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Powerships : des navires pas comme les autres

Posté le 18 octobre 2016
par La rédaction
dans Innovations sectorielles

Parmi tous les bâtiments qu’un navigateur peut croiser en mer, le powership (bateau faisant office de centrale électrique) est probablement l’un des plus surprenants. Inventé au début du XXe siècle, cet outil peu conventionnel est plébiscité dans les zones en conflits, isolées ou faisant l’objet d’un développement industriel soudain.

Record battu ! La compagnie turque Karpowership a mis sur le marché un nouveau powership d’une capacité jusqu’ici inégalée : 486 MW. A l’instar de ces prédécesseurs, les turbines (à gaz en l’occurrence) sont installées sur un navire grand comme trois terrains de football, le bâtiment n’a besoin que de 5 mètres de profondeur pour opérer ce qui lui donne accès à la majorité des ports. Supportant des variations de températures de -20 C° à 50 C°, le powership permet d’apporter rapidement l’électricité dans les zones côtières en ayant besoin.

Une technologie éprouvée

Le concept de powership est né aux Etats-Unis dans les années 30, mais c’est durant la Seconde Guerre mondiale qu’il a été largement utilisé. Fournis par General Electric, ces navires procuraient le courant nécessaire aux troupes américaines. Depuis leur utilisation n’a jamais cessé et s’est même déclinée en barges. Le système est identique à la différence que celles-ci ne sont pas équipées de moteurs et doivent donc être tractées.

On retrouve ces installations partout dans le monde et majoritairement en Asie et au Moyen-Orient, des régions qui ont connues des hausses importantes de leur consommation d’énergie ces dernières années auxquelles il fallait répondre. Elles seraient environ 75 en opération aujourd’hui, produites par des compagnies telles que  Power Barge Corporation, Waller Marine Inc, Hyundai, IHI Corporation, Mitsui, Karadeniz Energy, MAN ou encore Wärtsilä.

Si ces navires sont généralement équipés de turbines diesel ou gaz, la Russie a quant à elle développé un modèle nucléaire. Fabriqué par Rosatom, ils doivent permettre d’alimenter, entre autres, les sites très éloignés de Sibérie où construire des lignes haute tension sur des milliers de kilomètres est très coûteux. La flexibilité qu’apportent les powership est l’une des clés du succès de ces navires pas comme les autres. Néanmoins, il est indispensable qu’un réseau électrique à terre existe pour distribuer cette source d’électricité additionnelle.

Par Romain Chicheportiche


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