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Androcur : lancement d’une action de groupe en justice

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Une association de victimes de l’Androcur, un médicament à l’origine de tumeurs, a lancé une action de groupe en justice contre le laboratoire Bayer Health Care pour obtenir réparation, a-t-elle indiqué mardi à l’AFP.

L’assignation, dont l’AFP a obtenu copie, a été déposée au Tribunal de grande instance de Lille par l’Association d’aide aux victimes des accidents des médicaments (AAAVAM).

« Elle regroupe dans ce texte une petite trentaine de victimes. Mais déjà au total une centaine de dossiers sont en cours de constitution », a affirmé à l’AFP son président, Georges Alexandre Imbert.

L’assignation vise Bayer Health Care, titulaire de l’autorisation de mise sur le marché de ce médicament (à base d’acétate de cyprotérone qui est un progestatif de synthèse), ainsi que son fabricant, la société Delpharm Lille.

Ces sociétés ont « commercialisé un produit de santé dont elles n’ignoraient pas dès 2007 le caractère potentiellement dangereux, ni la réalité et l’importance des graves pathologies dont il était à l’origine », fait valoir l’association dans l’assignation.

Autorisé pour traité l’hirsutisme majeur (pilosité excessive) chez les femmes, l’Androcur a été détourné et massivement prescrit pour l’acné ou comme contraceptif, rappelle l’assignation. Elle accuse les deux sociétés de « manquement » à leurs obligations et souligne un « défaut d’information » du laboratoire.

Selon cette procédure complexe, le tribunal examine d’abord deux dossiers de plaignantes comparables pour déclarer la démarche recevable et statue sur la responsabilité du laboratoire et l’éventuelle « défectuosité » du médicament, explique l’avocat de l’association, Didier Jaubert.

Une fois cette étape franchie, et sous réserve des recours du laboratoire, le juge ouvre une action de groupe.

« Le juge a aussi la possibilité de créer une médiation entre les deux parties », ajoute l’avocat. « Une solution privilégiée par l’association pour éviter toutes ces lenteurs judiciaires », assure M. Imbert.

Quatre cas de victimes de tumeurs intracrâniennes (méningiomes), traitées pendant de longues années, sont décrits dans l’assignation, dont les deux requis par la loi qui souffrent notamment de troubles visuels.

Comme, par exemple, une femme à qui l’Androcur a été prescrit « de 1998 à novembre 2018 (…) pour soigner une perte de cheveux » et a dû être opérée d’un volumineux méningiome en 2017.

Elle souffre depuis de troubles de la vue avec difficulté pour conduire, maux de tête, pertes de mémoire, de l’odorat et du goût et incapacité à travailler à temps complet.

BC/pr/ial/phc

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