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Renvoi du procès pour pollution d’une papeterie des Bouches-du-Rhône

Posté le par AFP

Le procès pour pollution de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence de Tarascon (Bouches-du-Rhône), propriété d’une société canadienne, a été renvoyé mardi par le tribunal correctionnel, qui a demandé un supplément d’information.

Fibre Excellence, détenue par la firme canadienne Paper Excellence, est accusée d' »émission de substance polluante », notamment des métaux lourds et des gaz oxydes d’azote. L’usine est classée « Seveso » en raison de sa dangerosité potentielle.

La défense a demandé le renvoi de l’affaire, « au moins sur le volet civil », du fait du nombre conséquent de parties civiles (143), dont des associations écologistes.

Les conseils des parties civiles ont eux aussi demandé le renvoi du procès, estimant que des pièces importantes manquaient au dossier pénal.

Parmi ces éléments manquants, des avis administratifs de mise en demeure de la société ou encore des mesures effectuées par les services de l’Etat montrant un dépassement des « seuils de polluants en mai, juillet et août 2018 », a défendu Me Emilie Troncin, conseil de l’Association de défense de l’environnement rural (Ader).

Mardi matin, de nombreux riverains de l’usine, installée depuis les années 1950 à Tarascon, se sont présentés au tribunal.

Les habitants de la région, jusqu’à Arles, à près de 20km au sud, sont habitués aux odeurs de gaz, d’oeuf pourri, en provenance de l’usine: « Le problème, c’est que ce qui sort de cette usine, c’est du cadmium, des métaux lourds et dangereux », a dénoncé Xavier Body, qui vit à 4 km de Fibre Excellence.

« L’entreprise a fait des aménagements bien sûr, des travaux, mais c’est comme si vous rouliez avec une voiture qui a 50 ans et que vous changiez juste quelques pièces », a-t-il ajouté.

Bruno Schickelé, dont les petits-enfants sont scolarisés dans l’école voisine de l’usine, où des dépassements des seuils réglementaires de polluants ont été relevés – déplore quant à lui « un chantage à l’emploi » de Fibre Excellence, qui emploie près de 300 personnes.

C’est à la suite des plaintes de riverains que la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) avait contrôlé Fibre Excellence, établissant « un non-respect d’un certain nombre de réglementations », selon une source judiciaire.

Fibre Excellence appartient à la société canadienne Paper Excellence, selon ses conseils en communication, elle-même détenue par Jackson Widjaja, dont la famille dirige Asia Pulp and Paper, un géant indonésien de la papeterie mondiale. Elle est, selon son président Jean-François Guillot, le plus gros producteur de pâte à papier de France.

M. Guillot a assuré à l’AFP que l’entreprise avait fait « des investissements de 30 millions d’euros au total » pour se mettre aux normes, réduisant de « 90% » ses émissions atmosphériques.

Déficitaire depuis des années, Fibre Excellence a entamé un « plan de retournement », selon son PDG, prévoyant notamment une baisse de salaire moyenne de 5%. Depuis lundi, des salariés sont en grève pour dénoncer ce projet.

Le procès a été renvoyé au 6 janvier 2021.

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Posté le par AFP


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