Une messagerie électronique hybride en mode Cloud pour la FFGYM

D’un point de vue historique, la Fédération Française de Gymnastique est la doyenne des fédérations sportives. Elle mène des actions de développement de sports olympiques, de disciplines de haut niveau et de diverses autres activités. Pour les 2 000 structures de la FFGym, réparties sur tout le territoire français, la messagerie est un outil de travail absolument essentiel.
 
Bénéficiant auparavant d’une solution Exchange, la FFGym souhaitait homogénéiser son infrastructure de messagerie et bénéficier d’un haut niveau de support tout en optimisant le budget alloué. Concrètement, il était nécessaire de remédier à la disparité des adresses e-mail de l’ensemble des acteurs régionaux de la fédération. Seules quelques zones disposaient d’adresses électroniques rattachées au nom « FFGym ». Les autres possédaient pour nom de domaine celui de leur fournisseur d’accès à Internet. 
 
Or, il n’était pas envisageable d’attribuer à chaque utilisateur un compte de messagerie Exchange pour les raisons suivantes :

  • l’ensemble des fonctionnalités présentes dans l’offre Exchange ne correspondait pas à l’usage réel majoritairement constaté ;
  • le coût lié au nombre important de comptes utilisateurs aurait engendré un dépassement du budget dédié à ce poste.

Etant donné la diversité des accès aux comptes en termes de terminaux et de zones géographiques, la DSI devait disposer d’outils avancés, fiables et sûrs, sans avoir à se préoccuper ni de leur installation ni de leur maintenance. Il fallait conserver les messageries existantes Exchange, dotées de services collaboratifs, et proposer des comptes supplémentaires aux fonctionnalités plus basiques.
 
La messagerie hybride proposée par Alinto, éditeur de solutions de messagerie électronique de dernière génération, s’est présentée comme la solution la plus adéquate pour la FFGym. Associant sur une même plate-forme des comptes Exchange et Alinto Pro, cette messagerie permet la création de comptes POP/IMAP et de comptes Microsoft Exchange sur le même nom de domaine. Par ailleurs, cette solution répond parfaitement aux besoins exprimés : optimiser les coûts de revient, uniformiser les adresses e-mail des collaborateurs, s’adapter à un parc informatique hétérogène.
 
Grâce au déploiement de la messagerie hybride, la FFGym dispose dorénavant d’une messagerie hébergée en mode cloud. Sa souplesse autorise une gestion facile en matière de création et de modification des comptes. Chaque club affilié possède désormais une adresse email homogène, renforçant ainsi l’image professionnelle de la fédération. Les comptes sont sécurisés par un anti-virus et un anti-spam performants et reconnus. Ils bénéficient également d’une surveillance système 24/7/365 et d’un chiffrage SSL pour garantir la fiabilité et la disponibilité des services. La compatibilité avec de multiples accès autorise une connexion aux messages, agendas et contacts depuis un client de messagerie ou depuis le web-mail, lequel est entièrement personnalisé aux couleurs et logo de la FFGym.

Record mondial de rapidité pour une emballeuse sous film rétractable

Un des leaders européens des machines d’emballage sous film rétractable, LinkX Systems, a été contacté par une très grande multinationale spécialiste des surgelés pour concevoir et fabriquer une solution d’emballage sous film rétractable offrant la souplesse dont elle avait besoin pour ses lignes de production. Rockwell Automation a travaillé aux côtés des ingénieurs de LinkX pour mettre au point cette nouvelle machine. Le record à battre ? Une cadence minimum de 180 cartons par minute.

La machine fournie par LinkX est une assembleuse-emballeuse sous film rétractable à alimentation latérale de type Matrix. Avec un automate programmable ControlLogix d’Allen-Bradley au cœur de son installation d’automatisation à architecture intégrée, elle utilise un système de servocommande de précision à 10 axes reposant sur un servo-variateur Kinetix 6000 pour assurer un mouvement précis et reproductible, même lorsque la machine fonctionne à plein régime.

Pour cette machine installée sur le site de cette grande multinationale, la cadence maximale atteint désormais 300 cartons par minute, soit 60% de plus qu’avec les machines existantes. Cette solution qui utilise l’interface opérateur Allen-Bradley PanelView Plus 1000 d’Allen-Bradley,  intègre également d’autres équipements Rockwell Automation, tels que des variateurs de vitesse PowerFlex 40 et PowerFlex 4M et divers systèmes de commande basse tension.

« Dans cette machine, la solution de mouvement à servocommande fonctionne comme une came électronique. Elle crée un profil de mouvement qui réduit autant que possible les contraintes exercées sur les cartons emballés », explique David Hayward, directeur technique chez LinkX Systems. « C’est très important, car un carton ne peut subir qu’une certaine pression externe. Nous avons également doté la machine de fonctions d’ajustement juste à temps pour permettre à notre client de modifier rapidement et facilement le profil d’emballage. Il est ainsi possible de moduler le profil en fonction du produit, du lot et du volume. Le changement de taille qui doit être reproductible, peut être activé d’une simple pression sur un bouton. » « Cette augmentation de 60 % de la cadence est vraiment un plus pour nous, et la solution à servocommande Allen-Bradley joue un rôle crucial dans ces performances. La machine est en service sur le site du client qui parle déjà de s’agrandir », poursuit David Hayward.

E-payment : la France riposte avec Buyster

Une fois validé par la Banque de France, ce nouveau service d’e-payment devrait être disponible dans l’hexagone avant l’été 2011. Il sera proposé aux clients des trois opérateurs téléphoniques, soit un panel de plus de 50 millions de consommateurs. Eric Gontier, directeur général de Buyster, ne cache pas son ambition : « Nous voulons devenir le leader du paiement à distance via le mobile, et le numéro deux dans l’Internet fixe, en France », confie-t-il aux Echos. « Grâce à cette alliance, nous nous fixons l’ambition de devenir un acteur du paiement incontournable du e-commerce et le leader du m-commerce (m pour mobile) en France, marché à fort potentiel. D’ici à 5 ans, nous tablons en effet sur une part du m-commerce représentant 10 % du chiffre d’affaires du e-commerce pour un montant estimé à un peu plus de 6 milliards d’euros », ajoute-t-il. En 2010, en France, l’e-commerce pesait 31 milliards d’euros, soit une croissance de 24 %. D’ici 5 ans, il devrait dépasser les 60 milliards d’euros.
 
Buyster vs. Paypal 

Contrairement à PayPal, uniquement disponible à partir d’un ordinateur, Buyster est accessible à partir de n’importe quel terminal connecté : mobile, smartphone, tablette tactile, ou encore télévision. À condition toutefois d’avoir son téléphone mobile à proximité. De même, plus besoin de donner son numéro de carte bancaire. Seul son téléphone mobile et son code confidentiel Buyster suffisent. La démarche est simple, rapide et sécurisée selon les promoteurs : l’usager, quel que soit son opérateur, s’identifie en donnant son numéro de téléphone et un mot de passe, et reçoit par SMS un code à usage unique pour procéder au paiement.
Bien que PayPal possède une longueur d’avance sur ses concurrents,  Buyster part lui avec quelques atouts non négligeables. Aquarelle, Darty, Brandalley et RueDuCommerce sont parmi les commerçants en ligne lui faisant déjà confiance. Dès son lancement officiel, Buyster se verra proposé à leurs clients, aux côtés de Visa et MasterCard. Il en sera aussi de même pour les quelques 30 000 clients ayant choisi les plateformes de paiement Merc@net de BNP Paribaset Sips d’Atos Worldline.
En pleine croissance, le marché de l’e-payment ne devrait pas tarder à voir débarquer en France de nouveaux « Paypal-like ». Développé par Google, CheckOut, seulement disponible pour les acheteurs, devrait bientôt être accessible pour les vendeurs. Par ailleurs, l’arrivée d’Apple, via ITunes Store, sur le marché de l’e-payment est annoncée. Une rumeur qui reste à confirmer.
 

Déployer des applications d’entreprise sur les smartphones

Clients, consommateurs, partenaires et collaborateurs sont plus mobiles que jamais ; ils souhaitent désormais accéder instantanément à des applications Web, partout et tout le temps. La multiplication du type de mobiles disponibles sur le marché peut très vite se transformer en un véritable casse-tête pour les équipes informatiques qui doivent concevoir autant d’interfaces qu’il existe d’appareils différents. Tablettes, ordinateurs portables, mini PC et autres téléphones mobiles continuent à se développer et imposent toujours plus de contraintes au système d’information en termes de déploiement. Parmi les mobiles qui ne cessent de voir le jour, les smartphones sont rapidement devenus le standard et connaissent depuis 2008 un formidable développement. Ils méritent d’être qualifiés de « smart » (intelligent), car, outre leurs fonctions purement téléphoniques, ils disposent d’un système d’exploitation permettant d’exécuter un navigateur Web évolué, ainsi que d’applications installées en local. Comment l’entreprise peut-elle garder le rythme dans cette course technologique ? Avec l’essor des smartphones, il est possible de développer ses avantages concurrentiels en mettant à disposition des clients et employés une nouvelle génération d’applications d’entreprise mobiles.
 
Le monde de l’entreprise repose sur d’applications très globales ou au contraire hyper spécialisées, qui sont au cœur de l’activité et du fonctionnement des métiers. Souvent résultats de centaines d’années de travail, elles représentent désormais un véritable actif qu’il est crucial de valoriser et d’optimiser. Longtemps réduit à un très petit nombre d’applications au bénéfice d’un petit nombre d’utilisateurs, le mobile est aujourd’hui un moyen parfait pour étendre l’utilisation des applications existantes. 

Les applications Web ne sont pas conçues pour communiquer avec des smartphones

Le monde du mobile n’est pas celui du Web. Le Web s’est construit comme un canal très intégré présentant peu de passerelles avec d’autres canaux. L’utilisateur communique, effectue ses recherches, génère des contenus ou effectue des achats sans jamais quitter son navigateur. Le mobile est tout autre : c’est un canal de push/pull en quasi temps-réel. Un utilisateur peut, par exemple, recevoir une demande d’achat par SMS, se rendre sur une application permettant de vérifier les stocks, confirmer la commande par un email et recevoir enfin une confirmation par un message vocal. Ces capacités d’interactions et de rapidité vont de pair avec le caractère très personnel et intrinsèquement nomade du mobile. Le mobile répond parfaitement au besoin d’urgence, d’impulsivité, quand aucun accès rapide à un PC muni d’Internet n’est possible, quand l’action se fait pressante ou quand aucun support physique ou humain n’est disponible.
 
Le Web s’est construit sur des standards, aussi bien pour les terminaux eux-mêmes que pour les navigateurs (W3C, SOAP, etc.) qui permettent de bénéficier d’une puissante facilité de déploiement. Le mobile est tout autre : c’est un support particulièrement hétérogène, aux caractéristiques très disparates, mais qui permet de bénéficier de nombreuses avancées technologique telles que le GPS ou la photographie numérique. Se déployer sur le mobile est donc un savant compromis entre contournement des contraintes (usages, techniques…) et maximisation des opportunités. Cela passe principalement par :

  • offrir des services pouvant se déployer sur le plus grand nombre de smartphones ;
  • concevoir des interfaces et une ergonomie spécifiques ;
  • exploiter les fonctions avancées des smartphones.

Dans 90 % des cas, les applications Web n’ont pas été conçues dans le but de communiquer avec d’autres applications et encore moins d’être exploitées par d’autres interfaces utilisateurs, tel un smartphone. Il est fort probable que l’interface des applications professionnelles soit figée dans le code d’un langage de programmation spécifique. En COBOL par exemple, s’il s’agit d’une application patrimoniale, ou en J2EE, .NET, CGI, PHP ou toute autre technologie reposant sur un environnement HTML / Ajax, s’il s’agit d’une application Web. Dans tous les cas, un smartphone ne peut pas utiliser ce code en l’état. Cette limitation est principalement due à la taille de l’écran et à la façon dont l’utilisateur interagit avec l’application, que ce soit à l’aide des touches ou de l’écran tactile de l’appareil. Les images, champs, boutons, tableaux, zones de liste déroulante et menus doivent être soit complètement repensés, soit adaptés selon les objectifs. Les informations devront être réorganisées afin de garantir à l’utilisateur de smartphone une navigation de qualité. Les principaux sites Web et applications professionnelles sont le plus souvent étroitement liés à leur interface utilisateur. Par conséquent, la programmation d’une nouvelle interface sous-entend un lourd et coûteux effort de redéveloppement des processus et de la logique métier.

Convertir un site Web en application smartphone

Les mashups d’entreprise offrent une solution efficace à ce challenge. Grâce au découpage de parties de sites Web (« Web clipping »), une fonction particulièrement pratique des mashups d’entreprise, il est possible de capturer simplement différents éléments d’une application Web. Il est ensuite possible de les modifier, redimensionner ou réorganiser afin de les adapter à l’interface utilisateur d’un smartphone. Cette fonction permet donc de récupérer directement un site Web et de le convertir immédiatement en application smartphone. Cette technologie capture, en une seule opération, les principaux processus, la logique métier et l’interface utilisateur de l’application avec ses éléments graphiques. Cette solution évite donc un redéveloppement complet en privilégiant une adaptation simple de sites Web existants vers de nouvelles applications mobiles.
 
Grâce à son fonctionnement non intrusif, permettant de se connecter à la quasi-totalité des applications Internet, extranet, intranet ou patrimoniales, ainsi qu’à toute architecture orientée services (SOA), le serveur de mashups fournit des services et des API aux applications qui n’en disposaient pas, sans effort de développement.
 
Une fois les nouveaux services déployés, ils peuvent être consommés par des applications Web, des applications mobiles, des applications SOA (BPM ou workflow par exemple), ou toute autre application capable d’appeler des services Web. Le serveur de mashups capture les processus et la logique métier des applications existantes, puis les expose soit sous forme de widgets visuels ou sous forme de services Web. Cela permet de réduire de manière drastique les temps de développement habituels par l’intégration directe des actifs informatique jusque là isolés.

Avec les mashups d’entreprise, les développeurs peuvent choisir leur style d’application

Lors de la transformation d’une application existante dans un environnement smartphone, la cible peut être soit une application Web, soit une application native. Les deux solutions présentent des avantages et des inconvénients. Une application Web présente l’avantage d’être portable et donc utilisable dans un grand nombre de smartphones. Elle peut même, si besoin est, être accessible depuis un ordinateur classique. Elle est aussi facile à développer car elle s’appuie sur des environnements et des standards maîtrisés par les informaticiens. D’un autre côté, les applications natives sont parfaitement intégrées au système du smartphone et sont rapides (car les éléments visuels sont téléchargés à l’avance depuis un « AppStore »). Ce type d’application, certes performant, dépend du système d’exploitation et requiert un développement différent pour chaque plateforme.
 
Grâce aux mashups d’entreprise, les développeurs peuvent choisir leur style d’application. Ils peuvent décider s’ils vont redévelopper une interface native ou simplement redimensionner et réorganiser l’interface utilisateur Web existante. Grâce aux services Web fournis par le serveur de mashup (exécutés sur un serveur privé ou dans le Cloud), toutes les applications mobiles (natives et Web) seront directement connectées au système d’information. Le serveur de mashups peut, de même, alimenter d’autres applications d’entreprise et s’intègre facilement au réseau fédérateur d’une architecture orientée service (SOA). Le serveur de mashups génère dynamiquement plusieurs formats de sortie de façon à prendre en charge tous les types de d’applications consommatrices simultanément.
 
Proposer les applications d’entreprise sur tous les smartphones est donc désormais à la portée de toutes les entreprises. Une fois encore, les mashups montrent leur capacité à répondre à des enjeux stratégiques et contribuent à accroitre la productivité des collaborateurs. A ne pas en douter, nous devrions voir à court terme les applications d’entreprise mobiles envahir tous nos smartphones et faire de la mobilité une réalité opérationnelle dans un contexte professionnel.
 
 

Déployer le tolérancement inertiel dans l’industrie

Le tolérancement inertiel vise à garantir une excellente qualité des produits, tout en laissant le plus de liberté possible à la production. Il limite ainsi la variabilité dimensionnelle des pièces mécaniques. L’usage veut que l’on délimite la variabilité par un intervalle de conformité. Or cette approche centenaire est en passe d’être dépassée par le tolérancement inertiel, récemment normalisé, qui donne plus de liberté à la production, tout en garantissant une excellente fonctionnalité des produits assemblés.

Démarche de rupture dans l’approche de la qualité des produits, le tolérancement inertiel est une nouvelle façon de concevoir la conformité d’une caractéristique, une approche globale et cohérente de la spécification au contrôle pour garantir la qualité aux clients et un ensemble d’outils pour maîtriser les processus de production très innovants.

Contrairement aux approches traditionnelles, le tolérancement inertiel pousse à respecter le centrage sur la cible. Les outils de la maîtrise inertielle des processus (MIP) avec les cartes de contrôles inertielles très performantes, associées à des indicateurs de capabilité et un pilotage multicritère rendent très simple le pilotage sur la cible des processus, afin de garantir l’inertie maximale admise.

L’ouvrage « Améliorer la productivité – Déploiement industriel du tolérancement inertiel » a pour objectif de décrire de façon pragmatique l’ensemble de la chaîne inertielle, depuis la spécification des tolérances jusqu’au pilotage des machines, en passant par la maîtrise des moyens de mesures. Au sommaire : du tolérancement traditionnel au tolérancement inertiel, le tolérancement inertiel, une autre vision de la conformité, comment calculer une tolérance inertielle, la maîtrise inertielle de processus, le pilotage inertiel multicritère, le tolérancement inertiel total, la réception de lots en tolérancement inertiel, la validation d’un processus de mesure en inertiel

L’auteur de ce livre,  Maurice Pillet, est l’inventeur  concept de tolérancement inertiel . Certifié « Fellow » apics – CFPIM, ancien élève de l’ENS Cachan, professeur des universités. Directeur de recherche au Laboratoire SYMME de l’Université de Savoie, il enseigne au département QLIO de l’IUT d’Annecy. Il entretient depuis des années une collaboration étroite avec des entreprises de différents secteurs d’activité dans le domaine des méthodes et des outils de la qualité.
 

La scierie Moulin valorise sur place ses déchets de bois

Historiquement lié au métier de la scierie depuis 1916, le groupe Moulinvest a décidé de diversifier son activité en s’orientant vers les énergies renouvelables. Guidé par le développement durable, il présente un schéma complet, quasi unique en France, d’intégration et de complémentarité de ses activités. Dans les prochaines semaines, le groupe auvergnat réalisera ainsi sur le même site :

  • le sciage de résineux ;
  • la production de pièces de bois de construction ;
  • la réalisation de murs de bois massifs préfabriqués ;
  • la valorisation des connexes issus du sciage (écorces, plaquettes, sciure) via la production de vapeur et d’électricité par cogénération à partir de biomasse, et la production de granulés de bois pour le chauffage des collectivités et des particuliers.

La scierie Moulin compte parmi les cinq premières scieries françaises avec 1 000 articles à son catalogue et 71 000 m3 sciés à partir de 15 0000 m3 de grumes. Elle couvre le sciage de bois de charpente, le séchage, le rabotage, le taillage, le traitement du bois et la production de murs en bois massif. L’exploitation de la matière première est assurée par des artisans et des entreprises locales.

Une réduction importante des émissions de CO2

La moitié du bois scié produit chaque année 75 000 tonnes de déchets qui n’étaient jusqu’ici pas valorisés en interne, créant ainsi une dépendance vis-à-vis des tiers pour leur écoulement. La création de la nouvelle filiale Moulin Bois Énergie est née de ce constat. Dès le printemps 2011, une usine de 2 800 m2 comportant une unité de cogénération, devrait être opérationnelle et permettre de produire 27 000 MW d’électricité par an vendus à EDF et 60 000 tonnes de granulés de bois.

L’utilisation de la biomasse pour la production d’énergie et la fabrication de granulés de bois sont deux axes qui vont contribuer à la rentabilité de la scierie Moulin mais aussi à la gestion efficace de la forêt, à l’aménagement du territoire, au développement de l’emploi local et à la réduction de production de CO2.
Ainsi, dès le démarrage de l’activité de Moulin Bois Énergie, les émissions dues au sciage passeront de 13 kg eq C/m3 de sciage à seulement 8.

