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Alexandre Tisserant, patron de Kinéis, tête vers les étoiles, pas dans les nuages

Posté le par AFP

Les premiers nanosatellites de l’opérateur toulousain Kinéis viennent de partir dans l’espace, une « énorme étape » pour son jeune PDG, Alexandre Tisserant, le regard vers les étoiles mais la tête à des préoccupations terre à terre.

Agé de 44 ans, il dirige depuis 2018 la soixantaine de salariés de ce nouvel acteur du spatial français qui doit à terme déployer une constellation de 25 nanosatellites permettant la localisation et la collecte d’informations depuis les objets qui seront connectés avec eux sur toute la surface du globe.

« C’est une énorme étape pour nous, un aboutissement parce qu’on n’a jamais fait ça dans l’histoire du spatial français. »

La satisfaction mêlée de fierté est palpable mais le verbe reste sobre, plus proche de celui de l’ingénieur concentré que de celui du patron enflammé.

« Comme dans tout projet technique, il y a des difficultés, des choix à faire (…) tous les jours, il y a des soucis mais le lendemain on les résout, ça va, mais c’est tendu », souligne-t-il.

Ingénieur, il l’est effectivement puisqu’il est diplômé de Polytechnique et de Télécom Paris. PDG, « ça s’est pas fait en deux minutes », dit-il, expliquant s’être nourri d’un cheminement professionnel qui l’a vu prendre d’autres routes que celles tracées par sa formation.

« Dans tout mon parcours, le fil rouge, c’est la curiosité », confie celui qui a travaillé en cabinet ministériel mais aussi dans une start-up à San Francisco, « dans la tech et maintenant dans le spatial ».

– Fascination –

Il est arrivé dans ce dernier secteur un peu par hasard, même si sa fascination pour l’espace date de l’enfance et de ses heures passées à scruter le ciel depuis la campagne proche d’Annecy où il a grandi.

« De manière assez simple, j’ai suivi ma compagne qui travaille en histoire et a été recrutée à Toulouse. »

Et dans la capitale française de l’aérospatiale, la « passion personnelle » de celui qui écoute volontiers le planant « Dark Side of the Moon » de Pink Floyd ou apprécie l’épopée cosmique « Interstellar » de Christopher Nolan a rencontré « un univers professionnel ».

« Une sorte d’alignement des planètes », sourit-il.

A l’heure où l’échéance des premiers lancements se rapprochait, le « professionnel » a rendu difficile l’équilibre avec la vie familiale, regrette Alexandre Tisserant, parent avec sa compagne Emmanuelle de trois filles de 14, 12 et 8 ans.

« On sait aussi que c’est un pic et que ça devrait ensuite être différent », espère-t-il.

A la tête de Kinéis, il a eu un peu le vertige quand il a pour la première fois jeté un oeil au compte en banque de la société affichant les 100 millions d’euros levés en 2020 auprès d’investisseurs publics et privés.

– « Recul nécessaire » –

Mais ce qui lui procure « le plus de plaisir », c’est « de faire que tous les morceaux collent bien ensemble dans l’entreprise », de « faire le liant » avec comme objectifs, dit-il, « écoute » et « bienveillance ».

« Un long projet comme celui-ci, ce n’est pas un long fleuve tranquille », explique Nicolas Sultan, PDG d’Hemeria, le constructeur, lui aussi toulousain, des satellites conçus par Kinéis.

« On a eu des choses à gérer (…) et à chaque fois Alexandre a été en mesure de prendre le recul nécessaire pour adresser le sujet avec pragmatisme », dit-il.

Barbe de trois jours et queue de cheval, veste simple sur tee-shirt, le PDG affiche la décontraction vestimentaire qu’il appréciait à San Francisco.

« Ca permet de se sentir soi tout le temps, ce qui me paraît une condition indispensable pour prendre les meilleures décisions », confie-t-il.

De quoi continuer à faire preuve de « pragmatisme », le mot qu’utilise également pour parler de lui Caroline Laurent, directrice systèmes orbitaux au CNES, partenaire opérationnel et actionnaire de Kinéis.

Il en faudra, souligne-t-elle, pour la suite de l’aventure Kinéis et notamment vendre les services offerts par la constellation.

« Une fois qu’il y aura les 25 satellites, il faudra des clients! », insiste-t-elle.

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