérénité.

La prochaine étape est l’acquisition d’une deuxième baie afin de mettre en place un véritable plan de continuité/reprise d’activités puis de faire face à l’augmentation des besoins de stockage et de virtualisation.

Les secrets d’une maintenance efficace

Rédigé simplement, « Le guide du parfait responsable maintenance » a pour objectif de donner aux responsables de maintenance les informations nécessaires à la mise en place d’une « gouvernance » de la fonction maintenance efficace. Mais, pour assurer une gouvernance efficace, rentable et de qualité, il faut, selon l’auteur – Jean-Paul Souris – savoir élaborer une politique de maintenance avant de la mettre en œuvre dans une stratégie opérationnelle  car la maintenance ne se réalisera d’autant plus que correctement que si elle a été bien conçue.

Un plan de maintenance qui est à la base d’une politique de maintenance, doit être en grande partie (mais pas en totalité), conçu autour d’actions préventives, voire proactives, et formalisé par des gammes de maintenance. Une base de données du type gestion de la maintenance  assistée part ordinateur (GMAO) est également indispensable pour enregistrer ces gammes, les planifier avec leurs ressources, mais également enregistrer les événements pour tout ce qui n’a pas été prévu (les pannes). La méthode AMDEC (Analyse des modes de défaillance,  de leurs effets et de leur criticité) est le principal outil pour concevoir un plan de maintenance  prévisionnel car il permet d’identifier les causes de défaillance potentielles en plus de celles qui ont été identifiées dans l’historique.  Le plan de maintenance qui est toujours prévisionnel, doit être mis en œuvre dans une organisation structurée au sein de l’entreprise et dont les scénarios sont très divers. La stratégie de déploiement peut être interne ou externalisée, ce qui nécessite une connaissance des conditions d’élaboration des cahiers des charges de consultation, l’élaboration des contrats et la mise en place d’une gouvernance efficace tournée vers la mesure des indicateurs d’activités ou des résultats définis dans le cadre du contrat.

Mais la seule manière de comprendre efficacement le fonctionnement de la maintenance est, affirme Jean-Paul Souris, de la présenter par des processus, d’où la méthodologie de développement présentée dans cet ouvrage. Cette description par les processus est indispensable pour l’établissement d’indicateurs. Par ailleurs, on constate fréquemment que des indicateurs sont mis en place alors qu’ils ne servent à rien car ils ne sont rattachés à aucun des processus cartographiés précisément…

Le métier de responsable de maintenance n’est pas un long fleuve tranquille : chaque jour, chaque mois, chaque année, surgissent des événements imprévus, des difficultés, des crises majeures. Chaque responsable maintenance est-il capable d’y faire face ? L’expérience montre que non, car le métier exige des connaissances, des compétences, des qualités humaines, ainsi qu’une expérience et une réelle volonté d’évolution d’apprentissage. Et Jean-Paul Souris sait de quoi il parle. Après avoir conduit une carrière de responsable qualité et maintenance dans de grands groupes en France et à l’étranger (Renault, Polymont, AlliedSignal…), il est, depuis 1997, consultant en organisation de la maintenance et Six Sigma pour de nombreuses entreprises (Air Liquide, EADS, PSA, Total, Gaz de France, Coca-Cola, Groupe Mars, Le Louvre, Bibliothèque nationale de France, Rhodia, Aéroport de Paris, Sanofi, BMS…).

Une chemise d’eau résistante à la corrosion marine grâce à un composite

Jusqu’à présent, la norme de l’industrie était d’utiliser des chemises d’eau en fonte, en alternance avec des plaques d’usure en cuivre, pour dissiper la chaleur intense générée dans les applications de tensionnement à fortes sollicitations. Cependant, en milieu marin, la corrosion par le sel engendrait des problèmes de maintenance et entrainait leur réparation ou des remplacements trop fréquents.

La nouvelle conception en composite permet aux embrayages et freins AquaMaKKs de Wichita Clutch  d’être refroidis soit avec de l’eau de mer, soit avec de l’eau à niveaux élevés de pH acide. Le matériau composite utilisé dans les nouvelles chemises d’eau a été développé par les ingénieurs Wichita en collaboration avec une entreprise partenaire. Plusieurs combinaisons de polymères ont été testées avant de sélectionner le mélange capable de satisfaire une exigence essentielle : obtenir un matériau aussi résistant que  la fonte d’origine en termes de contraintes. Il s’est trouvé que les essais de structure n’ont pas réussi à causer de défaillance dans des chemises d’eau composites de 36” de diamètre, même lorsque les pièces ont été soumises à une contrainte supérieure de plus de quatre fois sa charge maximale.

Afin de déterminer la longévité des chemises d’eau composites, des tests supplémentaires sont menés depuis deux ans par le laboratoire d’essais d’ingénierie de Wichita. Ils ont démontré que les chemises d’eau composites durent au moins aussi longtemps que celles en fonte, tout en offrant une résistance supérieure à la corrosion dans les applications en mer.

Des filetages métalliques moulés dans le matériau composite

En plus de la sélection du matériau, le défi technique le plus difficile à relever a été l’aménagement des orifices d’entrée et de sortie de la chemise d’eau composite. Au départ, comme les matériaux composites peuvent être moulés en forme de filetage, on pensait que les orifices d’eau pourraient être intégrés dans le matériau de base. Cependant cette configuration n’arrivait pas à assurer la robustesse requise. Finalement, les ingénieurs de Wichita Clutch  ont crée des filetages métalliques (mâles et femelles) moulés dans le matériau composite.

Tandis que des brevets sont en attente pour l’utilisation des matériaux composites, d’autres brevets ont déjà été publiés pour la configuration de la circulation de l’eau qui constitue le cœur de la chemise d’eau de Wichita Clutch. « La conception de circulation brevetée de la chemise d’eau assure un débit d’eau équilibré dans la chemise d’eau pour éliminer de manière efficace la chaleur générée par les matériaux de friction en contact avec l’alliage de cuivre » explique Mark Stuebe, Vice-président et Directeur général des marques dédiées aux embrayages et freins lourds (HDCB) du groupe Altra. « Le débit équilibré est calculé pour correspondre à la chaleur générée sur une surface de passage dans un multidisque. Pour un utilisateur, cela signifie qu’une unité Wichita refroidie par eau peut absorber plus de chaleur qu’une unité concurrente comparable lorsqu’elle reçoit une alimentation en eau de refroidissement suffisante ».

Des réductions de poids supérieures à 50%

De plus, étant donné que le matériau composite est un isolateur thermique, l’eau de refroidissement circulant à travers la chemise d’eau composite récupère une plus grande quantité de la chaleur de friction par rapport à une chemise d’eau en fonte. Par conséquent, les parties environnantes de l’unité restent à une température plus basse, aidant à prolonger la durée de vie en service.

En plus de leurs qualités anticorrosives, les chemises d’eau composites offrent l’avantage supplémentaire d’être plus légères, avec dans certains cas une réduction de poids d’au moins 50 % comparé aux modèles en fonte. Par exemple, la chemise d’eau en fonte AquaMaKKs de 36” pèse 170 kg, tandis que la chemise d’eau composite équivalente ne pèse que 43 kg.

À ce jour, les AquaMaKKs dotés des nouvelles chemises d’eau composites ont été fournis à Oil States Industries (Skagit-Smatco) et à la Division AmClyde de National Oilwell Varco, pour des applications d’amarrage et de positionnement en mer. Ils ont également été installés dans des applications de treuils de forage de pétrole et gaz.