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Covid : moins de 50 ans, en pleine forme, et pourtant vaccinés

Posté le par AFP

« Je me suis dit +ça peut passer+ »: s’ils sont minoritaires, de plus en plus d’adultes sans comorbidité prennent rendez-vous dans l’espoir de recevoir une piqûre anti-Covid. Pas encore éligibles, ils sont accueillis avec compréhension dans les centres de vaccination, même si certains se voient refuser l’injection.

« J’avais de l’asthme enfant qui s’est estompé et depuis janvier je suis considéré comme non-asthmatique. Mais j’ai toujours un tube de Ventoline, alors même si je n’ai plus d’ordonnance je me suis dit : +ça peut passer+ », raconte Julian, un étudiant marseillais de 21 ans, à l’AFP.

Sur Doctolib, aucun justificatif n’est réclamé pour cocher la case « + de 18 ans avec comorbidité ». Et dans le centre de vaccination géré par le département des Bouches-du-Rhône, « j’ai eu un entretien de cinq minutes avec un médecin ». « Il m’a demandé quelles étaient mes comorbidités. J’ai dit +insuffisances respiratoires+ et il ne m’a rien demandé de plus », raconte Julian, qui a reçu sa première dose mi-avril.

Depuis samedi, la vaccination est élargie à tous les adultes « sur déclaration » d’une comorbidité qui les exposent à une forme grave de Covid-19, comme une hypertension artérielle compliquée, l’obésité, un cancer ou une maladie chronique. Et ce, « sans nécessité d’une prescription médicale », a précisé le gouvernement. « Je fais confiance aux Français », a insisté le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Résultat, « entre cette semaine et la semaine prochaine, j’ai 9.000 places qui ont été prises en trois-quatre jours, les 18-54 ans représentent 80% de ces places-là », souligne le Dr Jacques Franzoni, médecin généraliste et coordinateur du centre de vaccination de Valenciennes, pour lequel « l’ouverture de la cible a fait un appel d’air monstrueux ».

– « Sortir de ce truc » –

Certains n’ont pas attendu. Sarah, une entrepreneure de 42 ans qui demande que son prénom soit modifié, parce qu’elle n’est « pas très fière », a reçu sa première injection jeudi, dans un centre des Yvelines. « Au début je me suis dit +tu passeras quand ce sera ton tour+ ». Mais ce qui l’a fait « craquer », c’est la fermeture de la classe de sa fille à cause d’un cas de Covid, dès le retour des vacances.

Devant le médecin, elle a assuré souffrir d’une « maladie auto-immune ». « Ça va à un certain rythme, j’avais même un papier qui disait que je suis éligible, je n’ai pas eu besoin de le montrer », raconte-t-elle, en précisant que certaines de ses amies ont dû s’y reprendre après avoir été recalées une première fois.

« Je n’en tire pas beaucoup de fierté, mais je veux sortir de ce truc », ajoute Sarah.

Julian sentait lui qu' »avec les histoires de pass sanitaire, nous les jeunes on ne se ferait vacciner qu’au 15 juin, avec une deuxième dose au mieux au 15 juillet. Et que donc on allait se faire avoir sur les dates : pendant que tout le monde pourrait profiter des plaisirs de la vie, on serait toujours bloqué ».

Dans les centres, les médecins l’assurent, pas question d’abolir les critères, même si plusieurs vaccinés de moins de 50 ans sans comorbidités témoignent auprès de l’AFP de leur indulgence.

« S’ils n’ont pas de pathologies à 22 ans, non, on ne vaccine pas », assure le Dr Franzoni. « Mais sur cette tranche d’âge, c’est très compliqué de juger sur une consultation qui est très courte. Il y en a forcément qui passent entre les mailles du filet, est-ce que c’est si grave ? Je ne pense pas », relativise-t-il.

« On a toujours été assez cadrés, assez stricts et le bouche-à-oreille fonctionne, donc pour l’instant on n’est pas trop confronté » au problème, assure de son côté le Dr Kore Mognon, responsable du centre de vaccination du XVIIIe arrondissement, à Paris.

« Si on veut éviter une quatrième vague, il faut vacciner en priorité ceux qui vont en réanimation, donc les plus de 50 ans et les plus fragiles », insiste-t-il.

Dans les statistiques de Santé publique France, les plus jeunes sont loin d’avoir pris la place des plus âgés : seulement 7,7% des 30-39 ans (630.000 personnes) et 11% des 40-49 ans (près d’un million) ont reçu une première dose, contre 48% des 60-64 ans, 55% des 65-69 ans et 73% des 70-74 ans.

Mais « il reste à peu près cinq millions de personnes à vacciner de plus de 55 ans », a précisé mardi le ministère de la Santé.

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