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A la frontière franco-espagnole, « pas un chat » dans les commerces restés ouverts

Posté le par AFP

D’un côté de la principale artère du Perthus, les commerces et restaurants français, tous fermés. De l’autre, des supermarchés et tabacs espagnols restés ouverts pour certains, mais « pas un chat » pour s’y arrêter vendredi, au premier jour du confinement dans l’Hexagone.

Un contraste saisissant avec la ruée, la veille, de milliers de Français profitant des dernières heures de « liberté » pour s’approvisionner en cigarettes, alcool ou produits ménagers vendus beaucoup moins chers dans cette petite localité des Pyrénées-Orientales, à cheval sur la frontière entre la France et l’Espagne.

« Ici c’est toujours bondé, les gens viennent de partout faire des achats. Aujourd’hui, il n’y a pas un chat, c’est catastrophique », se désole Joseph-Marie Vert, 80 ans.

Cet habitant du Perthus est très inquiet pour l’économie de sa commune, craignant que le confinement n’entraîne « une situation plus grave que l’épidémie ».

Du côté espagnol de la rue commerçante, les tabacs sont encore ouverts, mais les clients passent la porte au compte-gouttes: des vacanciers revenant d’Espagne pour la plupart, ou quelques Perpignanais confiant à demi-mot espérer passer entre les mailles du filet de la police avant un durcissement des contrôles à partir de lundi.

Dans les supermarchés, les employés s’affairent à faire le tri des produits périssables, avant une probable fermeture dans les prochains jours.

« On savait qu’on allait vers un nouveau confinement, mais on n’avait pas prévu qu’il arrive si tôt, on pensait plutôt à janvier », explique à l’AFP Carmen Perez, responsable d’un supermarché.

En Espagne, le gouvernement n’a pas encore annoncé de confinement général et les commerçants du côté espagnol du Perthus n’ont pas l’obligation de tirer le rideau.

– « On s’en sortira » –

« Mais nos clients sont à 100% Français. Sans eux, on ne vendra rien », assure Mme Perez, craignant devoir bientôt recourir à des licenciements parmi ses employés qu’elle avait réussi à garder jusque là « grâce au chômage partiel ».

Laeticia Marill, 39 ans, est vendeuse dans une parfumerie, l’une des rares à être restées ouvertes vendredi.

« On ne sait pas où on va, jusqu’à quand on va travailler et c’est très stressant, mais on essaie de garder le sourire en ces temps difficiles car on a affaire à un virus compliqué, et ce n’est que de cette façon (avec le confinement) qu’on y arrivera », soutient cette Française cotisant en Espagne.

C’est avec la même résignation et philosophie de vie que travaille « au jour le jour » Bruno Comas, président des commerçants espagnols du Perthus et propriétaire d’un magasin de souvenirs.

« Comme vous le voyez, il n’y a personne. On se donne jusqu’à demain, avec le retour des vacances, et après on mettra tout le monde en vacances puis en chômage partiel » si le confinement se prolonge, dit-il.

« On s’en sortira s’il s’agit vraiment d’un mois » et pas plus, espère-t-il, convaincu lui aussi qu’il « fallait faire quelque chose de fort » pour stopper le virus.

Un peu plus loin sur la rue, Issa Hammia discute avec des amis. Ce Marocain de 54 ans a, lui, déjà fermé son magasin d’habillement, conscient qu’il ne ferait plus de chiffre d’affaires à partir de vendredi.

Mais il reste optimiste pour décembre et la période des fêtes de fin d’année, car « s’il y a une chose qui devrait être obligatoire, c’est l’espoir », lance-t-il en riant.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2020 Agence France-Presse. »

Posté le par AFP


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