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Reconnaissance faciale: une plainte contre Clearview AI déposée devant la Cnil

Posté le par AFP

La société californienne Clearview AI, dont la technologie de reconnaissance faciale inquiète, fait l’objet d’une plainte en France auprès de la Cnil, a confirmé jeudi l’AFP auprès du régulateur des données personnelles.

La plainte a été envoyée à la Cnil mercredi par Zoé Vilain, chargée des questions de vie privée pour la start-up française Jumbo Privacy, qui propose des recommandations pour mieux contrôler l’usage de ses données personnelles.

« Soucieuse de connaître l’étendue des données collectées par Clearview AI », Mme Vilain a voulu savoir si des photos d’elles apparaissaient dans la base de données de la société, composée de milliards d’images glanées sur les réseaux sociaux sans le consentement de leurs propriétaires.

« Clearview s’est montré extrêmement peu coopératif dans notre démarche pour exercer les droits légaux de Zoé » prévus le Règlement général sur la protection des données (RGPD) européen, a expliqué sur son site la société Jumbo Privacy, qui s’est chargée de l’échange.

« Il nous a fallu pas moins de quatre mois de travail, neuf échanges de courriels, l’envoi de preuves photographiques et la fourniture de nombreux autres éléments d’identification personnelle (nom et prénom, adresse électronique et postale, adresse IP, etc.) » pour obtenir une réponse de Clearview contenant trois photos, dont une ne représentant pas Zoé Vilain.

« Cela montre bien qu’ils ont un problème pour répondre au RGPD », a expliqué Mme Vilain, interrogée par l’AFP. « Et si il y a des photos de moi, il y a potentiellement des photos de tout le monde dans l’Union européenne », a-t-elle ajouté.

Contactée par l’AFP, la Cnil a confirmé avoir reçu la plainte et, selon les informations dont elle dispose actuellement, le caractère illégal du dispositif de Clearview AI.

Les régulateurs britannique et australien chargés de la protection des données ont annoncé la semaine dernière une enquête conjointe sur la société, en se concentrant sur l’utilisation que fait l’entreprise des données et éléments biométriques +effacés+.

Le régulateur canadien enquête également depuis février sur l’utilisation par la police fédérale de sa technologie de reconnaissance faciale.

Le fondateur de la société, le trentenaire australien Hoan Ton-That, affirmait être en mesure de faire des recherches à partir d’une simple photo directement sur un smartphone, et rendre disponible son service à quelque 600 forces de police à travers le monde.

Twitter, Facebook, Youtube ou LinkedIn ont depuis condamné cette exploitation des images de leurs utilisateurs et sommé Clearview AI de supprimer ces données, sans succès pour le moment.

jub/tq/LyS

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