Dans ce contexte de développement, la scierie Moulin s’est mise à la recherche d’une solution logicielle capable de gérer son activité en tenant compte de ses attentes. José Brunet, directeur de production et Sébastien Rolly, directeur commercial, confient : « Nous avons été séduits par la souplesse d’Alpha Phoenix qui a su s’adapter aux contraintes liées à notre métier et évoluer en fonctions de nos besoins. Le choix de ce logiciel modulaire ERP (Entreprise Ressource Planning ou Progiciel de Gestion Intégré) nous a permis de nous structurer grâce à la mise en place d’une codification spécifique. Nous avons ainsi pu optimiser la gestion de nos équipes et de notre temps. Le module Alpha Report nous apporte un confort supplémentaire et nous permet l’édition de tous les états nécessaires au suivi de notre activité. Aujourd’hui la production est planifiée au plus juste et demain nous utiliserons Alpha Phoenix pour la constater. Nous opterons également pour une plus grande utilisation de l’EDI (Échange de Données Informatisées) afin d’aller vers encore plus de rationalisation. Le fait d’adresser des factures « numériques » nous permettra de rester cohérents avec notre implication dans le développement durable ».

Les photos de Nikki Graziano

Nikki Graziano, mathématicienne américaine et photographe, a monté le projet Found Functions qui mélange art et science. Le but de Found Functions est de superposer aux photographies des fonctions mathématiques correspondant aux formes et aux courbes des paysages. L’artiste ajuste ses modèles mathématiques jusqu’à ce que les graphes qu’ils décrivent s’alignent parfaitement aux reliefs photographiés.

Un travail artistique insolite qui change notre regard sur le monde en nous proposant d’observer la nature à travers le prisme des mathématiques.

Pour voir la galerie complète : Found Functions.

Auteur : C.C.

Les grandes tendances des produits de filtration non-tissés

Les nouvelles technologies de produits non-tissés qui seront présentées à Genève, lors du salon Index 11, en avril prochain, offrent des solutions viables qui répondent aux besoins de filtration par voie sèche ou humide. Mais,  « la difficulté pour les fabricants de non-tissés dans le secteur de la filtration consiste à trouver un équilibre entre le durcissement de la réglementation, les exigences de durabilité, la hausse des coûts et l’amélioration de la performance tout en allongeant la durée de vie des produits », a expliqué Pierre Wiertz, Directeur général d’Edana, association internationale représentant les non-tissés et industries associées.

Une récente tendance des techniques des non-tissés est l’incorporation de couches de nano-fibres non tissées dans les tissus de filtration. Grâce à leur charge électrostatique, ils assurent une meilleure perméabilité et les filtres fabriqués avec cette matière ont besoin de moins d’énergie pour faire circuler l’air.

Une nouvelle génération de médias composites a également vu le jour : chaque couche y a sa propre fonction, qu’il s’agisse d’assurer la solidité nécessaire, l’efficacité de la filtration, la capacité de récupération de la poussière ou des propriétés antibactériennes. La combinaison de différentes techniques dans un média composite ouvre la porte à de nouvelles applications garantes d’une meilleure performance.

42 000 m2 de fibres / m2 de média filtrant 

Les secteurs du transport, du chauffage, de la ventilation et de l’air conditionné constituent les marchés les plus importants en matière de filtration de l’air. « De nos jours, les consommateurs se préoccupent davantage de l’environnement, de leur santé et de leur confort personnel »  déclare Jean-Paul François, consultant chez Hollingsworth & Vose, un fabricant de papiers de spécialité et de médias filtrants non-tissés. « La sensibilisation de l’opinion publique a entraîné un recours accru aux climatiseurs et épurateurs d’air dotés de filtres HEPA (High Efficiency Particulate Air) capable de filtrer, en un passage, au moins 99,97 % des particules de diamètre supérieur ou égal à 0,3 µm2. Sophistiqués, ils ont donné naissance à une nouvelle génération d’aspirateurs équipés de pré-filtres et de post-filtres. La demande de systèmes de filtration avancés dans les voitures et les avions résulte également des exigences de confort accru de la part des consommateurs » a-t-il ajouté.

L’importance des médias filtrants non-tissés pour la fourniture d’eau potable pour tous va aussi croissant. Au fil des avancées technologiques, les médias filtrants à base de matériaux non-tissés voient leur compétitivité renforcée par rapport aux autres médias en ce qui concerne l’élimination des virus et bactéries, avec une amélioration des performances et des avantages en termes de coûts. Ahlstrom,  un concepteur et fabricant international de papiers non tissés et spéciaux, et Eureka Forbes, un leader reconnu dans le domaine de la purification de l’eau, ont lancé récemment un produit de purification de l’eau innovant, basé sur la gravité, qui inclut la technologie Disruptor.

« Cette technologie offre de nombreux atouts très recherchés par les concepteurs de filtre innovants. Pour la première fois, un filtre non-tissé peut concurrencer les membranes polymères  pour éliminer les endotoxines, virus, bactéries, matières colloïdales et acides organiques et ce, à des débits bien plus élevés et avec de très faibles pertes de charge », a déclaré Rodney Komlenic, Directeur des ventes chez Ahlstrom. La technologie brevetée Disruptor améliore la qualité de l’eau fraîche ou saumâtre en enlevant les contaminants submicroniques. Elle est basée sur l’utilisation de fibres électropositives de boehmite (AlOOH)  de 2 nm de diamètre et  250 nm de longueur sur une fibre structurelle de Microglass qui offrent un potentiel zéta >50 mV  à pH=7,2.  Le Disruptor qui contient, en poids, 32 % de charbon actif  pour améliorer le goût et l’odeur de l’eau en enlevant le chlore et les composés humiques, présente une excellente capacité de chargement due l’utilisation de plus de 42000 m2 de fibres / m2 de média filtrant. De très nombreuses poudres très fines peuvent ainsi être retenues sans l’utilisation des reliures ou des adhésifs qui occluraient la superficie.
 

Le point sur les gaz de schistes

Les shale gas sont des gaz contenus dans des roches sédimentaires argileuses très compactes et très imperméables, qui renferment au moins 5 à 10 % de matière organique. Ils font partie des gaz non conventionnels parce qu’ils ne peuvent pas être exploités avec les modes de production classiques. Ils sont aujourd’hui produits en grande quantité aux États-Unis où ils représentent 12 % de la production de gaz contre seulement 1 % en 2000. A part quelques pays qui n’ont pas de bassins sédimentaires, on peut trouver des shale gas à peu près partout. En Europe, le consortium Gash, auquel participe IFP Energies nouvelles, vise à établir d’ici 3 ans une cartographie des ressources européennes. Les réserves mondiales représenteraient plus de 4 fois les ressources de gaz conventionnel. De quoi, si on arrivait à les exploiter, changer la donne de la géopolitique gazière.
 
Le développement de la production aux Etats-Unis est dû en partie à l’amélioration des techniques d’extraction ces dernières années, en particulier le forage horizontal et la fracturation hydraulique des roches qui permet d’augmenter la perméabilité à proximité des puits, les fluides ne migrant pas naturellement dans les argiles. Les shale gas étant dispersés dans la roche imperméable, il faut forer de très nombreux puits et fracturer la roche. Généralement, la profondeur d’exploitation des shale gas est de l’ordre de 1 500 à 3 000 mètres de profondeur, soit de un à plusieurs kilomètres au dessous des aquifères d’eau potable.

Le puits produit quelques années puis est abandonné, et un nouveau puits est foré quelques centaines de mètres plus loin. La fracturation de la roche suppose par ailleurs d’injecter de 10 000 à 15 000 m3 d’eau à haute pression et du sable. Le faible coût des forages, un droit de propriété des particuliers étendu au sous-sol, une réglementation environnementale moins contraignante ainsi que des incitations fiscales, associées aux avancées technologiques, expliquent l’engouement outre-atlantique. 

 

 

 

 Forage horizontal et fracturation hydraulique 

 

La gestion des ressources en eau, premier impact environnemental

L’impact environnemental de ces techniques d’extraction n’est pas neutre, même s’il faut le relativiser en le comparant avec d’autres activités industrielles. Le premier impact concerne la ressource en eau dont la gestion doit intégrer 3 aspects majeurs :

  • la disponibilité de la quantité d’eau nécessaire au forage et à la fracturation : les données sont très variables d’un bassin sédimentaire à l’autre, et même à l’intérieur d’un même bassin. Cependant, l’ordre de grandeur de la quantité d’eau nécessaire à la réalisation d’un forage et à la fracturation hydraulique varie de 10 000 à 15 000 m3 (à titre de comparaison, la consommation d’eau d’une ville comme Paris est en moyenne de 550 000 m3 d’eau potable par jour) ;

  • le recyclage et le traitement de l’eau de fracturation : une partie de l’eau qui a été injectée pour réaliser la fracturation hydraulique est récupérée (20 à 70 %) lors de la mise en production du puits. Cette eau peut être soit traitée sur place au niveau du forage, soit être acheminée jusqu’à un centre de traitement. Ayant circulé sous forte pression dans les couches sédimentaires, elle est généralement chargée en sel et contient beaucoup d’éléments en suspension. Le traitement de l’eau consiste à éliminer les chlorures, les éléments en suspension ainsi que les métaux, les sulfates et les carbonates pour pouvoir la réinjecter lors de la fracturation hydraulique suivante. A noter que ce traitement (décantation, floculation, électrocoagulation) coûte moins cher que l’achat, l’acheminement et le stockage de la même quantité d’eau « pure ». Le fluide injecté lors de la fracturation hydraulique est formé par un mélange d’eau et de sable, avec des additifs chimiques (1 % maximum). L’injection de ce mélange sous forte pression (plus de 100 bars) va permettre la fracturation artificielle de la roche. Le sable injecté a pour but de maintenir les fractures ouvertes une fois la fracturation hydraulique effectuée, afin de former un drain pérenne par lequel le gaz va pouvoir être produit. Les additifs chimiques renforcent l’efficacité de la fracturation hydraulique ; leur composition peut varier selon les conditions géologiques. On peut les classer en 3 grandes catégories : les biocides qui réduisent la prolifération bactérienne dans le fluide mais aussi dans le puits, les produits qui favorisent la pénétration du sable dans les fractures et les produits qui augmentent la productivité des puits.  Ces produits fortement dilués sont couramment utilisés dans la vie courante, notamment dans les détergents, les cosmétiques ou les désinfectants. A la demande d’associations de consommateurs et des autorités américaines, de nombreux opérateurs ont publié la liste des produits présents dans le fluide de fracturation ;

  • la prévention d’éventuelles contaminations des aquifères d’eau potable par les fluides de forage : le développement très rapide de l’exploitation des gaz de schiste aux États-Unis depuis quelques années a donné lieu à quelques cas supposés de contamination des nappes phréatiques superficielles par des fluides de fracturation. Il semble cependant que ces cas soient imputables à un défaut de cimentation dans les parties supérieures du forage et non pas directement à l’exploitation des shale gas ou à la fracturation hydraulique. Les progrès réalisés dans le suivi et le contrôle de la fracturation hydraulique des couches riches en gaz de schistes (généralement à plus d’un kilomètre sous les nappes phréatiques) rendent le risque d’une mise en communication directe entre la couche exploitée et les nappes phréatiques très improbable.

Une emprise au sol réduite des installations d’exploitation 

Dans le cas des shale gas, les couches géologiques concernées étant très peu poreuses et imperméables, il faut forer un grand nombre de puits (plusieurs puits par km2 ). Ces installations, comme toute installation industrielle, ont une emprise au sol.

Il faut bien distinguer deux phases dans l’exploitation des gaz de schistes :

  • lors du forage et de la mise en production du puits (quelques semaines), l’activité autour du forage est très intense et nécessite la présence d’un derrick ainsi que d’une logistique lourde ;
  • une fois le puits en exploitation, la venue du gaz se fait naturellement par différence de pression sans nécessiter de pompe. En surface, il ne reste qu’une tête de puits et un gazoduc permettant d’évacuer le gaz.

Pour minimiser l’empreinte au sol mais surtout pour optimiser l’architecture et la productivité des puits horizontaux et diminuer leur coût, on regroupe les plateformes de forage sous forme de « cluster ». A partir d’une seule plateforme de forage, on peut forer 10 à 15 puits horizontaux. L’empreinte au sol des installations peut donc être réduite, rendant ainsi la remise en état des sites d’exploitation plus facile et moins onéreuse.

Le développement de cette technologie va encore prendre du temps

La gestion raisonnée de la ressource en eau (prélèvement, traitement et recyclage) ainsi que la remise en état des installations d’exploitation ne constituent ni un verrou technologique ni un frein aux futurs développements de nouveaux projets. Elles ont un coût qui est pris en compte lors des études économiques au même titre que les autres travaux. Mais cette gestion raisonnée de l’eau et du paysage est essentielle : elle est le garant d’une exploitation durable, acceptée par tous, des shale gas.
 
L’exploration des shale gas n’a commencé que récemment en Europe mais elle suscite beaucoup d’intérêt de la part des compagnies pétrolières. Les bassins les plus intéressants sont situés en Europe du Nord et de l’Est et plus au sud, notamment en France dans le bassin du sud-est. Total vient d’obtenir un permis d’exploration dans la région de Montélimar. Des permis ont aussi été pris en Suède par Shell, en Allemagne par ExxonMobil, en Pologne par presque tous les majors ainsi qu’en Lituanie.

Compte tenu des contraintes environnementales mais aussi d’une industrie parapétrolière moins développée qu’aux États-Unis, il faut s’attendre à des coûts de production plus élevés en Europe qu’aux États-Unis. L’intérêt économique de la production des shale gas, dans un cadre de développement durable et en accord avec les populations, reste donc à démontrer. Dans tous les cas, leur développement va prendre du temps et n’en est qu’à ses débuts.

R.V

Un lecteur de code à barres vient concurrencer les scanners laser

Spécialiste des systèmes de vision et d’identification industrielle, l’américain Cognex n’a pas hésité à investir plus de 10 millions de dollars en trois ans pour développer son nouveau lecteur de code à barres imageur, le DataMan 500.  « La technologie d’imagerie propriétaire que nous avons développée nous a permis de créer un produit capable de surpasser les scanners laser, facile à utiliser et qui va transformer le marché de la lecture des codes à barres », a déclaré Carl Gerst, directeur de la division Produits d’Identification de Cognex.

Le lecteur imageur DataMan 500 traite jusqu’à 1 000 images par seconde et lit 90 codes par seconde (quelle que soit leur orientation), les codes 2D tels que les codes Data Matrix et QR, ou encore les codes contenus dans une seule image.  S’appuyant sur la technologie de lecture de codes IDMax de Cognex, le lecteur est capable de lire les codes à barres 1D endommagés, déformés, flous, rayés, de faible hauteur ou faiblement contrastés… Ce que les scanners laser sont, eux, incapables de lire.
Simplicité d’utilisation et disponibilité d’outils d’intégration sont les clés du succès pour n’importe quelle application de lecture de code à barres. Plus facile à utiliser qu’un scanner laser, le DataMan 500 permet aux utilisateurs de voir ce que le lecteur voit et de passer en revue les images, que ce soit en direct, sur un écran ou ultérieurement, en consultant les images archivées. Ses fonctionnalités de visualisation et de retour sur « échec de lecture » facilitent considérablement la configuration de la lecture de codes, de même qu’elles accélèrent le diagnostic et la résolution de n’importe quel problème de lecture. Enfin, pour simplifier l’installation, le DataMan 500 utilise un seul câble PoE (Power over Ethernet) pour son raccordement Ethernet et son alimentation. Il offre également une interface RS-232 et plusieurs entrées-sorties.

 

Sans aucune pièce mobile, le DataMan 500 est conçu pour être plus fiable que les scanners laser. Il offre par conséquent de nombreux autres avantages, notamment le déclenchement et la mise au point automatiques. Il accepte également les optiques standard à monture C, et les options de focale variable.

Les avantages de l’optique liquide

L’optique liquide contient deux liquides : l’huile qui sert d’isolant et l’eau de conducteur. Les variations de tension induisent une modification de la courbure de l’interface entre les liquides qui, à son tour, entraîne un changement de la longueur focale de l’optique. L’optique liquide peut simplifier l’installation, la configuration et la maintenance, car il ne nécessite aucune intervention manuelle. En comparaison à d’autres mécanismes de mise au point automatique, l’optique liquide, extrêmement réactif, convient pour les applications dans lesquelles la distance de lecture varie d’une pièce à l’autre ou durant le changement des pièces. La focale réglable de l’objectif liquide confère au DataMan 500 une souplesse de profondeur de champ maximale, même pour les applications les plus rapides. Cette nouvelle technologie, éprouvée et déjà intégrée dans les lecteurs industriels de Cognex, offre ainsi une bonne qualité optique tout en consommant peu d’énergie.

 

 

Traçabilité des produits industriels par marquage chimique

Dans l’industrie automobile, par exemple, l’environnement règlementaire conduit à la traçabilité des matières, matériaux et des produits :

  • la Directive 2000/53/CE précise les objectifs de recyclage et de valorisation des Véhicules Hors d’Usage (VHU) : recyclage de 95 % des VHU en 2015 pour l’utilisation des matériaux recyclés dans des véhicules neufs ;
  • la Directive 2008/98/CE porte sur la responsabilité « producteur» : éco-conception des produits, hiérarchisation des déchets et libre circulation des produits mais pas des déchets ;
  • la réglementation REACH concerne la traçabilité des compositions.

Autant de contraintes réglementaires qui expliquent l’intérêt des industriels pour le procédé breveté mis au point par Tracing Technologies capable de marquer dans la masse tous types de polymères et de les retrouver intacts après vieillissement, y compris dans les matières sombres et noires. Ils y voient une solution pour :

  • l’identification des plastiques par catégorie ou grade de polymères afin de répondre aux nouvelles règlementations (REACH) ;
  • l’éco-conception des produits dès leur fabrication en vue  de leur gestion en fin de vie (tri, recyclage ou valorisation des matières premières secondaires) ;
  • la traçabilité des produits tout au long du cycle de vie ;
  • l’amélioration des méthodes de tri en fin de vie des produits avec une identification fine et homogène des produits sur les chaines de tri  (par exemple, tri automatique des polymères par nature de formulations mais aussi élimination des produits dangereux, toxiques ou non valorisables).

Positionné en amont du process de fabrication, ce procédé de Tracing Technologies s’applique à de nombreux secteurs (automobile, électronique, électrique, électroménager, emballage…) et aux produits sensibles et à forte valeur ajoutée.

Marquage pérenne des produits de couleurs sombres ou noirs

Tracing Technologies utilise des marqueurs chimiques à des doses très faibles (de l’ordre de quelques ppm) et d’une totale innocuité, pour marquer en surface ou dans la masse, des produits de toute nature : plastiques, cartons, papiers…, clairs, sombres ou noirs. Invisible à l’oeil, le procédé qui ne modifie pas les propriétés physiques (thermiques, couleurs…) ou chimiques des matières ou produits, permet une authentification des produits, des emballages et des suremballages. Un lecteur dédié permettra une authentification immédiate soit au cas par cas (contrôle qualité), soit dans une série de lectures, y compris à grande vitesse (tri).

Une démonstration de tri à grande vitesse sur un site industriel a permis de valider les principales caractéristiques: tri optimisé (1,5t / h), tri sélectif (plus de 95 % avec une vitesse de 3,5 m / sec), identification positive à 100 % pour toute particule, 10 000 à 100 000 mesures par seconde, identification des produits multicouches et insensibilité aux conditions d’ambiance et aux contaminants.
 
Le marquage de différents polymères a été réalisé avec succès (PP, HDPE, LDPE, PVC,  PET, PC, PA6 , ABS …), le procédé permettant la différenciation par grade (PE, PS, Polyester et PP), l’identification de multicouches, multi matériaux ainsi que l’impression sous encre.
 
Tracing technologies a relevé un véritable défi technologique en réussissant le marquage pérenne des produits de couleurs sombres ou noires. Il s’agit d’une contrainte majeure pour les industriels car ces nuances présentent la particularité d’absorber les radiations. L’entreprise a surmonté cet obstacle grâce à un procédé sans contact en réflectance, après sélection de traceurs pertinents, qui a été validé par le programme de recherche « TRITR@CE », regroupant des industriels de l’électroménager (Groupe Seb) et des transformateurs de matières plastiques (Plastic Omnium AE…).

