Les réformes mises en oeuvre par le gouvernement nigérian ont renforcé l’économie du pays, estime mardi le Fonds monétaire international (FMI), qui souligne aussi que la pauvreté a augmenté dans le pays.
Peu après son arrivée au pouvoir, il y a un peu plus de trois ans, le président Bola Tinubu a supprimé une coûteuse subvention aux carburants qui maintenait artificiellement bas les prix de l’essence depuis des décennies, mis fin au soutien apporté à la monnaie du pays, le naira, et engagé une refonte du système fiscal.
Bola Tinubu briguera un deuxième mandat lors de la prochaine élection présidentielle en janvier 2027.
Les économistes ont jugé ces réformes nécessaires pour relancer l’économie du pays, mais elles ont aussi entraîné une forte hausse du coût de la vie et augmenté la pauvreté dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
Selon le FMI, le taux de pauvreté a atteint 63% de la population fin 2025, tandis que plus de 27 millions de personnes ont souffert d’insécurité alimentaire au cours de l’année (pour une population totale de 235 millions).
De son côté, la Banque mondiale évalue à quelque 61% la part de la population vivant dans la pauvreté en 2025, contre 40% en 2019.
L’insécurité persistante dans de nombreuses régions du pays, en particulier dans le nord, où est produite une grande partie des denrées alimentaires consommées au Nigeria, constitue « un autre risque pour les populations et l’activité économique », selon le FMI.
« Les importantes réformes menées au cours des trois dernières années ont permis d’améliorer les résultats macroéconomiques et de renforcer la résilience de l’économie », écrit le FMI dans un communiqué publié à l’issue d’une mission au Nigeria. « Néanmoins, les conditions de vie demeurent difficiles pour de nombreux Nigérians ».
L’inflation était de 15,69% en avril, son plus haut niveau depuis cinq mois (+16,06% pour les seuls produits alimentaires).
Selon les analystes, cette hausse s’explique en partie par l’augmentation des prix des carburants liée aux tensions au Moyen-Orient.
Malgré ces difficultés, la croissance économique devrait atteindre 4,1% en 2026, contre 4% en 2025.
La hausse des prix mondiaux des aliments, des engrais et du carburant pourrait accroitre les recettes du Nigeria (qui est le plus gros producteur du pétrole en Afrique), mais elle risque aussi d’accentuer les pressions inflationnistes sur les ménages les plus pauvres, « aggravant potentiellement la pauvreté et l’insécurité alimentaire ».
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