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Décryptage

Réunion : le prototype E.T.M. de DCNS en test en 2011

Posté le par La rédaction dans Environnement

Deux mois après la signature de la convention Recherche et développement entre la Région Réunion et DCNS, le projet d'installation d’un démonstrateur E.T.M. vient de franchir un nouveau palier. Explications.

Selon la presse locale, la DCNS, premier constructeur naval européen, est revenue présenter les premières esquisses du démonstrateur à la Réunion. La technologie E.T.M. permet de produire de l’électricité grâce à l’exploitation d’un différentiel constant de température entre l’eau de surface (22 à 26°C ou plus) et celle des grandes profondeurs (3 à 5°C).Ce différentiel constant n’est présent toute l’année qu’en zone tropicale et intertropicale. Jules Dieudonné, directeur du plan énergie/climat à la Région, fait remarquer que « cette technologie d’avenir permettrait d’ici 2030 de remplacer la consommation de 400.000 tonnes de charbon dans notre mix énergétique ». Selon les estimations les plus enthousiastes, l’E.T.M. pourrait même assurer 25 % de la production totale d’électricité de la Réunion, soit entre 100 et 160 MW. Mais bien que l’île en ait parfaitement la capacité (et la volonté !), nous n’en sommes pas encore là.Si le prototype présenté par la DCNS n’est pas contractuel et peut encore évoluer, les ingénieurs ont déjà cependant une idée assez précise de ce que pourra être cette plateforme E.T.M. offshore. 30 mètres de diamètre, 15 de hauteur au-dessus de la surface, un poids de 7.000 tonnes et 1,5 MW de puissance en phase pré-industrielle !

30 mètres de diamètre et 15 mètres de hauteur !
Le site d’implantation lui-même est pratiquement arrêté : ce serait en face du port de la Pointe-des-Galets à environ 8 ou 9 kilomètres des côtes, ce qui rendrait la plate-forme quasiment invisible du rivage. La proximité des infrastructures portuaires semblerait avoir été un atout décisif dans cette décision d’implantation, car la Pointe des Galets n’est pas le seul site possible qui ait été sondé et retenu autour de l’île de la Réunion pour exploiter l’E.T.M.D’après les relevés réalisés par l’Arvam [1] et l’Arer [2], un potentiel d’exploitation d’eau à 3°C entre 1.000 et 1.500 mètres de profondeur a été trouvé aussi au large de Sainte-Rose, de Saint-Denis ou du Port, ce qui fait dire à Laurent Gautret, directeur technique de l’Arer, que la région Réunion « n’a rien à envier à Hawaï, qui porte également un projet analogue ».Tout aussi enthousiaste mais plus pragmatique, Jean-François Le Bert, chef de projet E.T.M. à la DCNS, a confié à Clicanoo (un média local) : « Notre entreprise qui construit des sous-marins nucléaires a horreur du risque. Nous allons boucler en 2009 l’étude de faisabilité et avancer étape par étape. Nous devons notamment nous assurer que le tuyau reliant la plateforme offshore et la terre soit bien solide. D’autres expériences ont montré que c’était là un point névralgique fragile. Concernant la plateforme en elle-même, on s’appuie sur les process utilisés pour les champs pétroliers offshore du golfe du Mexique soumis aux cyclones ».

Mise en route du premier prototype en 2011
La DCNS est bien inspirée d’afficher une certaine prudence et ce malgré les déclarations au plus haut niveau de l’Etat français en faveur des énergies renouvelables, mais peut être désormais les choses sont-elles appelées à aller un tout petit peu plus vite que prévu.Peut-être… En tout état de cause, les premières données du plan de financement devraient être présentées dès septembre. Et le calendrier technique s’établirait comme suit :
  • 2011 : mise en test d’un premier prototype de 15 KW à l’IUT de Saint-Pierre.
  • Mai 2013 : début de l’installation du démonstrateur en mer au large de la Pointe-des-Galets.
  • Début 2014 : mise en service sur le réseau d’un prototype d’une puissance de 1,5 MW, dernière étape avant la phase industrielle.
En ce qui concerne la question capitale des emplois que cette opération permettrait d’apporter dans la région, on estime que le seul montage du démonstrateur pourrait permettre de fournir localement du travail pour 120 personnes pendant six mois. La fabrication des pièces se faisant hors de l’île, cela n’apportera aucun emploi dans la région, mais sans doute ailleurs, sur le continent européen par exemple.

Une concurrence accrue
La concurrence, pour n’être pas des plus rudes, est cependant d’ores et déjà lancée à travers le monde : les Américains à Hawaï avec Lockheed Martin, mais aussi le Japon et l’Inde qui ont travaillé ensemble, sans beaucoup de succès notoire jusque-là sur l’E.T.M., ont des projets similaires.La Région Réunion a tout à gagner à essayer de devenir un leader européen en matière d’énergies marines grâce à l’E.T.M., que sa situation géographique lui permet d’exploiter de façon privilégiée. D’autres technologies marines sont aussi explorées à la Réunion, comme l’énergie des courants avec l’installation d’un courantomètre à Saint-Paul le 6 juin dernier. Pour plus de détails sur la technologie E.T.M., il est pertinent de consulter le site très documenté du Club des Argonautes et les articles de Michel Gauthier. [1] Arvam : Agence pour la recherche et la valorisation marine [2] Arer : Agence régionale de l’énergie Réunion 

Sources :
Les énergies de la mer
Pour aller plus loin

Posté le par La rédaction


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