Logo ETI Quitter la lecture facile
Visuel AFP

AFP

Poitiers : SOS Racisme en soutien d’un restaurateur accusé de racisme après un « blackface » d’une cliente

Posté le par AFP

Une soirée d’une centaine de personnes, soutenue par SOS Racisme, est organisée vendredi à Poitiers en aide à un restaurateur qui subit une campagne d’accusations de racisme sur les réseaux sociaux, depuis la publication d’une vidéo où l’on distingue une cliente dansant, le visage grimé de noir.

Depuis la fin du mois de mai et la publication d’une vidéo de quelques secondes où l’on distingue une femme blanche coiffée d’une perruque afro, le visage maquillé de noir, dansant de manière stéréotypée sur la terrasse de son restaurant, Michaël Taylor subit sur les réseaux sociaux une vague d’accusations de racisme et de promotion du « blackface » – une pratique née aux Etats-Unis qui consiste à se noircir le visage afin de se moquer des personnes noires.

Ce restaurateur dit avoir perdu « 80% de son chiffre d’affaires » depuis la publication de cette vidéo filmée par une passante lors d’un enterrement de vie de jeune fille le 18 mai. Il reçoit régulièrement « des appels où on m’insulte en disant qu’ils vont monter à Poitiers venir me chercher ».

« Ce qui me gêne le plus, hormis ces problèmes, c’est que quand j’ai des clients noirs qui viennent en famille, des gens s’arrêtent pour voir si ce n’est pas encore un +blackface+, ils insistent, ils dévisagent les gens, je trouve ça extrêmement dérangeant… », a expliqué M. Taylor à un correspondant de l’AFP jeudi.

Pour empêcher le restaurateur de faire faillite, SOS Racisme Vienne et une cliente habituée « d’origine antillaise », organisent vendredi dans son établissement une soirée concert où une centaine de personnes sont attendues, a-t-on appris auprès des organisateurs.

Pour Cheikh Diaby, responsable local de SOS Racisme, « le restaurateur a été mis devant le fait accompli, c’est une victime collatérale. C’est la personne qui fait le +blackface+ qui a semé le trouble ».

L’association, en collaboration avec la CCI et le Medef local, va également organiser, la semaine suivante, des ateliers de sensibilisation auprès des professionnels de Poitiers pour apprendre à « gérer de tels événements », car le « blackface » est une « pratique constitutive d’un délit raciste » « née aux États-Unis durant la période esclavagiste », que beaucoup de restaurateurs ignorent, selon M. Diaby.

M. Taylor, qui travaille seul avec sa mère dans ce restaurant, dit avoir déposé plainte pour menaces de mort, diffamation et cyberharcèlement et engagé une société de sécurité privée pour la soirée.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2022 Agence France-Presse. »

Posté le par AFP


Réagissez à cet article

Commentaire sans connexion

Pour déposer un commentaire en mode invité (sans créer de compte ou sans vous connecter), c’est ici.

Captcha

Connectez-vous

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.

INSCRIVEZ-VOUS
AUX NEWSLETTERS GRATUITES !