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Levothyrox: attaqué en diffamation par Merck, un médecin condamné

Posté le par AFP

Un médecin attaqué en diffamation par la branche du groupe Merck fabriquant le Levothyrox, un médicament pour la thyroïde, a été condamné jeudi à 500 euros d’amende avec sursis et à 1.000 euros de dommages et intérêts au laboratoire pharmaceutique.

Le tribunal correctionnel de Paris a assorti cette condamnation d’une obligation pour le médecin généraliste rémois de retirer de sa page Facebook ses propos litigieux, publiés le 6 avril 2019.

Le Docteur Nicolas Bouvier y demandait aux personnes « intoxiquées » par la nouvelle formule du Levothyrox, accusée par de nombreux patients d’induire des effets secondaires plus ou moins graves, et qui présentaient des « nodules sous cutanés » de se faire connaître auprès de lui.

« Les investigations pour confondre et punir ceux qui ont détruit cruellement (leurs) vies se poursuivent », ajoutait-il.

Le tribunal a estimé qu’il ne pouvait « qu’être compris de ce message que +ceux-là+ (avaient) délibérément porté atteinte à la santé des patients ». « Il s’agit de l’imputation d’un fait précis qui porte atteinte à l’honneur et à la considération » de la société Merck Serono, « dès lors qu’il est notoire qu’elle commercialise ce médicament », ajoute le tribunal dans sa décision.

La cour n’a pas retenu la « bonne foi » du médecin, estimant que « la base factuelle relative à l’imputation formulée » était « inexistante ».

Le Dr Bouvier a indiqué à l’AFP qu’il ferait appel. « En tant que lanceur d’alerte et plus que jamais dans ce dossier, j’estime qu’il est indispensable de préserver la parole dans notre pays. »

Joint par l’AFP, Merck a rappelé l’avoir « plusieurs fois alerté (…) sur le caractère infondé et anxiogène pour les patients de ses propos, largement relayés sur les réseaux sociaux ». La société a souligné avoir porté plainte contre lui également auprès du conseil de l’Ordre des médecins.

Le généraliste a ainsi été condamné en décembre 2020 à une interdiction temporaire d’exercer de deux mois, dont un avec sursis, pour « ses prises de position répétées fondées sur des éléments dont (il) n’apporte pas la preuve du caractère confirmé », comme l’indique une décision dont l’AFP a obtenu copie.

La publicité autour de cette sanction ordinale « est ressentie comme une attaque supplémentaire », a réagi David Boscariol, l’avocat du mis en cause. « Le docteur Bouvier, qui n’agit que pour la défense des malades, est ainsi réduit au silence face à une question importante de santé publique », a-t-il ajouté.

Entre mars 2017 et avril 2018, 31.000 patients souffrant de maux de tête, insomnies, vertiges et autres effets secondaires ont accusé la nouvelle formule du médicament d’en être la cause.

Selon Merck, elle était destinée à apporter davantage de stabilité en modifiant les excipients du Levothyrox et non son principe actif (la lévothyroxine).

L’affaire fait l’objet d’une information judiciaire contre X pour des faits présumés de tromperie aggravée, homicide et blessures involontaires et mise en danger de la vie d’autrui, instruite par le pôle santé du tribunal de Marseille. Le Dr Bouvier y est partie civile.

Une action collective devant la justice administrative a en outre été lancée récemment contre l’agence du médicament (ANSM) par un avocat qui accuse cette dernière d’un « défaut de vigilance » et « d’anticipation » et espère obtenir des indemnisations pour les patients victimes d’un « préjudice moral d’anxiété ».

cal-lem/cb/LyS

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