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15 ans de réclusion pour une tentative de suicide qui avait fait des blessés

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L’homme de 53 ans qui avait provoqué en 2016 une explosion de gaz et fait une quinzaine de blessés lors d’une tentative de suicide à Dijon a été condamné vendredi à 15 ans de réclusion criminelle.

La peine prononcée par la cour d’assises de la Côte-d’Or est supérieure aux réquisitions de l’avocat général qui avait demandé aux jurés 12 ans de réclusion.

Elle est assortie notamment d’une obligation de soins psychiatriques et psychologiques. Le jury a reconnu une altération du discernement.

Les faits remontent au 16 septembre 2016: peu après 9H00, une déflagration secoue le quartier de la gare, à Dijon. L’immeuble d’un étage est presque entièrement détruit. Autour, certains bâtiments menacent de s’effondrer mais la déflagration n’a fait que des blessés.

Alors qu’il est retiré des décombres par les secours – certains parleront de « scène de guerre » – l’accusé Yves Naudé indique de lui-même avoir ouvert des bouteilles de gaz et mis le feu pour mettre fin à ses jours.

Brûlé sur 20% du corps, le quinquagénaire est conduit dans un service pour grands brûlés à Metz. Il sera mis en examen quelques semaines plus tard et placé en détention provisoire.

« Peut-on pénalement condamner un homme désespéré qui a voulu mourir? », a demandé l’avocat général avant de répondre par l’affirmative. « Sous les décombres on aurait pu retrouver des dizaines de morts », a-t-il lancé.

« Ce dont M. Naudé a besoin, c’est de soins », a rétorqué l’avocate de la défense, Me Aurélie Champenois, qui jugeait déjà les réquisitions du ministère public « disproportionnées » pour « l’acte d’un déséquilibré qui voulait mourir ».

Un homme qui voulait en finir à cause d’une déception sentimentale. Follement amoureux d’une voisine, avec laquelle il entretenait des relations amicales, il avait été éconduit à plusieurs reprises.

Aux jurés, l’homme a raconté ses sentiments, sa colère, mais nié avoir menacé sa voisine ou avoir voulu faire du mal à d’autres. Il a dit, aussi, avoir du mal à se souvenir, la faute aux médicaments et à l’alcool qu’il aurait consommés avant les faits.

Parmi la cinquantaine de parties civiles, une femme aujourd’hui âgée de 59 ans est la plus grièvement touchée. Elle se trouvait à Dijon pour des raisons professionnelles et a dû être amputée d’une jambe. Son témoignage a ému la salle et fait pleurer l’accusé.

« Sa présence a fait basculer la cour d’assises vers une aggravation des réquisitions, elle a fait basculer le procès », a estimé son avocat, Jean-Philippe Morel.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 Agence France-Presse. »

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