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Mediator: Servier estime « l’instruction à charge »

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A la veille de l’ouverture du procès hors norme du Mediator, le président des laboratoires Servier dont le médicament est tenu pour responsable de centaines de morts, affirme que son groupe n’a « pas été entendu » au cours d’une instruction menée selon lui « à charge ».

« Pendant toutes ces années, nous n’avons pas été entendus. Nous n’avons jamais pu faire valoir nos arguments. L’instruction a été menée à charge; l’enquête de l’Igas [Inspection générale des affaires sociales] qui l’a précédée n’a pas été contradictoire », déclare Olivier Laureau au Journal du Dimanche (JDD).

Interrogé sur la stratégie de défense du groupe, M. Laureau explique que trois questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) ont été déposées durant la semaine. Cette procédure, susceptible de suspendre le procès le temps de l’examen des questions, répond au souhait du groupe de tout mettre « sur la table ».

L’une de ces QPC porte sur la période concernant les faits concernés, le groupe estimant que « certains faits sont prescrits ». Les deux autres réclament une contre-expertise scientifique ainsi que « l’ouverture de scellés qui concernent l’Agence du médicament », détaille M. Laureau.

Revenant sur la volonté du groupe de créer en 2011 un fonds d’indemnisation à destination des victimes, le dirigeant maintient que « le ministre de la Santé de l’époque a refusé, et l’Oniam [Office national d’indemnisation des accidents médicaux] a été chargé du dossier ».

Le dispositif d’indemnisation mis en place obéit à un fonctionnement « indépendant des laboratoires Servier », dont les règles et barèmes sont fixés par les autorités sanitaires, précise-t-il.

Si les laboratoires sont « responsables civilement », « nous n’avons pas trompé », soutient le président du groupe.

« Nous sommes impatients que les débats commencent. Certaines victimes, très malades, attendent ce moment depuis des années. Nous regrettons ce drame. Je l’ai dit et je le redirai », ajoute-t-il.

Ce procès pénal fleuve, qui verra comparaître durant six mois le groupe pharmaceutique et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), est très attendu, neuf ans après la révélation de l’affaire par la pneumologue brestoise Irène Frachon.

Retiré du marché en 2009, le Mediator, présenté comme un adjuvant au régime du diabète mais largement prescrit comme coupe-faim, est à l’origine de graves lésions cardiaques et pourrait être responsable à long terme de 2.100 décès, selon une expertise judiciaire.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 Agence France-Presse. »

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