Projet « TRITR@CE » (2007 – 2009) : validation pour les polymères

Piloté par le Pôle National de Traçabilité de Valence, ce projet qui réunissait un industriel leader du secteur automobile, un industriel leader du secteur électroménager et électronique, Tracing Technologies, l’ITECH (Lyon), l’ENSAM (Chambéry) et ARAMM /ARDI Matériaux (Lyon) avait pour objectif :

  • la validation du système « traceurs » sur des polymères ciblés ;
  • la réalisation de mélanges maîtres selon les procédures de fabrication des secteurs automobile, électrique, électronique et électroménager avec des matrices polymères ciblées, du polypropylène clair et noir et de l’ABS.

« TRITR@CE » a permis de démontrer, après vieillissement des éprouvettes, que :

  • le signal des marqueurs est retrouvé inchangé, y compris dans les matrices noires ;
  • le signal est quantifié.

Il a ainsi validé le procédé Tracing Technologies pour l’identification des polymères en fin de vie, la traçabilité des polymères marqués (REACH) et les recyclages multiples. Des industriels partenaires ont ainsi affirmé : « Les résultats obtenus sont tous positifs … Nous allons vers une démarche de normalisation… Les résultats montrent que l’application des traceurs est envisageable dans les pièces ABS ».

Un pilote industriel est en cours de réalisation dans le cadre du programme TRIPTIC de ANR sur une chaîne de tri de produits de recyclage. Un prototype de lecteur portable va également faire l’objet de miniaturisation pour des applications de sécurisation commerciale ou patrimoniale et de protection des marques.

Projet TRIPTIC (2010 – 2014) : vers l’industrialisation de systèmes de tri

Labellisé par les pôles AXELERA et PLASTIPOLIS, le projet TRIPTIC (Traceurs Répartis pour Identification des Polymères et Tri Industriel en Cadence) a pour objectif de récupérer la matière la plus pure possible après des opérations de démontage ou de broyage et tri (aujourd’hui, environ 8% des plastiques des VHU sont recyclés…). Comme les technologies actuelles ne permettent pas de trier les matériaux polymères en fonction de leurs formulations aussi bien qu’en fonction de leurs propriétés rhéologiques qui sont des paramètres importants pour leur valorisation, il est nécessaire d’utiliser une signature avec traceurs qui devraient être détectés par tri spectrométrique (Fluorescence X ou UV). Le tri avec traceurs devrait permettre de trier les polymères plus rapidement et avec une meilleure qualité.

TRIPTIC qui réunit l’INSA Lyon-IMP (partenaire coordinateur), l’ENSAM RECORD, Renault, POAES, Tracing Technologies, PST et le CEA-List et s’achèvera en 2013, comporte trois tâches expérimentales :

  • dispersion de quelques dizaines ou centaines de ppm de traceurs commerciaux dans des matrices représentatives d’enjeux industriels et économiques ;
  • optimisation de la détection spectrométrique (fluorescence X ou UV) ;
  • étude de l’industrialisation de systèmes de tri par fluorescence X et UV.

Ces tâches expérimentales sont associées à de la veille scientifique et à une analyse de cycle de vie qui permettra de connaître les impacts des technologies développées et, si besoin, de proposer des orientations pour les réduire. Une autre tâche a pour objectif d’étudier l’extension des technologies de tri à d’autres matériaux polymères et d’autres secteurs industriels tels que les secteurs des Equipements Electrique et Electroniques (EEE) et de l’emballage. La dernière tâche porte sur la diffusion des résultats pour élaborer une nouvelle normalisation (des discussions avec l’AFNOR sont amorcées) visant à développer le tri avec traceurs. Cette étude sera faite avec le souci permanent de développer des procédés respectueux de la santé et de l’environnement en conformité avec les spécifications de l’industrie. 

Un niveau record de protection contre les intrusions

NSS Labs est une organisation indépendante, leader mondial de la recherche et de la vérification des produits de sécurité. Ses analyses poussées apportent aux professionnels de l’informatique des données objectives dont ils ont besoin pour choisir le produit le mieux adapté à leur entreprise.

Pionnier dans les tests de systèmes de détection d’intrusion et de prévention avec la publication du premier test de ce type en 1999, NSS Labs a aussi évalué les pare-feu, la gestion des menaces unifiée, la protection contre les menaces, le cryptage, les pare-feux pour les applications Webn et d’autres technologies de manière régulière. La méthodologie de test de la société, dans des conditions d’environnement réel, est la seule à évaluer les produits de sécurité dans les conditions de menaces Internet réelles. Les tests NSS Labs sont considérés comme les plus poussés de l’industrie et leurs recommandations ainsi que leurs certifications sont très convoitées par les fabricants.

« Pour combattre les menaces en constante évolution à ce jour, les entreprises recourent à des solutions de sécurité qui peuvent être conçues pour leur environnement unique et leurs besoins spécifiques, c’est pourquoi nos processus d’évaluation sont significatifs ainsi que l’efficacité des ressources de prévention et de détection » précise Rick Moy, Président de NSS Labs, Inc. « L’IPS 3D 4500 de Sourcefire atteint le plus haut niveau de protection pour la seconde année consécutive. Ce dernier reste l’un des meilleurs choix pour les entreprises qui souhaitent tirer le meilleur profit de leur solution IPS » poursuit-il.

Ainsi, l’IPS (Intrusion Prevention System) de Sourcefire occupe la meilleure place en matière de détection et de prévention de tous les produits testés, et obtient la plus haute distinction avec la mention « Recommend » par NSS Labs. Le Sensor 3D4500 de Sourcefire, promu comme un IPS 2Gbps atteint 3,2Gbps de débit, ce qui équivaut à 161% de sa performance fournisseur. Il s’agit du pourcentage le plus élevé de tous les modèles IPS testés. Les résultats des tests de Sourcefire révèlent également :

  • 98% d’efficacité en matière de sécurité ;
  • 99% de détection des attaques ciblés initialisées ;
  • 98% de couverture pour les vulnérabilités reportées entre 2004 et 2010 ;
  • 100% de la couverture anti-évasion.  

Vers un Internet de nouvelle génération

Né d’un accord entre Alcatel-Lucent et l’INRIA scellant un partenariat de recherche commune pour développer les technologies des réseaux de communication du futur, ce laboratoire commun qui vient de célèbrer son troisième anniversaire, rassemble à ce jour plus de 50 chercheurs. Deux tiers d’entre eux sont issus de l’INRIA et d’Alcatel-Lucent Bell Labs, le dernier tiers étant constitué de doctorants et de chercheurs postdoctoraux (« postdocs ») spécifiquement recrutés.

Décloisonné, le laboratoire commun tire parti de l’environnement scientifique de 11 équipes de recherche INRIA réparties sur plusieurs sites (Rennes, Paris, Nancy, Lyon, Grenoble, Sophia Antipolis) et des équipe Bell Labs basées à Villarceaux (91), avec le soutien de la communauté de recherche des Bell Labs dans le monde.

Trois axes de recherche pour un Internet de nouvelle génération

Ses recherches portent sur les « réseaux autonomes ». En d’autres termes, il s’agit de voir comment automatiser au maximum l’exploitation des réseaux de télécommunication pour gérer la complexité, toujours croissante, des flux et communications échangés. L’objectif est de poursuivre l’essor des réseaux, tout en conservant un niveau de qualité irréprochable.

Les travaux du laboratoire poursuivent trois axes de recherche, chacun piloté par un binôme Alcatel-Lucent- I NRIA :

  • « High manageability » qui se consacre à l’automatisation des réseaux fixes ;
  • « Semantic networking » ou comment conférer au réseau la capacité de reconnaître automatiquement le type d’applications portées par les flux qu’il transporte et à en déduire les traitements appropriés pour offrir la qualité de service requise ;
  • « Self optimised Wireless networks » qui étudie l’optimisation distribuée des réseaux d’accès sans fil.

Déjà 10 brevets et des résultats significatifs

Les équipes ont d’ores et déjà obtenu des résultats majeurs en termes :

  •  d’algorithme distribué pour le réglage des puissances des canaux dans un réseau optique dynamique maillé à multiplexage en longueur d’onde ;
  •  d’application de la « théorie des échantillonneurs de Gibbs » pour diverses optimisation de réseaux cellulaires 3G/4G, et en particulier les réseaux à petites cellules (ce qui permettra, notamment, de maximiser le rapport débit offert aux utilisateurs/ énergie consommée) ;
  •  de méthodes de classification et de traitement des flux et d’adaptation automatique des paramètres de contrôle des noeuds de routage conduisant à une finesse et une pertinence accrues du contrôle de la qualité de service.

A ce jour, les équipes du laboratoire sont à l’origine de 10 brevets (déposés ou en cours de dépôt) et ont effectué plus de 50 publications dans des conférences et des journaux internationaux.

« Notre laboratoire commun avec Alcatel Lucent Bell Labs France est emblématique des partenariats stratégiques que nous mettons en place avec de grands industriels. Notre collaboration avec Alcatel-Lucent dépasse le laboratoire commun. Nous sommes aussi partenaire au sein de l’initiative Green Touch et de ICT Labs, autre bel exemple de collaboration, dont l’objectif est d’élaborer une communauté européenne de la connaissance et de l’innovation dans les domaines qui sont les nôtres », déclare Michel Cosnard, président- directeur général de l’INRIA.

 

L’impact de goutte de fluides à la loupe

Le processus d’impact de goutte se rencontre tant dans des applications industrielles variées que dans notre vie quotidienne. Une goutte de pluie sur une vitre, une goutte de peinture pulvérisée, une goutte d’encre éjectée d’une imprimante jet d’encre… mettent en jeu divers phénomènes physiques surprenants dépendant de la vitesse d’impact, du support impacté et de la nature du fluide. Maîtriser la forme finale de la goutte s’avère alors d’une importance capitale. Lors de l’impact, la goutte peut se rompre créant ainsi des petites gouttelettes et des éclaboussures, elle peut aussi rebondir sur le support ou encore, après étalement, se rétracter… Pour minimiser ces instabilités, il est possible d’agir sur les propriétés intrinsèques des fluides en introduisant notamment un seuil d’écoulement.

Afin de mieux cerner ces phénomènes, Alireza Saidi a préparé et soutenu une thèse de doctorat de Grenoble INP, spécialité Mécanique des fluides, Énergétique, Procédés, à Grenoble INP-Pagora, École internationale du papier, de la communication imprimée et des biomatériaux. Cette thèse « Impact de goutte de fluides à seuil » a été préparée conjointement dans le laboratoire de Rhéologie et le laboratoire LGP2 sous la direction d’Albert Magnin, Directeur de recherche du CNRS, et de Céline Martin, Maître de conférences de Grenoble INP-Pagora.

Dans cette étude, des gouttes millimétriques ont été générées sous leur propre poids au travers d’un capillaire. Leur comportement dynamique a été visualisé et caractérisé depuis la formation jusqu’à l’équilibre après l’impact et ce, sur une large gamme de vitesse d’impact. Juste avant l’impact, les gouttes perdent leur forme sphérique quand le seuil d’écoulement augmente. Elles deviennent alors de plus en plus allongées. Ainsi, dans des régimes à faible inertie, elles s’affaissent lors de l’impact, sous l’effet de la pression hydrostatique. Cette phase d’affaissement est gouvernée majoritairement par les propriétés d’interface du substrat. Dans des régimes à forte inertie, l’augmentation du seuil d’écoulement et des propriétés visqueuses du fluide inhibe les phases d’étalement inertiel et de retrait. Par ailleurs, les données expérimentales ont été corrélées avec des données théoriques issues de modèles d’impact de gouttes de fluides élasto-viscoplastiques, mettant en évidence l’implication des deux mécanismes à la fois visqueux et élastique dans le processus d’impact.
 

Taxe carbone ou quotas CO2 ?

L’an dernier, des études très intéressantes du Centre d’Analyse Stratégique ont comparé les systèmes de taxe et de quotas associés à un marché des permis de rejets.  Elles ont montré que, dans un monde parfait, les deux systèmes étaient équivalents et devaient permettre d’atteindre des objectifs quantifiés de réduction des rejets. Elles expliquent que, dans le monde réel, l’un comme l’autre présentent des avantages et des inconvénients. Pour faire simple :

  • Le système des quotas permet d’imposer une réduction donnée des rejets de CO2, mais, en créant un marché hautement spéculatif, il ouvre la voie à une possible bulle financière ; il faut donc encadrer sérieusement ce nouveau marché, par exemple en fixant des valeurs plancher et plafond au prix du CO2 (contraintes peu appréciées des financiers).
  • Un système de taxes permet de fixer le prix du CO2, mais ne permet pas de prévoir la réduction des quantités rejetées.

En conclusion de son études, le Centre d’Analyse Stratégique penchait plutôt pour un système des quotas bien encadré, car ce système a le mérite d’exister au niveau européen : c’est le « European Trading System » ou ETS. Les défauts du système ETS sont bien identifiés et doivent pouvoir être corrigés. En revanche, le système de taxes, même s’il est peut-être le meilleur en théorie, n’a aucune chance de voir le jour en Europe, car il nécessite l’unanimité des 27 pays de l’Union, alors que plusieurs pays y sont résolument opposés.

Depuis, on sait ce qu’il en est advenu : le gouvernement français, adoptant les conclusions de la commission Rocard, décida de créer une taxe carbone. Il était prévisible que les industries déjà soumises au système ETS demanderaient à être exonérées de cette taxe, pour éviter d’être pénalisées par la concurrence européenne et internationale. De fil en aiguille, et d’exemption en exemption, le Conseil Constitutionnel jugea que la loi ne respectait pas le principe constitutionnel d’égalité devant l’impôt. Incapable de contourner l’obstacle, le projet de loi fut abandonné.

La Commissaire européenne en charge du dossier climat a récemment affirmé qu’il serait impossible d’obtenir l’unanimité des pays pour créer une taxe carbone européenne et qu’il était, de ce fait, préférable d’améliorer le système ETS. La triste réalité, c’est que le conflit qui oppose les tenants de la taxe carbone et ceux des quotas de CO2 ne fait qu’un heureux : le clan des opposants à toute restriction de l’utilisation des combustibles fossiles. Il serait grand temps que le gouvernement français marque résolument sa volonté d’aboutir à la réduction des rejets de CO2, et aborde les discussions européennes avec pragmatisme et sans parti pris en faveur de l’une ou l’autre des solutions.

Par Pierre Bacher, ancien directeur technique responsable des projets à EDF et auteur pour les Editions Techniques de l’ingénieur

Une solution logicielle pour répondre aux exigences de la loi Grenelle 2

Pour permettre aux entreprises de prendre en compte les exigences de transparence en matière d’environnement dans le carde de la loi Grenelle 2, une solution logicielle facilite et améliore la collecte, le reporting et la gestion des données sociales et environnementales et optimise le management de la performance durable.

Trois ans après le lancement du Grenelle de l’environnement, l’Assemblée nationale a adopté de manière définitive le projet de loi « Grenelle 2 » en juin dernier en renforçant la responsabilité des entreprises vis-à-vis de leurs obligations environnementales et sociales. 

La loi Grenelle 2, portant engagement national pour la protection de l’environnement, comporte des exigences de transparence pour les entreprises qui doivent être prises en compte dès aujourd’hui et anticipées sur le futur :

  • l’obligation de présenter un bilan social et environnemental dans leurs rapports annuels pour les entreprises de plus de 500 salariés ;
  • la vérification par des organismes tiers des informations sociales et environnementales de ces mêmes rapports ;
  • dans un premier temps, l’ affichage des émissions de gaz à effet de serre associées aux prestations de transport de voyageurs ou de marchandises 

La gestion des données sociales et environnementales devenant un enjeu opérationnel et financier de taille, elle expose l’entreprise à un examen constant de la part de ses parties prenantes. Le besoin de s’affranchir des tableurs et autres feuilles de calculs devient nécessaire, c’est pourquoi les entreprises se tournent vers les nouvelles technologies et implémentent notamment des systèmes informatiques de reporting et de gestion de leur performance extra-financière (environnementale et sociale).

Un système de gestion solide

Dans ce contexte, les entreprises ont besoin de systèmes de gestion solides et souples qui les aideront à collecter, analyser, communiquer et améliorer leur performance extra-financière, afin de respecter les réglementations nationales telles que Grenelle 2 ou autres standards internationaux, mais aussi afin d’améliorer leur compétitivité et rentabilité.

« Avec la Loi Grenelle 2, la France s’est dotée d’une règlementation ambitieuse qui met en lumière le volontarisme français en matière de protection environnementale », remarque Dan Vogel, PDG et co-fondateur d’Enablon. « Dans ce nouveau contexte réglementaire, la capacité à évaluer, gérer et communiquer efficacement sur les données sociales et environnementales est désormais stratégique pour les entreprises. Cela implique la mise en place d’une véritable mesure de la performance durable », conclut-il.

La dernière version de la solution logicielle Enablon SD-CSR permet aux entreprises de répondre aux enjeux réglementaires sociaux et environnementaux de la nouvelle loi française « Grenelle 2 » en leur facilitant et en améliorant la collecte, le reporting et la gestion des données sociales et environnementales et optimise ainsi le management de la performance durable. Elle offre les fonctionnalités suivantes :

  • collecte automatique des données aux différents niveaux de l’entreprise ;
  • calcul des émissions de gaz à effet de serre ;
  • consolidation effectuée en temps réel et à tous les niveaux de management ;
  • fiabilisation des informations pour faciliter la vérification des données ;
  • production de rapports prédéfinis ou dynamiques adaptés aux attentes des différentes parties prenantes grâce à une intégration en standard des principaux référentiels Développement Durable (Bilan social & environnemental dans le cadre du Grenelle 2, GRI, NRE, etc.) ;
  • management de la performance en matière de Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE).  

Taxe carbone, dommage collatéral du Grenelle ?

Le chantier du Grenelle de l’Environnement a été lancé il y a maintenant plus de trois ans. Aujourd’hui, en termes d’application effective de tous les chantiers mis en route, attardons-sur les chantiers restant à mettre en route. Le bilan, à peu de choses près, est le suivant :

Les projets qui ne sont pas encore lancés, mais qui gardent une chance de voir le jour :

Les projets reportés :

  • Les transports, 1er secteur émetteur de gaz à effet de serre : Report de l’écoTaxe Poids Lourds en 2012, et développement des autoroutes ;
  • L’affichage environnemental : Espéré en 2011, l’affichage environnemental sera finalement soumis à une expérimentation fixée au 1er juillet prochain ;
  • La généralisation du bilan social et environnemental dans les entreprises de plus de 500 salariés : Reportée en 2013.

Les projets attendus :

  • Climat : Les territoires ont jusqu’à l’été 2011 pour valider leur schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie (SRCAE) visant à planifier le développement des énergies renouvelables. Selon le ministère de l’Ecologie, le plan national d’adaptation climatique devrait être disponible et applicable en juin 2011 ;
  • Téléphonie : l’affichage du débit d’absorption spécifique  sera obligatoire en avril 2011 ;
  • Les déchets : Au 1er juillet, les hypermarchés de plus de 2.500 m2 devront avoir mis en place des plateformes de reprise des emballages ;
  • L’énergie : La nouvelle réglementation thermique, dite RT 2012 concernant la performance énergétique des constructions et leurs caractéristiques thermiques, sera applicable pour le secteur tertiaire et les zones de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) à compter d’octobre 2011.

Les projets « oubliés » :

  • L’agriculture Bio : réduction du Crédit d’impôt soutenant la conversion d’une exploitation en bio ;
  • Centrale solaire au sol : appel d’offre annulé ;
  • L’agriculture Bio : Réduction du Crédit d’impôt soutenant la conversion d’une exploitation en bio
  • La taxe carbone.

