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Fos-sur-mer: l’historique de la pollution du site révélée par les arbres

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La zone industrielle de Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône) subit moins de pollution au mercure que dans les années 70, mais davantage de concentrations d’aluminium: c’est dans les cernes des arbres que des chercheurs ont observé ces phénomènes.

Des scientifiques de l’Institut Ecocitoyen pour la Connaissance des Pollutions (IECP), du Laboratoire Chrono-environnement de l’Université de Franche-Comté et du CEREGE (centre européen de recherche de l’Université d’Aix-Marseille) ont étudié la teneur en éléments chimiques -polluants compris- en comparant les cernes de peupliers d’une quarantaine d’années de la zone industrielle avec ceux d’arbres situés à 20 kilomètres de Fos-sur-mer.

« Les arbres de la zone industrielle ont présenté une exposition atmosphérique bien plus importante à de nombreux métaux lourds, émis par l’activité industrielle et pétrochimique, que les arbres +témoins+ », a indiqué à l’AFP Annabelle Austruy, chargée de mission « éco-toxicité » à l’IECP. La zone industrialo-portuaire de Fos-sur-mer est l’une des plus importantes d’Europe.

En comparant les cernes des arbres, ces anneaux concentriques visibles dans le tronc, les chercheurs ont aussi pu analyser l’évolution de la pollution dans la zone au fur et à mesure des années.

« On a vu la réduction de la teneur en certains métaux due à une évolution des processus industriels, notamment en cadmium, mercure ou plomb », a ajouté Mme Austruy. La concentration en zinc, par exemple, a augmenté de 40% entre 1975 et 1993, puis a baissé de moitié entre 1993 et 2015.

« En 1993 de nombreuses normes et réglementations ont obligé les industries à réduire les émissions de certains métaux », commente Mme Austruy: « Pour le plomb par exemple, ça a été drastique ».

« Cette étude montre que quand on se donne les moyens d’opérer par la réglementation en imposant un effort sur les polluants, c’est efficace! », conclut Véronique Granier, de l’ICE. « A contrario, quand il n’y a pas de contrainte, il ne se passe rien », déplore-t-elle.

Car l’étude a aussi démontré, a contrario, que les teneurs en certains métaux avait au contraire augmenté ces dernières années. « Depuis les années 2000, on observe une multiplication par six du taux de fer par rapport à 1975, ou encore par trois pour l’aluminium », a indiqué Mme Austruy.

C’est aussi le cas pour le nickel, l’arsenic, ou le chrome, « des métaux qui peuvent s’avérer toxiques pour l’environnement comme pour la population », a-t-elle ajouté.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 Agence France-Presse. »

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