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Levothyrox: deux avocats toulousains s’attaquent à la forteresse Merck

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Deux avocats toulousains sont en pointe dans le combat judiciaire qui oppose des malades de la thyroïde, souffrant d’effets secondaires provoqués par la nouvelle formulation du Levothyrox, au laboratoire Merck. Deux hommes avec un parcours et une stratégie radicalement différents.

Le premier, Me Jacques Lévy, 73 ans, est un pénaliste connu pour avoir obtenu l’acquittement de l’universitaire Jacques Viguier dans la mystérieuse affaire de la disparition de sa femme.

« Dans le dossier Levothyrox, notre souci c’est la rapidité, que les malades obtiennent rapidement leur médicament (l’ancienne formule) », explique-t-il. Aussi a-t-il choisi « l’option originale du référé ».

Le second, Me Christophe Lèguevaques, 50 ans, a assigné le groupe allemand à Lyon, où Merck a son siège français, dans le cadre d’une action collective pour « défaut d’information » et « préjudice d’angoisse ».

Pour Me Levy, le dossier Levothyrox est un véritable « scandale sanitaire ». L’avocat tempête contre « le prétendu effet nocebo » derrière lequel s’abrite Merck: comment les malades peuvent-ils développer un effet d’autosuggestion alors « qu’ils ignoraient qu’on avait changé leur médicament ? »

Il a choisi « l’action en référé » pour répondre à la situation d’urgence des patients dont certains vont s’approvisionner à l’étranger où l’ancienne formule est toujours en vente.

Un temps engagé en politique, Jacques Lévy avait tenté de conquérir la mairie de Toulouse en 1989 et 1995.

Il a également obtenu l’une des premières décisions d’indemnisation des victimes de l’affaire du sang contaminé.

Après sept années dans un grand cabinet parisien, Christophe Lèguevaques ouvre de son côté son propre cabinet à Paris puis un bureau secondaire chez lui à Toulouse en 2005. Il entre dans les dossiers des irradiés de Rangueil, d’AZF, des lasagnes trafiquées à la viande de cheval…

Il confesse avoir lui aussi décidé en 2008 de « devenir maire de Toulouse ». Après un « sévère rateau » à la primaire socialiste, il part s’installer à Pondichéry (Inde) pendant 2 ans.

-‘Actions collectives’-

A son retour, il décide de s’attaquer « aux actions collectives ». Fustigeant la lourdeur de la loi Hamon sur les « class action à la française », il ouvre un cabinet virtuel, MySMARTcab, un portail permettant à des personnes de s’agréger à une action « pour le prix d’une paire de chaussures ».

Près de 10.000 personnes se sont inscrites depuis dans cette action collective contre Merck pour « défaut d’information » et « préjudice d’angoisse ».

Le 26 janvier, devant le TGI de Paris il va demander un référé expertise pour étudier « les effets indésirables rapportés » par les patients.

De son côté, Me Lévy, estime avoir « atteint (son) objectif » en obtenant le 14 novembre à Toulouse la condamnation des laboratoires Merck. Le juge des référés avait ordonné aux laboratoires de délivrer « sans délai » l’ancienne formule du médicament à 25 patients de Haute-Garonne. Une décision assortie d’une astreinte de 10.000 euros par jour.

Merck a fait appel de ce jugement. Depuis, les juges de Saint-Gaudens (Haute-Garonne, le 26 décembre) et de Toulouse (le 11 janvier) n’ont pas suivi le premier jugement de Toulouse et ont débouté les malades estimant qu’il n’y avait « plus de défaut d’approvisionnement », précise Me Lévy.

Cependant, l’avocat se prépare à d’autre actions en référé, à Castres puis à Tarbes.

« Fin 2018, Merck a décidé d’arrêter de produire l’ancienne formule. Nous allons faire la preuve que le produit n’est pas disponible », menace Me Levy, signifiant que la guerre de position contre le laboratoire n’est pas encore terminée.

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