C’est donc dans la case « projets oubliés » qu’on range la taxe carbone : En effet, abandonnée le 23 mars 2010 car jugée « non constitutionnelle », elle est définitivement enterrée le lendemain par François Fillon, qui précise que l’existence d’une telle taxe se fera au niveau européen, ou ne se fera pas. Très critiqué pour son renoncement à a suite de cette décision, le gouvernement essuie alors les foudres des écologistes… Pour les Verts et les organisations de défense de l’environnement, cette marche arrière est en effet un coup dur. La Fondation Nicolas Hulot, à l’origine du « pacte écologique » signé par le candidat Nicolas Sarkozy avant la présidentielle de 2007, a regretté que l’Europe soit « une fois de plus l’excuse toute trouvée pour renoncer à un projet qui n’est plus aujourd’hui soutenu par la majorité présidentielle ».

L’abandon de la taxe carbone a marqué un coup d’arrêt à la politique écologique de Nicolas Sarkozy. Cette mesure emblématique du gouvernement, annoncée lors du Grenelle de l’environnement, un an après la signature du « pacte écologique » en 2006, devait pénaliser les produits et les entreprises en fonction de leurs émissions de CO2. A l’époque, en revoyant la balle dans le camp de l’Union Européenne, le gouvernement a répondu aux appels du Medef, le principal syndicat patronal français, qui réclamait un sursis jusqu’en 2011 pour permettre aux sociétés de s’adapter. L’organisation voyait d’un mauvais œil la taxe carbone, estimant que les entreprises françaises seraient pénalisées par rapport à leurs concurrentes dont les pays n’appliquent pas une législation similaire.

En mai 2010, le projet de loi Grenelle 2, voté à l’assemblée nationale, ne revient pas sur l’abandon de la taxe carbone. Par contre, il affirme l’obligation faite aux entreprises (de plus de 500 salariés uniquement) de respecter les quotas de CO2 émis qui leurs sont alloués, sous peine de contreparties financières (achat de crédits carbone) : c’est le PNAQ (plan national d’allocation des quotas). L’étiquetage environnemental fait alors également son apparition :

Le Bilan Carbone est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 personnes. Le Parlement est allé plus loin que le Sénat en étendant l’obligation de réalisation du Bilan Carbone à toutes les entreprises de plus de 500 personnes quel que soit leur secteur d’activité (le texte du Sénat limitait l’obligation aux secteurs fortement émetteurs). Ce Bilan doit avoir été établi pour le 31 janvier 2012. Il est rendu public et doit être mis à jour au moins tous les trois ans (art.75).

Affichage environnemental et contenu carbone :

La loi Grenelle 2 prévoit aussi, en son article 228 des mesures qui devraient inciter de nombreuses entreprises, quelle que soit leur taille à s’intéresser à leur impact environnemental et en particulier, à leur empreinte carbone. Il s’agit des mesures concernant l’affichage environnemental des produits de grande consommation.

L’article 228 stipule notamment : À partir du 1er juillet 2011 « À partir du 1er janvier 2011 […] une expérimentation est menée […] afin d’informer progressivement le consommateur par tout procédé approprié du contenu en équivalent carbone des produits et de leur emballage […] qui sont imputables à ces produits au cours de leur cycle de vie.»

P.T

Bilan Carbone : un parcours juridique du combattant

A la fin 2077, le gouvernement de François Fillon annonce l’obligation pour toute personne morale d’effectuer un bilan carbone. Il s’agissait alors du Grenelle 1. Depuis, cette décision a été revue (à la baisse), pour finalement devenir obligatoire au sein des entreprises de plus de 500 personnes : c’est le Grenelle 2. Au sein du projet de loi Grenelle 1, les articles de loi traitant de la mise en place d’un bilan carbone et la définition de ses domaines d’applications sont nombreux. Ainsi, à l’article 39, dans la partie « exemplarité de l´Etat », il est dit que la réforme des marchés publics intègrerait un Bilan Carbon obligatoire dès 2008. De même à l´article 41, il est question d’une généralisation pour les collectivités locales des « plans climat / agendas 21 locaux / bilan d´émissions de GES (Gaz à effet de serre) » à partir de 2008.

Pour avoir des informations sur les directives s’appliquant au secteur privé, il faut se référer à l´article 43, où l´on peut noter qu´il y aura obligation pour les personnes morales de plus de 250 salariés de réaliser un bilan carbone dans un délai de 5 ans. Pour toutes les grandes entreprises, le délai est alors de 2 ans. Dès le mois de septembre 2007, le premier ministre fait état d’objectifs très ambitieux : Un « Bilan Carbone » qui devra être réalisé dans chaque ministère d´ici fin 2007, afin d´évaluer de manière fiable les émissions de gaz à effet de serre directes ou induites par les activités de l´administration concernée.

Dans les faits, le projet de loi Grenelle II prévoit un « bilan des émissions de gaz à effet de serre » pour les organismes privés de plus de 500 salariés et les collectivités de plus de 50 000 habitants à partir de 2011. Mais le terme « bilan des émissions de gaz à effet de serre » ne signifie pas Bilan Carbone. En effet, le Bilan Carbone est un outil spécifique développé par l´ADEME et qui prend en compte toutes les émissions (directes et indirectes) de gaz à effet de serre. La méthodologie Bilan Carbone développée par l´Ademe est la plus répandue en France et est compatible avec d´autres méthodes comme celles développées dans le cadre du « Greenhouse Gas Protocol ». L´Ademe argumente d´ailleurs en ce sens afin que le Bilan Carbone soit la référence lors de l´application du projet de loi.

Quoi qu´il en soit, l´évolution du contexte économique pousse les entreprises à anticiper la « règlementation carbone ». Car dans la transition qui s´amorce vers une économie décarbonée, connaître ses émissions de gaz à effet de serre poste par poste et sa dépendance aux énergies fossiles procure un avantage stratégique certain. Le Bilan Carbone, qui évalue la vulnérabilité économique d´une activité connu par ses utilisateurs comme un outil permettant des réductions de leurs émissions de gaz à effet de serre, le Bilan Carbone est également un outil de pilotage stratégique de l´activité utile au dirigeant, pour repondre à des interrogations nouvelles :

  • Quel serait l´impact d´un baril de pétrole à 150 dollars sur mon entreprise ?
  • Et celui de l´instauration d´une taxe carbone sur mon secteur d´activité ?

Véritable outil d´aide à la décision, le Bilan Carbone permet de chiffrer l´impact du prix de l´énergie fossile sur la rentabilité de l´activité et d´anticiper les changements structurels de l´économie. Au niveau strictement juridique, les articles 5 à 9 de l’ordonnance n° 2010-1232 du 21 octobre 2010 portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne en matière d’environnement fixent le cadre juridique du stockage géologique du dioxyde de carbone. Ces articles complètent la transposition de la directive 2009/31/CE du 23 avril 2009 relative au stockage géologique du dioxyde de carbone, dont le chapitre II relatif à la « sélection des sites de stockage et aux permis d’exploration » a déjà été transposé par l’article 80 de la loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement.

Dans le détail, l’article 5 insère une section 6 au chapitre IX du titre II du livre II du code de l’environnement intitulé « effet de serre » visant à définir le cadre réglementaire pour le stockage géologique de dioxyde de carbone conformément aux dispositions de la directive 2009/31/CE. Cette nouvelle section fait suite et complète la section 5, introduite dans le code de l’environnement en application de l’article 80 de la loi portant engagement national pour l’environnement, relative à la recherche de formations souterraines aptes au stockage géologique de dioxyde de carbone.

Ses dispositions, relatives au stockage géologique de dioxyde de carbone et à l’accès des tiers, visent l’ensemble des activités de création, d’essais, d’aménagement, d’exploitation et de cessation d’activité des sites de stockage ainsi que les conditions d’accès des tiers aux infrastructures de transport et de stockage de dioxyde de carbone. Elles sont applicables sur le territoire national ainsi que sur le plateau continental et dans la zone économique exclusive sans préjudice des dispositions particulières applicables aux régions d’outre-mer et des dispositions internationales ratifiées par la France, en particulier les amendements relatifs au stockage de dioxyde de carbone du protocole de Londres et de la convention OSPAR. Les sites de stockage souterrain de dioxyde de carbone à destination industrielle, au sens de produit chimique, ne sont pas concernés par cette nouvelle section. Le dioxyde de carbone considéré n’est pas du dioxyde de carbone pur. Bien que les flux considérés soient essentiellement composés de CO2, ils peuvent également contenir d’autres substances, notamment issues des procédés de captage du CO2.

La concentration des substances associées ou ajoutées doit rester inférieure aux niveaux qui seraient susceptibles de compromettre l’intégrité du stockage ou des infrastructures de transport appropriées ou de présenter un risque significatif pour l’environnement ou la santé humaine.

L’établissement d’un cadre légal concernant le stockage géologique de dioxyde de carbone doit garantir que cette technologie sera mise en œuvre d’une manière qui ne puisse nuire à l’environnement et à la santé humaine. Ainsi, il est rappelé que les activités de stockage géologique de dioxyde de carbone doivent respecter ces intérêts tels qu’ils sont détaillés à l’article L. 511-1 du code de l’environnement et à l’article 79 du code minier.

La sous-section 1 de la section 6 instaure la nécessité d’une autorisation d’exploiter. L’exploitation est soumise à autorisation en application de l’article L. 512-1 du titre Ier du livre V du code de l’environnement relatif aux installations classées pour la protection de l’environnement. La Commission européenne est consultée préalablement à la délivrance de l’autorisation, conformément aux exigences de la directive. La demande d’autorisation ne peut être examinée que si le demandeur justifie être détenteur d’une concession de stockage géologique de dioxyde de carbone. Le recours au principe de la concession permet notamment d’attribuer les titres sur la base de critères objectifs et non discriminatoires.

Un site ne devrait être choisi en tant que site de stockage qu’à la condition qu’il soit justifié par le demandeur qu’il n’existe pas de risque significatif de fuite, ni de risques significatifs pour l’environnement ou la santé humaine. De la même façon, lorsque la concession vise des nappes aquifères, le demandeur doit justifier que celles-ci sont naturellement et de façon permanente impropres à d’autres utilisations. Afin de garantir qu’il n’y aura qu’un seul exploitant responsable du site de stockage, conformément aux exigences de la directive, il est prévu d’attribuer la concession à une seule personne physique ou morale. De même, afin de garantir le bon usage de la concession dans les respects des intérêts relatifs à l’environnement et la santé humaine, le pétitionnaire doit disposer de capacités techniques et financières suffisantes. L’exploitation d’un site de stockage est autorisée pour une durée limitée et prorogeable. L’autorisation d’exploiter encadre le volume et les caractéristiques de dioxyde de carbone destiné à être stocké. Elle est notamment subordonnée à l’élaboration d’un plan de surveillance qui couvre aussi bien la période d’exploitation que les modalités de suivi du site après sa fermeture. L’article établit, conformément aux exigences de la directive, le principe de réexamen périodique du permis de stockage.

L’article L. 229-43 du code de l’environnement expose les obligations qui incombent à l’Etat après le retrait de l’autorisation et jusqu’à l’éventuelle délivrance d’une nouvelle autorisation. L’exécution de ces obligations peut se faire à la charge de l’exploitant qui transmet également à l’Etat à titre gratuit, les équipements, les études et les données nécessaires à l’accomplissement de ces obligations. La sous-section 2 de la section 6 évoque la justification, par le demandeur, de sa situation au regard de la législation minière. La sous-section 3 de la section 6 est consacrée à la mise à l’arrêt définitif et au transfert de responsabilité à l’Etat. Elle précise les circonstances dans lesquelles le transfert de responsabilités à l’Etat doit s’opérer.
Une période minimale de surveillance de trente ans à la charge de l’exploitant, qui débute après l’arrêt définitif des injections, est à respecter. Si les éléments apportés par l’exploitant pour justifier que le dioxyde de carbone restera confiné de façon sûre et permanente ne sont pas jugés suffisants, l’Etat est autorisé à proroger la période de surveillance par une nouvelle période minimale qui ne peut dépasser dix ans. Au terme du transfert, l’exploitant est libéré de ses obligations à présent assumées par l’Etat. En cas de faute ou de manquements de l’exploitant, les frais engagés par l’autorité administrative après le transfert de responsabilités peuvent être récupérés auprès de l’ancien exploitant.
La sous-section 4 de la section 6 évoque l’accès des tiers aux réseaux de transport et aux sites de stockage.

L’article L. 229-48 précise celles des dispositions du code de l’environnement qui régissent les règles relatives à l’accès des utilisateurs potentiels aux sites de stockage géologique de dioxyde de carbone et aux réseaux de transport destinés à transporter le dioxyde de carbone jusqu’à ces sites.

L’article L. 229-49 encadre les conditions commerciales d’accès des utilisateurs potentiels aux infrastructures de transport et de stockage de dioxyde de carbone.
Les contrats relatifs au transport et au stockage géologique de dioxyde de carbone en provenance d’installations non soumises au système d’échange communautaire des quotas d’émissions de gaz à effet de serre sont soumis au ministre chargé de l’environnement qui peut s’opposer à leur entrée en vigueur compte tenu de la part des obligations de réduction nationale des émissions de dioxyde de carbone au titre des instruments juridiques internationaux et de la législation communautaire dont l’Etat a l’intention de s’acquitter grâce au stockage géologique de dioxyde de carbone.

L’article L. 229-50 précise que l’accès transparent et non-discriminatoire aux réseaux de transport et aux sites de stockage de dioxyde de carbone ne peut être refusé que pour des motifs légitimes. Tout refus est dûment motivé et justifié au demandeur.

L’article L. 229-51 prévoit que le comité de règlement des différends et des sanctions (CORDIS) de la Commission de régulation de l’énergie est compétent en cas de litiges entre opérateurs et utilisateurs.
La sous-section 5 de la section 6 est relative aux dispositions communes. Elle prévoit que l’Etat tient un registre des permis de stockage accordés et un registre permanent de tous les sites fermés et impose aux exploitants d’informer régulièrement l’Etat de leurs projets de développement.

L’article 6 prévoit notamment, en modifiant l’article L. 229-7 du code de l’environnement, qu’aucun quota n’est alloué à titre gratuit aux installations de captage de CO2, aux pipelines destinés au transport de CO2 ou aux sites de stockage de CO2 dans le système ETS. Il permet également de considérer comme non émis par une installation industrielle le dioxyde de carbone capté et stocké conformément aux dispositions de la section 6.

L’article 7 renvoie le code minier à la section 6 du chapitre IX du titre II du livre II du code de l’environnement pour la création, les essais, l’aménagement et l’exploitation de formations souterraines présentant les qualités requises pour le stockage géologique sûr et permanent de dioxyde de carbone.

L’article 8 apporte des modifications à la loi n° 2000-108 du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l’électricité, en vue notamment de préciser le champ de compétence de la Commission de régulation de l’énergie et de son comité de règlement des différends et des sanctions.

L’article 9 comporte des dispositions transitoires.

Le Bilan Carbone, outil obligatoire

La prévention routière a rendu obligatoire le port de la ceinture de sécurité. La prévention environnementale, si on peut dire, institue l’obligation d’effectuer un bilan carbone pour que chacun comprenne la nécessité de modifier son comportement afin de préserver la Vie sur notre planète.
L’avant-projet de loi « Grenelle II » prévoit un Bilan Carbone obligatoire : « les entreprises de plus de 500 salariés, les personnes morales de droit public de plus de 250 personnes et les collectivités territoriales de plus de 50 000 habitants doivent réaliser, à compter du 1er janvier 2011, un bilan carbone destiné à réduire la consommation énergétique et favoriser le recours aux énergies renouvelables ».

Le bilan carbone est une quantification des émissions de gaz à effet de serre engendrés par les activités directes et indirectes. L’intérêt de cette démarche sur le plan collectif est évident : Lutte contre la pollution et ses dérivés. Sur le plan Individuel ou le plan de l’Entreprise concernée par cette obligation, analysons la rentabilité de ce partenariat social en comparant le coût de l’opération (ou avantages accordés) et les avantages obtenus.

Le coût  comprend 2 éléments :

  • Celui du Bilan à produire : Soit le bilan carbone est réalisé par un consultant externe ayant suivi la formation dispensée par l’ADEME soit l’entité fait former à la méthode une personne en interne. Le prestataire qui réalise le Bilan Carbone® s’engage à partager sa connaissance de l’outil logiciel et de la méthode avec un interlocuteur désigné de l’organisation. Ainsi, le Bilan Carbone® de l’entité pourra être recalculé en interne et de façon autonome d’année en année par la personne compétente. L’objectif est d’en faire un des indicateurs majeurs du management environnemental de l’entité, et un réel facteur d’amélioration continue du fonctionnement « énergétique » de l’organisation.

  L’ADEME procure gratuitement les droits d’utilisation de la méthode Bilan Carbone® en mettant à disposition le tableur et le manuel d’utilisation à toute entreprise ayant suivi son programme de formation à la méthode.  Le coût de la formation sur deux jours est de 2000€. La production de ce bilan demande généralement 5 à 20 jours de travail effectif pour une entreprise, 20 à 40 jours pour une collectivité. La réalisation de l’étude s’étale selon les cas sur une durée de 1 à 6 mois.

Ensuite, le prix de la prestation s’échelonne de 5 000 € à 15 000 € pour une entreprise, de 15 000 € à 30 000 € pour une collectivité, avant subvention de l’ADEME. La prestation, plafonnée à 15.000 € HT pour une Entreprise et à 30.000 € TTC pour une collectivité, est subventionnée à 50 % par l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie). 
 

  • La taxe carbone : Bien que déjà appliquée dans certains pays Européens, dont la SUEDE qui préside depuis le 1er Juillet 2009 l’Union Européenne, elle ne l’est pas en France, puisque jugée juridiquement non conforme. Abandonnée, ou tout du moins retardée. La procédure servant à son calcul reste à définir mais ce sont les niveaux d’émission d’équivalences CO2 qui seront sans doute retenus et on parle d’un tarif de l’ordre de 32€ la tonne ce qui rapporterait plus de 8 milliards de recette annuelles à l’Etat. Normalement, elle devait être à la charge des ménages et des entreprises. Au niveau français, Il avait cependant été évoqué qu’elle ne génère pas un supplément de recettes fiscales globales et soit compensée par une baisse d’autres prélèvements.

Quoi qu’il en soit, cela ne présume pas que chacun gardera sa charge fiscale initiale. Il est possible que ce qui est payé en plus par les uns soit redistribué aux autres. Dans ce cas, vérifier la neutralité fiscale globale de cette mesure serait un véritable défi…

 En SUEDE, où elle existe déjà, ce mécanisme récolte près de 10 % des ressources publiques du pays et la compensation a donné lieu à une hausse des allocations familiales et à des réductions d’impôts sur les bas revenus.

Les produits associés à ces coûts

Au-delà du fait que la lutte pour l’assainissement de la planète s’avère désormais tout autant indispensable que la lutte contre une maladie épidémique et que les stratégies permettant de contenir les émissions de CO2 sont conçues dans un objectif « sanitaire », en résultera-t-il des profits plus directs pouvant être constatés à court terme ?

Au niveau individuel, la taxe, nous l’avons évoqué, peut être envisagée comme un outil de soutien solidaire.
Au niveau des entreprise, le cout « bilan carbone et taxe » peut être considéré  comme le financement de services qui lui permettront de réaliser des choix pertinents en matière d’énergie, tels que :

  • Zoom sur les postes les plus exposés à l’augmentation du prix des énergies fossiles et simulations ;
  • Economies par l’optimisation de l’utilisation des moyens de transport et par modification de comportements  individuels et collectifs.

 Aussi, ce coût peut participer à anticiper les changements de la société, à travers les démarches entreprises :

  • Communiquer et sensibiliser, en interne et en externe, sur la démarche environnementale entreprise tant il parait évident que les donneurs d’ordre publics exigeront à terme de leurs fournisseurs cette attitude « citoyenne », parmi leurs critères ;
  • Se préparer à la pénurie annoncée des moyens énergétiques traditionnels ;
  • Mise en place d’actions prolongeant les conclusions du bilan carbone ;
  • Analyses de cycles de Vie de produits (éco-conception) ;
  • Mise en place d’une politique de « compensation carbone » pour les émissions incompressibles.

Aujourd’hui en France, ce sont les crédits carbones qui permettent d’exercer une pression financière sur les entreprises qui émettent plus de GES qu’elles n’en on la possibilité, en termes de quotas.    

