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Une faïencerie bourguignonne bloquée par ses salariés dans l’attente d’une éventuelle reprise

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Les salariés de la faïencerie de Digoin (Saône-et-Loire), en redressement judiciaire depuis janvier, bloquaient jeudi cette entreprise symbole d’une filière céramique en déclin, dans l’attente d’une décision vendredi du tribunal de commerce de Mâcon, a-t-on appris de source syndicale.

« On n’a plus rien à perdre », a indiqué jeudi à l’AFP le syndicaliste CGT, Walter Zampa, affirmant que l’unique offre de reprise avait été « lâchée par les banques ». Dans ces conditions, « demain ça sera la liquidation », craint-il. Un peu plus de 60 emplois sont menacés.

Le syndicaliste dénonce la gestion du groupe Bowden Services, qui avait repris en 2016 une faïencerie déjà en grande difficulté. La direction « n’a rien fait depuis trois ans, nous a laissés à l’abandon », lance-t-il.

En janvier 2016, la faïencerie Sarreguemines, qui était en dépôt de bilan depuis juin 2015, avait été reprise par le groupe Bowden Services, dirigé par Jean-Maurice Schmidt.

Les responsables de Bowden Services, qui avait maintenu à l’époque un peu plus de la moitié des 123 emplois, n’avaient pu être joints par l’AFP jeudi.

L’offre de reprise qui doit être examinée vendredi par le tribunal de commerce a été déposée par un entrepreneur chinois résidant en région parisienne, Ke Wang, associant notamment des salariés et des spécialistes du secteur.

« C’est une belle usine qui ne mérite pas d’être fermée », a-t-il dit à l’AFP, pointant cependant une incertitude sur le taux de fibres céramiques auquel sont exposés les salariés, mesuré au-dessus des normes en avril. S’y ajoutent des arrêtés préfectoraux de mise en demeure liés notamment à un risque de pollution des eaux.

M. Wang, qui propose de maintenir 43 postes dans le cadre d’un plan de financement d’un montant total supérieur à un million d’euros, en « travaillant à l’export » notamment, estime que ces points peuvent expliquer la réserve des banques sur le plan de financement.

L’histoire de la faïencerie Sarreguemines, initialement à la frontière allemande, remonte à la fin du 18e siècle. Son usine de Digoin, fondée au 19e siècle, a employé jusqu’à 1.200 personnes.

La suppression à l’été 2017 des trois quarts des emplois dans l’usine voisine du fabricant historique de sanitaires Allia, filiale du suisse Geberit, qui n’a conservé qu’une activité de logistique, avait déjà ébranlé la filière céramique de Digoin. Celle-ci risque aujourd’hui de disparaître.

ode/cha/eb

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