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L’UFC-Que Choisir saisit la justice sur l’usure de manettes Nintendo

Posté le par AFP

L’organisation de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a décidé de déposer plainte pour « obsolescence programmée » contre le fabricant de consoles de jeu vidéo Nintendo, accusé par l’association de mettre sur le marché des manettes tombant très rapidement en panne.

« L’UFC-Que Choisir porte plainte auprès du procureur de la République, ce jour, pour obsolescence programmée », a-t-elle annoncé dans un communiqué mardi.

Le délit d’obsolescence programmée a été créé par la loi de 2015 sur la transition énergétique et la croissance verte. Les peines peuvent aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 300.000 euros d’amende, voire 5% du chiffre d’affaires annuel.

Dénonçant « le sentiment d’impunité des fabricants en matière de durabilité des produits », l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP), s’est pour sa part réjouie dans un communiqué séparé que « l’UFC s’associe désormais à son combat et espère une condamnation exemplaire ».

L’UFC-Que Choisir avait déjà dénoncé publiquement l’an dernier la fragilité de certaines manettes de la console Switch de Nintendo, après avoir recueilli de nombreux témoignages de consommateurs.

En novembre 2019, « plus de 5.000 consommateurs » s’étaient ainsi manifestés auprès de l’association « en seulement 48 heures » pour « dénoncer la même panne récurrente », baptisée « Joy-Con Drift », a indiqué l’UFC.

En janvier dernier, le directeur général de Nintendo France, saisi par l’organisation de défense des consommateurs, s’était engagé à ce que Nintendo répare les manettes sans difficulté, « même hors garantie ».

Mais, selon l’association, les problèmes de fond demeurent, et « les signalements ont continué d’affluer » après cet engagement. « Le dysfonctionnement étant connu depuis 3 ans, il est indispensable que le géant nippon suive désormais un scénario curatif plutôt que correctif », estime l’association.

Selon l’UFC-Que Choisir, la panne « Joy-Con Drift » aboutit à « des mouvements fantômes inopinés, qui empêchent les consommateurs d’utiliser correctement leur console de jeux ».

Selon l’association, « deux causes sont (plus que vraisemblablement) à l’origine de la panne: une usure prématurée des circuits imprimés, et un défaut d’étanchéité qui entraîne une quantité inquiétante de débris et poussières au sein du +joystick+ ». « 65% des consommateurs victimes ont constaté cette panne moins d’un an après l’achat des manettes », précise l’association.

La panne apparaît « quel que soit le profil ou l’âge du joueur, même en jouant moins de 5H par semaine. 25% des consommateurs ont même vu la panne survenir dans les 6 mois après l’achat, malgré la faible utilisation de la console », a-t-elle ajouté.

Selon la loi, l’obsolescence programmée se définit « par l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement ». Des enquêtes judiciaires, initiées par Hop, ont déjà été ouvertes à l’encontre du fabricant d’imprimantes Epson ou encore du géant américain Apple.

lby-cd/kd/spi

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