Le bilan carbone est un instrument au service de l’efficacité de l’entreprise

Faire un bilan carbone ! Oui, mais comment et surtout pourquoi ? Et s’il s’agissait d’améliorer les performances de l’entreprise ? Gérald Lefebvre, expert qualité Eco6S, revient sur les bénéfices de cette démarche, les référentiels européens qui existent et les moyens de bien la valoriser. Autant de conseils qu’il approfondira et détaillera dans le cadre de la formation « Gaz à effet de serre – Etablir son bilan équivalent Carbone et réduire ses émissions » organisée par les Techniques de l’Ingénieur le 27 janvier 2010.

ETI : En ce temps de crise et après l’échec du sommet de Copenhague, qu’est-ce qui doit amener une entreprise à effectuer un bilan carbone ?

Gérald Lefebvre :  » Pour répondre à cette question, il faut revenir sur les bénéfices de cette démarche. Le bilan carbone, comme tout bilan, lorsqu’il est bien fait, permet tout d’abord de remettre en question les performances et l’efficacité de l’entreprise. En effet un bilan, réalisé selon la méthode d’analyse de cycle de vie tout au long de la chaîne de création de la valeur, est très efficace pour mesurer et analyser ses flux industriels, et donc, pour mesurer l’efficacité énergétique et écologique de ses procédés et produits.

Au delà, l’analyse des flux permet une analyse des coûts en énergie et en matière grâce aux inventaires réalisés pour le bilan. Cette analyse débouche sur une stratégie de réductions des coûts, d’optimisation de l’utilisation de l’énergie et des ressources, et sur une amélioration de la qualité écologique et économique du produit.

Enfin, il s’inscrit dans une démarche de développement durable qui reste, malgré tout, d’actualité. Dans 40 ans, la déplétion des ressources fossiles prépare une période de pénurie. Et à plus court terme, dans 5 à 10 ans, les positions de monopoles sur les mines, les métaux rares et plus largement les ressources rendront toute entreprise n’ayant pas adopté une stratégie d’indépendance et d’autonomie énergétique dépendantes des hausses de prix.

Dans quels cas de figure est-il fortement recommandé de faire un bilan carbone ?

En ce qui me concerne, je recommande très fortement de faire un bilan carbone pour analyser la dépendance des achats et des procédés de l’entreprise en ressources fossiles comme le pétrole, mais aussi vis-à-vis des métaux. En 2009, en Europe, un baril passant de 80 dollars à plus de 150 dollars a causé beaucoup de faillites ! Dans ce cas, la bonne démarche est d’insérer le bilan « carbone », avec d’autres indicateurs comme la pollution de l’eau ou l’utilisation d’énergie, dans la politique de management Qualité ISO9001 & Environnement ISO14001 et QSE (Qualité Sécurité Environnement) de l’entreprise.

Il existe d’autres cas de figure où faire un bilan carbone est fortement recommandé. Il s’agit des entreprises dont les produits touchent une clientèle très sensible aux indicateurs du développement durable, comme par exemple les collectivités ou encore des acheteurs dont les critères de choix intègrent le CO2. Autres groupes concernés : les entreprises de plus de 500 employés qui, depuis le Grenelle 2, doivent le réaliser, ainsi que les entreprises soumises aux règles des quotas CO2.
 
Je déconseille toutefois très fortement d’utiliser uniquement le « CO2 Equivalent », qui est un indicateur du réchauffement potentiel (à 100 ans), comme seul indicateur de performance environnementale. En effet, les dangers de transfert d’impacts de pollutions sont réels et nocifs ! Prenons un exemple. Une étiquette « Empreinte Carbone » sur une pomme « locale », issues de l’agriculture intensive, avec indice pesticide de 14, avec ou sans OGM, pourrait, avec ce seul indicateur, avoir une meilleure empreinte CO2 qu’une pomme biologique venue d’Espagne ! Ce qui ne manquera pas de créer une confusion énorme chez les consommateurs.

Il existe semble-t-il en Europe plusieurs méthodes pour calculer son bilan carbone. Comment s’y retrouver et comment choisir la bonne technique pour améliorer son efficacité ?

Tout d’abord, il faut retenir que la mesure et l’analyse des flux permettent un inventaire précis de l’efficacité énergétique, économique et écologique des produits et procédés. D’autre part, pour faciliter les comparaisons entre pays, l’Union Européenne a adopté une « nouvelle approche » (Directive IPPC et DD) consistant à mettre en place des référentiels industriels pour les MTD : Meilleures Technologies Disponibles. Ces référentiels sont des bases de comparaisons excellentes pour benchmarker son efficacité ! Beaucoup de ces technologies propres sont d’ailleurs référencées dans les bases des Techniques de L’Ingénieur et permettent de trouver des solutions très innovantes.

Concrètement, à toute ressource fossile en déplétion, l’on peut trouver une solution « renouvelable ». Certaines de ces solutions sont … dans l’espace, ou la gravité nulle rend possible bon nombre de recombinaisons physico-chimiques. Malheureusement, peu d’industriels ont une vision à la Kennedy du développement durable ! De fait, en pratique, lorsque la liste des solutions scientifiques et techniques est faite, l’arbitre suprême est toujours le calcul des retours sur investissement. Ce qui ne facilite pas les choses en temps de crise. La visibilité à court terme étant restreinte, la décision d’investir est d’autant plus difficile et souvent repoussée. Ce qui est très dangereux pour l’avenir…

Une fois ce bilan carbone réalisé, comment bien le valoriser ? Et d’ailleurs, est-ce un sésame ?

Un bilan carbone, c’est du T.E.M.P.S. C’est-à-dire, qu’on a pris le soin d’analyser les coûts Toxiques, Energétiques, de Matières, de Procédés et des Valeurs Durables (Sustainability Values tel le recyclage par exemple). Et le TEMPS, c’est de l’argent.

La valorisation des économies d’énergies, de matières et de procédés ne posent généralement pas de soucis ! En revanche, la valorisation des « Externalités » T et S Values, c’est-à-dire les investissements pour économies en toxiques et en valeurs Durables, est plus problématique, à cause des coûts d’investissement, qui ne sont généralement pas payés de retour à court terme ; des coûts réels de pollutions des toxiques qui ne sont pas taxées à hauteur des dégâts causés comme c’est le cas des pesticides ; des valeurs en développement durable qui ne sont pas forcément partagées par les acheteurs ; et enfin, en raison de la non protection ou exonération des entreprises « vertueuses » face à la productivité intensive et non basée sur une éthique « C.E ». On en revient à l’exemple de la pomme OGM et/ou avec pesticides qui sont des toxiques autorisés et de la pomme Bio (S-Valeur Durable non exonérée) que j’ai donné tout à l’heure.

La difficulté de valoriser les investissements n’est pas toujours du fait des entreprises ou des consommateurs qui ne sont pas prêts à payer le prix. Elle vient plutôt du fait que des produits « à bas prix et non éco-conçus » sont autorisés à venir concurrencer des « produits à plus forte valeur ajoutée en développement durable et ne sont ni régulés par des surtaxes, ni soumis à la règle « pollueur-payeur », ni contrôlés sur leurs méthodes et matériaux de fabrication. »

Propos recueillis par Anne-Laure Béranger

 

 

Formation Techniques de l’Ingénieur

27 janvier 2010 : Gaz à effet de serre – Etablir son bilan équivalent Carbone et réduire ses émissions.
Intervenant : Gerald Lefebvre, ECO6S, Expert qualité. 6 Sigma et développement durable

Le programme complet

 

Bilan quadriennal

Dans la gestion d’un site pollué, l’élaboration d’une stratégie efficace repose, entre autres choses, sur l’exactitude du schéma conceptuel. Ce dernier permet de faire figurer les sources, les voies de transfert, les milieux d’exposition et les récepteurs susceptibles d’entrer en contact avec les polluants. Ce schéma n’est pas statique. Il peut changer soit parce que l’information disponible n’était pas exhaustive au moment de sa création, soit parce que différents éléments constitutifs du schéma ont évolué au cours du temps (disparition, modification ou apparition d’une source, d’un vecteur de migration ou d’un récepteur). Par ailleurs, les concentrations dans les différents milieux (source, transfert, exposition) évoluent en fonction des mesures prises, de l’atténuation naturelle ou bien de facteurs annexes influençant les conditions de mobilisation ou de migration des polluants.

Parmi tous ces paramètres responsables du caractère dynamique du schéma conceptuel, il faut reconnaître que certains ne sont pas facilement prévisibles dès le départ. C’est pourquoi la maîtrise d’un site pollué fait appel à des processus de gestion itératif, progressif, évolutif et interactif. C’est aussi la raison pour laquelle, la politique nationale en matière de gestion des sites et sols pollués a rappelé l’importance de la surveillance des milieux au cours du processus et a réaffirmé la prépondérance de la mesure et de son interprétation dans les prises de décision. Le bilan quadriennal constitue en réalité le livrable qui acte de cette orientation.

Cette précaution donne à la stratégie de gestion le supplément de fiabilité permettant de recueillir l’assentiment et la confiance des parties prenantes. En effet, avec les nombreux facteurs d’incertitudes qui caractérisent les sites pollués, la confiance ne peut pas reposer seulement sur les avis d’expert et les modélisations numériques. Parmi ces nombreux facteurs d’incertitude, il faut noter : les lacunes dans la connaissance des événements à l’origine de la pollution, l’hétérogénéité du sous-sol, l’absence de visibilité directe des phénomènes souterrains, le caractère inexacte des sciences du sous-sol, l’utilisation de techniques de traitement récentes et non encore éprouvées en particulier in situ, la difficile quantification des phénomènes de transfert et d’atténuation naturelle.

La mesure et la surveillance des milieux garantissent donc la bonne appréciation des impacts et, de fait, du risque sur le long terme. Son interprétation permet d’identifier des signaux d’alerte et de prendre des mesures correctives en temps opportun. Les phénomènes en jeu étant lents, la surveillance s’opère sur une échelle de temps pluriannuelle. L’article revient sur les moyens et les objectifs du bilan et consacre une large part au retour d’expérience issu d’un cas concret récent…

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CO2 (dioxyde de carbone)

Effet de serre, réchauffement de la planète, fonte de la banquise ou de tel glacier… toutes ces expressions sont maintenant entrées dans le langage du grand public du fait de propos plus ou moins alarmistes transmis par les médias. Les principales molécules à effet de serre sont répertoriées et définies.
On trouve, avec leur valeur de contribution :

  • la vapeur d’eau pour 55 %, le dioxyde de carbone (CO2) pour 39 %,
  • le méthane (CH4) 2 %,
  • l’ozone (O3) 2 %,
  • le protoxyde d’azote (N2O) 2 %
  • ainsi que, dans une moindre part, les halocarbones (chlorofluorocarbones (CFC), fréon, perfluorométhanes) et l’hexafluorure de soufre (SF6).

Certains auteurs ne prennent pas en compte la vapeur d’eau et dans ce cas, bien sûr, les valeurs de répartition sont différentes. Dans ce présent dossier, nous nous intéresserons exclusivement au gaz carbonique dont l’augmentation dans l’atmosphère est due en grande partie à l’activité humaine…

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Il faudrait un organisme pour le climat aussi efficace que l’OMC

D’après une étude de l’association Entreprises pour l’environnement, le facteur 4 est techniquement et économiquement atteignable. Cela suppose un effort mondial dans trois grands domaines : les transports, le bâtiment et les énergies renouvelables. Le point avec Claire Tutenuit, déléguée générale d’EPE.

 

Techniques de l’ingénieur : Le facteur 4, sur lequel s’est engagée la France, consiste à diviser par quatre les émissions nationales de gaz à effet de serre calculé sur le niveau de 1990 d’ici à 2050. Est-ce possible et à quel prix ?

Claire Tutenuit : C’est possible techniquement et économiquement. Nous avons établi un scénario théorique avec un prix du CO2 qui pousse les acteurs à réduire leur consommation d’énergie, que ce soit au niveau des entreprises ou des consommateurs. Pour cela, il faudrait augmenter progressivement le prix du CO2 jusqu’à 400 euros la tonne en 2050. Condition importante de succès, il faut qu’il existe une certaine homogénéité au niveau mondial. Dans notre scénario, si les pays en développement commencent plus tard que les autres, tout le monde y perd. En effet, le développement urbain à base de carbone représente autant de patrimoine à décarboner. En termes de croissance, cela suppose une période de transition avec 20 ou 30 ans de développement ralenti, d’où la nécessité d’une aide financière de la part des pays riches.

Et pour les pays riches, quelles seraient les conséquences pour la croissance ?

Pour les pays riches, le risque pour la croissance est faible, loin de l’impact de la crise actuelle par exemple. Cela fonctionnerait comme une taxe, ce qui implique que cela circule au sein de l’économie.

Comment faire pour que l’effort soit homogène au niveau mondial ?

Les négociations de Copenhague vont aboutir à des engagements mais cela ne sera pas suffisant. Tout repose sur le fait que les pays agissent parce qu’ils croient que les autres vont aussi le faire. Cela suppose un certain degré de confiance et de contrôle mutuel. L’OMC (Organisation mondial du commerce) a réussi pour le commerce. Il faudrait un organisme aussi efficace pour le climat. Pour l’instant, cela n’existe pas. Le programme des Nations Unies pour l’environnement n’a pas de moyens régaliens.

Quelles sont les actions à mener en priorité pour atteindre le facteur 4 ?

Les trois grandes priorités sont le mix transports, le bâtiment et les modes de production de l’énergie. Concernant les transports, il faut que la moitié du parc mondial de véhicules soit décarbonée en 2050, et environ 80 % au niveau européen. Cela suppose un renouvellement massif.

Quels sont les freins technologiques dans le secteur des transports ?

Les voitures électriques coûtent encore chers et il faut résoudre l’enjeu du stockage de l’énergie. Concernant les véhicules à hydrogène, il existe aussi des freins car c’est un gaz léger dont on ne connaît pas bien les propriétés. Cependant ce ne sont pas des freins rédhibitoires.

Quels sont les freins concernant le bâtiment ?

Ce ne sont pas des freins technologiques mais surtout économiques. On préfère aujourd’hui acheter une maison plus grande qu’une maison bien isolée. C’est un problème comportemental et économique. D’une part l’énergie est peu chère et d’autre part l’inertie sur les bâtiments est très grande. La décarbonation ne peut se faire spontanément. Il faut des réglementations ou des contraintes financières adaptées. Cela suppose un changement de mode de vie, dans un premier temps plus contraignant. Mais c’est aussi créateur d’emplois. On estime à 400.000 les créations d’emplois nécessaires pour la rénovation des bâtiments.

Et concernant la production d’énergie ?

Les principaux enjeux sont le stockage et le captage de CO2. Au sujet des énergies renouvelables, les biocarburants de deuxième et troisième générations doivent être productibles et économiquement attractifs. Il faut aussi veiller aux conflits d’usage et ne pas attribuer des terres agricoles aux énergies nouvelles. Pour que le photovoltaïque soit compétitif, il faut atteindre un certain volume et recourir aux incitations. Le photovoltaïque pourrait constituer une filière industrielle au niveau mondial. Cela représente pour l’instant beaucoup d’importations en France, mais le Président de la République a lancé un signal fort pour encourager une filière nationale.

En-dehors de l’émission de gaz à effet de serre, quels sont les grands enjeux dans le domaine de l’environnement ?

L’eau est un sujet majeur au niveau mondial, mais moins en Europe. Le deuxième enjeu est la biodiversité, mais on est moins avancé au niveau scientifique pour définir les actions à mener. Concernant les produits chimiques, Reach est un pas très important, puisqu’il s’applique aussi aux importations. Il s’agit du premier effort de l’Europe pour exporter de la contrainte sur le reste du monde.

Quel rôle les ingénieurs ont-ils à jouer ?

Nous aurons besoin de beaucoup d’ingénieurs. Il va falloir mobiliser de la matière grise ! Il existe un grand problème de formation, il faut la réorienter dans le sens de l’environnement.

Propos recueillis par Corentine Gasquet

 

Entreprises pour l’environnement

Créée en 1992, EPE est une association d’une cinquantaine de grandes entreprises qui veulent mieux prendre en compte l’environnement dans leurs décisions stratégiques et dans leur gestion courante, dans le sens du développement durable.
Ce think tank publie des rapports, dont : « Scénarios de transition vers un monde économe en carbone en 2050 : quels enjeux pour l’industrie ? » (pdf)

 

 

Taxe carbone : injuste pour les uns, permis de polluer pour les autres

Les utilisations énergétiques représentent près de 85 % des émissions de gaz à effet de serre et, parmi celles-ci, le CO2 se taille la part du lion avec une contribution de 95 % [1]. Mais bien que partant d’un bon sentiment et malgré tous les ajustements qui ont été faits pour la rendre plus acceptable, la taxe carbone est un outil injuste et dangereux.

Tout d’abord, quelques ordres de grandeur : En 2004, les émissions mondiales de CO2 ont été de 26,6 milliards de tonnes (Gt). La France a contribué pour 0,39 Gt à ces émissions (1,5 %). À titre de comparaison les USA ont émis 5,8 Gt et la Chine 4,8 Gt. En 2004, un Français a émis 6,2 tonnes de CO2, un Américain 19,7 tonnes et un Chinois 3,7 tonnes. Au niveau mondial, l’émission moyenne était de 4,2 tonnes par habitant.

La réduction des émissions de CO2 doit se faire à l’échelle mondiale. Si la France cessait complètement, mais seule, d’émettre du CO2, il faudrait 15 mois pour que l’accroissement de la population mondiale efface la disparition de ces émissions. La première figure montre, pour la France, l’évolution des émissions globales de gaz à effet de serre, tous gaz confondus et la seconde l’évolution des émissions de CO2 par secteur d’activité. Les transports routiers et le résidentiel/tertiaire représentent, ensemble, presque 70 % des émissions de CO2 :

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Quels sont les leviers ?

Il y a trois leviers possibles pour réduire les émissions de CO2 :

  • La technologie : les voitures d’aujourd’hui consomment et polluent beaucoup moins, à performances et service égal, que celles construites il y a 30 ans.
  • Les pouvoirs publics, grâce aux lois, normes et autres instruments règlementaires. Le bonus-malus pour l’achat de voitures neuves en est un exemple.
  • Le consommateur, qui est le décideur final. Il peut, par ses choix, plus ou moins émettre du CO2. Mais il est souvent plus guidé par le prix d’achat que par le coût de fonctionnement.

Il faut utiliser simultanément ces 3 leviers pour réduire les émissions de CO2 qui n’est pas, rappelons le, le seul gaz à effet de serre.

La taxe carbone : inefficace et injuste

La taxe carbone est injuste car elle va toucher principalement les personnes ayant les revenus les plus faibles. C’est le cas de celles obligées de prendre leur véhicule, souvent d’occasion et consommant beaucoup de carburant par rapport à l’équivalent neuf, pour se rendre à leur travail (habitants des banlieues et des campagnes).

De plus, les personnes à faible revenu sont souvent locataires et ne choisissent pas leur moyen de chauffage. S’il est au fioul ou au gaz, elles seront taxées. Que ce soit pour l’habitat ou les transports, beaucoup de personnes n’ont pas de solution de remplacement économiquement abordable.

Aussi, la taxe carbone est un permis de polluer pour les gens aisés. C’est l’équivalence des indulgences que l’on achetait il y a très longtemps pour effacer ses péchés. Le risque est grand que les gens pensent que puisqu’ils payent pour cela ils peuvent émettre du CO2 et aucun effort supplémentaire ne sera individuellement fait.

Le montant de la taxe étant faible, ils s’en tirent à bon compte. Pour les carburants, la TIPP représente un montant bien plus important que la taxe carbone et cette dernière sera noyée dans la taxe existante. Remarquons que la TIPP joue déjà un rôle important pour limiter l’usage de la voiture : si elle n’existait pas, le Français ferait beaucoup plus de kilomètres pour ses loisirs. Une augmentation importante du prix du baril de pétrole, comme celle qui s’est produite en 2008, peut par ailleurs rendre négligeable la taxe carbone sur les carburants.

La taxe carbone concerne principalement les transports et l’habitat. Elle va aussi toucher certaines PME avec le risque de disparition ou de délocalisation de leurs activités.

