Logo ETI Quitter la lecture facile
Visuel AFP

AFP

Causes de la mort d’Adama Traoré: trois médecins désignés pour la nouvelle expertise

Posté le par AFP

Trois médecins ont été désignés par les juges d’instruction menant les investigations sur le décès d’Adama Traoré afin de déterminer les causes de la mort du jeune homme lors de son interpellation en 2016, a appris mardi l’AFP de source proche du dossier.

Cette nouvelle expertise avait été annoncée par les juges au printemps. Peu avant, un rapport médical réalisé à la demande de la famille Traoré contredisait les conclusions de l’enquête sur ce décès, jusqu’alors attribué à l’état de santé de la victime.

Le 19 juillet 2016, la mort d’Adama Traoré avait été constatée dans la caserne des gendarmes de Persan, près de deux heures après son arrestation dans sa ville de Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise) au terme d’une course-poursuite.

Les médecins choisis par la famille attribuaient le décès du jeune homme de 24 ans à « un syndrome asphyxique aiguë », selon leur rapport consulté par l’AFP. Ils invitaient aussi à « se poser la question de l’asphyxie positionnelle ou mécanique », tendant vers une mise en cause de la technique d’interpellation des gendarmes.

A l’inverse, une expertise judiciaire de septembre 2018 concluait que le pronostic vital du jeune homme était « engagé de façon irréversible » avant son arrestation et que c’est une maladie génétique, la drépanocytose, associée à une pathologie rare, la sarcoïdose, qui a entraîné une asphyxie à l’occasion d’un épisode de stress et d’effort.

Dans ce dossier, trois gendarmes ont été placés sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

Dans leur ordonnance datée du 6 novembre, révélée par Le Monde et dont l’AFP a eu connaissance, les magistrats posent plusieurs questions aux médecins désignés.

Ils souhaitent notamment savoir si Adama Traoré était atteint de maladies ou de pathologies le jour de son décès et si elles ont pu éventuellement contribuer à son décès.

Ils leur demandent aussi, dans cette expertise qui doit être rendue d’ici au 4 mai, si le stress ou l’effort physique fourni ont pu jouer un rôle dans sa mort et si un diagnostic d’asphyxie positionnelle peut être posé.

« Alors que nous proposions il y a quelques mois une expertise complète réalisée par un collège de quatre médecins spécialisés, les trois médecins nommés aujourd’hui ne sont ni spécialistes, ni tous experts », a déploré auprès de l’AFP l’avocat de la famille Traoré, Yassine Bouzrou.

« Nous ne souhaitons pas perdre encore du temps inutilement. Une mise en examen des gendarmes s’impose au regard de la dernière expertise médicale qui privilégie l’asphyxie positionnelle résultant de la technique d’interpellation », a-t-il ajouté.

A la suite de l’ordonnance des juges, Me Bouzrou a demandé la désignation d’un expert complémentaire qui avait participé au rapport réalisé à la demande de la famille. Il souhaite également que soient versés à la procédure les échanges qui ont conduit à la désignation des médecins.

« Il est nécessaire pour les proches d’Adama Traoré que la désignation des experts soit faite en toute transparence », a-t-il fait valoir.

Contacté par l’AFP, l’avocat de deux gendarmes, Me Rodolphe Bosselut, n’a pas souhaité réagir.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 Agence France-Presse. »

Posté le par AFP


Réagissez à cet article

Commentaire sans connexion

Pour déposer un commentaire en mode invité (sans créer de compte ou sans vous connecter), c’est ici.

Captcha

Connectez-vous

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.

INSCRIVEZ-VOUS
AUX NEWSLETTERS GRATUITES !