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Transition énergétique: la France et l’Allemagne veulent mieux se coordonner

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La France et l’Allemagne veulent mieux coordonner leur transition énergétique vers un développement des énergies renouvelables et une baisse respective du nucléaire et du charbon dans leur production d’énergie, ont déclaré jeudi leurs ministres chargés de l’énergie, Nicolas Hulot et Peter Altmaier.

« Nous avons des mix-énergétiques qui sont très différents, mais dans la prochaine décennie, ceux-ci vont se rapprocher en matière de nucléaire, de fermeture des centrales à charbon et en matière de développement des énergies renouvelables », a déclaré le ministre français de la Transition écologique et solidaire, à l’issue d’une rencontre à Paris avec le ministre allemand l’Economie.

La France consultera par exemple son voisin sur son projet de feuille de route énergétique 2019-2023 et à horizon 2028, « lorsque nous en aurons une visibilité plus précise à l’automne », a indiqué M. Hulot.

Il a aussi confirmé à son interlocuteur l’intention de la France de respecter son engagement à réduire la part du nucléaire de 75% à 50% de la production d’électricité, même si le gouvernement a abandonné l’idée d’y parvenir d’ici à 2025.

Plusieurs responsables politiques allemands ont régulièrement fait part de leur crainte quant à la sécurité de certaines centrales françaises situées près de la frontière, en particulier celle de Fessenheim (Haut-Rhin), censée fermer prochainement, et de Cattenom (Moselle).

Les deux pays vont également poursuivre à l’automne leurs discussions sur la mise en place d’un prix plancher du carbone, qui manque encore d’une position commune, a reconnu M. Hulot.

M. Altmaier a notamment jugé nécessaire de prendre en compte l’important parc charbon de l’Allemagne, très émetteur de gaz à effet de serre, et qui sera donc pénalisé par un prix du carbone. « Cela explique (pourquoi) c’est difficile de se mettre d’accord là dessus », a estimé le ministre allemand.

Parmi les autres projets de collaboration, Français et Allemands réfléchissent à augmenter leur capacité d’interconnexion électrique, travaillent sur des projets transfrontaliers dans la valorisation de la chaleur, les réseaux intelligents et les énergies renouvelables, et vont coopérer dans l’éolien offshore en mer du Nord, le stockage par batteries ou l’hydrogène.

Interrogé sur le projet controversé de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne, très critiqué en Europe mais aussi par le président américain Donald Trump, M. Altmaier a estimé que les Etats-Unis défendaient leur secteur gazier dans ce dossier.

« Le président Trump a attaqué à plusieurs reprises le projet parce que, c’est du moins ce que j’ai compris, nos amis américains ont intérêt à vendre leur gaz de schiste en Europe », a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs réitéré la volonté de l’Allemagne de « protéger les intérêts justifiés de l’Ukraine », qui craint que le gazoduc qui passe par son territoire soit délaissé par le gaz russe.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 Agence France-Presse. »

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