Heureusement l’électricité n’a pas été taxée puisqu’elle est produite, en France, pour 90 % sans émission de gaz à effet de serre (cf. éditorial de Pierre Bacher). De plus, cette industrie est déjà dans le régime à quotas de CO2. Il faut en effet ne pas confondre énergie et émission de CO2. Il n’y a aucune raison de taxer de l’énergie qui ne produit pas du CO2 : ainsi, il vaut mieux, pour un même usage, consommer 2 kWh de soleil que 1 kWh de pétrole si bien sûr le prix est approximativement à peu près le même.

L’optimum économique

Le CO2 non émis est celui qui est le moins cher. Le CO2 se négocie actuellement autour de 15 €/tonne, ce qui est un prix trop faible pour faire changer les habitudes, mais il est difficile de prendre une autre valeur sous peine de distorsion économique.

Mieux isoler une maison avec un peu de laine de verre ou baisser sa température de 1 °C lorsqu’on se chauffe avec du fioul ou du gaz naturel sont des actions qui permettent d’économiser du CO2 à un coût très bas. Ce n’est par contre pas le cas avec la promotion d’énergies renouvelables comme l’éolien (environ 40€ €/tonne de CO2 évitée) ou le solaire (environ 600 €/tonne de CO2 évitée).

Pour ce qui est de la mobilité, il ne faut pas croire que les transports en commun sont la solution universelle. Ils ne concernent que certaines villes. Si l’on prend par exemple le cas de la capitale, ils sont saturés aux heures de pointe et ne pourraient pas accueillir beaucoup plus de voyageurs. De plus, dans la plupart des gares de banlieue, il est difficile, impossible ou coûteux de garer son véhicule pour prendre les transports en communs. La taxe carbone sur les carburants va donc toucher de plein fouet des usagers captifs, souvent modestes. Quant à la redistribution, l’argent d’aujourd’hui reviendra peut être en partie demain. En attendant il faut l’avancer et voir son pouvoir d’achat diminuer.

La taxe carbone est d’autant plus injuste qu’elle va pénaliser des gens captif d’un système où ils n’ont pas les moyens d’investir pour émettre moins. À ce titre, le système du bonus-malus pour les voitures est beaucoup plus juste puisque l’on a le choix d’émettre beaucoup ou peu en toute connaissance de cause.

 

Références :

[1] CO2 emissions from fuel combustion, 2006, IEA, Paris
L’énergie, Edition 2007, DGEMP
Demain l’énergie, C.Ngô, Dunod, 2009
Our energy future, Resources, alternatives, and the environment, C.Ngô et J.Natowitz, Wiley, 2009

Christian Ngô collabore aux rubriques Energies, Chimie/Agroalimentaire et Biotechnologies. Il a fait de la recherche fondamentale en physique nucléaire pendant presque 20 ans à l’Université d’Orsay et au CEA/Saclay. En mai 2008, il a créé Edmonium Conseil. Lire son blog.

« Le Bilan Carbone est avant tout un outil »

Instantannés Techniques : Quelles est la place du Bilan Carbone dans le diagnostic gaz à effet de serre ?

Bertrand Swiderski : Le Bilan Carbone de l’ADEME fonctionne comme un véritable outil pour faire ces « diagnostics gaz à effet de serre ».

Le Bilan Carbone tel que proposé par l’ADEME est-il certifié ?

Pas du tout. C’est plutôt un outil franco-français, développé par l’ADEME. On pourrait dire que le seul défaut de cet outil est qu’il n’est pas international. Certains de nos clients nous demandent d’utiliser le GHG (GreenHouse Gas) Protocol, qui est un outil équivalent, fourni par l’ONU. C’est un outil beaucoup plus international, même s’il est moins ergonomique que le bilan carbone. Aujourd’hui, une entreprise française ayant des clients étrangers devra jongler entre les deux outils.

Utiliser la méthode Bilan Carbone nécessite une formation. Pour autant, s’agit-il d’un outil réservé aux experts ?

Oui. La formation est importante car elle permet de comprendre comment récupérer les données, et les utiliser dans l’outil. C’est clairement un outil destiné à des experts, même s’il se résume finalement à une table excel.

Quel est l’intérêt pour les entreprises d’entreprendre une évaluation « diagnostic gaz à effet de serre » ?

Le diagnostic gaz à effet de serre sur une activité industrielle, ou une activité tertiaire d’ailleurs, va permettre d’étudier les émissions de ces mêmes gaz à effet de serre. Ces émissions peuvent être liées à l’utilisation d’un bâtiment, ou d’un outil industriel. Le diagnostic gaz à effet de serre permet de mettre en valeur les émissions globalement, mais aussi à travers différents postes. C’est intéressant pour évaluer la stratégie pour l’entreprise en termes d’amélioration continue des résultats de ces bilans.

Quelle va être la typologie de votre clientèle, au niveau de la démarche ?

Certaines entreprises vont faire cette démarche après une demande explicite d’un client, cela représente une grande partie de notre clientèle. Après, certains de nos clients sont plus sensibles à cette démarche et demandeurs. Les aides allouées pour encourager la démarche ont aussi permis à certains de franchir le cap. L’obligation pour les entreprises de plus de 500 salariés d’effectuer ce bilan carbone est évidemment une raison supplémentaire. Aussi, certaines entreprises sont déjà dans une démarche d’affranchissement progressif vis-à-vis des énergies fossiles, vis-à-vis du développement du mix énergétique plus généralement.

Il y a donc clairement un aspect économique pour vos clients ?

La contrainte écologique marche bien, la contrainte économique marche mieux. Pour ces deux entreprises, le PNAQ a permis de transformer une contrainte en opportunité. Ces investissements deviennent rentables grâce à la location de quota. Depuis Kyoto, la France a mis en place le PNAQ (plan d’allocation national des quotas) : 1 100 entreprises ont un quota d’émissions de CO2. Quand elles dépassent ce quota, elles sont dans l’obligation d’acheter des crédits carbone, de compenser financièrement ce dépassement. La mise en place de PNAQ a eu beaucoup d’effets dans les entreprises. L’aspect économique est donc devenu un enjeu, de plus en plus important. Pour l’entreprise, la dépendance aux énergies fossiles devient non seulement pénalisante au niveau économique, via les crédits carbones, mais elle le devient également sur le plus long terme, car elles se raréfient dangereusement. Dans ce sens là, le Bilan Carbone est un outil de prospective intéressant.

Quelle va être la démarche pour les entreprises financièrement très pénalisées par la mise en place du PNAQ ?

Nos clients investissent fortement pour réduire leurs émissions. L’un de nos clients, qui entre dans la troisième année de mise en place du projet de réduction des émissions, a déjà fortement réduit ces dernières. Au bout de quatre ans, les résultats annuels pondérés sur ces quatre dernières années devraient être inférieurs aux quotas alloués. L’entreprise en question a investi dans une chaudière bois intégrale à la place du chauffage au gaz. Bien sûr, il s’agit d’une entreprise énorme, hyper consommatrice d’énergie. L’investissement était de quatre millions d’euros. Pour une autre entreprise, la solution est passée par la mise en place d’un dispositif de cogénération, afin de réduire fortement sa consommation de gaz, tout en produisant de la vapeur d’eau et de l’électricité.

Peut-on imaginer que le PNAQ s’applique, à terme, à toutes les entreprises ?

C’est l’idée… Pour les plus petites entreprises, la démarche mérite d’être adaptée. On semble se diriger vers une prise en compte d’une partie du diagnostic gaz à effet de serre pour établir des exigences cohérentes écologiquement et économiquement. Une ISO vient de sortir, avec trois scopes de résultats. Le Bilan Carbone comme le GHG permettent d’extraire des données selon ces trois scopes. On peut donc imaginer une taxation sur un de ces scopes là.

Quelle va être le suivi de la démarche « diagnostic à effet de serre » dans une entreprise, au-delà du dit diagnostic ?

Quand on établie un diagnostic gaz à effet de serre, on établie par la suite un tableau de bord, qui va mesurer l’évolution des émissions de CO2. Bien sûr, on va pondérer les émissions par rapport à la production de l’entreprise elle même. Quand les entreprises produisent moins, elles polluent moins. Le diagnostic se fait tous les deux ans.

Les entreprises s’intéressent également à l’empreinte carbone des produits qu’elles fabriquent…

Oui. Mais l’outil de l’ADEME ne permet absolument pas d’évaluer l’empreinte écologique d’un produit. Les entreprises craignent beaucoup la mise en place de l’étiquetage CO2. Maintenant, on parle plus d’étiquetage environnemental que d’étiquetage CO2. Du coup, elles font la démarche pour évaluer par quels biais elles pourraient réduire leurs émissions. Les transports de marchandise sont une source d’émission importante, donc nous sommes très sollicités sur ce type de réflexions. Sur le site de l’Afnor, on trouve les modalités de calcul de l’empreinte écologique d’un produit. On s’est rapproché d’une ACV (analyse du cycle de vie) simplifiée. Hormis le CO2 émis, elle prend en compte la consommation d’eau, rejets d’eau, émission de polluants…

Qu’est-ce qui a changé dans la démarche de vos clients depuis la mise en place de ces outils d’aide à l’évaluation des émissions polluantes ?

L’obligation pour les entreprises, la probabilité de la généralisation de ce type de démarche, fait évoluer les motivations de notre clientèle. Avant, nous étions destinés à des gens qui voulaient être vertueux, maintenant nous sommes plus dans une relation client / fournisseur.
Au-delà de la généralisation du bilan carbone pour les entreprises de plus de 500 salariés, quelles décisions du Grenelle jugez vous impactantes, au niveau des entreprises avec lesquelles vous collaborez ?
La collecte des déchets organiques obligatoires est une avancée énorme. Trois grosses usines se construisent autour de Paris rien que pour ça. Au niveau des industriels, la réflexion est complète, puisque traiter les déchets séparément est quelque chose de très nouveau. Toute une chaîne se met en place.

C’est plutôt positif…

C’est même une révolution. Après, il faut faire attention. Le Grenelle peut nous faire beaucoup de bien comme beaucoup de mal. Si rien ne change après les décisions du Grenelle, il risque d’y avoir une remise en cause de l’importance que l’on accorde à l’écologie.

Propos recueillis par P.T

EN SAVOIR PLUS :

Le bilan carbone obligatoire pour les entreprises :
Bilan Carbone obligatoire pour les entreprises de plus de 500 personnes. Le Parlement est allé plus loin que le Sénat en étendant l’obligation de réalisation du Bilan Carbone à toutes les entreprises de plus de 500 personnes quel que soit leur secteur d’activité (le texte du Sénat limitait l’obligation aux secteurs fortement émetteurs). Ce Bilan doit avoir été établi pour le 31 janvier 2012. Il est rendu public et doit être mis à jour au moins tous les trois ans (art.75).

Affichage environnemental et contenu carbone :
La loi Grenelle 2 prévoit aussi, en son article 228 des mesures qui devraient inciter de nombreuses entreprises, quelle que soit leur taille à s’intéresser à leur impact environnemental et en particulier, à leur empreinte carbone. Il s’agit des mesures concernant l’affichage environnemental des produits de grande consommation.
L’article 228 stipule notamment : À partir du 1er juillet 2011 « À partir du 1er janvier 2011 […] une expérimentation est menée […] afin d’informer progressivement le consommateur par tout procédé approprié du contenu en équivalent carbone des produits et de leur emballage […] qui sont imputables à ces produits au cours de leur cycle de vie.»

Un Bilan Carbone pour tous, tous pour un Bilan Carbone ?

Malheureusement, la réalité est bien plus complexe. Aujourd’hui, toute activité humaine, quelle qu’elle soit, engendre directement des émissions de gaz à effet de serre, même une compagnie d’assurances ou une crèche. Il faut en outre y rajouter des émissions « indirectes », liées aux produits ou services consommés pour « faire tourner la boutique », et qui peuvent facilement être bien plus importantes que les émissions directes. Commençons par le principal de ces gaz à effet de serre, le gaz carbonique. Il s’en dégage dans l’atmosphère dès que nous brûlons un produit contenant du carbone : du charbon, du pétrole, du gaz naturel, du bois…ou encore du plastique, qui n’est rien d’autre que du pétrole transformé. Nous allons donc trouver des émissions de gaz à effet de serre :

  • dès que l’on utilise une source d’énergie « fossile » (charbon, gaz, produits pétroliers), que ce soit pour se déplacer (en avion, en voiture, ou en bateau) ou pour se chauffer (les émissions du chauffage des logements et bureaux, en France, représentent des émissions supérieures à celles des voitures particulières). Le tableau donne une idée de la répartition des émissions, en associant les Kg équivalent carbone émis par tonne équivalent pétrole pour diverses énergies (1 tonne équivalent pétrole = 11.600 kWh = 42 milliards de Joules). Les énergies « fossiles » sont celles de gauche, du gaz naturel au coke de lignite (un charbon particulièrement riche en carbone). Pour les moyens purement électriques (hydroélectricité, éolien, nucléaire) les valeurs indiquées correspondent à la consommation de 11.600 kWh électriques (source ADEME, EDF) ;

  • lorsque l’on incinère des ordures contenant du plastique ;
  • pour produire de l’électricité en partant de combustibles fossiles (5% à 10% de l’électricité française est faite avec de tels combustibles, mais cette manière de faire représente plus de 80 % en Pologne ou…..au Danemark) ;
  • pour faire des matières premières (on utilise beaucoup d’énergie fossile pour produire de l’acier, du plastique, du verre, du ciment….) ;
  • dans l’agriculture, qui utilise de l’énergie (dans le tracteur), et qui engendre des émissions de gaz autres que du gaz carbonique, à travers l’élevage de ruminants (boeufs, moutons, chèvres) et l’utilisation des engrais ;
  • dans la putréfaction (par exemple la décomposition du papier en décharge).

Il résulte de cette énumération que n’importe quelle activité humaine, quelle qu’elle soit, engendre des émissions directes de gaz à effet de serre, ne serait-ce qu’à travers le chauffage de ses locaux (s’il est fait au gaz ou au fioul), et des émissions indirectes, qui sont fréquemment très supérieures aux émissions directes, et qui sont « incluses » dans les produits ou services en provenance de l’extérieur et nécessaires à l’activité, même si cette dernière est tertiaire.

Par exemple :

  • il faut chauffer les locaux, et cela engendre des émissions directes (gaz ou fioul) ou indirectes (électricité, avec la remarque ci-dessus) ;
  • toute activité consomme de l’électricité, qu’il faut produire. Cependant, selon la compagnie qui fournit l’électricité, les émissions liées à sa production peuvent varier du tout au tout (le tableau ci-dessous, qui montre les émissions liées à la production d’électricité, illustre bien ce propos. (Source : ADEME) ;

 

  • les transports qui sont nécessaires, que ce soit pour permettre aux salariés de venir travailler, pour livrer les marchandises ou les matières premières, ou pour les déplacements des salariés pendant les horaires de travail, émettent tous des gaz à effet de serre (en fait essentiellement du CO2), car ils consomment des produits pétroliers ;
  • il a fallu bâtir les locaux occupés par l’activité, et donc fabriquer les matériaux de construction, les transporter, et les assembler, et tout cela représente une consommation de combustibles fossiles importante, donc des émissions de gaz à effet de serre ;
  • il a éventuellement fallu fabriquer les matières premières utilisées pour l’activité, et cette fabrication a engendré des émissions de gaz à effet de serre ;
  • éventuellement, il a fallu construire les machines utilisées, ce qui a aussi nécessité d’utiliser de l’énergie pour produire les matériaux, les assembler, et les transporter ;
  • il peut y avoir des réactions chimiques, de l’évaporation de certains solvants, ou des fuites de certains gaz, qui conduisent à relâcher des gaz à effet de serre dans l’atmosphère ;
  • les déchets, ou les emballages des produits vendus, lors de la mise en décharge ou de l’incinération, émettent des gaz à effet de serre…

Comme il n’existe pas une entreprise qui n’utilise pas de moyens de transports pour faire venir ses salariés, ou ne consomme aucun produit manufacturé, fût-ce des feuilles de papier, dont la production a conduit à des émissions de gaz à effet de serre, il n’existe pas une entreprise qui n’exerce pas directement ou indirectement une pression sur le climat futur.

De ce fait, toute entreprise ou activité administrative ou associative peut légitimement s’intéresser aux émissions qu’elle engendre, directement ou indirectement. Comme le lieu d’émission des gaz à effet de serre est sans importance, toute réduction, que ce soit sur les émissions directes, ou sur les émissions induites, est bonne à prendre, et très souvent les émissions induites sont très supérieures aux émissions directes.

Et, bien entendu, il n’est pas possible d’agir et d’établir des priorités autrement qu’en mesurant l’importance respective des différentes sources d’émission, directes ou indirectes. Tout le monde peut agir, et ce n’est qu’avec la mesure qu’il est possible de savoir quelles sont les marges de manoeuvre et où elles se situent.

C’est dans cet esprit qu’a été mis au point, entre mi-2000 et fin 2003, pour le compte de l’ADEME et de la Mission Interministérielle pour l’Effet de Serre, une méthode permettant d’estimer à la fois les émissions directes et les émissions indirectes de gaz à effet de serre de toute activité industrielle ou tertiaire, intitulée le « Bilan Carbone ». Cet intitulé désigne tout à la fois :

  • une méthode de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre, compatible avec l’initiative GHG Protocol ;
  • un tableur Excel prêt à l’emploi pour effectuer le calcul des émissions, comparer entre elles les émissions d’une année sur l’autre, et évaluer le potentiel de diverses actions de réduction ;
  • le manuel d’utilisation du tableur ;
  • le document décrivant la mise au point de la méthode, qui explique notamment comment ont été choisies les valeurs par défaut utilisées dans le logiciel et les sources utilisées.

L’esprit général de la démarche est de partir de données facilement disponibles dans l’entité examinée pour parvenir à une bonne évaluation des émissions directes ou induites de l’activité. A long terme, l’objectif est bien sûr de généraliser ce Blian Carbone, puisqu’on voit bien que chaque activité humaine produit des GES, en quantité difficilement estimable sans cet outil.

J-M.J

Sources : ADEME, EDF, X-Environnement.

Taxe carbone : faut-il taxer l’électricité ?

La taxe carbone, parfois appelée « contribution climat-énergie », se fixe comme objectif de faciliter les actions de tous les décideurs devant réduire les émissions de gaz à effet de serre dues à l’énergie. Elle a ainsi vocation à s’appliquer aux usages diffus des énergies carbonées non soumises au régime européen des quotas de CO2, qui représentent en France les deux tiers des émissions.

Ce rappel, clairement exprimé par Michel Rocard [1] en ouverture de la conférence des 2/3 juillet 2009, semble devoir exclure l’électricité du champ de cet impôt, puisqu’elle est soumise au régime des quotas. De nombreuses voix s’élèvent cependant pour étendre à l’électricité l’application de l’impôt, au nom du développement durable et, surtout, du côté des écologistes, pour ne pas avantager le nucléaire.

Notons tout d’abord que l’imposition d’une taxe carbone à une énergie non carbonée (renouvelable ou nucléaire) serait difficilement explicable aux consommateurs sans de fortes contorsions sémantiques : c’est ainsi que l’on évoque le développement durable (les ressources en uranium, même si elles sont considérables, n’étant pas renouvelables) et l’expression « contribution énergie-climat » pour faire oublier que ce sont les énergies carbonées qui sont en cause dans la problématique du climat. On peut certes vouloir encourager la sobriété énergétique, au nom d’une éthique de société, et taxer toute énergie, quelle qu’elle soit, mais cela est un autre débat.

Un objectif à terme de 100 € la tonne de CO2

Il n’en demeure pas moins qu’une fraction de l’électricité est produite à partir d’énergies carbonées (charbon, pétrole et gaz) : près des deux tiers en Allemagne, au Royaume Uni et en Espagne, plus de la moitié dans l’Europe des 27, mais entre 5 et 10 % en France. Le régime européen des quotas n’a guère pénalisé ce secteur, la tonne de CO2 s’y négociant entre 10 et 20 €.

