Logo ETI Quitter la lecture facile
Visuel AFP

AFP

EDF: pas besoin d’arrêter de réacteurs nucléaires, confirme l’ASN (presse)

Posté le par AFP

Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a confirmé qu’EDF n’aurait pas à arrêter de réacteur nucléaire après les problèmes apparus sur des soudures, tout en s’inquiétant de la capacité de la filière nucléaire française à « faire face aux défis » du secteur, au vu de l’accumulation des déboires.

« Au vu des analyses que nous avons menées depuis le début du mois de septembre en liaison avec EDF et Framatome, nous estimons qu’il n’y a pas lieu d’arrêter les réacteurs équipés des générateurs de vapeur concernés par les soudures défectueuses », explique Bernard Doroszczuk, président de l’ASN, dans un entretien au journal Les Echos, à propos de la découverte récente de problèmes de fabrication de certains composants qui concernent six réacteurs en exploitation.

S’il loue la réactivité d’EDF et Framatome dans cette affaire, le gendarme du nucléaire dresse toutefois un constat très sévère sur le secteur.

« L’accumulation de problèmes ces derniers mois révèle la situation très préoccupante dans laquelle se trouve l’industrie nucléaire française », a estimé M. Doroszczuk dans cet entretien aux Echos.

« Elle met en doute la capacité de la filière à faire face aux défis qui sont permanents dans le secteur », a-t-il affirmé.

L’ASN ne contredit donc pas l’avis livré par EDF le 18 septembre dernier: l’électricien avait alors indiqué « que les écarts constatés ne remettent pas en cause l’aptitude au service des matériels et ne nécessitent pas de traitement immédiat ».

La semaine précédente, EDF avait révélé que les procédures prévues n’avaient pas été respectées par sa filiale Framatome lors d’opérations réalisées « sur certaines soudures de générateurs de vapeur », de gros composants des centrales.

Il avait identifié 16 générateurs de vapeur installés sur six réacteurs en exploitation: les réacteurs n°3 et 4 de Blayais, le réacteur n°3 de Bugey, le réacteur n°2 de Fessenheim, le réacteur n°4 de Dampierre-en-Burly, ainsi que le réacteur n°2 de Paluel.

Des générateurs doivent également être remplacés à la centrale de Gravelines (Nord): leur installation pourra se poursuivre comme prévu, selon Les Echos.

L’ASN ne s’est en revanche pas encore prononcée sur les équipements du même type qui doivent être installés dans l’EPR en construction à Flamanville (Manche).

« Nous délivrerons un certificat de conformité pour ces générateurs dans un deuxième temps, une fois qu’EDF nous aura communiqué les informations nécessaires », poursuit Bernard Doroszczuk, pour qui « l’urgence était de nous prononcer sur les réacteurs en fonctionnement ».

« Des investigations devront être menées sur les soudures en question à l’occasion des arrêts de réacteurs programmés. Il faudra mesurer précisément leur épaisseur, les contrôler pour vérifier que d’autres défauts ne sont pas apparus depuis la mise en service et évaluer leurs caractéristiques mécaniques réelles par des essais de dureté en surface », ajoute le patron de l’ASN.

Le gendarme du nucléaire demande également à Framatome et EDF de mener « des investigations complémentaires pour mieux caractériser ce qui s’est passé au moment de la conception », selon M. Doroszczuk.

« Ce travail demandera de nouvelles simulations qui prendront vraisemblablement deux ans », précise-t-il.

ngu/ak/cam

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 Agence France-Presse. »

Posté le par AFP


Réagissez à cet article

Commentaire sans connexion

Pour déposer un commentaire en mode invité (sans créer de compte ou sans vous connecter), c’est ici.

Captcha

Connectez-vous

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.

INSCRIVEZ-VOUS
AUX NEWSLETTERS GRATUITES !