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Commission d’enquête sur le chlordécone: « la responsabilité de l’Etat est engagée » (Girardin)

Posté le par AFP

La ministre des Outre-mer Annick Girardin a reconnu mardi, devant la commission d’enquête portant sur la pollution au chlordécone aux Antilles, que la responsabilité de l’Etat était « certaine », « reconnue et engagée ».

« La responsabilité de l’Etat est certaine, je crois qu’on peut tous en convenir », a déclaré la ministre devant la commission d’enquête.

« La responsabilité de l’Etat est aujourd’hui reconnue et engagée », a-t-elle poursuivie, interrogée sur ce point par le président de la commission, le député de Martinique Serge Letchimy.

Elle a rappelé que le président de la République avait déjà évoqué, lors de son déplacement aux Antilles une responsabilité collective, dans laquelle l’Etat devait prendre sa part, concernant l’usage du chlordécone en Guadeloupe et en Martinique de 1972 à 1993.

« Quand on parle de responsabilité collective, c’est la responsabilité de l’Etat aux côtés des fabricants de pesticides, aux cotés de ceux qui les ont importés, aux cotés des exploitants agricoles, des socio-professionnels de l’époque comme des élus des territoires », a insisté Mme Girardin.

Perturbateur endocrinien, ce pesticide utilisé pour lutter contre un charançon du bananier est suspecté d’être à l’origine de cancers de la prostate, très nombreux aux Antilles. Selon Santé Publique France, 95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais sont contaminés.

« Ma conviction est que vos travaux, vos investigations, vous amèneront à identifier des responsabilités, et par là même à faire qu’il y aura une manifestation de la vérité, peut-être enfin, parce que les populations en ont besoin pour être apaisées » et « être aussi moins en colère », a déclaré Mme Girardin.

Les habitants « se sont sentis oubliés, trahis par un Etat dont la première fonction est de protéger les populations », a-t-elle souligné.

« On peut le reconnaître, la prise de conscience des pouvoirs publics sur la pollution à la chlordécone a été tardive », a également reconnu Mme Girardin, rappelant qu’une mission interministérielle avait été envoyée en 1998 « à la suite des études faisant état d’une possibilité de contamination de l’environnement ».

Concernant les différents plans Chlordécone, mis en place par les gouvernements depuis 2007 et jugés insuffisants par les populations, « il faut qu’on change nos méthodes, qu’on renforce la communication, les plans déployés par l’Etat ont été insuffisamment expliqués », a-t-elle indiqué.

La ministre a aussi reconnu qu’il y avait « une perte de confiance totale » de la population.

La commission d’enquête parlementaire a entamé lundi les auditions de plusieurs ministres, dont la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui a appelé à bâtir un nouveau plan chlordécone, prévu en 2020, « plus ambitieux », avec une « urgence » sur l’accès à une alimentation non contaminée par cet insecticide.

La ministre de la Recherche Frédérique Vidal a indiqué vouloir que la recherche sur le chlordécone fasse l’objet « d’un volet spécifique » au sein du prochain Plan national santé et environnement, alors que Serge Letchimy a réclamé d’en faire une « priorité stratégique nationale en soi ».

Le ministre de l’agriculture Didier Guillaume doit être auditionné vendredi.

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