La mise aux enchères des quotas à partir de 2012 aura en principe pour effet de les pousser à la hausse, mais la plupart des spécialistes anticipent une hausse limitée [2],au moins jusqu’en 2020. L’effet sur le coût du MWh carboné resterait alors trop faible pour influencer les consommateurs (moins de 10 €/MWh pour une centrale à gaz à cycle combiné).

Il ne serait pas insensé d’étendre la taxe carbone aux électricités carbonées, en combinant cela à une politique tarifaire faisant payer plus cher l’électricité aux heures de pointe où la part des énergies carbonées est la plus élevée. A 100 € par tonne de CO2, objectif à terme proposé par Michel Rocard, l’augmentation du coût serait de 50 €/MWh pour le gaz et 100 €/MWh pour le charbon, à comparer à une fourchette actuelle de 50 à 60 €/MWh pour ces deux sources. Il faudrait bien évidemment sortir l’électricité carbonée du régime des quotas (ou inventer un système complexe de coexistence évitant de payer deux fois).

Tirer profit de l’électricité décarbonée

La France pourrait-elle adopter une telle taxe ? Il faudrait convaincre les autres pays européens de faire de même, faute de quoi les électriciens des pays non soumis à la taxe bénéficieraient d’un avantage indu et la France devrait arrêter ses propres centrales thermiques.

Mais il n’y a aucune chance pour que les pays largement tributaires des énergies carbonées (à commencer par l’Allemagne) acceptent un tel renchérissement de leur électricité. Et le marché européen unique de l’électricité interdit d’instaurer une taxe sur les importations

Ne faut-il pas dès lors inverser la question, et se demander comment la France peut valoriser, dans les secteurs d’utilisation diffuse de l’énergie (habitat et transport), l’avantage important que lui confère son électricité, décarbonée à plus de 90 % et, relativement, bon marché ?

  • Dans l’habitat, le chauffage électrique direct est intéressant dans les logements très bien isolés (il faut bien évidement regarder le « système isolation + chauffage » et comparer les bilans thermodynamiques et les coûts. Les pompes à chaleur sont un complément très utile, voire incontournable, à l’énergie solaire. Globalement l’ensemble isolation, énergies renouvelables et électricité permettent, avec des technologies disponibles aujourd’hui, de remplacer presque complètement les énergies fossiles de ce secteur.
  • Dans les transports, les progrès récents dans les batteries permettent d’entrevoir des voitures hybrides, rechargeables sur le réseau, et, dans certaines niches, des voitures tout électriques.

Dans ces deux secteurs, la France bénéficie d’un avantage considérable lié au fait que son électricité est très peu carbonée. Cet avantage sera encore accentué lorsque se développeront les systèmes intelligents permettant à chacun de limiter volontairement sa demande aux heures de pointe.

Maintenir une électricité bon marché va bien dans le sens de la protection du climat. Taxer cette source d’énergie, déjà fortement mise à contribution pour financer les électricités renouvelables, aurait en revanche un effet pervers.

 

Source :

Pierre Bacher , ancien élève de polytechnique, est l’auteur de « L’énergie en 21 questions » – édition Odile Jacob (2007), membre du conseil scientifique de Sauvons le Climat et éditorialiste à l’Espace Veille de Techniquesde l’ingénieur.

[1] Michel Rocard « Les enjeux de la conférence sur la contribution climat-énergie »

[2] Les mécanismes de fixation du cours des quotas sont complexes : équilibre de l’offre et de la demande, spéculation… On peut penser que l’adoption d’un système de quotas par les Etats-Unis aurait pour effet de tirer les prix vers le bas, ceux-ci disposant d’importantes capacités de réduction de leurs émissions. Idem pour le Brésil.

Les news «énergies» du mois de janvier

A l’international, 2011 redémarre à toute vitesse

Aux Etats-Unis, à l’occasion de la réception par Barack Obama du président chinois Hu Jintao, la compagnie d’énergie américaine Duke Energy et le groupe chinois ENN Group ont convenu de développer ensemble des « cités vertes » en Chine et aux Etats-Unis, illustrant les débuts d’une coopération entre les deux pays dans les cleantech qui ne se passe pas sans heurts. L’enjeu est crucial : la Chine a annoncé vouloir investir des centaines de milliards de dollars dans les énergies renouvelables, et son marché s’annonce colossal. Mais à côté de cette unité apparente se cache un véritable bras de fer : Washington veut freiner le protectionnisme chinois mais aussi se protéger contre l’arrivée massive d’éoliennes et de panneaux solaires chinois bon marché sur son sol. Pékin, de son côté, veut exactement le contraire.

Les énergies renouvelables concentrent l’innovation

Sur le continent américain toujours, les énergies renouvelables font le buzz en ce début 2011. Ainsi, c’est la compagnie aérienne brésilienne TAM Airlines, en partenariat avec Airbus, qui vient d’effectuer un premier vol d’une durée de 45 minutes sur un A320, équipé de réacteurs CFM56 alimentés par un biocarburant à base de Jatropha, un carburant composé pour moitié de biocarburant issu du Jatropha, une plante originaire du Brésil, l’autre moitié étant du kérosène aéronautique classique. Les études ont montré que l’utilisation de biocarburants aéronautiques fabriqués à partir de ce végétal pourrait réduire l’empreinte carbone globale du secteur de près de 80% par rapport au kérosène classique issu du pétrole. « Ce vol expérimental vient matérialiser la participation de TAM Airlines à un vaste projet dont le but est de développer la chaîne de production de biocarburant renouvelable élaboré à partir de la biomasse végétale, et créer une plate-forme brésilienne pour un biocarburant aéronautique durable », a déclaré Libano Barroso, Président de TAM Airlines.

L’Europe ignore t-elle son potentiel ?

Au niveau européen, c’est un rapport (réalisé par le Marine Board / ESF) sur les biotechnologies marines et leur potentiel au niveau continental qui interpelle. En effet, selon ce rapport, l’Europe pourrait être leader, au niveau mondial, en matière de biotechnologies marines.
En effet, les biotechnologies marines représentent actuellement un marché de 2,8 milliards d’euros à l’échelle mondiale, et pourraient potentiellement croître de 12 % par an si industriels et universitaires collaborent.
Depuis la fin des années 1990, des économistes cherchent à mesurer la valeur économique de la biodiversité ou des services écosystémiques rendus par cette diversité. La pêche étant une filière économiquement importante, les relations de la biodiversité marine à la pêche ont fait l’objet de nombreuses analyses économiques. Les auteurs ont conclu « que la perte de la biodiversité marine porte de plus en plus atteinte à la capacité des océans à fournir de la nourriture, maintenir la qualité de l’eau, et à se remettre des perturbations qu’il subit. Pourtant, les données disponibles suggèrent que – à ce point – ces tendances sont encore réversibles ».

Selon le rapport, à partir des ressources existantes, les biotechnologues marins sont capables de développer de nouveaux produits et services pouvant contribuer à une meilleure appréhension de futurs défis, tels que des ressources durables en nourriture et en énergie, le développement de nouveaux produits pharmaceutiques, et l’approvisionnement en nouveaux matériaux et procédés industriels : micro-algues pour le carburant, bio-polymères, bio-matériaux… Le rapport énumère les actions nécessaires comme suit :

  • Le développement de nouvelles stratégies de recherche et de programme de biotechnologies marines, cohérent aussi bien au niveau national et régional qu’au niveau européen ;
  • L’amélioration des technologies de transfert dans le but de renforcer la collaboration entre recherche universitaire et industrie ;
  • La garantie d’un accès juste et équitable aux ressources génétiques marines en support à l’innovation européenne de plus en plus importante dans ce secteur ;
  • La création d’une identité plus forte et le besoin de communiquer pour accroître la sensibilisation aux recherches sur les biotechnologies marines européennes.

Finance et climat : il est temps de se parler

Autre information surprenante, quoique : la disponibilité et l’accès à l’information sur le changement climatique demeurent insuffisants pour la plupart des principaux établissements financiers du monde. Une toute nouvelle étude réalisée par le Groupe de travail sur les changements climatiques du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et un institut allemand, le Sustainable Business Institute (SBI), en partenariat avec le ministère allemand de l’éducation et de la recherche, vient de démontrer que la disponibilité et l’accès à l’information sur le changement climatique demeurent insuffisants pour la plupart des principaux établissements financiers du monde. Les résultats de cette étude, compilés dans un rapport rendu public mardi et menée auprès de plus de 60 institutions financières des pays développés ou en développement, mettent en avant l’intérêt croissant de ces organismes, et des compagnies d’assurance, pour les secteurs liés à la protection de l’environnement et au changement climatique, et la nécessité pour elles d’être mieux informées sur les impacts physiques et économiques des évolutions climatiques, peut on lire dans un communiqué de presse. Paul Clements-Hunt, chef de l’Initiative financière du PNUE et l’un des auteurs du rapport, explique : « Jusqu’à présent, le rôle clé que les institutions financières du secteur privé et leurs dirigeants peuvent jouer pour accroître la résilience au changement climatique des économies et des sociétés a été, au mieux, négligé. La réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation aux effets inévitables au réchauffement climatique doivent pourtant aller de pair si nous voulons relever le défi climatique actuel. Cette étude est une première étape, pour que les institutions financières puissent commencer à jouer leur rôle plus important dans l’accélération du passage à une économie verte, résistante au climat ».

 

Renault, la DCNS… de grandes résolutions pour 2011

Bien sûr, l’actualité de ce mois de janvier en France concerne Renault, et les accusations d’espionnage portées par le constructeur français… Selon les informations parues dans la presse, l’espionnage concernerait notamment les nouvelle batteries développées par Renault. La firme au losange a évoqué, en ce début d’année, le développement de toutes nouvelles batteries, « utilisables à la maison ». En effet, Le Pdg de l’alliance automobile Renault-Nissan, Carlos Ghosn, a affirmé qu’une batterie rechargeable de voiture électrique pouvait servir au-delà de la durée de vie du véhicule, afin de stocker et fournir de l’énergie à usage domestique. Selon le Pdg, la durée de vie de la batterie est un faux problème, car « elle va à peu près au-delà de celle de la voiture », a-t-il expliqué devant des journalistes, évoquant une longévité d’une dizaine d’années, soit une existence plus longue que la durée d’utilisation moyenne d’une voiture.

Parallèlement, le japonais Nissan, partenaire de Renault, a commencé à livrer son modèle tout électrique Leaf aux États-Unis et au Japon, avant l’Europe début 2011. L’assemblage de la Leaf devrait en outre démarrer à Smyrna (Tennessee, États-Unis) à la fin 2012 et à Sunderland (Angleterre) au début 2013. Le constructeur nippon a enregistré 6.000 pré-commandes au Japon et 20.000 aux États-Unis.

Des sous-marins nucléaires au nucléaire sous-marin ?

Un autre secteur industriel important en France, celui de la marine : DNCS, leader européen du naval de défense, a créé l’événement en ce mois de janvier en présentant largement à la presse écrite et audiovisuelle son spectaculaire projet de centrale nucléaire sous-marine de petite capacité, Flexblue. La technologie Flexblue était développée dans le plus grand secret depuis quelques années par DCNS. La voilà aujourd’hui portée en pleine lumière par Patrick Boissier qui a déclaré : « Flexible Energy Blue, comme la mer et l’énergie, est un concept sans équivalent sur le marché qui permet d’apporter une source d’énergie sûre, continue, compétitive, qui n’émet pas de CO2, modulaire, un concept qui n’aurait pas d’impact sur le paysage et accessible par la plupart des pays ». Il s’agit d’un concept qui intègre des technologies déjà bien connues et parfaitement maîtrisées par la DCNS qui a construit les chaufferies des sous-marins nucléaires français et du porte-avions Charles de Gaulle.  » Sous-marins nucléaires, porte-avions, nous avons monté 18 centrales nucléaires ! « , explique Patrick Boissier. Flexblue utilise donc toutes les technologies éprouvées existant déjà chez DCNS, ne nécessitant pas de lourds investissements, ce qui devrait en toute logique permettre d’obtenir un produit capable de fournir de l’électricité à un coût compétitif. Affaire à suivre donc…

Juridique : poids-lourds encore plus lourds et obligations des DPE

Les infos juridiques : Promis cet été aux agriculteurs, le décret autorisant la circulation des 44 tonnes, contre 40 actuellement, est paru ce 18 janvier au Journal Officiel. La mesure sera généralisée aux autres secteurs fin 2012 dès la mise en place de l’écoredevance poids lourds. Annoncé fin avril 2010 par le Président Nicolas Sarkozy, suite à la manifestation des céréaliers à Paris, le passage de 40 à 44 tonnes des poids lourds vise à soutenir « la compétitivité des exploitations agricoles », avait alors expliqué le chef de l’Etat : « Cela aura un double effet : réduire les émissions des gaz à effet de serre et apporter un gain de productivité de 11 % sur le prix des matières premières agricoles. C’est 80 millions d’euros par an pour ces filières ». Rappelons que les émissions de GES des poids lourds restent toujours 10 à 100 fois plus élevées par rapport à un transport par mode ferroviaire ou fluvial. La fédération France nature environnement (FNE) a de nouveau dénoncé une mesure anti-Grenelle au profit des lobbies agro-alimentaires et routiers. Elle a réaffirmé son opposition à la généralisation des 44 tonnes qui, selon elle, ne favorise pas le report modal et craint une porte ouvert laissée aux méga-camions de 60 tonnes alors que le gouvernement avait fin juillet 2009 reculé sur leur expérimentation.

Autre obligation en ce début 2011, Toutes les annonces immobilières, y compris celles des particuliers, devront afficher les résultats du diagnostic de performance énergétique (DPE) à partir du 1er janvier 2011 et le non-respect de cette obligation nouvelle sera passible de sanctions judiciaires. « C’est une vraie révolution pour le marché immobilier car cette « valeur verte » va être un élément de négociation du prix de vente et inciter à faire des travaux d’économie d’énergie », a affirmé le secrétaire d’État au Logement Benoist Apparu. Pour le ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo, cette mesure « est plus importante que le  » bonus-malus écologique » pour les voitures » en raison de l’importance de l’investissement lors d’un achat immobilier et du montant des dépenses énergétiques des ménages. Cette obligation d’affichage, instituée par la loi Grenelle 2 de juillet, « s’applique à tous les biens immobiliers au moment des ventes et des locations, lorsqu’ils sont soumis à l’obligation de réaliser un DPE à compter du 1er janvier 2011 », indique le projet de décret présenté en conseil des ministres.

Des contrats pour les bioénergies…

Global Bioenergies est aujourd’hui l’une des rares entreprises au monde, et la seule en Europe, à développer un procédé de conversion de ressources renouvelables en hydrocarbures. Après avoir franchi avec succès les premières étapes du développement de son procédé de bioproduction d’isobutylène, cette entreprise poursuit l’optimisation du rendement de son procédé, tout en se préparant à mener des tests sur des installations pilote. Parallèlement, Global Bioenergies cherche à répliquer ce succès aux autres molécules de la familles des alcènes gazeux (propylène, éthylène, butylène linéaire …), les molécules centrales de la pétrochimie, provenant aujourd’hui exclusivement du pétrole. 

Le 14 décembre dernier, Global Bioenergies a annoncé la signature avec un industriel américain d’un premier contrat portant sur une application particulière de son procédé de bioproduction d’hydrocarbures gazeux. Un premier résultat commercial qui valide la stratégie commerciale mise en place par cette entreprise qui prévoit l’établissement d’accords de licence spécifiques par applications. « La concession en amont de droits futurs sur nos procédés contribue à leur financement et permet d’en accélérer le développement. De tels accords représentent une bonne opportunité pour les industriels qui obtiennent des droits dans des conditions privilégiées en prenant part au risque de l’industrialisation. Nous prévoyons de signer plusieurs nouveaux accords industriels dès 2011 », a expliqué Marc Delcourt.
 

Zoom sur l’Allemagne

Chaque mois, les bilans thématiques d’IT vous proposent de découvrir comment nos voisins européens appréhendent les problématiques liées aux énergies renouvelables, notamment en termes de recherche. Ce mois-ci l’Allemagne, un exemple à suivre en termes d’investissements, de prise de conscience et d’implication étatique.

DESERTEC, quand la folie des grandeurs devient réalité

A l’étude depuis plusieurs années, le projet mondial DESERTEC, dans lequel ce sont investis de grands industriels allemands, vise à capturer l’énergie solaire et éolienne des déserts. Actuellement, DESERTEC s’intéresse à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient. L’électricité générée sera transportée via des lignes à haute tension ou des câbles sous-marins. Cependant, les chercheurs ajoutent que les câbles, systèmes et composants utilisés actuellement devront être adaptés au futur environnement de production. Le but est de s’assurer que les consommateurs reçoivent l’électricité d’une manière fiable, et avec le moins de pertes possibles.
 C’est pour cela qu’une équipe de recherche allemande étudie plusieurs solutions et travaille sur des composants capables de convertir l’énergie électrique avec un rendement élevé. L’équipe signale que l’on utilise de plus en plus le courant continu pour transporter l’énergie à plus de 500 kilomètres ou pour des câbles sous-marins. En effet, cette méthode assure une tension constante et une faible consommation, avec des pertes maximales de 7% à longue distance contre 40 % en courant alternatif. C’est en tout cas une voie de recherche essentielle pour mener à bien ce projet un peu fou, mais qui ne cesse de prendre une forme de plus en plus concrète.

Conscient de l’importance de projets comme DESERTEC, le Ministre fédéral de l’Environnement, Norbert Röttgen, soutient vivement la recherche sur les énergies renouvelables et augmente ainsi pour 2011 le budget dans ce domaine. « Afin de renforcer les énergies renouvelables, les entreprises et les scientifiques doivent plus s’investir dans la recherche et le développement. Pour ce faire, ils peuvent compter sur le ministère fédéral de l’environnement : nous allons augmenter de manière significative notre financement dans la recherche ». En 2010, près de 120 millions d’euros ont été attribués à ce champ d’étude ; en 2011 les fonds disponibles sont d’ores et déjà de 128 millions d’euros.

Les 184 nouveaux projets de recherche prévus concernent l’énergie éolienne, en particulier en mer, et l’énergie photovoltaïque (PV) en vue de réduire les coûts et d’améliorer son efficacité.



Las Allemands champions de l’investissement durable

En terme de recherche pure et d’innovation l’information de ce mois de janvier concerne les biocarburants… et les algues. En effet, les micro-algues constituent un enjeu d’avenir pour la production de biomasse et de biocarburants. Conscientes de l’intérêt de cette technologie, la France et l’Allemagne intensifient actuellement leurs efforts de R&D dans le domaine des algocarburants.

Une mission d’experts français en Allemagne a été l’occasion de faire un tour d’horizon des principales initiatives allemandes ainsi que d’établir les bases d’éventuelles collaborations franco-allemandes au niveau de ce secteur d’innovation technologique.

Ce document offre une analyse de l’approche allemande en matière de recherche sur les micro-algues en s’intéressant particulièrement aux études fondamentales sur leur biologie, aux développements technologiques liés à la construction de photobioréacteurs et aux premières applications industrielles. Il permet de faire un état des lieux des perspectives de la recherche sur les micro-algues qui devraient être renforcées en Allemagne dans les prochaines années.

Le congrès annuel E-Energy a été inauguré le 11 janvier 2011 à Berlin par le Ministre fédéral pour l’économie et la technologie, Rainer Brüderle. Cette manifestation, qui s’est tenue sur deux journées, a rassemblé plus de 300 experts de l’industrie, du monde de la recherche et de la société civile. Un des thèmes centraux a été la mise en place de réseaux intelligents (Smart Grids) en Allemagne. Grâce à l’utilisation des technologies d’information et de communication (TIC), la demande énergétique pourra être assurée à l’aide de sources d’énergie renouvelables et décentralisées. Les différentes utilisations possibles sont développées et testées dans 6 régions modèles E-Energy, avec chacune un accent technologique spécifique. Ces Smart-Grids sont à la fois une priorité pour la stratégie TIC et pour le concept énergétique du gouvernement.
 voici les six projets menés en régions :


  • La ville modèle de Mannheim :
200 utilisateurs ont la possibilité de participer aux tests des nouveaux moyens d’approvisionnement électrique. Depuis fin 2010, les ménages tests on a leur disposition un « majordome énergétique » qui est un système de gestion énergétique intelligent. Grâce au contrôle de leur consommation, les ménages font des économies et contribuent à la préservation des ressources énergétiques et de l’environnement ;
  • La région modèle eTelligence de Cuxhaven : 
Elle rassemble de gros consommateurs énergétiques industriels et communaux. Par exemple des entrepôts frigorifiques (40 000 présents en Allemagne) et les piscines s’alimentent en énergie seulement aux moments où les éoliennes sont en fonction. Ils agissent ainsi comme des tampons pour le réseau en absorbant l’excès de courant ;
  • La région modèle MeRegio de Karlsruhe/Stuttgart : 
Elle a décidé de focaliser ses efforts sur la minimisation des émissions. Une expérience est menée auprès de 1 000 clients afin de comparer les productions et besoins dans les plus petites cellules, c.à.d. les maisons ou les commerces. Le projet a déjà permis de se rendre compte que les utilisateurs sont très intéressés et prêts à accepter de nouvelles offres permettant d’adapter leur consommation ;
  • La région modèle régénérative du Harz :
Un nouveau système de prévision solaire et éolien a été mis en place. Il doit permettre à un grand nombre d’installations de production d’électricité et d’énergie décentralisées de s’adapter de manière optimale à la consommation ;
  • La région modèle E-DeMa Rhin-Ruhr :
20 microcentrales de cogénération ont été installées. En cas de besoin elles peuvent servir de petites centrales de production. Au sein de la place de marché E-DeMa, les opérateurs peuvent gagner de l’argent frais pour leur installation. Près de 1 000 accès TIC permettent aux opérateurs de participer activement aux échanges. Les clients actuels deviennent grâce à E-DeMa des « prosommateur », c.à.d. à la fois des producteurs et des consommateurs ;
  • La région modèle SmartWatts d’Aix-la-Chapelle (Rhénanie du Nord Westphalie) :
 le projet constitue un exemple d’organisation de l’approvisionnement communal. A l’aide de compteurs électriques intelligents, près de 500 consommateurs ont la possibilité de connaître la provenance et le coût de leur électricité. Chaque utilisateur peut alors optimiser sa consommation.

Par S.B

Sources : ADEME, CNRS, Bulletins électroniques, www.gouv.fr

 

Les news « informatique » du mois de janvier

Alors que l’intérêt grandissant pour les Green ITs a entrainé la multiplication de solutions logicielles pour le monde de l’entreprise comme pour les particuliers, aidée en cela par une législation encore balbutiante, une jeune start-up française s’est intéressée en parallèle à la mise en place d’une solution matérielle, avec la conception d’un ordinateur éco-construit et peu gourmand en énergie, optimisé en réseau. D’autres se sont intéressés à réduire drastiquement l’impact écologique des « data centers », les centres de données, amenés à se multiplier, indispensables à la pérennisation du « cloud computing ».

L’avènement des « logiciels verts »

Les solutions logicielles vertes commencent à pulluler, proposant essentiellement deux types de service aux entreprises, dans des formules gratuites ou payantes, avec ou sans accompagnement :

  • un audit de la consommation électrique ;
  • un audit concernant l’empreinte Carbone.

40 % des ordinateurs seraient allumés 24h/24. Prenons le Avob Energy Saver, de la société Avob, « une des références françaises de la réduction de la consommation électrique des postes de travail. », selon le site « GreenIT.fr ». Non seulement il se propose d’éteindre les postes indûment allumés les soirs et weekend, comportement apparemment très répandu :http://www.greenit.fr/article/energie/40-des-ordinateurs-allumes-24-heures-sur-24-3452
Ce logiciel permet aussi de moduler la puissance du processeur d’un ordinateur en l’adaptant aux besoins de l’utilisateur, en ayant une approche dynamique de la consommation nécessaire, et non linéaire. Le système informatique devient alors moins gourmand, ne tournant plus constamment à plein régime.

Ils ont l’ambition de réaliser 10 millions de chiffres d’affaires à 3 ans, en investissant le marché américain, selon la Tribune : http://www.latribune.fr/green-business/l-actualite/20101222trib000585558/les-logiciels-verts-d-avob-gagnent-du-terrain.html
En effet, « contrairement à la France où le kWh électrique est peu émissif (80% d’énergie nucléaire) et bon marché, les Etats-Unis produisent leur électricité essentiellement à partir de sources primaires carbonées (pétrole, gaz, charbon). Par ailleurs, le prix du kWh y est plus cher. Les entreprises sont donc motivées pour réaliser des économies d’énergie. », toujours selon GreenIT.fr.

Carbon Hub

Dans le créneau « bilan Carbone », Carbon Hub, concepteur de logiciels de gestion environnementale permettant de maîtriser et de réduire l’impact environnemental des emissions de CO2 des entreprises et des collectivités locales, tout en réduisant les coûts initiaux, se démarque des autres acteurs de ce marché en mettant l’accent sur ses fonctions collaboratives, alors que longtemps les bilans se faisaient à l’aide… de fichiers Excel. Ronan Kerouedan, co-fondateur de Carbon Hub, insiste sur le fait que ce qui intéresse les entreprises et les collectivités, « c’est voir ce que font les autres et obtenir du contenu de qualité, échanger sur ce qui marche, sur ce qui ne marche pas, savoir combien ça coûte, quel fournisseur contacter, connaître les délais… ». Ces logiciels ont quelques beaux jours devant eux car c’est un marché appelé à se développer, les entreprises et les collectivités étant bientôt toutes dans l’obligation de mesurer leurs émissions de carbone, c’est en tout cas ce que laisse augurer une législation encore légère, mais chaque jour un peu plus restrictive.

Le « Pay As You Save », réponse inventive à une législation jugée trop faible

La France et l’Angleterre sont les deux pays les plus en avance dans le domaine législatif, bien qu’on puisse trouver ces lois faméliques comparées à leurs déclarations d’intentions. L’abandon de la Taxe Carbone, remplacée par les CEE… On constate d’abord qu’il n’existe pas de taxe carbone en France, pourtant prévue pour début 2010, avec un montant initial de 17 € la tonne de CO2, redistribués par la suite sous forme de crédits d’impôts, mais le projet fut enterré par la suite. Ce sont les certificats d’économie d’énergie (CEE) qui font désormais office de taxe carbone. (en savoir plus : http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=15024
On récompense ici les efforts des entreprises ayant mis en place des actions qui génèrent des économies d’énergie par l’obtention d’un certificat, les autres pouvant alors soit acheter ces certificats et ainsi financer et valorisant indirectement les efforts de rénovation énergétique des bons élèves, soit payer une surtaxe à l’état. Le coût de la pénalité est de 0,02 €/kWh cumulé accumulé (cumac) maximum et les certificats, qui ont leur propre marché, se négocient entre 0 et 0,02 €/kWh cumac.
On peut aussi souligner la création du concept de « Responsabilité sociale des entreprises » (RSE). La définition de la Commission européenne de la RSE est la suivante : « Un concept qui désigne l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes ». Peu efficiente jusque là et dans l’état actuel des choses, il lui manque le corps et les applications pour que ce ne soit pas qu’une simple déclaration d’intention.

Greenwashing ?

On a souvent accusé certaines entreprises se servant de ces logiciels, parfois à juste titre, d’ « écoblanchiment » (en anglais, « greenwashing »), c’est à dire de se racheter une image plus verte, plus respectueuse de l’environnement auprès du grand public, instrumentalisant ainsi cette orientation en en faisant un coup marketing, ayant avant tout une approche économique et à court terme .
« La communication paie. Le Top10 des sociétés les plus “responsables” est constitué de très
grandes multinationales qui investissent des sommes colossales en communication. », toujours selon le site GreenIT.fr.

« Pay as you save »

C’est dans l’idée de responsabiliser les entreprises, tout en se rendant attractifs et en profitant de la frilosité législative que certains concepteurs de logiciels ont mis en place le modèle économique alternatif du « Pay As You Save », plutôt que de rester sur une licence annuelle.
Ce principe est assez limpide, comme l’explique Christelle Kerouedan, co-fondatrice de Carbon Hub : « nos clients nous rémunèrent uniquement s’ils parviennent à réduire leurs émissions de CO2 ». Ces éditeurs de logiciels, dont Carbon Hub et Avob font partie, prennent donc une commission sur l’argent ainsi économisé, système de rémunération moins statique et plus engageant que la simple licence, alors que nombre de logiciels jouent uniquement la carte de la stratégie de réduction des coûts, mettant en avant la diminution de la facture mais sans réelle valeur ajoutée, laissant de côté la nécessaire sensibilisation des utilisateurs et le pilotage de la réduction (laissant le logiciel faire « tout » le travail), oubliant aussi le recyclage des machines, l’allongement de la durée de vie des postes…

Alt, l’ordinateur éco-conçu

C’est fort de ce constat qu’une jeune entreprise française, Meta IT, localisée en région Aquitaine, a décidé de s’implanter dans ce vide relatif, en devenant le premier fabricant français d’informatique responsable. Bien que les concepteurs disent eux-mêmes qu’il serait un non-sens de parler d’ordinateur écologique, tout depuis la conception jusqu’à la réduction des impacts à la production, en passant par la diminution de la consommation en fonctionnement, ainsi qu’une plus grande maîtrise du cycle de vie, font de Alt une alternative originale et crédible aux ordinateurs classiques, tout du moins pour une utilisation professionnelle de gestion et de bureautique.

Une puissance appelée de 107 W en moyenne pour un ordinateur de bureau

En se concentrant sur cette utilisation bureautique, les concepteurs ne sont pas tombés dans le piège d’une inutile surenchère de la performance. En le débarrassant de tous les « gadgets superflus », cet ordinateur, n’est tout d’abord constitué que de quatre pièces en aluminium, constituant la « carcasse » au design épuré, de cinq pièces électroniques (pas de Wifi, ni de lecteur CD) ainsi que la connectique (elle aussi en aluminium), limitant dès sa conception son impact écologique. Son alimentation de faible puissance, sa faible consommation d’énergie (la puissance appelée en fonctionnement est de 107W en moyenne pour un ordinateur de bureau, 81W pour un ordinateur plus économe en énergie, et de 40W en moyenne pour les portables, selon une étude diligentée par Enertech pour le compte de l’Ademe, et selon Meta IT) leur ont permis de se débarrasser du ventilateur, très énergivore et soumis à l’usure mécanique car, selon les concepteurs, « l’alimentation spécifique de Alt est de 30 W avec un rendement de 90%, ce qui engendre seulement une perte d’énergie de 2 à 3 W », donc un échauffement très minime.

Sa durée de vie se voit allongée, tant par la robustesse de ses composants que par l’optimisation de leur utilisation. Il est d’autre part facilement réparable, (coûts de maintenance réduits ),le très petit nombre de pièces le composant, permettant le remplacement rapide et à moindre frais de la pièce défectueuse plutôt que l’onéreux retour en atelier, ce qui laisse présager là aussi une durée de vie supérieure à la normale. Autre point remarquable, Alt est assemblé localement et il est livré sans emballage.

Un ordinateur optimisé pour fonctionner en réseau

Le Alt de Meta IT, pris à l’unité, est évidemment moins performant qu’un ordinateur récent dans la même gamme de prix, se concentrant sur les fonctionnalités standards utiles en bureautique (traitement de données, navigation internet…) mais, comme le précise Michael Gil de Muro, l’un des concepteurs, « le fonctionnement et le coût global sont optimisés en réseau ».Il fonctionne naturellement sous Windows ou Linux, mais « l’efficacité énergétique maximale est atteinte en réseau, plusieurs Alt avec un serveur Meta IT utilisant une technologie hybride (entre le réseau classique et le réseau de terminaux) basée sur l’emploi de serveurs peu énergivores en grappe (cluster). ». Lorsqu’il y a un pic de charge, celle-ci est donc redistribuée sur toutes les unités du réseau. Cela simplifie aussi grandement les mises à jour, la maintenance, les sauvegardes, et sécurise un peu plus les données. Il est donc destiné avant tout aux entreprises et aux collectivités.

Cette utilisation en terminal léger le rend donc idéal pour du « cloud computing » (la carte mère dispose d’un boot PXE). Il est à noter que l’implantation dans des bâtiments à haute performance énergétique et le retrait de la climatisation deviennent envisageables grâce à la réduction de la consommation électrique (l’extinction automatique soir/week-end de série, le 0W réel à l’arrêt), et à la réduction de l’enveloppe thermique des ordinateurs et des serveurs.

Le « Cloud-computing » et les centres de données

Le Cloud-computing est un concept d’externalisation des capacités de stockage, de calcul, et des logiciels (traditionnellement localisés sur le poste d’un utilisateur) sur des serveurs distants, les centres de données, la communication serveurs / ordinateurs étant assurée par internet.
Les experts estiment que les taux de croissance annuels devraient avoisiner les 40%, nouvelle grande tendance annuelle dans le monde des Technologies de l’Information et des Communications.
L’existence même du Cloud-Computing est, on le comprend, intimement liée à celle des Centre de Données, amenés à grandement se multiplier.

Les Data-centers pointés du doigt

Outre leur multiplication, les « data centers » sont particulièrement énergivores et polluants contribuant à tripler les émissions de gaz à effet de serre imputables à l’industrie de l’informatique et des télécommunications d’ici 2020. La consommation électrique du secteur atteindra alors 1963 Mds kWh.

L’Uptime Institute, Think Tank créé à l’initiative de plusieurs acteurs du secteur des centres de données, note que les infrastructures (qui comprennent le système de refroidissement et les équipements qui assurent l’alimentation électrique) consomment autant d’énergie que les serveurs hébergés dans le centre de données, que les centre de données sont sous-exploités, le taux de charge de travail moyen des serveurs serait de 20 %,l note aussi que la consommation électrique des serveurs pourraient diminuer (liée à l’inégalité des périodes d’activités).

La course à l’efficacité énergétique : le data center d’Hewlett Packard

Wynyard, dans le nord-est de l’Angleterre, choisie pour la clémence et la fraicheur de son climat, abritera le nouveau data center des américains d’HP, d’une surface d’environ 33 500 m². Le système de refroidissement, permettant de conserver une température ne dépassant jamais les 24°C, est composé de huit larges ventilateurs de 2,1 mètres de diamètre pour insuffler l’air extérieur dans l’enceinte du complexe. L’air, filtré, circule sous les serveurs. Lorsque l’air extérieur est trop frais, l’air chaud rejeté par les équipements informatiques est récupéré et mixé à l’air extérieur afin de réguler la température de l’air insufflé ensuite dans le data hall ».Cette méthode de refroidissement, devrait permettre à HP de réduire sa facture d’électricité de 2,6 M£ chaque année.
Les baies de serveur, blanches plutôt que noires, réfléchiront la lumière réduisant à priori de 40% l’éclairage intérieur. Ce système est complété par un réservoir d’une capacité de 80.000 litres, permettant « de stocker l’eau de pluie qui est ensuite utilisée pour maintenir le taux d’humidité entre 40 et 60% dans les data halls. Après filtrage, cette eau est vaporisée dans l’air stocké dans le plenum lorsque le taux d’humidité de celui-ci est trop faible.

Le « Power Usage Effectiveness »(PUE), indicateur mis au point pour mesurer l’efficience énergétique d’un data center, est calculé en divisant le total de l’énergie consommée par celui-ci par le total de l’énergie utilisée par l’équipement informatique (serveur, stockage, réseau). Le résultat est supérieur ou égal à 1. Un PUE le plus proche possible de 1 est préférable. Le centre de Wynyard dont le PUE est de 1,16, est donc l’un des data centres les plus efficaces énergétiquement parlant dans le monde. Pour se faire une idée, la plupart des data centers dans le monde flirtent plutôt avec un PUE de 2.

Mais Greenpeace explique dans son rapport « Make It Green » que la course à l’efficacité énergétique à laquelle se livrent les grandes entreprises du secteur telles que Microsoft, Google ou HP n’est qu’une solution partielle au problème de la réduction globale de l’impact écologique de cette industrie. Elle estime que d’un point de vue écologique, il est au moins aussi important de s’intéresser aux sources d’énergie utilisées pour alimenter les data centres qu’aux moyens mis en oeuvre pour diminuer leur consommation énergétique.

Les réponses logicielles et matérielles aux problématiques du développement durable et de l’éco-responsabilisation n’en sont qu’à leurs prémices. Elles doivent accompagner et susciter un changement de mentalité. Gageons que l’initiative de la start-up française « Meta It fera florès », et qu’elle entrainera dans son sillage une multitude d’autres initiatives innovantes. Jusqu’à arriver à un parc privé informatique plus vert, muni de logiciels verts? Il y a urgence, car le parc privé est en constante augmentation (surinformatisation dans les pays développés, taux de pénétration en augmentation dans les pays « émergents », dont l’Inde et la Chine).

M.R

Sources : ADEME, Les Bulletins électroniques, La Tribune, Greenit.fr

Une découverte qui ouvre la voie du transistor multifonctions

Aujourd’hui, les composants microélectroniques sont fabriqués à base de couches de semi-conducteurs déposées sur un substrat de silicium. Afin de poursuivre l’accroissement périodique des performances des composés microélectroniques au-delà de 2020, des solutions technologiques alternatives sont à l’étude. Les chercheurs travaillent de plus en plus sur les oxydes de métaux de transition (cuivre, titane, manganèse, fer, cobalt, nickel…) qui présentent des propriétés physiques intéressantes comme la supraconductivité la magnétorésistance, la thermoélectricité, la multi-ferroïcité, ou encore la capacité photo-catalytique.

Parmi les oxydes des métaux de transition, le titanate de strontium (SrTiO3) est très étudié. C’est un isolant, mais il devient bon conducteur en le dopant (en créant quelques lacunes d’oxygène par exemple). Les interfaces entre le SrTiO3 et d’autres oxydes (LaTiO3 ou LaAlO3) sont conductrices, même si les deux matériaux sont isolants. En plus, elles présentent de la supraconductivité, de la magnétorésistance, ou de la thermoélectricité avec de très bons rendements à température ambiante. Seulement voilà : les interfaces entre oxydes sont très difficiles à réaliser.

Des mémoires non volatiles ou des circuits transparents

Une découverte inattendue vient de faire sauter ce verrou technologique. Elle est due à une équipe internationale pilotée par les chercheurs du Centre de spectrométrie nucléaire et spectrométrie de masse (Université Paris-Sud 11/CNRS) en collaboration étroite avec des chercheurs du Laboratoire de physique des solides (Université Paris-Sud 11/CNRS), de l’Unité mixte de physique CNRS/Thales associée à l’Université Paris-Sud 11 et de l’Institut d’électronique fondamentale (Université Paris-Sud 11/CNRS). Ces chercheurs viennent, en effet,  de réaliser un gaz d’électrons métallique  bidimensionnel à la surface de SrTiO3. Il s’agit d’une couche conductrice de 2nm d’épaisseur environ, obtenue en cassant un morceau de titanate de strontium sous vide. Ce procédé, très simple, est peu coûteux. Les éléments qui constituent le SrTiO3 sont disponibles en grande quantité dans les ressources naturelles et c’est un matériau non toxique, contrairement aux matériaux les plus utilisés aujourd’hui en microélectronique (les tellurures de bismuth). En outre, des gaz d’électrons métalliques bidimensionnels pourraient probablement être créés de façon similaire à la surface d’autres oxydes de métaux de transition.

La découverte d’une telle couche conductrice (sans avoir à rajouter une couche d’un autre matériau) est un grand pas en avant pour la microélectronique à base d’oxydes. Elle pourrait permettre de combiner les propriétés intrinsèques multifonctionnelles des oxydes de métaux de transition avec celles du métal bidimensionnel à sa surface. On peut songer, par exemple, au couplage d’un oxyde ferroélectrique avec le gaz d’électrons à sa surface, pour faire des mémoires non volatiles, ou à la fabrication de circuits transparents sur la surface des cellules solaires ou des écrans tactiles.

Les expériences de photoémission résolue en angle (ARPES) qui ont servi à mettre en évidence le gaz d’électron métallique bidimensionnel ont été réalisées au synchrotron SOLEIL, à Saint-Aubin (France) et au Synchrotron Radiation Center de l’Université du Wisconsin (Etats-Unis).